Pour éviter une «faillite» de la France et compenser la baisse des prévisions de croissance pour 2012, le 1er ministre a dévoilé hier un nouveau plan de rigueur avec notamment une accélération de la réforme des retraites.
L’âge légal de départ à 62 ans est avancé d’un an, à 2017.
« Cette accélération va conforter la réforme de 2010 et permettra de diminuer de plus de 4,4 milliards d’euros les déficits cumulés des régimes de retraite entre 2012 et 2016 », a justifié François Fillon.
Conséquence : cette mesure va se traduire par « quelques mois d’activité supplémentaire pour les générations nées entre 1952 et 1956 ».
Concrètement, cela représente 1 mois supplémentaire pour les générations nées à partir de 1952 et cela va déjà concerner l’an prochain pas moins de 155 000 personnes qui devront donc décaler leur départ à la retraite, explique cette vidéo de BFM TV :
Seuls, celles et ceux qui sont déjà à la retraite peuvent pousser un ouf de soulagement. La revalorisation des minimas sociaux et des pensions de retraites, RSA, AAH, ASS et du minimum vieillesse, resteront indexés sur l’inflation. Contrairement aux prestations familiales et aux aides au logement gelées désormais à 1% pour 2012, soit le niveau de la croissance espérée par le gouvernement.
“On est en train de glisser vers une situation à l’espagnole ou à la grecque”
La réaction de l’opposition et des syndicats à ce plan d’austérité ne s’est, évidemment, pas fait attendre, notamment sur le site de France Soir.
« C’est une logique d’austérité et donc baisse de la croissance, on est en train de glisser vers une situation à l’espagnole ou à la grecque. La logique d’austérité est une logique suicidaire. Le gouvernement veut faire croire que c’est équitable mais la mesure concernant l’impôt sur les sociétés, c’est programmé sur deux ans, alors que la retraite c’est programmé pour tout le temps », déplore Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.
« Ce n’est pas l’avancement d’un an qui va permettre de régler la question des déficits des régimes de retraite. Il y a des sommes à récupérer sur les cadeaux aux entreprises qui coûtent cher mais ce sont les salariés qui vont payer une partie de la crise alors qu’ils n’en sont en rien responsables. On recule l’âge de départ à la retraite mais on ne crée pas d’emploi pour les seniors », regrette Eric Aubin, spécialiste des retraites à la CGT.
La CFDT et Solidaires, de leur côté, évoquent déjà des contacts pour décider d’une action commune, selon le Parisien.
Mais à défaut de plaire à l’opinion, l’annonce devrait surtout rassurer les agences de notation, notamment Moody’s qui avait annoncé, le 18 octobre dernier, qu’elle se donnait trois mois pour évaluer la perspective stable associée à la note AAA de la France, la meilleure possible et qui permet aux pays d’emprunter à des taux avantageux, souligne Europe1.fr.
Enfin, pour François Fillon, malgré ce nouveau train de mesures, les Français restent toujours mieux lotis que leurs voisins européens, note Challenges.fr qui en profite pour donner des éléments de comparaison.
En attendant d’autres arguments, peut-être issus de l’intervention du 1er ministre au 20 heures de TF1. Tandis qu’au même moment, François Hollande, candidat PS à la présidentielle était l’invité du journal télévisé de France 2.
Faites vos jeux. Puisque rien ne va plus…
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