Le président du Conseil Général de l’Essonne, Jérôme Guedj (PS), a posé vendredi dernier à Morangis (91), la première pierre d’une maison de retraite à 60 euros par jour et lancé la création d’un établissement public départemental autonome de gestion de maisons de retraite médicalisées.
“Le service public, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas”, résume-t-il.
“Aujourd’hui, des personnes âgées et leurs familles renoncent à une maison de retraite, diffèrent leur entrée, parce que le financement devient un problème majeur”, justifie Jérôme Guedj sur Téléssonne :
“Les principales victimes sont les classes moyennes, qui ne sont pas assez pauvres pour être aidées au titre de l’aide sociale et pas assez riches pour se payer une maison de retraite”, a-t-il ajouté.
Concrètement, le département compte faire baisser la facture journalière des résidents à 59 euros (hors soins médicaux) grâce à l’acquisition du terrain, cédé par la ville de Morangis à moindre coût. Le coût de la construction de l’établissement de Morangis est de 15 millions d’euros, dont 2,6 millions financés par le conseil général de l’Essonne, et 1,7 million d’euros par le conseil régional d’Ile-de-France. Bâtie par Vinci Construction France, son ouverture est prévue au premier semestre 2013.
100% publics, de l’acquisition des lieux à la gestion de l’établissement
«Nous avons aussi un enjeu de mutualisation. C’est pour cela qu’on créé un service départemental des maisons de retraite, avec des salariés employés par le conseil général.»
D’ici trois ans, le conseil général de l’Essonne a prévu d’ouvrir trois de ces établissements “100% publics, de l’acquisition des lieux à la gestion de l’établissement” : à Morangis, Courcouronnes et aux Ulis. Au total 270 places seront disponibles. A terme, l’idée est d’arriver à un millier de places publiques en Essonne, poursuit Jérôme Guedj qui souhaite exporter le modèle au niveau national.
“Ce n’est pas une maison de retraite low-cost”, se défend le maire PS de Morangis Pascal Noury.
«Il est primordial que les maisons de retraite médicalisées ne soient pas abandonnées au marché et que le service public puisse rivaliser avec les opérateurs privés», revendique, de son côté, Jean-Vincent Placé, vice-président (EELV) du conseil régional d’Ile-de-France.
Du côté des usagers des maisons de retraites et de leurs familles, qu’en pense-t-on ?
Joëlle Le Gall, présidente de la FNAPAEF, la Fédération Nationale des Associations de Personnes Agées en Etablissements et de leurs familles, souhaite que l’on revienne à la philosophie des foyers-logements, où les personnes âgées ne devraient payer que le loyer. La prise en charge socio-médicale revenant à la Sécurité sociale comme elle l’a suggéré sur France Info.
En attendant, le coût mensuel d’une place dans cette maison de retraite s’élèvera à environ 1.800 euros. Un prix toujours supérieur aux montants moyens des retraites. «Faut être lucide. En dessous de ce prix-là, on ne pourrait pas garantir aux résidents le service exigé», reconnaît Jérôme Guedj dans 20Minutes.
AB
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