Archive pour novembre 2011

Une maison de retraite à moins de 60 euros par jour !

Mardi 29 novembre 2011

maison_retraite_pas_cherLe président du Conseil Général de l’Essonne, Jérôme Guedj (PS), a posé vendredi dernier à Morangis (91), la première pierre d’une maison de retraite à 60 euros par jour et lancé la création d’un établissement public départemental autonome de gestion de maisons de retraite médicalisées.

“Le service public, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas”, résume-t-il.

“Aujourd’hui, des personnes âgées et leurs familles renoncent à une maison de retraite, diffèrent leur entrée, parce que le financement devient un problème majeur”, justifie Jérôme Guedj sur Téléssonne :

“Les principales victimes sont les classes moyennes, qui ne sont pas assez pauvres pour être aidées au titre de l’aide sociale et pas assez riches pour se payer une maison de retraite”, a-t-il ajouté.

Concrètement, le département compte faire baisser la facture journalière des résidents à 59 euros (hors soins médicaux) grâce à l’acquisition du terrain, cédé par la ville de Morangis à moindre coût. Le coût de la construction de l’établissement de Morangis est de 15 millions d’euros, dont 2,6 millions financés par le conseil général de l’Essonne, et 1,7 million d’euros par le conseil régional d’Ile-de-France. Bâtie par Vinci Construction France, son ouverture est prévue au premier semestre 2013.

100% publics, de l’acquisition des lieux à la gestion de l’établissement

«Nous avons aussi un enjeu de mutualisation. C’est pour cela qu’on créé un service départemental des maisons de retraite, avec des salariés employés par le conseil général.»

D’ici trois ans, le conseil général de l’Essonne a prévu d’ouvrir trois de ces établissements “100% publics, de l’acquisition des lieux à la gestion de l’établissement” : à Morangis, Courcouronnes et aux Ulis. Au total 270 places seront disponibles. A terme, l’idée est d’arriver à un millier de places publiques en Essonne, poursuit Jérôme Guedj qui souhaite exporter le modèle au niveau national.

“Ce n’est pas une maison de retraite low-cost”, se défend le maire PS de Morangis Pascal Noury.

«Il est primordial que les maisons de retraite médicalisées ne soient pas abandonnées au marché et que le service public puisse rivaliser avec les opérateurs privés», revendique, de son côté, Jean-Vincent Placé, vice-président (EELV) du conseil régional d’Ile-de-France.

Du côté des usagers des maisons de retraites et de leurs familles, qu’en pense-t-on ?

Joëlle Le Gall, présidente de la FNAPAEF, la Fédération Nationale des Associations de Personnes Agées en Etablissements et de leurs familles, souhaite que l’on revienne à la philosophie des foyers-logements, où les personnes âgées ne devraient payer que le loyer. La prise en charge socio-médicale revenant à la Sécurité sociale comme elle l’a suggéré sur France Info.

En attendant, le coût mensuel d’une place dans cette maison de retraite s’élèvera à environ 1.800 euros. Un prix toujours supérieur aux montants moyens des retraites. «Faut être lucide. En dessous de ce prix-là, on ne pourrait pas garantir aux résidents le service exigé», reconnaît Jérôme Guedj dans 20Minutes.

AB

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Epargne retraite : le PERP laisse PERPlexe !

Vendredi 25 novembre 2011

epargne_retraite_perpLe Plan d’Épargne Retraite Populaire (PERP) a été souscrit par plus de 2,1 millions de Français. Fin juin,  son encours s’élevait à 6,7 milliards d’euros, bien loin des 1 300 milliards d’euros de l’assurance-vie.

Mais ce produit spécifique à la retraite pourrait connaître une embellie selon le Cercle des Epargnants. Car, d’une part, il n’est pas concerné par le rabot fiscal du Gouvernement. D’autre part, avec la réforme des retraites, la loi permet désormais depuis le début de l’année aux souscripteurs d’un PERP ainsi qu’aux fonctionnaires adhérents au régime Préfon (Prévoyance de la fonction publique) d’opter, à l’heure de la retraite, pour une sortie partielle en capital, à hauteur de 20 % maximum des droits acquis.

Auparavant ces contrats d’assurance permettant de constituer un revenu complémentaire pour la retraite étaient totalement liquidés sous forme de rente viagère.

Un principe qui a effrayé plus d’un épargnant selon Le Figaro.fr :

« C’est un placement au long cours, un tunnel dont il est difficile de sortir. Pour les souscripteurs habitués à la souplesse de l’assurance-vie — et à ses retraits en capital possibles à tout moment -, le contraste était saisissant. »

Trop contraignant et insuffisamment rémunérateur

Pour autant, malgré cette souplesse supplémentaire de retirer jusqu’à 20 % du capital disponible pour rendre le PERP plus séduisant, très peu de retraités ont pour le moment utilisé cette alternative : sur les 9 premiers mois de l’année, seulement 2,2 % des affiliés Préfon par exemple ont profité de cette possibilité, selon Capital.fr. Dans un communiqué, le directeur général de Préfon estime que ce manque d’enthousiasme pour une sortie en capital prouverait que ses adhérents ont assimilé l’intérêt de la rente viagère.

Une analyse qui laisse dubitatif certains observateurs.

« Le PERP se révèle dans les faits trop contraignant et insuffisamment rémunérateur pour l’emporter face à l’assurance-vie. », résume Les Echos.

L’exemple donné est d’ailleurs saisissant :

« Ainsi, si on prend le cas d’un PERP rémunéré 3 % par an en moyenne, il faudra, pour obtenir à partir de l’âge de 65 ans 150 euros brut de rente mensuelle (sans réversion et avant frais et impôts), verser chaque mois 144 euros si on l’ouvre à 45 ans et 350 euros si on souscrit à 55 ans. »

Rien n’oblige le gestionnaire du Perp à permettre une sortie partielle en capital

Mais surtout le témoignage d’une internaute sur VotreArgent.fr a de quoi décourager même les plus convaincus.

En effet, Babette raconte qu’elle détient un PERP souscrit en 2004 auprès de sa banque. Elle a appris qu’à la retraite, on peut récupérer 20 % de la somme versée sur le PERP sous forme de capital. Mais sa banque lui a dit que cette disposition est uniquement réservée aux nouveaux Perp. Or une autre banque qu’elle a interrogée lui dit qu’elle n’est pas obligatoire. Qu’en est-il vraiment, se demande-t-elle ?

La réponse de la rédaction de VotreArgent.fr est désespérante :

« Malheureusement, ces établissements bancaires sont dans leur droit… Et pour cause, il faut lire dans le détail l’article L. 144-2 du Code des assurances, qui traite du Perp : « Le contrat peut également prévoir le paiement d’un capital à cette même date, à condition que la valeur de rachat de cette garantie n’excède pas 20 % de la valeur de rachat du contrat. » Vous avez bien lu « peut » et non « doit ». Aucun texte légal n’oblige donc l’assureur gestionnaire du Perp à permettre une sortie partielle en capital. C’est à son bon vouloir. La faible concurrence sur ce type de produit n’incite guère les établissements à se presser pour modifier le règlement des plans et inclure la possibilité de sortie en capital. Dommage ! »

Dommage, c’est le moins qu’on puisse dire !

AB

Retraite : les Français moins prévoyants que leurs voisins

Mercredi 23 novembre 2011

preparer_retraite_age_franceLes Français préparent leur retraite moins bien et plus tard que les autres européens

C’est l’un des enseignements tiré d’une étude sur la confiance des investisseurs Européens et Français menée auprès de 12 000 personnes dans 14 pays par TNS Sofres pour Fidelity.

« Ils sont plutôt sereins sans pour autant avoir de bonnes raisons de l’être », s’étonne même Christophe Gloser, président du groupe de Gestion.

45 % des Européens estiment qu’il faudrait commencer à préparer financièrement sa retraite avant 25 ans , la moyenne se situant à 30 ans. Or en France, l’âge moyen est de 38 ans ! C’est même 7 ans de plus que dans la dernière étude sur ce même sujet en 2007 !

56 % des Français n’ont encore rien mis en place pour leur retraite

D’ailleurs, 56 % des répondants Français n’ont encore rien mis en place pour leur retraite alors qu’en moyenne, à l’inverse, 58 % des Européens ont déjà commencé à se faire un bas de laine. Ceux qui ont commencé à épargner l’ont fait au travers de plans d’épargne retraite individuels, de plans d’épargne retraite proposés par leur employeur ou encore de SICAV, FCP ou obligations.

Est-ce le résultat d’une confiance aveugle dans notre système public par répartition ?

Oui, selon Christophe Gloser dans les colonnes de la Tribune :

« La mise en place d’un système par répartition après-guerre, pierre angulaire de notre système, n’a de facto pas favorisé la diffusion d’une culture financière de la retraite, en évitant aux Français d’avoir à s’en occuper eux-mêmes ».

D’ailleurs, à la question : « A votre connaissance, à votre départ à la retraite, quel pourcentage de votre revenu annuel final pouvez-vous attendre du régime public ? »

44 % des Français estiment qu’il sera amputé de près de la moitié tandis que 42 % placent le curseur entre 50 et 74 %. Les plus optimistes étant les Espagnols (un tiers d’entre eux pensent percevoir plus des trois quarts de leur dernier revenu). Tandis que les Britanniques et les Danois se révèlent plutôt pessimistes (40 % d’entre eux n’espérant pas plus du quart de leur revenu de fin de carrière).

43 % des Français n’ont pas d’argent à mettre de côté

Mais cet optimisme cache aussi des difficultés et un manque cruel d’information. Parmi ceux qui n’ont encore rien mis en place, le manque d’argent est la raison la plus souvent évoquée.

Ainsi 43 % des Français aujourd’hui n’ont pas d’argent à mettre de côté, 29 % doivent d’abord finir de rembourser leur emprunt immobilier et 20 % préfèrent se concentrer sur le financement de l’éducation de leurs enfants. Les autres se déclarent trop jeunes pour y penser, disent ne pas être intéressés par le sujet, ne pas avoir le temps de s’en occuper ou trouvent cela trop compliqué.

Et même s’ils en avaient les moyens, un Européen sur trois et un Français sur deux déclare n’avoir jamais reçu de conseils spécifiques sur des plans d’épargne liés à la retraite.

Pour preuve, le paradoxe de ceux qui imaginent passer bientôt à l’action. Ils sont une majorité (51 %) à penser le faire via un plan d’épargne retraite individuel.

« Ce qui est très surprenant compte tenu du peu de succès de celui qui est aujourd’hui proposé aux Français, le Perp (plan d’épargne retraite populaire). », souligne le Figaro.

Même méconnaissance quant à un plan de retraite proposé par leur employeur, privilégié par le quart des Français interrogé. Mais ils ne sont que 18 % à envisager de souscrire des SICAV, des fonds communs de placement ou des obligations.

Enfin, un épargnant Européen sur deux souhaiterait avoir un outil qui lui permette d’obtenir un aperçu financier de ce qu’il touchera pour sa retraite. Si 14 % seulement des Français affirment disposer de cet outil, ce qui les aide beaucoup, 44 % estiment qu’il serait bien d’en avoir un et que cela leur permettrait de mieux prévoir l’avenir. Ca tombe bien, vous avez cliqué sur la bonne adresse.

Rien de plus simple, il vous suffit de cliquer ici (Calcul de la Retraite) et vous serez fixé en moins de 5 minutes sur ce que vous toucherez a priori pour votre retraite. Bon calcul !

AB

Copyrights : tncountryfan sur flickr

Retraite : les Américains pas sûrs de la prendre… vivants !

Lundi 21 novembre 2011

retraite_etats_unis1 Américain moyen sur 4 n’envisage pas de pouvoir prendre sa retraite avant l’âge de… 80 ans.

C’est le résultat hallucinant d’une étude de la banque Wells Fargo publiée par CNNMoney.

Un quart des Américains de la classe moyenne sont, en effet, si pessimistes sur leur épargne qu’ils envisagent de retarder leur départ à la retraite au-delà même de l’espérance de vie aux États-Unis, calculée à 78 ans ! Les USA sont d’ailleurs l’un des rares pays développés où l’espérance de vie diminue ces dernières années.

Alors que l’objectif moyen d’épargne pour la retraite d’un Américain est de 350 000 € environ, un tiers des sexagénaires possède réellement moins de 25 000 € d’économies.

D’une manière générale, 3 Américains moyens sur 4 s’attendent à travailler pendant leur retraite. Une situation qui n’est pas sans conséquences économiques et sociales selon Joe Ready, Directeur de Wells Fargo Institutional Retirement and Trust.

« Les gens vont-ils être physiquement et mentalement capable de continuer à travailler plus tard ? Quelles seront les conséquences pour les jeunes entrant sur le marché du travail ? Et, comment réformer notre système d’épargne-retraite pour réduire le fossé qui se creuse entre ce que les Américains arrivent à économiser et leur objectif d’épargne ? “, s’interroge-t-il.

Pour les ¾ des personnes interrogées, il est plus important de constituer un certain capital, quel que soit son âge. Tandis qu’une personne sur 5 seulement privilégie l’âge pour partir à la retraite, indépendamment de l’épargne constituée.

1 jeune sur 4 s’attend à ne rien recevoir de la sécurité sociale pour sa retraite.

C’est un bouleversement pour des Américains qui avaient l’habitude de prendre leur retraite autour de 65 ans. Mais avec la hausse du chômage, les marchés financiers en plein yo-yo et la dégringolade des prix de l’immobilier, grevant ainsi leur épargne, les Américains ont plus de mal à rester optimistes quant à leurs vieux jours.

De plus, les changements dans les régimes de retraite et les coupes dans les prestations sociales n’incitent pas vraiment à l’optimisme, selon la banque commanditaire de l’étude.

En moyenne, les personnes âgées de 20 à 40 ans s’attendent à ce que 20 % seulement de leur pension de retraite proviennent de la sécurité sociale. Plus d’un jeune sur 4, entre 20 et 30 ans, s’attend même à ne rien recevoir du tout.

En revanche, l’enquête montre que beaucoup d’Américains font réellement le choix de travailler plus longtemps. Près d’une personne sur 2, entre 25 et 39 ans, et une sur 4, entre 40 et 59 ans, dit qu’elles veulent travailler pendant leur retraite tout en souhaitant un poste avec moins de responsabilités.

Mais les Américains ne sont plus une exception depuis que, par exemple, chez nous en France, ce couple de retraités octogénaires a choisi de remettre la main à la pâte. (Voir le post « Un couple de retraités rouvre une boulangerie ! »)

On est bien loin désormais des aspirations des générations précédentes, pour qui, il fallait la prendre jeune, la retraite. Il n’en demeure pas moins, quelle que soit l’époque, qu’il faut surtout « la prendre vivant », comme dit la truculente réplique d’Audiard dans les Barbouzes !

AB

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Et après la retraite ?

Vendredi 18 novembre 2011

retraite_dependance_personne_ageeLa réforme des retraites par ci ; la réforme des retraites par là… On ne parle que d’elle depuis plus d’un an. D’elle et d’un âge symbolique qui attire et attise la polémique : 60 ans. Puis deux. 62 ans  - l’âge légal de départ en retraite en 2017 – et 67 ans – l’âge pour toucher une pension à taux plein quelle que soit sa durée de cotisation.

Mais après ?

Comme si ça n’intéressait plus personne en général et les médias en particulier ce qui se passe et ce qui se passera après le départ à la retraite.

C’est pourtant le cœur du débat ! C’est parce que nous vivons plus longtemps que nous devons travailler plus longtemps. L’espérance de vie s’accroît à un rythme d’enfer selon cette récente publication de l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques):

” En un quart de siècle, les hommes de 35 ans ont gagné 5 années d’espérance de vie et les femmes 4,5 ans.”

Et chaque année, nous gagnons en moyenne 3 mois d’espérance de vie ! Mais dans quel état ?

Un risque de voir s’accroître le nombre des personnes dépendantes

Dépendant ou pas ? Le mot est lâché. Voilà pourquoi on préfère faire l’autruche et ne pas anticiper la dépendance. On la redoute car c’est la dernière étape à vivre. L’étape qui suit la retraite et précède la mort.

Rassurons-nous, selon le Professeur Françoise Forette, Présidente de la Fondation Nationale de Gérontologie, à peine 7 % des plus de 60 ans souffrent d’un certain degré de dépendance. Mais, ça n’arrive pas qu’aux autres, et dans son article sur le défi de la longévité, elle souligne également que

” les 7 % de la population de plus de 60 représentent plus d’un million de personnes dont la dépendance nécessite une assistance et un coût important pour la collectivité.”

Par ailleurs, “la pyramide des âges de la population française évolue vers une augmentation de la proportion des plus de 80 ans qui va tripler entre les années 2000 et les années 2050. Il y a donc bien un risque de voir s’accroître le nombre des personnes dépendantes.”

Et qui nous prendra en charge à ce moment-là ?

La réforme de la dépendance discrètement enterrée

La question restera hélas en suspens. La réforme de la dépendance est une nouvelle fois reportée. Loin de l’agitation médiatico-politique autour des retraites. Discrètement enterrée, titrait Le Monde.

C’était pourtant l’un des grands chantiers pour 2011 du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Des débats interrégionaux ont été organisés, des rapports parlementaires ont été remis au Président de la République, mais les tumultes de la crise ont contraint le chef de l’État a repoussé cette réforme. “Traiter ce dossier dans le contexte économique et financier que nous connaissons aujourd’hui, dans l’urgence, ne serait pas responsable”, a justifié le Premier ministre François Fillon lors de l’annonce de son 1er plan de mesures d’austérité fin août.

La crise financière a eu raison de la réforme de la dépendance. Pis, elle aura certainement raison de sa totale prise en charge par l’État.

Alors que faire en attendant ?

Prévenir puisqu’on ne peut pas guérir ! Et comme le martèle le Pr Françoise Forette :

La prévention des maladies liées à l’âge passe par ” le style de vie et l’éradication des facteurs de risque, promotion de l’information et de l’éducation, détection et correction des risques de fragilité, poursuite de l’activité professionnelle ou bénévole, maintien de l’optimisme et de l’estime de soi par l’intégration sociale… ces outils ont fait scientifiquement la preuve de leur efficacité. Ils sont entre nos mains pour faire de la longévité la plus extraordinaire aventure du vivant “.

Et mettre encore des sous de côté ! Puisque l’État croule sous la dette et la souscription à une assurance perte d’autonomie liée à l’âge était, de plus, l’une des propositions de Valérie Rosso-Debord, député de Meurthe et Moselle et auteur d’un rapport sur le financement de la prise en charge de la dépendance.

Alors ne regardons plus la retraite par le petit bout de la lorgnette. Elle ne commence plus à 60 ans mais bien la préparer c’est surtout faire en sorte de mieux vivre les dizaines d’années qui suivent !

AB

Retraite à 60 ans : plus une priorité pour la CFDT

Mercredi 16 novembre 2011

cfdt_francois_chereque_retraite_60_ansVexé, François Chérèque !

Froissé que le Gouvernement ait accéléré la semaine dernière le calendrier de la réforme des retraites. Pour rappel, l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans sera effectif en 2017 au lieu de 2018. Et il fallait s’y attendre, par extension, le recul progressif à 67 ans de l’âge permettant de toucher une pension à taux plein, et ce, quelle que soit la durée de cotisation, sera atteint en 2022 contre 2023 initialement.

François Fillon a, en effet, passé la vitesse supérieure. Sans même consulter apparemment les leaders syndicalistes. Le secrétaire général de la CFDT s’en est donc ému au micro de RTL en ce début de semaine face à Jean-Michel Apathie.

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT… par rtl-fr

“La durée de cotisation doit être la base”

Pour autant, François Chérèque a définitivement chassé le spectre de la retraite à 60 ans, si chère au Parti Socialiste. Une belle porte de sortie pour le PS, analyse d’ailleurs Les Echos.

Un fardeau de moins, en effet, pour leur candidat désigné, François Hollande, quelque peu embarrassé par la cacophonie des leaders socialistes sur cette question comme nous l’évoquions lors des primaires du parti dans le post « Et le grand vainqueur de la primaire PS est… la retraite à 60 ans ! ».

La CFDT accorde davantage d’importance à la durée de cotisation.

La durée de cotisation devant être la base avec des choix personnels selon son propre parcours quant à l’âge de départ. Car c’est là, selon François Chérèque qu’on déplore le plus d’injustices, relate Les Echos. Certains salariés ayant commencé à travailler à 18 ans seront bientôt obligés de cotiser 44 ans, car ils ne pourront plus prendre leur retraite avant 62 ans. Or, il s’agit souvent de ceux qui sont le plus concernés par les métiers pénibles. A côté, d’autres pourront cesser de travailler, également à 62 ans, mais en ayant cotisé « seulement » 41,5 ans, la durée requise pour une retraite à taux plein.

6,4% des militants CGT ont moins de 30 ans

A croire qu’un vent de pragmatisme souffle sur les leaders syndicalistes cette semaine puisque même Bernard Thibault se félicite de la réforme des retraites, selon Marc Landré dans son blog de l’actualité sociale sur LeFigaro.fr !

De façon ironique, bien sûr ! Pour ne pas dire cynique.

Lundi, lors de la première présentation des comptes certifiés de la CGT, les chiffres ont parlé d’eux-mêmes : la CGT est une organisation de vieux ! A peine, 6,4% des militants ont moins de 30 ans. De plus, le syndicat peine à garder syndiqués ses militants lorsqu’ils deviennent retraités.

« On perd 80% de ceux qui basculent en retraite, ce n’est pas normal », juge Bernard Thibault. Et le patron de la CGT d’ironiser :

«Au moins avec la réforme des retraites et le recul de l’âge de départ en retraite, ils vont rester actifs plus longtemps », rapporte Marc Landré.

Plus aucun doute, c’est vraiment la crise !

AB

Copyrights : Neno° sur Flickr

Un couple de retraités rouvre une boulangerie !

Jeudi 10 novembre 2011

boulangerie_clermont_ferrand_retraiteC’est le couple de la semaine. Ils ne défraient pourtant pas la chronique dans la presse people. Elle n’est ni chanteuse, ni journaliste, il n’est ni footballeur, ni politique. Ils sont simplement boulangers. Mais l’ouverture prochaine de leur boutique à Clermont-Ferrand les élève au rang de stars sous les feux de l’actualité. Et pour cause : Georges a 84 ans. Suzanne, son épouse, 81 ans.

Ce couple de retraités a décidé de remettre la main à la pâte en ouvrant une nouvelle boulangerie pour améliorer son quotidien.

“Avec 1.000 euros par mois, c’est un peu juste, on ne peut pas vivre. Alors nous reprenons le travail parce qu’on ne veut pas se serrer la ceinture”, explique Georges Gardon, très alerte malgré son âge, au micro de France Bleu Pays d’Auvergne.

“On s’en sortait en cultivant notre jardin mais en faisant toujours attention”, témoigne à ses côtés sa femme, le regard pétillant, très en forme elle aussi.

A la retraite depuis 1999, ils ont acheté leur magasin avec leurs propres économies. Et une entreprise a gracieusement accepté de leur louer le matériel, après leurs vaines démarches auprès des banques pour obtenir un prêt comme ils l’évoquent dans ce reportage que le 13h de TF1 leur a consacré.

Même s’ils font figure d’exception vu leur grand âge, Georges et Suzanne ne sont pas un cas isolé. Ils ne sont pas les seuls retraités à reprendre le chemin du travail. Le cumul emploi/retraite s’est désormais installé en France depuis la réforme intervenue en 2008 et en vigueur depuis 2009 qui libéralise ce dispositif.

281 200 retraités du régime général étaient aussi salariés en 2010

14% de plus en un an, selon les statistiques de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) reprises par le Cercle des Epargnants. Environ 281 200 retraités du régime général exerçaient une activité salariée en 2010, contre 245 000 en 2009 et 207 000 en 2008.

Ce sont avant tout les hommes (55%) qui cumulent pensions de retraite et salaires dans le cadre de ce dispositif détaillé sur le site de l’Assurance Retraite. Néanmoins, la part des femmes progresse plus rapidement que celle des hommes (respectivement + 20 % et + 11 %).

La répartition par âge des assurés révèle que 63 % d’entre eux ont entre 60 et 65 ans. Et 6 % des bénéficiaires avaient malgré tout bénéficié d’un départ en retraite anticipé (entre 56 et 59 ans) avant de reprendre un emploi.

Même engouement constaté chez les commerçants et les artisans dépendants du RSI (Régime Social des Indépendants). Entre fin 2008 et fin 2010, le nombre de bénéficiaires du cumul est passé de 17 000 à 33 900 dont 12 % d’auto-entrepreneurs.

A l’instar de notre couple de boulangers auvergnat qui envisage donc de travailler “au moins quelques années supplémentaires” : “et puis, ça nous amusera ! “, glisse l’octogénaire aux journalistes, un brin malicieux.

Un courage qu’il faut saluer. Mais, pas persuadé que ça amuserait tout le monde au même âge…

AB

Copyrights : Valdener_Marc sur Flickr

Retraites : Fillon appuie sur le champignon !

Mardi 8 novembre 2011

Pour éviter une «faillite» de la France et compenser la baisse des prévisions de croissance pour 2012, le 1er ministre a dévoilé hier un nouveau plan de rigueur avec notamment une accélération de la réforme des retraites.

L’âge légal de départ à 62 ans est avancé d’un an, à 2017.

« Cette accélération va conforter la réforme de 2010 et permettra de diminuer de plus de 4,4 milliards d’euros les déficits cumulés des régimes de retraite entre 2012 et 2016 », a justifié François Fillon.

Conséquence : cette mesure va se traduire par « quelques mois d’activité supplémentaire pour les générations nées entre 1952 et 1956 ».

Concrètement, cela représente 1 mois supplémentaire pour les générations nées à partir de 1952 et cela va déjà concerner l’an prochain pas moins de 155 000 personnes qui devront donc décaler leur départ à la retraite, explique cette vidéo de BFM TV :

Seuls, celles et ceux qui sont déjà à la retraite peuvent pousser un ouf de soulagement. La revalorisation des minimas sociaux et des pensions de retraites, RSA, AAH, ASS et du minimum vieillesse, resteront indexés sur l’inflation. Contrairement aux prestations familiales et aux aides au logement gelées désormais à 1% pour 2012, soit le niveau de la croissance espérée par le gouvernement.

“On est en train de glisser vers une situation à l’espagnole ou à la grecque”

La réaction de l’opposition et des syndicats à ce plan d’austérité ne s’est, évidemment, pas fait attendre, notamment sur le site de France Soir.

« C’est une logique d’austérité et donc baisse de la croissance, on est en train de glisser vers une situation à l’espagnole ou à la grecque. La logique d’austérité est une logique suicidaire. Le gouvernement veut faire croire que c’est équitable mais la mesure concernant l’impôt sur les sociétés, c’est programmé sur deux ans, alors que la retraite c’est programmé pour tout le temps », déplore Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO.

« Ce n’est pas l’avancement d’un an qui va permettre de régler la question des déficits des régimes de retraite. Il y a des sommes à récupérer sur les cadeaux aux entreprises qui coûtent cher mais ce sont les salariés qui vont payer une partie de la crise alors qu’ils n’en sont en rien responsables. On recule l’âge de départ à la retraite mais on ne crée pas d’emploi pour les seniors », regrette Eric Aubin, spécialiste des retraites à la CGT.

La CFDT et Solidaires, de leur côté, évoquent déjà des contacts pour décider d’une action commune, selon le Parisien.

Mais à défaut de plaire à l’opinion, l’annonce devrait surtout rassurer les agences de notation, notamment Moody’s qui avait annoncé, le 18 octobre dernier, qu’elle se donnait trois mois pour évaluer la perspective stable associée à la note AAA de la France, la meilleure possible et qui permet aux pays d’emprunter à des taux avantageux, souligne Europe1.fr.

Enfin, pour François Fillon, malgré ce nouveau train de mesures, les Français restent toujours mieux lotis que leurs voisins européens, note Challenges.fr qui en profite pour donner des éléments de comparaison.

En attendant d’autres arguments, peut-être issus de l’intervention du 1er ministre au 20 heures de TF1. Tandis qu’au même moment, François Hollande, candidat PS à la présidentielle était l’invité du journal télévisé de France 2.

Faites vos jeux. Puisque rien ne va plus…

Jeunes actifs et déjà pauvres futurs retraités !

Mercredi 2 novembre 2011

jeunes_actifs_futurs_pauvres_retraitesRien ne sera plus jamais comme avant pour notre retraite.

Il est définitivement temps de tirer un trait sur la retraite telle que la connaissent nos parents, nos grands parents. Les pensions qu’ils touchent et ce qu’ils en font pour les plus privilégiés d’entre eux. La nôtre, celle des jeunes actifs, ne ressemblera en rien à la leur.

C’est en tout cas l’avis d’Alfred Galichon, professeur d’économie à l’Ecole Polytechnique, dans un billet très intéressant publié par LesEchos.fr :

« En France, la difficile réforme des retraites de 2010 a eu le mérite de mettre en évidence que les jeunes actifs d’aujourd’hui seront bien loin d’avoir, une fois à la retraite, le niveau de vie qu’avaient leurs aînés baby-boomers. »

Plus nombreux à être frappés par le chômage et la précarité

Parce qu’au delà de la certitude, aujourd’hui, de devoir travailler plus longtemps que nos aînés depuis la réforme des retraites de 2010, nous risquons désormais, selon lui, d’être plus nombreux à être frappés par le chômage, à connaître plus souvent la précarité et davantage de difficultés pour nous loger, nous soigner,… bref, rien de très réjouissant. Rien avoir avec une retraite de pacha !

D’ailleurs, Nicolas Sarkozy, l’a rappelé lors de son intervention télévisée du 27 octobre dernier, dans la foulée du plan de sauvetage de la zone euro adopté à Bruxelles. Le Président de la République a défendu ses réformes emblématiques en assurant qu’elles avaient évité à la France les réductions des salaires ou des pensions imposées en Grèce, en Espagne, en Irlande ou au Portugal, souligne 20minutes.fr :

“Si nous n’avons pas eu à faire ça en France, c’est parce que nous avons fait la réforme des retraites à temps”, a-t-il plaidé, “la réforme des retraites a protégé la France et a protégé les Français”. De même que le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Mais ce n’était qu’un début. Alors que plusieurs pays sont déjà allés plus loin en fixant l’âge légal de départ à la retraite à 67 ans, ce ne sont pas quelques mois de cotisations retraites supplémentaires, en France, qui suffiront à enrayer la crise. Aussi, le chef de l’Etat a également annoncé que le gouvernement allait présenter rapidement un nouveau plan de rigueur budgétaire.

« Le débat sur la politique fiscale en France prend en considération, à juste titre, l’équité sociale. Or une autre dimension fondamentale de l’équité est absente du débat : l’équité entre générations. », note Alfred Galichon avec perspicacité.

Ainsi, peut-être que certains seniors qui coulent jusqu’à présent des jours paisibles n’ont désormais qu’à bien se tenir.

« Il est frappant qu’aucun effort n’ait été demandé aux retraités actuels, alors que la charge de financement des retraites pèsera de plus en plus lourdement sur les générations suivantes. », remarque Alfred Galichon.

« No taxation without representation, dit l’adage, or si les générations futures sont de fait taxées, elles sont sous-représentées dans le processus démocratique. Et l’histoire nous enseigne que les populations taxées et non représentées finissent par se soulever. », avertit ce professeur d’économie.

L’ombre de la faillite grecque plane à nouveau

Un propos illustré, en effet, par les manifestations en Grèce et les revendications des Indignés en Espagne. Et qui vient de trouver, manifestement à point nommé, un écho retentissant hier avec l’annonce, par le 1er ministre grec, d’un référendum sur ce fameux plan de sauvetage européen. Et patatra ! L’ombre de la faillite grecque plane à nouveau et fait plonger les bourses du monde entier. L’euro est à nouveau ébranlé. De quoi donner un nouveau souffle aux revendications révolutionnaires de certains jeunes devant la caméra de BFM TV, venus manifester à Nice contre le G-20 qui se tient dès demain et vendredi à Cannes.

Désormais, les jeunes Européens savent bien qu’il leur sera demandé des sacrifices que n’ont pas connus leurs aînés, et ils sont sans doute de moins en moins prêts à l’accepter.

AB