Le Président de la République a déclaré hier que le retour de la retraite à 60 ans était “une folie“, “un mensonge“, ajoutant que “cela ne se ferait pas“, lors de son intervention télévisée, en faisant allusion à la proposition de François Hollande de revenir à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont leur durée de cotisations.
“C’est une folie, il n’y a personne qui croit ça, il n’y a aucun Français qui pense que c’est vrai, c’est un mensonge parce que ça ne se fera pas”, a affirmé le chef de l’Etat.
“Quand on a fait la réforme des retraites, tout le monde nous a critiqués, maintenant toute l’Europe nous suit”, a-t-il même prétendu.
“Si les gens travaillent moins longtemps, qui va payer leurs pensions ?”
L’occasion pour Nicolas Sarkozy de balayer d’un revers de main l’une des propositions de François Hollande, sans jamais citer son nom. Le candidat du Parti Socialiste a en effet promis que, s’il est élu Président de la République en mai prochain, ceux qui ont suffisamment cotisé « pourront partir à 60 ans » (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »).
Une mesure qui “conduirait le pays à la ruine. Si les gens travaillent moins longtemps, qui va payer leurs pensions ?” s’est indigné Nicolas Sarkozy.
Ceux qui travailleront encore, si l’on en croit la présentation du programme de François Hollande faite jeudi dernier.
S’il est élu, sa promesse de permettre aux Français qui ont cotisé 41 ans de pouvoir partir à 60 ans sera financée par une hausse des cotisations sociales, souligne Le Monde.
Des mesures qui risquent sérieusement de grever les comptes de la Sécurité sociale, analyseLe Point.
Selon l’évaluation de l’association Sauvegarde retraites, elles coûteront au moins 6,3 milliards d’euros par an à partir de 2020, année où elles exerceront tous leurs effets.
Seul point commun pour le moment entre le candidat socialiste et le Président de la République : ne pas trop toucher aux retraités actuels, note Le Monde.
La retraite à 60 ans est une nouvelle fois exhumée. Pas par le Parti Socialiste, mais par la candidate du FN qui formule pour la 1ère fois cette idée à propos de l’âge de départ en retraite. Alors même que cette promesse n’apparaît pas précisément dans son programme.
«La meilleure option est la retraite à la carte, avec une retraite pleine à 40 annuités de cotisation», a indiqué Marine Le Pen, hier, sur France Inter.
« La double condition, c’est 60 ans, et 40 (annuités) pour une retraite pleine », avec des « exceptions » pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes, a-t-elle précisé devant des journalistes, rapporte l’AFP.
Cette proposition a aussitôt provoqué des réactions du Front de gauche, qui l’accuse d’enfumer les travailleurs, et de l’UMP, qui parle de démagogie.
Le conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui a récemment écrit un livre sur la présidente du Front National (“Le parti de l’étrangère”, Ed. Flibuste), ajoute :
« il y a encore cinq ans, Marine Le Pen, alors directrice de campagne de Jean-Marie Le Pen, défendait ardemment la retraite à 65 ans et plus » et que « lors des manifestations et grèves de septembre 2011 pour la défense de la retraite à 60 ans, elle a consacré son énergie à insulter les grévistes ».
” Comment peut-on croire à des promesses aussi mirobolantes et aussi démagogiques ? “, a-t-il demandé, qualifiant Marine Le Pen de ” marchand d’illusions “.
Car, la candidate d’extrême droite reste pour le moment assez floue sur le coût de ses propositions sur les retraites et leur financement, selon Les Echos.
Elle suggère d’élargir l’assiette de financement au revenu du capital. Elle entend aussi y affecter une partie de droits de douane sociaux et environnementaux qu’elle veut instaurer. Et supprimer le minimum vieillesse pour les étrangers qui ont travaillé et cotisé moins de dix ans en France. Mais elle compte surtout sur une politique ambitieuse de retour au plein-emploi et d’accroissement de natalité pour rétablir à terme les comptes de l’assurance-vieillesse, explique le quotidien économique.
1 retraité sur 2 né en Ile-de-France, part s’installer ailleurs pour couler des jours heureux, souligne Le Figaro.
Une exception pourtant dans une France où les retraités vivent plus souvent dans leur région d’origine que le reste de la population. 80 % des retraités nés dans le Midi ou en Rhône-Alpes, par exemple, y vivent encore.
Mais où atterrissent donc les “expatriés de la retraite” ?
“Ici, c’est le paradis. On a vraiment la belle vie”, clame Lucilla, 78 ans, interrogée par le quotidien.
Originaire de Dijon, elle s’est installée au moment de sa retraite dans cette station balnéaire de la Côte d’Azur, comme beaucoup d’autres seniors. À tel point que la commune compte une proportion record de retraités, plus de 30 %.
“Nous avons la mer, la montagne tout près, des activités tous les jours. C’est une qualité de vie magnifique. Pourquoi aller chercher ailleurs “, explique Carmen, 71 ans.
En plus de la douceur du climat, les retraités apprécient de trouver une ville à taille humaine où règne “la tranquillité”, souligne La Croix.
Conséquence de cet engouement : les prix de l’immobilier atteignent désormais des sommets, dopés par un afflux de retraités italiens venus investir en voisins.
Des retraités inquiets pour le sort des générations à venir
“Avant, même ceux qui avaient des petites retraites pouvaient s’installer à Menton. Maintenant, c’est surtout des personnes aisées, cadres ou anciens commerçants”, confie Marie-Jeanne, 80 ans, dans les colonnes du journal.
Même dans leur bulle, certains d’entre eux s’inquiètent pour le sort des générations à venir. Notamment chez ceux qui vivent par procuration les difficultés de leurs enfants ou petits-enfants.
“Bien sûr, les gens maintenant ont plus de choses. Leur vie est différente, mais je ne pense pas qu’elle soit plus heureuse. Pour les jeunes, cela va être plus dur que pour nous. Parfois, je me dis que nous ne leur laissons pas un monde très beau”, soupire Josette, dite « Jo ».
À 57 ans, alors qu’elle ne travaille plus en raison de problèmes de santé, elle s’active comme bénévole à Menton en attendant de pouvoir prendre officiellement sa retraite.
“J’espère quand même que je vais toucher ma retraite, s’inquiète-t-elle. En trois ans, avec la crise, il peut s’en passer, des choses.”
Excellente résolution de la CNAV(Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) pour cette nouvelle année.
Désormais, un relevé en ligne récapitule vos droits dans l’ensemble de vos régimes de retraite, y compris les complémentaires. Quel que soit votre âge et dès lors que vous avez commencé à travailler. Une véritable avancée dans le droit à l’information sur votre retraite créée par la réforme de 2003.
Le site lassuranceretraite.fr proposait déjà la consultation gratuite du “relevé de carrière” mais dans son seul régime des salariés de l’industrie, du commerce et des services. Désormais, vous pouvez également consulter votre “relevé de situation individuelle”, qui retrace l’ensemble de votre carrière professionnelle en listant le nombre de trimestres et de points acquis auprès de tous les autres régimes de retraite obligatoire de base et complémentaire, ainsi que les rémunérations prises en compte dans le calcul du montant de votre retraite.
Mais aussi des informations relatives à des périodes ou à des événements qui ne peuvent être rattachés à une année donnée (par exemple : enfants ou service militaire) et/ou qui sont susceptibles d’influer sur l’âge nécessaire pour la liquidation ou sur le montant de votre retraite.
Un service très pratique car ce relevé peut faire l’objet d’une demande sur les sites internet de vos différents organismes de retraite obligatoire. Parallèlement, il continue d’être adressé systématiquement par courrier aux assurés de 35, 40, 45 et 50 ans.
Éviter les mauvaises surprises
Surtout, vous pouvez enfin vérifier qu’aucune période travaillée n’a été oubliée, de façon intentionnelle ou non, par un employeur ou un organisme.
En vous permettant d’avoir une vision globale de vos droits et de vous assurer que les informations détenues par les organismes de retraite sont complètes et correctes, vous pouvez dès aujourd’hui effectuer les démarches nécessaires pour éviter ainsi d’avoir de mauvaises surprises le jour de votre départ en retraite.
Enfin, les informations de votre “relevé de situation individuelle” vous permettront de faire une simulation précise avec notrecalculette retraite en moins de 5 minutes, et d’avoir ainsi une idée concrète de ce que vous toucherez pour votre retraite.
Pour obtenir, en quelques minutes seulement, votre relevé de situation individuelle sur le site de la CNAV, lassuranceretraite.fr, il suffit de vous inscrire avec votre numéro de Sécurité Sociale, qui sera votre identifiant, tout simplement. Choisir un mot de passe. Confirmer votre inscription par retour du mail que vous aurez reçu.
En principe, votre relevé est édité immédiatement. Sinon vous serez informé de sa disponibilité dans un délai de 2 à 3 semaines.
À partir de là, en disposant de toutes les informations sur votre situation personnelle, comparez par exemple, grâce à notre Comparateur de solutions retraite les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution vous sont également présentés.
Il ne sera jamais trop tard pour mettre au point votre plan d’action afin de couler des jours heureux une fois à la retraite, du moins, d’être bien dans vos pantoufles.
Pour reprendre un proverbe chinois,
« Lorsqu’on achète des souliers, on s’informe du pied » !
Les infirmières en retraite (voir le post « Second service pour des infirmières retraitées ») ne sont plus les seules à reprendre du service, depuis l’entrée en vigueur de la réforme des retraites le 1er juillet dernier et l’assouplissement des conditions de cumul emploi-retraite.
Si l’hôpital doit faire face à une pénurie de blouses blanches et à une crise des vocations, la justice est confrontée aussi à un manque d’effectifs et rappelle ses retraités, rapporte Libération cette semaine.
« Environ 200 surveillants de prison, greffiers et magistrats retraités ont repris du service, sur la base du volontariat. », selon le quotidien.
Ces retraités ont donc ressorti leur robe ou leur uniforme de la naphtaline pour renforcer les services judiciaires et pénitentiaires. Deux réserves créées par le ministère dela Justicepour permettre aux magistrats, greffiers en chef et greffiers des services judiciaires, surveillants de prison à la retraite souhaitant continuer à servir l’institution judiciaire de mettre leur savoir-faire et leur expérience au service dela Justice. Laréserve judiciaire, lancée en 2011, s’inspire de la réserve civile pénitentiaire créée, 2 ans plus tôt.
L’objectif est de mobiliser 500 magistrats réservistes et 500 fonctionnaires réservistes pour la réserve judiciaire. Mais pas au détriment de véritables nouvelles embauches, selon le ministère de la Justice, qui promet 485 emplois supplémentaires de magistrats, greffiers et éducateurs créés en 2012 et 2013, s’ajoutant aux 200 emplois déjà prévus pour 2012.
Côté pénitentiaire, 860 agents ont fait acte de candidature et une première vague de 98 d’entre eux est en voie d’intégration au sein des services, a précisé Bruno Badré, porte-parole du ministère dela Justice, dans les colonnes du quotidien.
Renforcer les services judiciaires et pénitentiaires
Les missions confiées aux réservistes judiciaires sont non juridictionnelles. C’est-à-dire que ces magistrats ne participent pas aux audiences. Ils s’occupent essentiellement de tâches d’assistance et administratives.
Un décret, un peu passé inaperçu, a été publié en ce sens il y a quelques mois.
Outre les missions confiées au réserviste judiciaire, il fixe à 75 ans (contre 65 ans pour le réserviste pénitentiaire), l’âge maximal, ainsi que la durée d’emploi, limitée à 150 demi-journées par an.
Le montant de ces vacations est de 100 euros pour un magistrat, 80 euros pour un greffier en chef et 60 euros pour un greffier.
Selon le dernier classement de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (Cepej), la France compte 9,1 juges professionnels pour 100 000 habitants, alors que la moyenne dans les autres pays du Conseil de l’Europe est de 20,6, rapporte Libération.
Autant dire que les retraités, pardon, les réservistes ont de beaux jours de travail devant eux.
C’est l’un des chevaux de bataille du très médiatique chef d’entreprise, Charles Beigbeder, qui vient de publier Puisque c’est impossible, faisons-le aux éditions JC Lattès.
En 15 ans, l’homme d’affaires a créé 5 entreprises dans des domaines différents comme Happytime (société de réservation de loisirs) ou Poweo (production et fourniture d’électricité) tout en étant déjà investi dans des activités syndicales pour Croissance plus et le Medef. Il se lance désormais en politique.
L’entrepreneur, également secrétaire national de l’UMP est en effet pressenti pour être le candidat de la majorité dans le 12e arrondissement de Paris aux prochaines élections législatives.
« Les retraités doivent prendre leur part de rigueur »
Voilà quelques-unes des idées que Charles Beigbeder propose de mettre en place rapidement :
Définir un nouveau contrat entre l’État et le citoyen afin de replacer l’État à sa juste place.
Rétablir des mécanismes de transmission en refaisant de l’autorité, de l’exemplarité et de l’excellence les fondements de l’école.
Une fiscalité plus juste, plus simple et plus lisible pour les citoyens et les entreprises…
Et donc, notamment, demander quelques sacrifices, aussi, aux retraités.
« Les retraités doivent prendre leur part de la rigueur », avait-il déjà lancé, en décembre dernier, dans une tribune sur le site des Echos.
L’occasion, dans son billet, de féliciter les initiatives espagnoles et italiennes pour faire face à la crise. Notamment, en décidant de geler la hausse, indexée sur l’inflation, des pensions de retraite. Une mesure de rigueur qu’il encourage pour la France. Charles Beigbeder l’a confirmé, hier (10/01/12), sur les ondes de RMC dans l’émission « Les GG, les grandes gueules ».
Désindexer partiellement et temporairement les retraites de l’inflation
Le dirigeant a fait ses calculs. Selon lui, les retraites en France se montent à 270 milliards d’euros par an. Indexées sur l’inflation, à 2 %, cela représente 5 à 6 milliards d’euros supplémentaires par an. Ce qui fait un total de 30 milliards d’euros au bout de 5 ans.
« Ce que je suggère, c’est de désindexer partiellement et temporairement les retraites de l’inflation. Parce qu’on n’a plus les moyens de continuer à les augmenter mécaniquement. Pas pour les retraites les plus faibles mais pour les retraites au-delà de 1 000/1 500 € par mois. Tout le monde doit faire des sacrifices. », a insisté Charles Beigbeder sur RMC.
« Des simulations montrent que désindexer les retraites au-delà de 1 000 euros par mois rapporterait environ 68 milliards sur la période 2012-2017, soit plus de 13,5 milliards par an. », affirmait-il déjà dans sa tribune.
Une position qui a provoqué une vive réaction de la Confédération Française des Retraités (CFR) qui demande, par le biais d’un communiqué de presse, s’il s’agit d’un début de programme électoral, ajoutant que « Monsieur Beigbeder semble bien mal connaître son dossier. »
L’appropriation par l’Etat d’une partie des cotisations retraite ?
La Confédération Française des Retraités rappelle que la très grande masse des retraites est financée non par l’Etat mais par des cotisations payées par les entreprises et les salariés. Seules les retraites versées aux fonctionnaires (60 milliards d’euros par an toutes fonctions publiques confondues) sont pour leur plus grande part financées sur fonds publics. Il en est de même du déficit du régime général du secteur privé (6,4 milliards d’euros en 2011 mais en voie de résorption par les mesures prises en 2010 et 2011).
« Monsieur Beigbeder proposerait-il sans le dire explicitement l’appropriation par l’Etat d’une partie des cotisations versées par les entreprises et les salariés ? », s’interroge ainsi l’organisation.
“Les actifs et retraités apprécieront avec les conséquences électorales que l’on peut imaginer !” conclutla CFR.
Ils avaient, en effet, décidé en novembre dernier de remettre la main à la pâte en ouvrant une nouvelle boulangerie à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour améliorer leur quotidien.
« Avec 1 000 euros par mois, c’est un peu juste, on ne peut pas vivre. Alors nous reprenons le travail parce qu’on ne veut pas se serrer la ceinture », expliquait alors le mari.
Hélas, le pari aura duré moins de temps qu’il n’en faut pour faire pousser du blé et à le récolter. Georges et Suzanne, KO, n’ont réussi à tenir que 10 petits jours seulement. Déjà, depuis début décembre, leur boutique était temporairement fermée. Après plusieurs semaines de réflexion, ils ont donc choisi de renoncer. Georges qui travaillait seul la nuit pour produire quelque 600 pièces de pain s’est rapidement fatigué nerveusement et physiquement, reconnaît-il au micro de RTL.
« On aurait bien aimé continuer, confie-t-il également au Figaro, mais le rythme n’est pas possible à tenir à nos âges. Durant les dix premiers jours qui ont suivi l’ouverture, je n’ai pas réussi à dormir. L’excitation sans doute. Cela m’a fichu en l’air ! Je n’ai pas pu refaire surface. Il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes plus tout jeunes ».
Reste qu’aujourd’hui le couple, qui ne touche que 1 000 € par mois, cherche un repreneur au plus vite car il s’est lourdement endetté pour cette boulangerie, achetée avec leurs “dernières économies”, 140 000 €. S’y sont ajoutés 70 000 € pour refaire le magasin et installer le fournil. Sans compter un contrat de location de 3 900 € mensuels sur 3 ans pour ses machines. Pas vraiment de quoi envisager sereinement ni cette nouvelle année, ni leurs vieux jours.
Le cumul emploi/retraite, pas une sinécure
Cette malheureuse expérience relativise ainsi l’engouement récent pour le cumul emploi/retraite. Car Georges et Suzanne ne sont pas un cas isolé. Ils ne sont pas les seuls retraités à avoir repris le chemin du travail. Le cumul emploi/retraite s’est désormais installé en France depuis la réforme intervenue en 2008 et en vigueur depuis 2009 qui libéralise ce dispositif. 281 200 retraités du régime général étaient aussi salariés en 2010. 14 % de plus en un an, selon les statistiques dela CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse).
Même boom constaté chez les commerçants et les artisans dépendants du RSI (Régime Social des Indépendants). Entre fin 2008 et fin 2010, le nombre de bénéficiaires du cumul est passé de 17 000 à 33 900 dont 12 % d’autoentrepreneurs.
Mais travailler quelques années supplémentaires, il faut se rendre à l’évidence, n’est pas donné à tout le monde. C’est même loin d’être une sinécure. La raison et la sagesse doivent plutôt nous inciter à préparer notre retraite le plus tôt possible et tout au long de sa vie active.
Pour éviter soi-même de se retrouver à son tour, à un âge trop avancé, hélas, dans le pétrin.
Nicolas Sarkozy a mis les pieds dans le plat débat, jusqu’ici, de la campagne présidentielle.
En évoquant, lors de ses vœux aux Français, l’idée d’une augmentation ciblée de la TVA pour financer la protection sociale, le Président de la République a savamment jeté le premier os à ronger de cette nouvelle année qui débute pour la meute de politiques, syndicalistes, journalistes et autres observateurs et commentateurs de tout poil.
« Nous sommes l’un des pays européens dont la part des cotisations rapportées aux salaires est l’une des plus élevées. », justifie Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet d’analyses Asterès sur le site deLa Croix.
Travail et protection sociale coûtent trop cher
C’est ainsi que pour certains économistes, notre système, hérité des Trente Glorieuses, de financement de la retraite ou de l’assurance-maladie, notamment, par les cotisations assises sur les salaires est devenu insatisfaisant, poursuit le quotidien.
À la fois parce que le coût de la protection sociale est amené à exploser en raison du vieillissement de la population – le « trou » de la Sécurité sociale pourrait atteindre près de 14 milliards d’euros en 2012 – et parce que le coût du travail est trop élevé pour que l’économie française soit compétitive. Déjà, Michel Rocard, avait institué en 1990 la contribution sociale généralisée (CSG) pour que le travail ne soit pas le seul financeur de la protection sociale.
Le principe d’une TVA sociale consiste donc à transférer une partie du financement de notre protection sociale par le travail, sur la consommation en la taxant davantage par le biais de son impôt indirect : la TVA.
Or, spontanément, qui dit augmentation dela TVA, dit augmentation des prix donc baisse du pouvoir d’achat, selon moi.
« Cette TVA sociale s’analyse à la fois comme une mini-dévaluation – on renchérit le coût des importations et on baisse celui des exportations – et une minidéflation salariale. On réduit à la fois le coût du travail pour les entreprises et le pouvoir d’achat des salaires ce qui est économiquement équivalent à une diminution des salaires. En mettant aussi au passage à contribution les fonctionnaires, les retraités et les chômeurs. », anticipe même Alain Madelin dans Les Echos.
« Ce ne sont pas les produits importés qui paient l’impôt mais les consommateurs de ces produits — Mettez une taxe sur les vaches, ce ne seront pas les vaches qui la paieront — dit l’adage. La même facture sociale restera payée par le même nombre de Français », prédit l’ancien ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Juppé.
Les retraités protégés en cas d’inflation ?
« Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale », promet au contraire François Bellanger, le président de la Confédération française des retraites, interrogé par La Croix.
« L’augmentation de la TVA n’aura pas pour conséquence l’augmentation immédiate et corrélative des prix. Le Danemark et l’Allemagne ont déjà procédé à des majorations de 3 points de leur TVA sans créer d’inflation. Les retraités n’ont pas à s’inquiéter de la TVA sociale, car s’il y avait néanmoins une augmentation des prix, ils seront protégés. En effet, le montant des retraites est indexé sur les prix. Les retraités ont tout intérêt à ce que de nouvelles solutions de financement de la protection sociale soient trouvées. Cela permettra de favoriser le niveau de l’activité économique et d’assurer le bon financement de la retraite et de la santé. », rassure-t-il.
Le débat ne fait donc que commencer. Les partisans d’une substitution de la TVAaux cotisations sociales soulignent son caractère favorable à l’emploi et sa neutralité vis-à-vis du financement de la sécurité sociale. D’autres considèrent qu’une telle réforme acte le fait que le futur accroissement des dépenses sociales ne pourra être financé que par une augmentation des cotisations, observe politiquessociales.net.
Recourir davantage à la protection individuelle ?
Selon ce site Québécois de veille sur les politiques sociales et la mondialisation, l’exemple allemand est éclairant.
« Loin d’être équilibré, le “paquet TVA” se solde par un supplément net de recettes pour l’État de l’ordre d’un peu moins de 0,4 point de PIB, dont plus de la moitié est supportée par les ménages, via la hausse de l’inflation. L’Allemagne est l’un des pays de l’UE où les inégalités salariales sont désormais parmi les plus élevées. La mesure mise en place en janvier 2007 en Allemagne s’inscrit en fait dans la suite logique des réformes antérieures de l’assurance chômage et de l’assurance invalidité vieillesse : elle ne fait qu’entériner le choix de limiter la part des ressources nationales affectées aux régimes sociaux contributifs, de favoriser le recours croissant à la protection individuelle, au risque de développer de la pauvreté et de fragiliser une cohésion sociale déjà bien malmenée depuis une dizaine d’années en Allemagne. », conclut Odile Chagny, chercheur affilié à l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques).
Bref, un constat bien éloigné de la promesse sociale d’une nouvelle TVA.
Si seulement la réforme des retraites, en reculant l’âge légal de départ, avait, par la même occasion, repoussé d’autant ce moment peu réjouissant pour certains, très contraignant pour d’autres, de faire le bilan de sa vie active et de préparer sérieusement la suite.
Hélas, c’est le contraire qui se produit. Il nous semble, en effet, qu’il nous faudra 3 fois plus de temps que nos aînés pour être prêts à partir à la retraite, selon le Baromètre Deloitte Les Français et la retraite administré par Harris Interactive et publié dans le post “Retraite : les Français se voient partir à… 66 ans !”
Par ailleurs la précarité de certains retraités d’aujourd’hui, illustrée en 2011 par le post « Le cri d’alarme des retraités » doit nous inciter en 2012 à ne plus être tenté de “faire l’autruche” mais préparer au mieux son avenir pour en donner vraiment un, d’avenir, à sa propre retraite.
” Faire de sa retraite un choix et pas une fatalité, cela se construit ! “, clame à juste titre Jean-Emmanuel Combes, auteur de l’ouvrage “Pour que votre retraite soit un succès !”
Comment bien vivre sa retraite ? Que faire quand on est à la retraite ? Quels sont les pièges à éviter lors de son départ en retraite ? Il n’est jamais trop tôt pour y songer et se poser ces questions essentielles auxquelles répond ce jeune retraité, ancien dirigeant de pwc, l’un des grands cabinets internationaux d’audit et de conseil :
Mais se préparer psychologiquement à être un nouveau retraité, 100 jours avant, c’est bien.
Se préparer, des années avant, financièrement, c’est encore mieux.
Rien ne sert de courir, il faut partir à point
Car si, imaginer sa place au soleil est une chose assez aisée, la rendre possible est une autre paire de manches. Or, en France, nous préparons notre retraite moins bien et plus tard que les autres européens, comme nous l’avons vu récemment dans le post « Retraite : les Français moins prévoyants que leurs voisins »
Le premier pas est donc d’obtenir un aperçu financier de ce que vous toucherez pour votre retraite. Pour cela, rien de plus simple, il vous suffit de cliquer ici (Calcul de la Retraite) et vous serez fixés en moins de 5 minutes sur ce que vous toucherez a priori pour votre retraite.
Cet outil vous permet de comparer les différentes solutions disponibles (assurance-vie, PERP ou Madelin) pour obtenir un complément de revenus, sous forme de rachats ou de rentes viagères. Les avantages et inconvénients de chaque solution vous sont également présentés.
Bref, pour votre futur retraite, comme pour tout, et plus que jamais en 2012, rien ne sert de courir, il faut partir à point !