Et moi, et moi, et moi… pourrait clamer la jeunesse !
Car ce serait bel et bien un nouveau fardeau pour ses pauvres épaules que de rétablir la retraite à 60 ans pour nos aînés.
1 milliard d’euros l’an prochain et surtout 5 milliards en 2017, c’est en effet ce que coûterait la promesse du candidat PS à l’élection présidentielle (voir le post « Départ à 60 ans : François Hollande bat en retraite… ou presque »), selon les estimations de l’Institut Montaigne dévoilées par Les Echos.
Un chiffrage, d’ailleurs, qualifié de « tout à fait raisonnable » par Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, interrogé par le Nouvel Obs.
Le Parti Socialiste avait, en effet, chiffré le coût brut de cette mesure la 1ère année à 2 milliards d’euros, c’est-à-dire sans inclure les indemnités chômage en moins à verser en conséquence.
Tous ceux qui ont commencé à travailler après 20 ans seraient pénalisés
D’après les estimations de ce cercle de réflexion réputé libéral, 150.000 personnes, soit un futur retraité sur 5, seraient concernées par cet assouplissement en 2012.
Le nombre de personnes concernées devrait ensuite mécaniquement augmenter, en raison de l’augmentation de l’âge légal de départ en retraite. Le coût brut du dispositif devrait être de 6,75 milliards en 2017, moins 1,75 milliard de gain grâce à la diminution du nombre de chômeurs âgés indemnisés, soit 5 milliards en net, selon Capital.fr.
« Du coup, on a vaguement l’impression que la proposition de François Hollande ne s’appliquerait pas très longtemps, que ce guichet serait ouvert en 2012, 2013, mais pas au-delà parce qu’il coûterait cher. », analyse Dominique Seux des Echos sur son blog.
« Soit il restera zéro marge de manœuvre pour modifier les autres curseurs, ceux qui concernent la majorité des Français, puisque les hausses d’impôt prévues par le PS seront déjà consommées. Soit, comme cela se murmure, la réforme de la réforme allongera la durée de cotisation pour tous à 42 ans. Et alors tous ceux qui ont commencé à travailler après 20 ans seraient pénalisés, au moins financièrement. Tout en laissant des gros déficits. CQFD. », argumente le journaliste.
Une promesse inéquitable pour les jeunes
Même incrédulité à l’Institut Français pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques publiques (IFRAP) qui a estimé, de son côté, ce projet d’étendre la mesure carrières longues aux personnes ayant travaillé à 18 ans à 12 milliards d’euros de 2012 à 2017.
« Cette proposition, sans doute généreuse, n’est pas du tout adaptée à la situation financière de la France et encore moins à celle des régimes de retraite qui sont déjà en déficit de 6 milliards d’euros cette année. », souligne la fondation.
D’autant plus que Frédéric Gonand, auteur de «Réformes des retraites» (Éditions universitaires européennes, 2010), professeur associé d’économie à l’université Paris-Dauphine, remarque surtout que le maintien de l’âge de la retraite à 60 ans est inéquitable pour les jeunes dans une tribune publiée dans le Figaro.
« Le débat actuel sur les retraites continue d’oublier le grand enjeu caché de la réforme de 2010 : la protection des intérêts économiques de la jeunesse. », déplore-t-il.
Sans parler, évidemment, de l’avenir de leur propre retraite…
AB









