Archive pour février 2012

Majoration de durée d’assurance : les papas-gâteau ont désormais leur part

Vendredi 24 février 2012

retraite_majoration_enfantHeureuses, les mères de famille qui peuvent grâce à leurs bambins grappiller des trimestres pour leur récapitulatif de carrière. Mais la réforme de cette majoration de durée d’assurance pour enfants pourrait bien mettre à l’épreuve demain bon nombre de couples modernes aujourd’hui.

Saviez-vous que les conditions pour bénéficier de la majoration prise en compte dans le calcul de la retraite ont été modifiées à compter d’avril 2010 ?

Désormais les pères peuvent prétendre à une partie de la durée de majoration globale réservée auparavant aux mères. Ironie du calendrier, c’est la semaine dernière, jour de la Saint Valentin qu’a été publiée la circulaire de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) précisant cette majoration de la durée d’assurance (MDA) pour enfants. Cette réforme promet pourtant à l’avenir des situations bien plus épineuses qu’un joli bouquet de roses. Certaines mamans pourraient en effet voir vraiment rouge.

Egalité homme/femme aussi pour la retraite

Jusqu’ici les femmes salariées du secteur privé se voyaient attribuer spontanément une majoration de leur durée d’assurance vieillesse, jusqu’à deux ans par enfant. Cette disposition avait pour objectif de compenser leurs interruptions de carrière liées aux enfants. Une époque révolue depuis une jurisprudence soulignant le principe d’égalité entre les hommes et les femmes. Un arrêt de la Cour de cassation du 19 février 2009 a en effet accordé aux hommes ce même droit à la majoration de durée d’assurance.

Aussi, le gouvernement a décidé de réagir sans tarder. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010 a décrit un nouveau dispositif. Une réforme qui s’applique à tous les couples, mariés, pacsés ou vivant maritalement.

Désormais, la majoration globale de deux ans par enfant est conservée, mais cette durée se partage entre :

  • 4 trimestres attribués aux mères au titre de la grossesse et de la maternité
  • 4 trimestres supplémentaires attribués au père ou la mère au titre de l’éducation de l’enfant.

Enfant éduqué par le couple = majoration partagée

Ces 4 trimestres pour l’éducation sont accordés :

  • à la mère pour les enfants nés ou adoptés avant le 1er janvier 2010, sauf si le père apporte la preuve qu’il a élevé seul l’enfant pendant une partie des quatre premières années suivant la naissance ou l’adoption
  • à la mère “dans le silence du couple”, pour les enfants nés ou adoptés après le 1er janvier 2010;
  • elle peut être partagée d’un commun accord entre les deux parents, accord exprimé au plus tard six mois après les 4 ans de l’enfant ou son adoption.

En cas de désaccord, la majoration sera attribuée à celui qui prouve avoir contribué à titre principal à l’éducation de l’enfant pendant la période la plus longue ou, à défaut, la majoration sera partagée par moitié.

Autant dire que pour des couples séparés depuis belle lurette, il n’y a pas mieux pour déterrer la hache de guerre !

En plus de fixer ces modalités d’attribution des majorations de maternité, d’adoption ou d’éducation, la circulaire du 14 février 2012 précise aussi son non cumul avec un congé parental. Car les mères mais aussi les pères qui ont obtenu un congé parental peuvent par ailleurs bénéficier d’une majoration de leur assurance égale à la durée du congé (maximum 3 ans par enfant). Mais cette majoration ne peut pas se cumuler avec la majoration de durée d’assurance pour enfant. C’est la solution la plus favorable à l’assuré qui sera retenue.

Quant à la solution la plus favorable à la paix des ménages, qui plus est, divorcés, au moment de prendre sa retraite dans quelques années, je demande à voir…

AB

Vous pouvez également consulter la rubrique retraite du site BforBank.

Une réforme… de la réforme des retraites inévitable ?

Mercredi 22 février 2012

Les retraites continuent de faire débat entre les candidats à l’élection présidentielle.

Lors de son 1er grand meeting à Marseille dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a visé le projet de François Hollande : ramener l’âge légal de la retraite à 60 ans, en maintenant les 41,5 années de cotisation :

“Aimer la France, c’est refuser de promettre la retraite à 60 ans en sachant que dans moins de dix ans on ne pourra plus payer les retraites”, a clamé le candidat UMP.

Discours de Nicolas Sarkozy à Marseille

Un argument sujet à caution selon Les décodeurs, blog du Monde.fr  qui se propose de passer au crible les propos des hommes et femmes publiques pour y démêler le vrai du faux.

La retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ne coulerait pas le système.

« Le PS ne propose pas un retour aux 60 ans pour tous, mais bien la possibilité laissée à ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans de partir, dès lors qu’ils ont 41,5 années de cotisation, à 60 ans. Mais affirmer que cette réforme provoquera la faillite du système est un abus. », souligne le blog.

Les décodeurs rappellent que le parti socialiste chiffre le coût de ce rétablissement entre 1,5 et 2 milliards d’euros par an, au début du dispositif, pour 130 000 personnes concernées environ.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) parle lui aussi de 100 000 à 110 000 personnes concernées chaque année par un départ en retraite anticipé pour carrière longue. Quant au coût, il augmenterait année après année à mesure de la montée en charge du dispositif.

L’Institut Montaigne, d’orientation libérale, le chiffre à 5 milliards d’euros par an en 2017, en comptabilisant la baisse du chômage induite par la réforme. Le PS assure pour sa part qu’il financera cette mesure par deux hausses de taxes, sur les bonus et stock-options (relèvement du forfait social de 8 % à 20 %) et sur les cotisations patronales et salariales (0,1 % par an), ce qui rapporterait 5 milliards au total.

« La mesure serait donc en principe financée et ne coulerait pas le système de retraites. », affirment Les décodeurs.

Mais au-delà de ce combat d’arrière-garde sur “l’âge du capitaine”, une vraie question se pose : pourra-t-on encore payer les retraites dans moins de 10 ans au même niveau qu’aujourd’hui ?

Les pensions de retraite en Allemagne se réduisent comme peau de chagrin

L’observatoire des politiques publiques, rappelle sur Challenges.fr, ce qui se fait à l’étranger. Et dans la plupart des pays voisins, l’âge légal de départ à la retraite est supérieur au nôtre.

« En Autriche, Portugal et Italie, il est fixé à 65 ans. Mais à la différence dela France, ces systèmes n’ont qu’un curseur : l’âge légal, qui permet de partir sans décote quelle que soit la durée de cotisation. », souligne l’observatoire.

La Grècea, elle aussi, décidé, du fait de la crise, de passer de 60 à 65 ans à l’horizon 2015.

« En janvier 2011, Angela Merkel se prononçait même pour une généralisation d’un âge légal à 67 ans dans toute la zone euro. », rappelle l’observatoire.

Car en Allemagne, depuis 2007, il a été repoussé de 65 à 67 ans pour une pension à taux plein avec une entrée en vigueur progressive d’ici à 2030. Mais il faut savoir qu’outre-Rhin, il est néanmoins possible de partir à la retraite à 63 ans en touchant une moindre pension. Le montant des pensions devient d’ailleurs problématique depuis que l’Allemagne a transformé, dès 1992, son régime de retraite en optant pour un système à points. Chaque point correspond à une valeur régulièrement ajustée en fonction de l’évolution des salaires, mais aussi en fonction du ratio de dépendance, c’est-à-dire du nombre de retraités au regard du nombre d’actifs afin de s’ajuster à l’évolution démographique.

« Mais, du fait d’une pyramide des âges vieillissante, les pensions se réduisent comme peau de chagrin depuis dix ans. Au point que le pays rencontre des problèmes de pauvreté de ses aînés », selon le site économique.

Là où les pensions (à taux plein) représentent, en moyenne, près de 65 % du salaire en France, les Allemands eux, arrivent péniblement à 50 %.

Autant dire que le problème du déficit des régimes de retraite reste entier en France malgré des économies estimées à 19 milliards par an à partir de 2018, selon l’observatoire des politiques publiques qui s’interroge sur Challenges.fr sur cette éventualité d’une réforme… de la réforme.

Du reste, rappellent Les Décodeurs, le PS a aussi promis une remise à plat globale du financement des retraites. Par ailleurs, le texte voté par le gouvernement en 2010 inclut lui aussi un amendement promettant une “réflexion nationale” sur une refonte complète des retraites dès 2014.

« Aucun des deux partis n’a donc aujourd’hui de solution pérenne dans tous les cas de figure. », conclut le blog.

Pas vraiment rassurant…

 

AB

Retraite à 60 ans : les Français n’y croient plus

Lundi 20 février 2012

Résignés ou pragmatiques face à l’avenir des retraites, une chose est sûre, les Français ont semble-t-il fait le deuil de la retraite à 60 ans selon un sondage Cecop-CSA publié la semaine dernière.

Plus d’1 Français sur 2 ne croit pas au retour de la retraite à 60 ans

Même en cas d’accession de la Gauche au pouvoir, 55 % des personnes interrogées dans cette étude, réalisée pour le Cercle des épargnants, ne s’attendent pas à un retour à l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans contre 11 % qui le croient.

Plus encore, une nette majorité de personnes interrogées (58 %) estime qu’il sera nécessaire de reporter à nouveau l’âge légal de départ, jusqu’à 65 ans. En 2011, ils n’étaient que 30 % à le penser. Quelle évolution !

63 % des Français pensent que les pensions de retraite vont diminuer

S’agissant des pensions de retraite, les Français ne sont pas plus optimistes.

  • 63 % pensent qu’elles vont diminuer
  • 23 % qu’elles vont rester stables
  • 13 %, seulement, qu’elles augmenteront.

À noter, les catégories socioprofessionnelles les plus aisées sont les plus inquiètes (78 % des cadres supérieurs).

Face à ces inquiétudes, 54 % des Français entendent épargner pour préparer leur retraite et 45 % pour couvrir leurs dépenses d’assurance-maladie. Et à leurs yeux, l’assurance-vie paraît incontournable.

« Elle reste perçue comme le placement idéal », souligne Jérôme Jaffré, directeur du Centre d’études et connaissances sur l’opinion publique (Cecop) sur le Figaro.fr

Pourtant, l’assurance-vie a été boudée par les épargnants en 2011, rappelle le quotidien. Pour la première fois, ils ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont versé. La collecte nette est tombée à 7,6 milliards d’euros en 2011, soit presque sept fois moins qu’en 2010.

« La majorité des épargnants ont surtout puisé dans leur épargne pour consommer ou pour acquérir un bien immobilier. Seuls 2 % des rachats ont été réinvestis sur d’autres placements financiers », précise Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants.

Une tendance qui pourrait s’atténuer cette année, puisque 85 % avancent qu’ils n’envisagent pas de toucher à cette épargne dans les prochains mois.

Les Français attendent par ailleurs que l’État ne remette pas en cause les incitations fiscales à l’assurance-vie et aide l’épargne de long terme dans lequel elles s’inscrivent, conclut l’étude.

Pour aller plus loin, savoir ce qu’est vraiment un contrat d’Assurance-Vie, pourquoi ce placement a toujours les faveurs des Français, consultez notre Guide vidéo de l’assurance-vie :

 


L’assurance-vie, c’est quoi au juste? par BforBankTV

AB

Des petits boulots pour s’en sortir… même à la retraite !

Mercredi 15 février 2012

Rien de tel qu’une plongée en immersion. C’est l’autre jour au saut du lit qu’Europe 1 a donné un coup de projecteur navrant sur un retraité, à Nantes (44), qui a repris un petit boulot pour arrondir ses fins de mois.

Saïd, 61 ans, ne touche que 600 € par mois. Il enchaîne donc les petits boulots. Il venait par exemple de gagner 20 € pour avoir changé des bougies de chauffage lorsque le reporter Pierre Baptiste Vanzini l’a rencontré.

« Moi ça m’arrive de faire absolument tout, jusqu’à faire des ménages », confesse Saïd.

« Quand on dit que les retraités ont tout le temps pour des loisirs, moi je ne l’ai pas… Je suis obligé de tout prendre. J’ai 2 enfants de 11 et 12 ans, je me demande si je ne travaillais pas comment on ferait. Pour moi, la fin du mois c’est autour de 18 ! », ironise-t-il pour conclure.

Les revenus des retraités amputés de 20 %, selon les syndicats

Une réalité, hélas, qui n’est pas unique. De nombreux autres retraités aux pensions trop faibles,  sont obligés de reprendre des petits boulots par les temps qui courent. Ce pour conserver un pouvoir d’achat à peu près décent, comme nous l’évoquions déjà dans le post ” Le cri d’alarme des retraités”.

Aussi, 200 retraités ont manifesté hier à Nantes pour protester contre la baisse de leur pouvoir d’achat, des revenus amputés de 20 % selon les syndicats.

Autre région mais même réalité, que celle de Jocelyne à Pont sur Sambre (59). Cette ancienne auxiliaire de vie, vend de la lingerie fine pour compléter sa petite retraite, rapporte La Voix du Nord. Heureusement pour elle, Jocelyne semble épanouie dans sa nouvelle activité. Elle confie même qu’elle n’a qu’un seul regret, « ne pas avoir commencé plus tôt ce métier qui est une véritable vocation ».

Mais cet enthousiasme révèle une problématique de taille. Et l’emploi des plus jeunes alors ?

Car si le cumul emploi-retraite est un dispositif avantageux pour gagner plus à la retraite, rappelle Les Echos, la question de son impact sur l’emploi des jeunes risque en effet de se poser sérieusement. D’autant plus en écoutant cette employée d’une agence d’intérim, toujours interrogée par Europe 1, dithyrambique sur cette nouvelle main-d’œuvre que constituent les retraités.

« Ils sont dans une situation qui les oblige à prendre ce qu’il y a et à montrer une certaine motivation qui va faire la différence avec des personnes plus jeunes qui ne sont pas forcément assidues au travail », confie-t-elle.

La crise sonne-t-elle le glas de notre système de retraite par répartition ?

Tout ceci serait gérable si des enjeux plus globaux n’étaient pas impactés. En effet, il ne faudrait pas oublier que notre système de retraite en France par répartition repose sur un principe : ce sont bien les actifs, et notamment les plus jeunes, qui, par leur travail, cotisent au profit des retraités. Sans eux, sans leurs cotisations, plus de pensions retraite.

La crise économique et financière sonnerait-elle donc le glas de notre système ? Seule certitude, la période difficile que nous traversons ne risque pas d’apaiser des tensions pour ne pas dire des heurts, déjà bien perceptibles dans la société depuis quelques années, entre les générations, comme l’explique le site Management Social.

Raison de plus de penser à votre propre retraite et la préparer au mieux financièrement. Le premier pas est donc d’obtenir un aperçu financier de ce que vous toucherez pour votre retraite. Pour cela, vous pouvez par exemple cliquer sur ce lien (Calcul de la Retraite) et vous serez fixé en moins de 5 minutes sur ce que vous toucherez a priori pour votre retraite.

Pour prolonger, ce comparateur de solutions retraite vous éclairera aussi. L’outil permet de comparer les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution y sont également présentés.

AB

Déficit : les retraités pointés du doigt

Mercredi 15 février 2012

Pour assainir les finances publiques et réduire les déficits sociaux il convient de geler l’indexation des retraites et d’augmenter la CSG sur les pensions.

C’est le point de vue iconoclaste de l’économiste Christian Saint-Étienne, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, membre du Conseil d’analyse économique et chroniqueur à Challenges.

Christian Saint-Etienne: “Il faut faire payer… par Challenges

Même après une telle purge, les retraités français resteraient, selon lui, plus favorisés que dans le reste de l’Europe.

La dépense publique en France n’a fait qu’augmenter, explique l’économiste. Elle représente 56 % du PIB (Produit Intérieur Brut) aujourd’hui, soit 8 points de PIB de plus que la moyenne des autres pays de la zone euro.

Rien que pour la protection sociale, la France dépense 33 % de son PIB, c’est-à-dire de sa richesse. “Un record du monde“, selon Christian Saint-Étienne. Et 13,5 % du PIB pour les seules retraites. Notre problème est donc un problème de dérive de la dépense publique.

“On sera obligé de continuer la réforme des retraites », ajoute-t-il. Car « le gros morceau des prestations ce sont l’évolution des retraites”.

Des retraites désindexées et surtaxées

L’âge de départ à la retraite est beaucoup trop tôt même si la réforme prévoit son recul progressif, selon lui.

On a un nombre de retraités trop élevé rapporté à la population active. Il est absolument nécessaire d’augmenter le nombre de cotisants par rapport au nombre de pensionnés. C’est un élément décisif de la réforme à moyen terme, explique Christian Saint-Étienne :

“Il est vraisemblable que l’on va devoir suspendre l’indexation des retraites pour limiter la progression de ces dépenses publiques mais aussi l’ensemble des prestations sociales pendant 18 mois à 2 ans pour reprendre le contrôle de l’évolution de la dépense publique”.

Mais aussi “parallèlement, aligner le taux de CSG des retraites sur celui des actifs. Ce qui ferait une augmentation d’un peu plus d’un point de taux de CSG sur les retraites. On pourrait coupler cela avec la mise en place d’un système d’assurance sur la dépendance qui bénéficierait aux retraités, ce qui fait qu’ils comprendraient mieux pourquoi on aligne leur taux de CSG sur celui des actifs”, selon l’économiste.

Des mesures qui devraient être annoncées après les élections, laisse entendre le journaliste de Challenges.

90 % des retraités ont des revenus supérieurs à ceux des actifs

Nous sommes le seul pays développé dans lequel le revenu des retraités par unité de consommation est 7 à 8 % supérieur à celui des actifs, poursuit Christian Saint-Étienne.

“Même si on gelait les prestations retraites pendant 2 ans et qu’on fasse la hausse dela CSG, cela représenterait une baisse de pouvoir d’achat des retraités de 4 à 5 % mais ils auraient un revenu par unité de consommation qui resterait supérieur à celui des actifs”, relativise-t-il.

Les retraités auraient donc toujours une position enviable. D’autant plus que ce sont des moyennes. Or, “seuls 10 % des retraités ont des revenus très faibles. 90 % des retraités ont donc des niveaux de retraite bien supérieurs aux revenus des actifs“, conclut l’économiste.

Seule certitude, après les déclarations récentes de Charles Beigbeder demandant ouvertement à ce que les retraités prennent leur part de rigueur, (voir le post Charles Beigbeder : “Que les retraités fassent un geste”), l’étau semble se resserrer autour des retraités laissant augurer leur mise à contribution inévitable dans cette crise.

 

 AB

Les retraites aux oubliettes de la présidentielle ?

Lundi 6 février 2012

retraite_presidentielle_fillon_aubryUne semaine après le duel entre François Hollande et Alain Juppé, François Fillon était l’invité de l’émission politique phare de France 2, ces derniers jours.

L’occasion pour le Premier ministre de se retrouver face à Martine Aubry pour un débat d’environ 40 minutes de temps. Une discussion très (trop ?) technique (de l’aveu général des observateurs), axée sur des batailles de chiffres et aussi sur la TVA sociale, parlant surtout des moyens de relancer la croissance ou encore de la politique de logement.

Mais, étonnamment, il me semble pas me tromper : rien n’a été dit sur les retraites. Pas de chiffrage ni de perspective, pas moins de solution ou de recommandation en l’état.

Pourtant, malgré l’entrée en vigueur de la réforme l’été dernier avec l’allongement de la durée de cotisation et la fin adoptée de la retraite à 60 ans, le sujet suscite encore des questions. Il déclenche toujours des polémiques et réveille des craintes aussi bien chez les retraités que chez les plus jeunes censés préparer la leur. Pas plus tard que ces derniers jours d’ailleurs.

Avec la promesse du candidat socialiste de laisser partir finalement à 60 ans ceux qui ont suffisamment cotisé, sur laquelle le Président de la République est revenue, la question des retraites semblait donc loin d’être une cause entendue entre les deux principales forces politiques du pays.

16 millions de retraités

La durée du débat était-elle trop courte pour aborder avec tout le sérieux qui s’impose l’avenir de nos retraites, loin d’être réglé pour les générations futures ? On peut se le demander.

La Première secrétaire du PS, qui, il est vrai, a toujours été plus nuancée que la position de son parti sur la question des retraites, n’aurait-elle dans le fond rien à objecter au Premier ministre, pourtant principal artisan de cette réforme ? Pour beaucoup d’experts, quelque sensibilité politique qu’il s’agisse, le dossier serait essentiellement technique et traité comme tel. Beaucoup d’observateurs avaient par exemple insisté sur l’aspect arithmétique du dossier, lié aux vieillissement de la population, à l’augmentation du chômage… qui grignotent les marges de manoeuvre.

Toujours est-il que, seule certitude, au lendemain de ce débat télévisé, les 16 millions de voix que représentent les retraités en France ont été (pour l’heure) oubliées, ou à tout le moins mise de côté pour d’autres urgences. Dommage, à moins de 80 jours du premier tour de l’élection présidentielle… même s’il reste encore de l’espace médiatique pour aborder le sujet. Et qu’il demeure des interpellations possibles, notamment via les partenaires sociaux comme le rappelle par exemple Essonneinfo.fr : il s’agit pour eux de “replacer la question des retraites dans les thématiques de campagne des candidats à la fonction présidentielle“.

 

AB

NB : et d’ailleurs, si vous portiez le débat sur la place publique, que souhaiteriez-vous que les politiques traitent en priorité concernant les retraites et ses moyens de financement ? où se place le curseur de l’urgence selon vous ?

Le malheur de l’Europe fait le bonheur des retraités californiens

Jeudi 2 février 2012

L’information est passée, hélas, entre les mailles des filets des médias grand public. Pourtant, elle a de quoi alimenter le débat sur la finance et les retraites, plutôt d’actualité en ce moment.

Savez-vous que la perte de nos AAA en Europe contribue à payer les retraites des fonctionnaires californiens ? C’est ce que l’on apprend, selon un intéressant article publié sur Challenges.fr.

Comment est-ce possible ? La démonstration est simple, jugez plutôt.

Prenons Calpers, le plus important des fonds de pension américain. Celui qui paye les retraites des fonctionnaires californiens. Ce fonds a largement investi dans Avenue Capital, un hedge fund, fonds d’investissement très agressif pour une forte rentabilité (voir le post du Blog Fonds « Les hedge funds en pleine expansion »).

Ses traders achètent les titres de dette publique des pays de la zone euro avec une grosse décote du fait d’une moins bonne notation par les fameuses agences. Ils profitent ensuite de toute éclaircie pour revendre, empochant du coup de très conséquentes plus-values lorsque la décote diminue, explique l’hebdomadaire économique. La loi du marché.

C’est ainsi que depuis 3 ans, ce fonds américain affiche un rendement plutôt costaud en temps de crise : 18,5% par an ! Autant d’argent en plus pour les pensions de retraite… des mamies et papis Californiens.

Boom des fonds spécialisés dans la dette des Etats en difficulté

Le filon de ce fonds en a attiré plus d’un que les Anglo-saxons préfèrent pudiquement appeler “distressed debt” funds, autrement dit des fonds spécialisés dans la dette des Etats en difficulté.

Des centaines de millions d’euros pour ne pas dire des milliards sont donc misés aujourd’hui sur les difficultés et impasses des pays de l’Union Européenne et rapportent gros. Notamment sur notre propre dos. Car la dette de la France est détenue à plus de 65 % par des “non-résidents” français, rappelle de son côté Le Monde.

Selon une étude publiée en avril dernier par la fondation pour l’innovation politique (Fondapol), notre pays est tout de même en troisième position de l’Union européenne, derrière le Portugal (75 % de la dette détenue par des non-résidents) et la Grèce (71 %).

C’est une différence majeure avec un Etat comme le Japon, dont l’énorme endettement (plus de 200 % de son PIB comparé aux 85% du PIB pour la France) est essentiellement possédé par ses épargnants. Un point qui n’est pas nouveau, et que soulignaient à la rentrée 2011 plusieurs experts, dont par exemple Alexandre Adler sur les ondes d’Europe 1.

Quelles conséquences ?

C’est un atout autant qu’une faiblesse, relativise le quotidien Le Monde. Un atout, car c’est une preuve de l’attractivité du territoire national et de la confiance qu’il obtient auprès des marchés. Mais une faiblesse, car le pays est d’autant plus sensible aux questions de conjonctures que sa dette est placée sur des marchés internationaux.

La Grèce ou le Portugal, qui avaient également une dette majoritairement située à l’étranger, en ont ainsi payé les conséquences. Au profit donc, des retraités Californiens, entre autres …

AB

Pour prolonger : lire sur BforBank.com la note explicative sur les fonds de pension;