Archive pour mars 2012

Retraités : pouvoir d’achat sauvé, vote convoité ?

Jeudi 29 mars 2012

Bonne nouvelle pour les 15 millions de retraités.

Ce dimanche 1er avril les pensions seront augmentées ainsi que le minimum vieillesse pour les 400 000 retraités les plus modestes qui en bénéficient. Une revalorisation de 2,1% des retraites du régime général et de 4,7% du minimum vieillesse, le portant à 777,16 euros par mois, ont annoncé hier les ministres de l’Economie, François Baroin, et du Travail, Xavier Bertrand dans un communiqué.

Concrètement, cette mesure tient compte de l’inflation constatée en 2011 (+2,1%) alors que l’inflation prévisionnelle pour l’an dernier n’avait été fixée qu’à 1,8%, soit une différence de 0,3%, souligne le communiqué publié à l’issue d’une Commission économique de la Nation. Elle prend aussi en compte une prévision d’inflation, hors tabac, pour 2012 de +1,8%, contre +1,7% jusqu’à présent.

Mais cette revalorisation n’est pas vraiment une surprise. Il y a quelques jours, les régimes paritaires de retraite complémentaire Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés) ont tenu compte aussi de l’inflation plus forte que prévu en 2011 et ont revalorisé les pensions de 2,3%. Même si le patronat avait un moment envisagé une revalorisation de seulement 1,56% pour tenir compte de la crise économique qui oblige ces régimes de puiser dans leurs réserves financières, mais avait dû y renoncer devant les protestations syndicales, rappelle le site du Nouvel Obs.

Ce n’est donc pas encore cette année que les retraités seront mis à contribution pour faire face à la crise et contribuer à la réduction des dépenses publiques, comme le suggèrent certains. (voir post « Déficit : les retraités pointés du doigt »)

« Oui, c’est un choix politique »

« Est-ce un hasard si ces augmentations interviennent à 25 jours de la présidentielle ? », s’interrogeait hier soir RTL

(Ecoutez la chronique)

C’est toujours intéressant à la veille d’un scrutin de faire plaisir à l’électorat âgé, celui qui vote le plus. Mais pour autant, il ne faut pas voir de la malice partout. Depuis 2009 la revalorisation des pensions de retraite et du minimum vieillesse ne se fait plus le 1er janvier mais le 1er avril. Ce n’est pas nouveau et ça permet de mieux prendre en compte le niveau d’inflation de l’année précédente. Quant au montant de cette hausse, en fait, il n’y a pas de coup de pouce pour les pensions. C’est la stricte application de la loi qui prévoit que les retraites suivent l’évolution des prix.

Juste de quoi maintenir le pouvoir d’achat des retraités, relativise donc la 1ère radio de France.

« On protège les retraités ? Ca fait de bons électeurs ? », demandait ce matin Jean-Pierre Elkabbach à François Baroin sur Europe 1.

« On protège le pouvoir d’achat qui est le moteur de la consommation, le moteur du développement économique de notre pays. On n’a pas désindexé les retraites sur l’inflation, on n’a pas désindexé les prestations sociales pour protéger les plus fragiles. Oui, c’est un choix politique. », a répondu le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.


Baroin : « On a besoin de stabilité pour la… par Europe1fr

Seule inquiétude : la bonne prise en compte par les systèmes informatiques de cette revalorisation annoncée trop tardivement selon certains syndicats.

Effectivement, le moindre bug dans l’intégration de cette hausse des pensions retraite et du minimum vieillesse serait un bien mauvais poisson d’avril…

AB

Les retraités slovènes pas mieux lotis que les Grecs

Mardi 27 mars 2012

C’est ce que j’ai découvert à travers un reportage édifiant de la chaine Euronews.

D’ici 30 ans, ce petit pays qui a adopté l’euro il y a 5 ans à peine, comptera moins d’un actif par retraité. Il risque ainsi de connaître une situation comparable à la Grèce. C’est à dire un vieillissement accéléré de sa population, dû à un faible taux de natalité ainsi que de trop nombreux départs anticipés à la retraite.

En Grèce, selon un universitaire américain, 20% des habitants sont déjà à la retraite et il y a 1,7 actif pour 1 retraité. Selon lui, si le régime actuel perdure, en 2050, ce sont 40% des Grecs qui seront pensionnés.

Chaque actif devrait alors faire vivre « lui-même, sa famille et jusqu’à deux retraités! « , rapporte un blog du quotidien Ouest France.

Moins de cotisants pour plus de pensionnés

Et la Slovénie, comme la plupart des pays Européens, n’a pas été épargnée par le ralentissement de la croissance dans la zone euro. Elle est, de plus, confrontée comme les autres à une baisse de sa natalité et à l’allongement de l’espérance de vie.

Résultat : moins de cotisants pour plus de pensionnés, dans un contexte de chômage élevé pour la plupart d’entre eux.

Dès 2003, on comptait plus de personnes âgées que d’enfants en Slovénie. Une réalité qui suffit à mettre en péril le système de retraite.

 C’est pour cela que, comme en France, la plupart des états membres de l’UE ont réformé leur système de retraite en allongeant l’âge légal de départ et la durée de cotisation.

Mais pas la Slovénie.

« les maîtres de notre destinée seront les Etats qui nous prêterons de l’argent « 

Les Slovènes ont rejeté, l’été dernier, à plus de 70% le projet de réforme relevant de 63 à 65 ans l’âge légal de la retraite. Malgré la mise en garde solennelle du chef du gouvernement social démocrate de l’époque :

 » Si nous ne soutenons pas cette réforme, les finances publiques peuvent s’effondrer et alors les maîtres de notre destinée seront les Etats qui nous prêterons de l’argent « , rapporte le blog de Michel Noblecourt, éditorialiste au Monde.

Tota,  un véritable camouflet qui a précipité la chute du Gouvernement quelques mois après.

Et dire que ce projet de réforme des retraites, exigé par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), avait pourtant été adopté en décembre par le Parlement avant de susciter la colère des syndicats et de l’opposition, qui ont obtenu l’organisation d’un référendum.

Aujourd’hui, hélas, la Slovénie est de nouveau en récession, signalait le mois dernier La Tribune.

Le nouveau Premier ministre conservateur a donc promis de redresser les finances publiques du pays grâce à un programme d’austérité, tout en prenant des mesures visant à stimuler la croissance et l’emploi via des réformes structurelles.

Mais le nouveau chef du Gouvernement est surtout attendu au tournant sur cette réforme des retraites dans les mois qui viennent.

En attendant, chez nous, en France, la réforme des retraites commence à rapporter, selon le site de l’Expansion.

Le report de l’âge légal de départ à la retraite a permis une économie de 258 millions d’euros pour le régime général en 2011…

 

AB

 

Quelle retraite après une carrière à l’étranger ?

Lundi 26 mars 2012

La multiplicité des régimes de base et des complémentaires ainsi que les savants calculs nécessaires pour déterminer le montant de votre future pension en France rendent la retraite plutôt complexe. Alors, imaginez, si vous ajoutez quelques années passées à l’étranger dans votre récapitulatif de carrière !

Heureusement, si vous avez travaillé en Europe, les systèmes de sécurité sociale des 27 pays de l’UE sont coordonnés ainsi que ceux d’Islande, Liechtenstein, Norvège et de la Suisse.

Pour comprendre comment fonctionne cette coordination, la Commission Européenne a réalisé cette vidéo en prenant un cas concret, celui d’un homme qui a travaillé 14 ans en Allemagne, 6 ans en Autriche et 21 ans en France jusqu’à l’âge de son départ à la retraite :

Expatriés d’Europe

Ce qu’il faut retenir :

  • Dans chaque pays, vos périodes d’assurance sont comptabilisées jusqu’à ce que vous atteigniez l’âge de la retraite
  • Chaque pays dans lequel vous avez été assuré pendant au moins un an vous versera une pension de vieillesse lorsque vous atteindrez l’âge de la retraite fixé par ce pays.

Autrement dit, si vous avez travaillé dans trois pays, vous percevrez trois pensions de vieillesse distinctes. Et vous recevrez votre pension quel que soit le lieu où vous séjournez ou résidez en Europe.

Votre pension sera calculée en fonction de vos périodes d’assurance dans chaque pays. C’est à dire que la somme que vous recevrez de la part de chacun d’eux correspondra à la durée de votre couverture de sécurité sociale dans ces pays.

Marche à suivre : si vous avez travaillé dans plusieurs pays, vous devez tout de même demander votre pension dans le pays où vous résidez, sauf si vous n’y avez jamais travaillé. Dans ce cas, vous devez présenter votre demande dans le pays où vous avez travaillé pour la dernière fois.

Enfin, d’une manière générale, les règles qui s’appliquent aux pensions de vieillesse valent également pour les pensions d’invalidité et les pensions pour époux survivants ou orphelins.

Expatriés hors de l’Union Européenne

Tout dépend du pays. Il faut savoir si la France a signé avec ce pays une convention bilatérale. C’est le cas pour une trentaine d’Etats, explique le guide de l’expatriation du site vivrealetranger.com. 

Pour connaître la liste des pays sous convention, vous pouvez vous rendre sur le site du Centre des Liaisons des Européennes et Internationales de la Sécurité Sociale (CLEISS).

Ces accords permettent de coordonner les droits de pension et chaque pays verse la part de retraite qui lui incombe, selon un calcul qui diffère selon la convention : calcul par totalisation-proratisation pour la plupart des cas ou la liquidation séparée des retraites.

  • liquidation par totalisation-proratisation : les années de travail accomplies dans chaque pays sont totalisées. La caisse va établir le montant des droits à pension comme si vous aviez effectué la totalité de votre carrière dans un seul pays ; ensuite, la caisse calculera le montant de la retraite à verser au prorata du temps passé respectivement dans chaque pays. Exemple : si vous avez travaillé 25 ans en France et 15 ans dans un pays signataire de convention, vous totalisez 40 années. Vous recevrez 25/40e de la pension complète de la part de la caisse française et 15/40e de la part de la caisse de l’autre pays où vous avez travaillé.
  • liquidation séparée : cette solution peut être adoptée si la convention le permet. Elle est avantageuse lorsque vos avez effectué la majeure partie de votre carrière en France.

Exemple : si vous avez travaillé 38 ans en France et 5 ans dans un pays signataire d’une convention, la liquidation séparée permet de toucher une pension complète émanant de votre caisse française, et une pension plus relative de la part du pays dans le quel vous avez effectué une partie minime de votre carrière.

Sinon, si vous avez effectué une partie de votre carrière dans un pays sans convention bilatérale avec la France, les différentes retraites sont liquidées séparément. Autrement dit, il faut être très attentif aux conditions émises par le pays d’accueil pour toucher sa retraite. Certains pays par exemple demandent à ce que le bénéficiaire soit résident.

S’assurer plus = s’assurer mieux

Le  guide de l’expatriation du site vivrealetranger.com conseille de souscrire à l’assurance volontaire auprès de la Caisse des Français de l’étranger, un organisme privé sous la tutelle du ministère de l’Emploi et de la Solidarité, et du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.

Pour ce qui est des retraites complémentaires, en plus de la retraite de base, vous pouvez cotiser soit auprès de vos caisses habituelles, soit auprès de caisses spécialisées qui sont la Caisse de Retraite des Expatriés (CRE) pour les employés ou l’Institution de Retraite des Cadres et Assimilés de France et de l’Extérieur (IRCAFEX) pour les cadres.

L’adhésion se fait soit à titre individuel, soit par le biais d’une entreprise.

Enfin, s’il vous manque des trimestres, vous pouvez également racheter des périodes d’activité à l’étranger auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse et ainsi bénéficier d’une retraite de base complète.

Bon à savoir : pour pouvoir calculer votre retraite, il vous faudra une preuve de salaire (fiches de paie, contrat de travail, coordonnées de vos employeurs). Pour les pays de l’UE, il est vivement recommandé de demander à chaque sortie du territoire un relevé de périodes de cotisation (ou relevé de carrière) auprès de la caisse vieillesse du pays concerné pour faciliter le calcul de votre pension, et de bien conserver votre numéro et/ou carte d’assuré locaux.

Alors ? Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ?

AB

François Bayrou : les « points » sur la table des retraites

Vendredi 23 mars 2012

Petit retour arrière, suite à une actualité de la présidentielle entre parenthèses ces derniers jours. Du côté des mesures proposées sur le terrain économique et financier. Un système de retraite par points et une pension à taux plein à 65 ans : voilà les deux axes de propositions du candidat du Modem, sur le sujet des retraites.

Cela tombe plutôt bien. Les Français considéraient en effet il y a peu que l’on ne parlait pas assez de la question des retraites. C’est pourtant, au plan national, le domaine qui les préoccupent le plus avec le logement (73%) devant le pouvoir d’achat (63%), la crise (43%) ou encore les déficits publics (34%).

Le tout, faut-il le souligner, dans une campagne présidentielle jugée majoritairement ennuyeuse, selon un sondage Ipsos-Logica pour Le Monde-France Télévisons et Radio France.

Traiter le problème de la pénibilité

François Bayrou donne ainsi un coup de pied dans la fourmilière en prônant, dans son programme présidentiel, l’instauration d’un régime de retraite par points. Sa position en détails :

« Cela permettrait d’en finir avec l’usine à gaz actuelle puisque nous fusionnerons tous les systèmes de retraite existants, régimes spéciaux compris. La retraite à points, qui se base sur la répartition, où la solidarité nationale joue pleinement son rôle, offre aussi une grande transparence », estime Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur MoDem du Pas-de-Calais, chargé des dossiers sociaux dans l’équipe de campagne du candidat centriste sur Capital.fr

« L’autre avantage est de traiter le problème de la pénibilité, en bonifiant les points des salariés qui exercent des métiers ou des rythmes de travail difficiles. Enfin, avec ce mécanisme, l’équilibre du régime est plus facile à trouver », ajoute-t-il.

Un débat déjà soulevé lors des primaires socialistes par le candidat radical de gauche, Jean-Michel Baylet (voir le post « Primaire PS et la retraite : les “points” de la discorde »). Et cette solution d’un système de retraites par points adopté par la Suède, par exemple, ne fait pas l’unanimité. Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales rappelait dans le magazine Alternatives Economiques :

« Un système par points attribue des droits à pension mais ne fixe pas le niveau des pensions, qui dépend de la valeur des points, laquelle n’est pas donnée a priori. Un tel système joue sur la distribution des pensions au sein d’une même génération mais ne résout pas la question du financement des retraites. »

Revenir sur une mesure qui pénalise les carrières heurtées

Un autre point est soulevé par le programme présidentiel de François Bayrou : le rétablissement de l’âge légal de 65 ans pour une retraite à taux plein.

« Nous nous sommes toujours opposés au report de l’âge légal à 67 ans pour obtenir une retraite à taux plein. Cette mesure pénalise les Français qui ont eu une carrière heurtée. Je pense notamment aux femmes, qui travaillent à temps partiel ou ont cessé un moment de leur activité pour élever leurs enfants », confie Jean-Marie Vanlerenberghe.

Pour l’heure, la réforme des retraites entrée en vigueur en juillet dernier a prévu que l’âge du départ à la retraite à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres cotisés, passe progressivement à 66 ans en 2019 et 67 ans en 2023.

En revanche, pas question pour le candidat du Modem de remettre en cause le relèvement de l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans introduit par la réforme de 2010.

« Les candidats qui prétendent revenir sur cette mesure mentent, car ils ne pourront pas tenir leurs promesses », explique son porte-parole.

Sur ce point là, que les politiques se rassurent, les électeurs ont appris à leurs dépens que les promesses n’engagent vraiment… que ceux qui les écoutent.

AB

Retraites des indépendants: le rachat de trimestres bientôt possible… enfin !

Mercredi 14 mars 2012

Le Gouvernement a annoncé il y a quelques jours dans un communiqué commun des ministres du Travail et de la Santé Xavier Bertrand, du Budget Valérie Pécresse et du secrétaire d’Etat chargé des PME Frédéric Lefebvre qu’il allait bientôt publier un décret favorisant le rachat « à un tarif avantageux » d’annuités pour la retraite des commerçants et des artisans tout en préservant l’équilibre financier du RSI (Régime Social des Indépendants).

Il était temps !

En théorie, depuis le 1er janvier 2010, la loi permet aux travailleurs non salariés de racheter des périodes au cours desquelles leurs cotisations ne leur ont pas permis de valider quatre trimestres au titre d’une année civile bien qu’ils aient travaillé durant toute l’année. Sauf que faute de décret d’application, ce dispositif n’est pas encore entré en vigueur, rappelle Capital.fr

La bonne nouvelle c’est que ce mécanisme de rachat d’annuités pour les 2,5 millions d’assurés au Régime Social des Indépendants (RSI) ne prévoit pas de hausse des cotisations.

 » Une mesure qui répond à une demande forte des artisans et commerçants pour résoudre les situations dans lesquelles, malgré l’exercice d’une activité toute l’année, les intéressés ne parviennent pas toujours à valider l’ensemble de leurs trimestres et donc à se constituer des droits à retraite complets « , ajoute le communiqué.

Le projet de décret sera donc soumis pour avis au conseil d’administration du RSI avant une parution prochaine au Journal Officiel.

Et les « contrats Madelin » ?

En attendant, puisque vous vous intéressez à votre retraite et surtout au montant de votre pension en tant que commerçant, artisan, indépendant, avez-vous entendu parler du dispositif d’épargne retraite Madelin ?

C’est une solution réservée aux travailleurs non salariés qui peut vous intéresser.

Créés en 1994 pour les Travailleurs non-salariés (TNS) et non-agricoles et leurs conjoints, les contrats Madelin sont des produits d’épargne retraite par capitalisation, souscrits de manière individuelle. L’épargne ainsi constituée est indisponible avant la retraite, sauf cas particuliers, et peut être déduite des revenus imposables dans la limite de plafonds, explique notre expert :

Alors, rachat de trimestres, contrat Madelin, les 2 ?

A vous de calculer


Dossier Retraite : compléter sa retraite (p 3/5) par BforBankTV

AB

« Les femmes continueront à recevoir des retraites plus faibles que les hommes »

Mardi 13 mars 2012

C’est l’un des enseignements de l’enquête comparative sur l’emploi et la retraite publiée hier par l’INSEE à l’occasion de la journée de la femme.

En effet, en dépit de la progression de l’activité féminine et de droits familiaux liés aux enfants, les pensions des femmes sont inférieures de moitié à celles des hommes.

En 2008, le montant moyen de la pension de droit propre s’élève à 833 € pour les femmes et représente 48% seulement de la pension des hommes (1743 €).

Et même si les écarts de pension se réduisent au fil des générations, ils persisteront à l’avenir pour les générations de femmes actuellement actives, selon l’institut national de la statistique.

Pourquoi une telle inégalité entre femmes et hommes au moment de la retraite ?

Des écarts de salaire importants persisteront

Ces écarts reflètent les différences de situation sur le marché du travail. Les femmes sont certes de plus en plus nombreuses sur le marché du travail, mais leur taux d’activité reste inférieur à celui des hommes, notamment parce qu’elles interrompent plus souvent leur activité pour élever leurs enfants. Par ailleurs, près de 30% d’entre elles travaillent à temps partiel et les salaires en équivalent temps plein des femmes demeurent inférieurs à ceux des hommes (20 % dans le secteur privé et environ 15% dans le secteur public).

Or notre système de retraite compense davantage les écarts de durée que les écarts de salaire révèle l’INSEE.

La pension d’un assuré dépend principalement de sa durée d’assurance (plus faible pour les femmes) et de son salaire de référence (également plus faible).

Néanmoins, le système de retraite inclut des dispositifs de redistribution qui réduisent ces disparités. En effet, les femmes bénéficient en particulier de droits familiaux liés aux enfants : majoration de durée d’assurance (voir le post « Majoration de durée d’assurance : les papas-gâteau ont désormais leur part »), assurance vieillesse des parents au foyer, etc.

Ces droits compensent au moins en partie les écarts de durée. Mais en partie seulement. Pour les générations futures de retraitées, avec la montée de l’activité féminine, la durée d’assurance des femmes progressera et, avec les droits familiaux, rejoindra celle des hommes. Mais les écarts de salaire demeurent importants aujourd’hui et risquent fort de persister.

Des retraitées célibataires ou divorcées bien moins loties que les veuves

Seuls les écarts de niveau de vie entre hommes et femmes retraités sont aujourd’hui limités. Malgré des écarts importants de pension, le niveau de vie des femmes âgées (65 ans et plus) vivant seules n’est inférieur que de 10 à 20 % à celui des hommes et des femmes vivant en couple.

Pour les veuves, les pensions de réversion permettent de maintenir, en moyenne, le niveau de vie antérieur au décès de l’époux. Les femmes divorcées ou célibataires à la retraite, plus diplômées que les autres femmes de leur génération, ont quant à elles en moyenne un niveau de vie comparable aux couples. Mais avec la fragilisation des parcours conjugaux, le nombre de retraitées célibataires ou divorcées augmentera, hélas, au fil des générations. Parmi elles, les femmes issues de catégories modestes ou peu diplômées pourraient être de plus en plus nombreuses. Des disparités croissantes pourraient être alors observées parmi les femmes retraitées vivant seules, selon qu’elles aient connu ou non des unions stables.

À l’avenir, avec l’amélioration relative des pensions féminines, seule la situation des veuves deviendrait plus favorable que celle des retraitées célibataires ou divorcées.

A se demander, finalement, si les femmes ont vraiment de la chance d’avoir une plus longue espérance de vie !

AB

La réforme des retraites pas près d’être digérée

Vendredi 9 mars 2012

retraite La réforme des retraites reste avec le bouclier fiscal l’une des grandes réformes les   plus impopulaires du quinquennat de Nicolas Sarkozy, selon un sondage TNS Sofres/Canal + dévoilé dimanche dernier dans l’émission Dimanche +.

DIMANCHE+ du 04/03 – Le sondage de la semaine

55% des personnes interrogées rejettent la réforme des retraites

« Quand on vous dit, vous allez travailler plus longtemps et vous ne serez pas particulièrement plus payé, ça ne fait jamais plaisir… c’est mieux que la faillite », relativise Nathalie Kosciusko-Morizet, invitée de l’émission.

« On voit mal qui aurait pu faire passer une telle potion en douceur à part Mary Poppins. », commente Hugues Serraf sur atlantico.fr

D’ailleurs, du quinquennat qui s’achève, les socialistes n’entendent pas forcément faire table rase, souligne LeMonde.fr.

Loin de se préparer à un effacement systématique des réformes de son prédécesseur, le candidat socialiste, si d’aventure il lui succédait, a opté pour leur remplacement, voire par un accommodement. En particulier sur la réforme des retraites. Votée en 2010, elle a fait passer l’âge minimum de départ à 62 ans et l’âge de départ à taux plein à 67 ans, et le nombre d’années de cotisation à 41 ans. François Hollande a promis de permettre aux personnes à jour de cotisation de partir à la retraite avant l’âge légal. Pour autant, sans changer celui-ci.

« On a fait ça pour ne pas avoir à baisser les retraites. La suite logique d’un gouvernement qui ne fait rien c’est un jour la faillite et on doit baisser les pensions comme les pays du Sud de l’Europe », justifie la porte parole de Nicolas Sarkozy.

Demain, plus d’âge légal de départ à la retraite ?

Mais cette réforme des retraites n’est que temporaire pour ne pas dire transitoire.

En effet, elle ne garantit le nouvel âge légal de départ et le niveau des pensions que jusqu’en 2020. Autant dire que nous ne sommes pas au bout de nos peines et de nos grognes. D’autant plus que c’est un problème qui dépasse largement nos frontières.

Que faire d’une population vieillissante ? Alors que l’austérité est imposée dans les pays de l’Union Européenne, les travailleurs de moins en moins nombreux doivent-ils payer pour des retraités toujours plus nombreux et qui en plus vivent plus longtemps ?

C’est la question posée récemment par l’émission The Network d’Euronews.

Car les gouvernements ont beau relever l’âge légal de départ tout en tentant de maintenir les avantages, cela ne suffit pas à garantir les retraites au delà de quelques années.

Ainsi, selon le projet de livre blanc de la commission européenne sur les retraites, Bruxelles veut pousser les états membres à faire disparaître carrément le fait d’avoir un âge obligatoire et encourager les populations à travailler plus en s’appuyant sur des programmes européens comme celui pour la formation tout au long de la vie.

Et là, pour aider à faire passer la pilule, même Mary Poppins n’y pourra rien…

AB

Les retraités français ont-ils plus d’avenir que les allemands ?

Jeudi 1 mars 2012

Si depuis longtemps, le modèle industriel allemand fait rêver la France, peu d’entre nous rêveraient, en revanche, d’être retraité en Allemagne.

En effet, il y aura « bientôt plus d’actifs seniors que de retraités en Allemagne ».

C’est le pronostic édifiant de la ministre allemande de l’Emploi Ursula von der Leyen qui a prédit récemment que les 60-64 ans en activité risquaient bientôt de dépasser le nombre de personnes à la retraite, rapporte BFM Business.

Il faut dire que plus d’un Allemand sur deux âgés de 55 à 64 ans travaille encore aujourd’hui. Un rapport publié mardi par le ministère du Travail allemand montre en effet que le taux d’activité de cette classe d’âge ressort à 57,7 %.

A titre de comparaison ce niveau en France se situe à 39,7 %.

« Les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors »

C’est la démographie vieillissante outre-rhin qui est pointée du doigt. Le taux de fécondité en Allemagne, est de 1,36 enfant seulement par femme, alors que celui de la France est d’environ deux enfants par femme.

 Ainsi, le réservoir de main d’œuvre s’assèche en Allemagne.

« Comme le marché du travail est beaucoup plus florissant que dans les autres pays de la zone euro, les employeurs n’ont d’autres choix que de faire appel aux seniors », analyse l’article.

Je dirais plutôt que ce sont surtout les seniors qui n’ont d’autres choix que de continuer à travailler. Le montant des pensions est problématique outre-rhin depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

Les Allemands pourraient disparaître dans douze générations

Et du fait de cette pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés, comme nous l’avons évoqué dans le post « Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ? »

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Il faut donc que la natalité allemande retrouve un peu de vigueur pour offrir à leurs aînés, une retraite à un âge et à un niveau de pension décents. Sinon l’avenir de la 1ère puissance économique d’Europe risque de s’assombrir.

« Car les projections démographiques indiquent que les Allemands pourraient disparaître dans douze générations. Et avant 2050, la France devrait ravir à l’Allemagne son titre de pays le plus peuplé de l’Europe. », conclut la chaîne économique.

Alors sur quoi miser ?

La compétitivité industrielle allemande d’aujourd’hui ou la compétitivité démographique et sociale française de demain ?

Faites vos jeux. Rien ne va plus…

AB