Curieux sondage repris ces derniers jours par les sites d’informations économiques du Québec. La majorité des Québécois de 25-44 ans n’ont qu’une vague idée de la façon dont ils doivent planifier leur retraite. Malgré tout, ils sont optimistes d’avoir les moyens de quitter le monde professionnel, le temps venu. De quoi surtout, pour paraphraser Jean Rostand dans Carnet d’un biologiste, se sentir très optimiste quant à l’avenir du pessimisme !
Les résultats de ce sondage SOM pour le compte de Question Retraite, un organisme sans but lucratif qui a pour mission d’informer le public sur la sécurité financière à la retraite, sont en effet très étonnants.
Parmi les répondants, 81% sont optimistes en ce qui a trait à leur situation financière à la retraite. Et pourtant, 45% des travailleurs ne savent pas trop quel montant ils devraient épargner, 54% n’ont jamais sollicité de conseil de planification financière et 40% trouvent qu’épargner en vue de la retraite est décourageant.
«C’est surprenant de voir cet optimisme alors qu’on avoue ne pas trop savoir comment planifier sa retraite», estime Nathalie Madore, chef du service des statistiques et des sondages à la Régie des rentes du Québec (RRQ), un des membres de Question Retraite, sur le site lesaffaires.com
Est-ce, parce que la situation de certains fonds de retraites au Canada est désespérée à l’heure actuelle, que la seule sagesse est l’optimisme aveugle ?
Car, plus alarmant, 31% des personnes interrogées voient l’épargne comme une privation, dans ce sondage dévoilé dans le cadre du “Mois de la planification financière” de la retraite 2011 au Québec.
Incapables d’épargner davantage, ils prendront leur retraite plus tard
Une attitude de résignation des québécois quant à l’avenir de leur retraite, confirmée par un précédent sondage de l’Association canadienne de la paie (ACP), publié par Conseiller, le média des professionnels en services financiers au Québec.
L’étude révèle que 40 % des Canadiens s’attendent à prendre leur retraite plus tard que prévu, puisqu’ils sont incapables d’épargner suffisamment pour leurs vieux jours.
Dans l’ensemble du pays, un employé sur deux épargne 5 % ou moins de sa paie nette. C’est beaucoup moins que l’objectif de 10 % généralement recommandé par les planificateurs financiers comme objectif d’épargne-retraite.
Bien que 60 % s’efforcent d’être de meilleurs épargnants, plus de la moitié des répondants se disent incapables de faire mieux. Les 40 % restants déclarent qu’ils n’essaient même pas d’épargner davantage.
« C’est particulièrement inquiétant quand vous constatez que 71 % des répondants ont plus de 35 ans, alors que la majeure partie de leurs années consacrées à l’épargne se situe entre l’âge de 35 et 54 ans », s’inquiète Dianne Winsor, présidente de l’Association canadienne de la paie.
Et pourtant, ces jeunes québécois restent donc majoritairement optimistes d’avoir les moyens de quitter le monde professionnel, le temps venu.
Pendant ce temps là, en France, ce jeudi 6 octobre et mardi 11, syndicats, salariés, mais aussi retraités, manifesteront pour défendre retraite et pouvoir d’achat.
Alors, si on veut, demain, une place au soleil, peut-être faut-il davantage se résigner, aujourd’hui, tant qu’il est encore temps, à supporter quelques coups de soleil, non ?
AB
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