Archive pour octobre 2011

Les Françaises et la retraite : les enfants d’abord !

Vendredi 28 octobre 2011

Si la femme est l’avenir de l’homme, comme le chantait Jean Ferrat, elle est plus pessimiste que lui, pourtant, quant à sa propre retraite.

La majorité des femmes françaises quinquagénaires (58%) associent, en effet, la retraite aux difficultés financières, contre seulement 36% des hommes du même âge, révèle une étude de HSBC sur l’avenir des retraites publiée cette semaine.

Les femmes plus vulnérables économiquement que les hommes

Forcément ! Elles sont bien moins loties que les hommes, selon Elle.fr :

« A cause des congés maternité ou parental créant des carrières en dents de scie, et du « plafond de verre » bloquant parfois les carrières féminines, les Françaises sont plus vulnérables économiquement que les hommes »

Un pessimisme qui ne date pas d’hier. Il y a un an déjà, lors de la réforme des retraites, beaucoup estimaient être les grandes perdantes de cette réforme dans cette vidéo de Mediapart.

Les femmes:principales perdantes de la réforme… par Mediapart

Mais à y regarder de plus près, cette situation déséquilibrée pourrait être moins subie qu’on ne le croit, selon Jean-Pierre Wiedmer, président d’HSBC Assurance sur le site de la Tribune :

« Les Françaises ne se posent pas la question de la retraite pour elles-mêmes et ce, quel que soit le niveau de leurs revenus. C’est seulement une fois qu’elles se sont préoccupées de leurs enfants, de leur famille et de leur maison qu’elles commencent à y penser »

Ainsi, l’étude révèle que 44% seulement des femmes ont déclaré avoir mis en place un plan financier pour leur avenir et celui de leur famille, contre 54% des hommes.

Peut-être parce que la répartition des postes de dépenses reste très traditionnelle, avance la sociologue Anne Muxel sur le site du Figaro :

« L’argent des femmes sert aux dépenses quotidiennes, il est beaucoup plus souvent mis en commun dans le foyer que celui des hommes.»

L’avenir des enfants, une priorité pour les Françaises

Mais si les femmes se préoccupent moins que les hommes de mettre de l’argent de côté pour leur retraite c’est encore pour leurs enfants. L’enquête montre, en effet, qu’assurer l’avenir de ses enfants est surtout une priorité pour les femmes.

Par exemple, 79% des Françaises jugent important de transmettre du patrimoine à leurs enfants, contre 58% des Canadiennes. De vraies mamans poules qui envisagent par ailleurs de vivre leur retraite non loin de leur famille. 3 Françaises sur 5 considèrent comme très important de vivre à proximité de leur famille à la retraite. C’est près de 60% contre 46% des femmes dans le monde. Preuve en est que la famille est une valeur refuge en France.

Pas certain que les belles-filles partagent également ce souhait avant de devenir elles-mêmes des belles-mères, bien sûr !

«Il faudrait que les femmes se réapproprient cette gestion financière à long terme, d’autant qu’elles vivent en moyenne six ans de plus que leur conjoint», conseille pour finir, Jean-Pierre Wiedmer, président de HSBC Assurances.

Car n’oublions pas que l’avenir est aussi un long passé… de fourmi !

AB

Divorce et retraite ne font pas bon ménage !

Mercredi 26 octobre 2011

divorcer_retraite_coute_cherDivorcer n’est pas sans effet sur la retraite. La séparation entraîne inévitablement une disparité de niveau de vie entre les époux, malgré la possibilité pour celui des deux qui subit ce déséquilibre d’obtenir de l’autre une prestation compensatoire.

Pour les couples à la retraite, cela peut représenter une baisse du niveau de vie considérable, surtout pour les femmes qui se retrouvent souvent endettées ou même sous le seuil de la pauvreté, selon le quotidien Métro de Montréal.

Une importante perte de revenus et un taux de pauvreté élevé

Au Québec, le nombre de divorces chez les couples de plus de 65 ans et plus a doublé depuis 1980.

« C’est le groupe où l’on retrouve le plus haut taux de divorce. Les couples mariés qui mettront fin à leur union entre 67 et 80 ans, risquent de subir une importante perte de revenus et un taux de pauvreté élevé », selon Caroline Dabu, responsable de la stratégie de planification financière et marketing, au Groupe BMO, gestion privée du groupe BMO, interrogée par le quotidien gratuit.

Pas mieux, chez nous, en France. Selon les chiffres de l’Institut National Etudes Démographiques (Ined), le pourcentage des divorces de personnes de 60 ans et plus a fortement augmenté au cours de la dernière décennie : 28% de plus chez les femmes et 39% de plus chez les hommes.

Un phénomène confirmé dans cette vidéo, ci-dessous, par Michel Rochefort, Directeur Général du Credoc (centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), pour qui le divorce n’a pas fini de croitre. Il commence à toucher les générations de plus de 50 ans et se généralisera probablement auprès des générations de plus de 60 ans en 2025. Cela aura pour conséquence un accroissement du nombre de personnes vivant seules.


Rochefort CREDOC divorce par ohersent

Un divorce prive de ses pleins droits à réversion

Mais si l’on est mieux seul(e) que mal accompagné(e) même après 30 années chaotiques d’un mariage que l’on n’hésite plus à abandonner, il n’en reste pas moins que financièrement on sera toujours plus à l’aise en couple que célibataire.

Conséquence plus fâcheuse, un divorce peut même vous priver de vos pleins droits à réversion, c’est à dire de la pension qui est versée au conjoint d’un assuré décédé.

En effet lorsqu’au décès de l’assuré il existe un conjoint survivant et un ou plusieurs conjoints divorcés, la pension de réversion est partagée au prorata de la durée respective de chaque mariage.

Il faut savoir aussi que le conjoint qui contracte un nouveau mariage ou vit en concubinage perd son droit à pension. Malgré tout il peut le recouvrer à la dissolution de sa nouvelle union ou à la cessation du concubinage.

Autant dire qu’une estimation de votre future pension de retraite en cas de divorce s’avère indispensable. C’est même un droit. Cela fait partie, en effet, du droit à l’information, l’une des principales mesures de la réforme des retraites, expliqué sur le site web de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) :

« Une estimation indicative globale du montant de la pension pourra être effectuée quel que soit l’âge de l’assuré si celui-ci est engagé dans une procédure de divorce ou de séparation de corps. »

Bref, si l’on a coutume de dire que l’argent est la cause première des disputes dans un ménage, il a toutes les chances de le rester après un divorce à l’âge de la retraite !

AB

Copyrights : mrphancy sur Flickr

On n’épargne même plus nos retraités !

Vendredi 21 octobre 2011

La grève générale contre les mesures d’austérité en Grèce s’est poursuivie hier et la mobilisation ne faiblit pas. 50 000 personnes, selon la police, se sont rassemblées sur la place Syntagma devant le Parlement d’Athènes, donnant même lieu à quelques échauffourées. Malgré de nombreux seniors parmi les manifestants. Car les retraités seront sans doute les plus touchés par le nouveau plan de rigueur adopté par le gouvernement grec. Comme ils le témoignent devant la caméra de BFMTV à Athènes.

“On risque d’assister à un effondrement des caisses de retraite”

François Baroin, ministre de l’économie, a confirmé la semaine dernière que les créanciers de la Grèce allaient perdre davantage que 21% de leur mise. La fameuse décote de 21%.

Pour rappel, lors d’un sommet extraordinaire à Bruxelles le 21 juillet dernier, l’Union Européenne a invité les créanciers privés (banques, caisses de retraite, etc.) à participer volontairement à une opération d’échange de titres de dette grecque contre de nouvelles obligations de maturité plus longue, avec une dépréciation globale de leur valeur de 21 %. Une perte plus importante les obligerait à passer de nouvelles dépréciations dans leurs comptes.

Or ce sont les Grecs qui supporteront l’essentiel d’une décote supérieure à 21%, explique Jean Quatremer dans Libération. De ce fait, le correspondant de Libération à Bruxelles explique :

« On risque d’assister à un effondrement du système financier grec, qui n’a pas les moyens d’être sauvé par l’Etat grec, qui est ruiné, et un effondrement des caisses de retraites. Je précise qu’il s’agit bien d’un système par répartition et non pas par capitalisation. L’argent des caisses, y compris en France, est placé sur les marchés. Les retraités grecs, qui ont déjà perdu leur 13e, voire 14e mois de retraite, risquent de perdre bien plus dans cette affaire. »

En France, les retraités ne seraient donc pas plus épargnés qu’en Grèce.

Hausse de la CSG pour les retraités français dès 2012 ?

Ironie de l’actualité, cette même semaine, on découvre que le AAA de la France est en danger. Après Moody’s, c’est désormais au tour de sa concurrente S&P d’émettre des doutes sur la note de la dette à long terme de la France. Alors que les grands argentiers de la zone euro doivent se retrouver ce week-end, l’agence de notation avertit d’une probable dégradation des notes des dettes souveraines de la France, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et du Portugal en fonction de la conjoncture économique. L’abaissement pourrait même se faire sur deux crans, en cas de récession doublée d’un choc sur les taux d’intérêt, un scénario envisagé par les économistes, indique Le Figaro.

Pour sauver ce triple A, l’IFRAP (l’Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), propose notamment le gel des prestations sociales et une hausse de la CSG pour les retraités dès 2012.

Estimant que les retraités ont un niveau de vie près de 20 % supérieur à celui des moins de 55 ans, cette fondation suggère de relever la CSG qu’ils acquittent (6,6 %) pour l’aligner sur celle payée par les salariés (7,5 %), une proposition également défendue par la CFDT notamment (pour financer la prise en charge de la dépendance), selon les Echos.

Heureux ceux qui ont épargné bien avant de partir à la retraite car , comme on le voit en Grèce ou en France, par les temps qui courent, on n’épargne même plus nos retraités !

AB

La retraite : une inaccessible étoile ?

Mercredi 19 octobre 2011

epargne-retraite9 Français sur 10 assimilent la retraite à une période de liberté, pleine d’activités, mais les ¾ d’entre eux ne connaissent pas le montant réel qu’ils toucheront à la retraite !

C’est l’un des enseignements pour le moins étonnant de l’étude réalisée par Ipsos pour AXA France.

« Les Français ont une vision très paradoxale de la retraite, avec d’un côté, “la retraite que je veux”, faite de profondes aspirations individuelles à de nouvelles libertés, de vrais choix personnels, de plaisirs, et de l’autre, “la retraite que je peux”, faite de contraintes extérieures qui hypothéqueront l’épanouissement et la qualité de vie attendus à l’âge de la retraite », résume Yannick Carriou, Directeur Général d’Ipsos.

La retraite, plus suffisante pour vivre

D’ailleurs les 18-45 ans ont déjà intégré qu’ils ne prendront pas leur retraite avant 65 ans, au lieu de 62 ans aujourd’hui. Car 61 % des Françaises et des Français anticipent une baisse de leur pouvoir d’achat avec le passage à la retraite. Et plus du tiers des personnes se montre incapable d’estimer le montant futur de leur retraite… Mais 64 % sont convaincus qu’elle sera insuffisante ! Cette crainte financière est particulièrement accentuée chez les femmes qui, à 71 %, estiment que le montant de leur retraite ne leur suffira pas pour vivre.

« Surtout, ce qui fait choc pour les nouveaux retraités, c’est la comparaison entre le dernier salaire et la première pension : l’écart peut être de près de 50 % dans certains cas. À cette diminution de revenu, le passage à la retraite peut entraîner la perte d’avantages sociaux pris en charge par l’employeur, en particulier pour ce qui concerne la mutuelle complémentaire collective. », analyse Serge Guérin, Professeur à l’ESG Management School, sur le site web senioractu.com

Plus inquiétant selon lui, la baisse de confiance dans le système collectif.

Ainsi 49 % de la population pensent toucher moins que ce qui est prévu à ce jour. Les 35-54 sont 57 % à en être convaincus. Car, plus on est jeune et plus la confiance dans le système de retraite par répartition tend à se réduire.

Il n’est jamais trop tard

Heureusement Marc Darnault, associé chez Optimaretraite, se montre rassurant dans La Tribune.

« Il n’est jamais trop tard pour préparer sa retraite. Il faut choisir le bon produit, celui qui est adapté à ses besoins. » Pour les jeunes actifs, il est souvent difficile de mobiliser une partie de son argent. Ce n’est pas pour autant qu’il faut rester les bras croisés : « La première chose à faire est de vérifier, sur le site de la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse), ses droits à la retraite, en prenant garde de ne pas oublier les jobs d’été ! Et évidemment, prendre, dès que possible, l’habitude d’épargner. »

Bref, pour pouvoir devenir cigale à la retraite, rien ne sert d’avoir des fourmis dans les jambes et les mains dans les poches !

AB

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Et le grand vainqueur de la primaire PS est… la retraite à 60 ans !

Lundi 17 octobre 2011

vainqueur-primaire-parti-socialiste-ps-retraite-60-ansire PS est… la retraite à 60 ans !François Hollande et Martine Aubry se sont en apparence accordés sur le retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, lors du débat télévisé de l’entre deux tours de la primaire socialiste sur France 2. Non sans équivoque.

A priori, les 2 prétendants à la Présidence de la République affichent la même position, qui est celle du PS : retour aux 60 ans pour l’âge du droit à la retraite, mais avec maintien d’une durée de cotisation de 41,5 ans pour bénéficier d’une pension à taux plein.


Martine Aubry sur les retraites par martineaubry

Jusqu’ici, pourtant, tous les candidats à la primaire socialiste ont toujours entretenu le flou sur la question des retraites comme nous l’évoquions sur ce blog dans le post « Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée »

« Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun », c’était déjà la déclaration ambiguë de Martine Aubry qui a surpris bon nombre d’internautes qui avaient le loisir, avant le 1er tour, d’interroger en toute liberté l’ex-première secrétaire du PS sur le site web de Rue 89.

Mercredi soir, c’est François Hollande qui s’est retrouvé gêné aux entournures.

Un débat lourd de sous-entendus

En citant un propos de Pascal Terrasse, député de l’Ardèche, fin connaisseur du sujet (il est membre du Conseil d’Orientation des Retraites) et surtout conseiller retraites de l’élu corrézien, qui aurait parlé d’une retraite à 65 ans, Martine Aubry a jeté le trouble et mis en doute la volonté de Hollande de rétablir réellement l’âge légal de la retraite à 60 ans.

Alors que Hollande a affirmé son engagement de revenir à l’âge légal, Aubry lâche:

- «Cela veut dire que tu n’es pas d’accord avec Pascal Terrasse… qui te conseille sur ces questions, et qui vient de nous expliquer qu’il faut passer de 60 à 65 ans»…

- «Pascal Terrasse, précise David Pujadas, qui est un des proches de François Hollande..

- Aubry continue: «Il conseille François Hollande sur ces questions. Il y a une dépêche qui dit, j’ai pas bien compris, qu’il fallait porter l’âge légal de 60 à 65 ans. Je n’imagine pas que tu puisses être d’accord là-dessus…»

- Hollande: «Peut-être que tu as mal compris».

- Aubry: «Malheureusement, j’ai bien compris

Le débat s’arrêtera là, lourd de sous-entendus, souligne Libération.

«Il y a ce que les gens ont compris, ce que dit le PS, et ce qu’on fera. C’est trois choses différentes »

Malgré le démenti agacé de l’intéressé sur son blog, le quotidien enfonce le clou en publiant sur son site web un enregistrement audio de l’intervention du conseiller de Hollande.

Interrogé par un participant sur le projet de revenir à la retraite à 60 ans, Terrasse fait d’abord rire l’auditoire en lâchant: «Il y a ce que les gens ont compris, ce que dit le PS, et ce qu’on fera. C’est trois choses différentes.» Et sur la question de l’âge légal porté à 62 ans par la réforme de novembre 2010, il affirme ainsi: « Compte tenu de la situation de la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieilless), et de ses déficits, je ne pense pas honnêtement qu’on reviendra sur la borne d’âge», avant d’évoquer un passage à 65 ans, résume Libération.

La guerre entre les 2 camps se poursuit désormais sur les réseaux sociaux entre militants par comptes Twitter interposés. Un nouveau vent de polémique qui nous laisse, hélas, face à nos retraites, comme des girouettes  : incapables de nous fixer avant de rouiller.

AB

Copyrights : Laura Mary sur Flickr

Le cri d’alarme des retraités

Mercredi 12 octobre 2011

cri-alarme-retraites

« Il fait son âge Jean-Pierre, 70 ans dont 55 d’une vie de labeur en cuisine. Pourtant sa retraite aujourd’hui c’est 530 € par mois. Pas assez pour vivre décemment et payer à sa compagne les prothèses auditives dont elle a besoin. Alors Jean-Pierre s’est remis au fourneau, 8 heures par jour.

Pareil pour René, 68 ans, sur la paille après un divorce difficile. Cet ancien patron vend occasionnellement des perceuses dans les grandes surfaces pour compléter ses 720 € de retraite. Ils sont comme ça de plus en plus nombreux à avoir repris un travail après 60 ans… »

Ce n’est pas une fiction d’anticipation ni la prédiction la plus pessimiste des pourfendeurs de la réforme des retraites. C’est déjà une réalité, aujourd’hui, en 2011, en France, 2 tranches de vie de retraités en difficulté présentées par Harry Roselmack, dimanche dernier sur TF1.

« Retraités au travail », c’est le reportage consternant diffusé dans 7 à 8.

1,3 million de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté

Une situation vécue, hélas, par des milliers de retraités mais tous, ne peuvent pas se remettre au travail. Et on ne peut pas, décemment, obliger ceux qui le pourraient à renoncer à une retraite tant désirée et espérée.

Il ne restait donc plus qu’à ces mal lotis de notre système social à faire entendre leur voix. Ils ont donc crié leur misère dans la rue jeudi dernier, titrait 20 minutes.

Une manifestation pour dénoncer le report de la réforme de la dépendance et la baisse de leur pouvoir d’achat. Car les seniors sont de plus en plus nombreux à s’appauvrir. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, en 2009, plus d’ 1,3 million de retraités vivent ou plutôt « tentent de vivre » en dessous du seuil de pauvreté. Une situation intolérable pour Jean-Paul Tripogney, le représentant UNSA-Retraités, interrogé dans le cortège de la manifestation par l’AFP.

Des retraités inquiets d’abord des mesures anti-déficit annoncées par le gouvernement l’été dernier, notamment la hausse des mutuelles, liée au doublement de la taxation des complémentaires. Une augmentation qui va peser sur leur pouvoir d’achat, déjà dégradé et sur leur capacité surtout à bénéficier des mêmes soins de santé qu’avant, met en garde Nadine Prigent, secrétaire confédérale à la CGT.

« On a de plus en plus de retraités qui fréquentent les Restos du cœur, le Secours catholique, le Secours populaire et qui sont hébergés par leurs enfants parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer », renchérit, au micro de France Info, ce responsable CGT-Retraités de l’Allier venu à Paris pour manifester.

Un minimum de pension au niveau du SMIC

Les séniors réclament donc une revalorisation des pensions de retraite. La dernière en avril dernier, 2,1%, est jugée insuffisante par l’intersyndicale au regard de l’inflation. Celle-ci exige une augmentation significative des retraites en particulier pour les basses pensions, un minimum de pension au niveau du SMIC, ainsi qu’une nouvelle modalité d’indexation des pensions basée sur l’évolution des salaires et non plus sur celle des prix.

Autre raison de mécontentement : la décision du gouvernement de reporter à 2012 la réforme du financement de la perte d’autonomie. Leur revendication phare : une grande réforme de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, quels que soient l’âge et le handicap, souligne le site web d’Europe 1.

Et pendant que les retraités grognent, les socialistes, qui leurs ont apporté leur soutien, cafouillent néanmoins sur l’avenir des retraites, résume ce télézapping du Monde.


Peut-être que l’ultime débat télévisé de ces primaires du PS entre Martine Aubry et François Hollande, à 20h35 ce soir sur France 2, offrira une lueur d’espoir à ces milliers de retraités à bout de souffle… ou pas.

En attendant surtout que les autres futurs candidats à l’élection présidentielle s’expriment aussi sur l’avenir de nos retraites, seule certitude déclarée par la voix-off du reportage de 7 à 8 sur TF1 dimanche dernier, à propos de Jean-Pierre et de sa compagne :

« Le bonheur d’être ensemble, voici la dernière fortune qu’ils leur restent ».

AB

Copyrights : milom sur Flickr

Primaire PS et la retraite : les “points” de la discorde

Vendredi 7 octobre 2011

parti_socialiste_point_retraiteEnfin la question des retraites a été abordée par les candidats à la primaire socialiste cette semaine lors de leur 3e et dernier débat avant le 1er tour de scrutin ce dimanche. Et il était temps… de constater pour une fois sur ce thème, de véritables divergences entre les 6 prétendants comme nous l’avions déjà évoqué dans le post « Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée ».

Tous les candidats ont beau avoir critiqué à l’unisson la réforme qui a porté l’âge de départ à 62 ans, « la plus injuste », selon Arnaud Montebourg. Tous ont aussi promis une prise en compte de la pénibilité ou des interruptions de carrière des femmes. Tous ont enfin évoqué de nouvelles sources de financement, rapporte le Figaro.

Désaccord sur le retour à la retraite à 60 ans

Mais sur la question du retour à un âge légal de départ à 60 ans, le vernis de l’entente cordiale a vraiment craqué. S’il est élu président, François Hollande a promis que « ceux qui ont 41, ou 41,5 ans de cotisation doivent pouvoir partir à 60 ans. Ce principe sera effectif. » Il annonce aussi une négociation en 2013.

Martine Aubry est sur la même ligne, celle du projet du PS : elle veut permettre à ceux « qui ont commencé à travailler tôt de partir à taux plein à 60 ans ». Quant à ceux qui voudraient partir à 60 ans sans avoir leurs annuités : « Ils n’auront pas leur retraite à taux plein. » Moins claire, Ségolène Royal s’engage sur le symbole : « Le retour à 60 ans sera inscrit à mon premier Conseil des ministres. » Seul Manuel Valls a tenu à préciser les choses : « Nous ne reviendrons pas à la retraite à 60 ans telle qu’elle avait été instaurée. »

Quant au candidat radical de gauche, Jean-Michel Baylet, pas lié par un programme socialiste qui promet le rétablissement d’un départ à la retraite à 60 ans, il ambitionne carrément de changer profondément le modèle français, en s’inspirant de la Suède, note le JDD.

Qu’est-ce qu’alors que ce système de retraites par points adopté par les Suédois ? Chaque salarié y dispose d’un compte retraite virtuel, sur lequel s’additionnent des points, dont la valeur peut varier avec le temps. En outre, le calcul s’effectue tout au long de la carrière, et non sur les dernières années. Une petite partie de la cotisation salariale (2,5 % sur 18,5 %) est placée sur des comptes de capitalisation. Enfin, en s’ajustant automatiquement en fonction de l’âge de la population et de l’espérance de vie, le système suédois évite les dérapages.

“La retraite par points encore pire que les 62 et 67 ans”

Mais le système de retraites par points n’est, ni une nouveauté, la plupart des régimes complémentaires en France l’utilisent déjà, ni une solution miracle.

Il y a déjà 2 ans, Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales rappelait dans le magazine Alternatives Economiques :

« Un système par points attribue des droits à pension mais ne fixe pas le niveau des pensions, qui dépend de la valeur des points, laquelle n’est pas donnée a priori. Un tel système joue sur la distribution des pensions au sein d’une même génération mais ne résout pas la question du financement des retraites. La question du niveau des transferts entre actifs et retraités reste donc posée, comme le sont aussi d’autres questions primordiales qui risquent d’être occultées par une réforme d’apparence technique. »

En clair, explique par ailleurs le magazine Notre Temps, dans un tel régime, le montant de la pension ne peut être connu qu’au moment du départ à la retraite, grâce à la valeur du point en vigueur à cette date. Or, cette valeur peut être une variable d’ajustement pour compenser d’éventuels déséquilibres du régime. Dans l’absolu, et sans garanties précises, la valeur du point pourrait donc chuter et réduire le montant des retraites.

Même le Conseil d’orientation des retraites (COR), qui a étudié en 2008 le modèle suédois, souligne qu’il fonctionne en bénéficiant de perspectives démographiques et d’une situation de l’emploi très favorables. De plus, le système de retraites public suédois était déjà unifié avant la réforme, ce qui n’est pas le cas en France.

Pour enfoncer le clou, sur son blog, Gérard Filoche, inspecteur du travail et militant socialiste affirmait il y a près d’un an : « Le Medef la veut (et il n’est pas seul hélas) : la « retraite par points » encore pire que les 62 et 67 ans ! »

Bref le système de retraites par points a tout d’une fausse bonne idée.

Pendant ce temps-là, des milliers de retraités ont défilé jeudi dans 110 villes de France pour réclamer une meilleure prise en charge de la dépendance par l’Assurance-maladie, et pour protester contre la baisse constante de leur pouvoir d’achat, signale 20 minutes.

Pas sûr que le débat de la veille et la cacophonie des propositions des candidats à  la primaire socialiste les ait vraiment rassurés. Peut-être que la politique en général et l’avenir des retraites en particulier est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls politiques ?

AB

Des Québécois résignés face à la retraite.

Mardi 4 octobre 2011

retraite_quebecoisCurieux sondage repris ces derniers jours par les sites d’informations économiques du Québec. La majorité des Québécois de 25-44 ans n’ont qu’une vague idée de la façon dont ils doivent planifier leur retraite. Malgré tout, ils sont optimistes d’avoir les moyens de quitter le monde professionnel, le temps venu. De quoi surtout, pour paraphraser Jean Rostand dans Carnet d’un biologiste, se sentir très optimiste quant à l’avenir du pessimisme !

Les résultats de ce sondage SOM pour le compte de Question Retraite, un organisme sans but lucratif qui a pour mission d’informer le public sur la sécurité financière à la retraite, sont en effet très étonnants.

Parmi les répondants, 81% sont optimistes en ce qui a trait à leur situation financière à la retraite. Et pourtant, 45% des travailleurs ne savent pas trop quel montant ils devraient épargner, 54% n’ont jamais sollicité de conseil de planification financière et 40% trouvent qu’épargner en vue de la retraite est décourageant.

«C’est surprenant de voir cet optimisme alors qu’on avoue ne pas trop savoir comment planifier sa retraite», estime Nathalie Madore, chef du service des statistiques et des sondages à la Régie des rentes du Québec (RRQ), un des membres de Question Retraite, sur le site lesaffaires.com

Est-ce, parce que la situation de certains fonds de retraites au Canada est désespérée à l’heure actuelle, que la seule sagesse est l’optimisme aveugle ?

Car, plus alarmant, 31% des personnes interrogées voient l’épargne comme une privation, dans ce sondage dévoilé dans le cadre du “Mois de la planification financière” de la retraite 2011 au Québec.

Incapables d’épargner davantage, ils prendront leur retraite plus tard

Une attitude de résignation des québécois quant à l’avenir de leur retraite, confirmée par un précédent sondage de l’Association canadienne de la paie (ACP), publié par Conseiller, le média des professionnels en services financiers au Québec.

L’étude révèle que 40 % des Canadiens s’attendent à prendre leur retraite plus tard que prévu, puisqu’ils sont incapables d’épargner suffisamment pour leurs vieux jours.

Dans l’ensemble du pays, un employé sur deux épargne 5 % ou moins de sa paie nette. C’est beaucoup moins que l’objectif de 10 % généralement recommandé par les planificateurs financiers comme objectif d’épargne-retraite.

Bien que 60 % s’efforcent d’être de meilleurs épargnants, plus de la moitié des répondants se disent incapables de faire mieux. Les 40 % restants déclarent qu’ils n’essaient même pas d’épargner davantage.

« C’est particulièrement inquiétant quand vous constatez que 71 % des répondants ont plus de 35 ans, alors que la majeure partie de leurs années consacrées à l’épargne se situe entre l’âge de 35 et 54 ans », s’inquiète Dianne Winsor, présidente de l’Association canadienne de la paie.

Et pourtant, ces jeunes québécois restent donc majoritairement optimistes d’avoir les moyens de quitter le monde professionnel, le temps venu.

Pendant ce temps là, en France, ce jeudi 6 octobre et mardi 11, syndicats, salariés, mais aussi retraités, manifesteront pour défendre retraite et pouvoir d’achat.

Alors, si on veut, demain, une place au soleil, peut-être faut-il davantage se résigner, aujourd’hui, tant qu’il est encore temps, à supporter quelques coups de soleil, non ?

AB

Copyrights : Slightlynorth sur Flickr