A l’hôpital, pots de départ à la retraite et pots d’arrivée ont tendance… à se confondre !
Un site d’informations sur Caen et sa région reprend ces derniers jours un article du quotidien Ouest France qui révèle, en effet, que des infirmières à la retraite ont déjà repris du service dans le Calvados (14), en Normandie.
« Caroline a passé vingt-huit années comme infirmière à l’hôpital de Lisieux. En juin dernier, elle a fait valoir ses droits à partir en retraite. Les nouveaux barèmes, issus de la réforme mise en application au 1er juillet, lui ont donné l’opportunité de « profiter un peu plus » de ses quatre enfants. Elle n’a pas hésité. »
Il fallait s’y attendre comme nous l’annoncions sur ce blog en juin dernier, dans le post « Retraites anticipées : allo maman tayaut ! »
En effet, avant la réforme des retraites entrée en vigueur au 1er juillet dernier, les mères de famille nombreuse (ou ces pères même s’ils sont plus rares) ayant travaillé 15 ans dans la fonction publique ou l’armée pouvaient prendre leur retraite à tout âge à des conditions financières très avantageuses. C’est à dire que le calcul de leur pension était basé sur le nombre d’annuités cotisées, divisé par 37,5 ans seulement. Désormais le calcul est rapporté à 41,25 annuités et surtout avec une décote pour toutes les années manquantes.
En plus, pour les infirmières mais aussi les infirmiers, même sans enfants, ils ont pu choisir, avant l’entrée en vigueur de la réforme des retraites, de conserver leur droit à partir à 55 ans en échange d’une moindre augmentation de salaire selon le protocole d’accord de revalorisation de la profession signé en 2010, comme l’explique emploipublic.fr.
Autant dire que dans ces conditions l’afflux de départs à la retraite était attendu. Les Echos estimaient d’ailleurs, à la veille de la réforme, qu’elles étaient en effet 2 fois plus nombreuses que les années précédentes à sauter sur l’occasion. Et notamment donc chez les infirmières.
Passage en douceur à la retraite
« Vu les conditions de travail et le climat social à l’hôpital, les infirmières qui peuvent retrouver un poste en clinique ou se faire réembaucher à l’hôpital en contractuelle n’ont pas hésité », confiait même un proche du dossier dans les colonnes du quotidien économique.
D’autant plus que les conditions du cumul emploi-retraite ont été assouplies par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009, explique le site de la Coordination Nationale Infirmière.
C’est justement le cas de cette ancienne infirmière en néphrologie (reins) qui a donc fait des remplacements en pneumologie, en gériatrie… « Je connais la structure et j’ai tout de même une grande expérience. » confie-t-elle. « Pour elle, c’est un passage en douceur à la retraite. Pour l’hôpital, une bouée de sauvetage. », ajoute l’article du quotidien régional.
Car il faut bien faire face à une réalité : il y a pénurie d’infirmières.
Crise des vocations
Des candidats trop peu nombreux, des conditions de travail qui se dégradent, comme le relate la Dépêche du Midi. Mais aussi une désaffection des étudiants vis-à-vis de cette profession toujours en mal de reconnaissance. Et cela malgré le protocole d’accord de revalorisation du métier que nous avons évoqué…
La crise des vocations, en tout cas, ne risque pas de s’arranger avec l’amputation sévère du montant de l’allocation en faveur des demandeurs d’emploi en formation décidée par le gouvernement fin 2010. L’AFDEF qui est passée de 1000€ à 652€ par mois doit pourtant permettre ” à des chômeurs en fin de droit de se former à un métier “en tension” (dont les infirmières) “, explique le site infirmiers.com. Mais à ce prix là, ce n’est plus une vocation, ça devient un sacerdoce !
Autant dire que ce n’est pas demain la veille que de jeunes diplômés seront en mesure de reprendre le flambeau. Et ainsi que des plus jeunes cotisent pour des plus âgés, puisque c’est le principe même de notre système de retraite par répartition en France.
Car il est assez insolite, finalement, que ces infirmières à la retraite qui reprennent du service cotisent d’une main et touchent une pension retraite de l’autre ! Et si la situation n’évolue pas, au final l’équation risque d’être simple, trop simple même :
Pas de recrues + Nombreux départs en retraite = Aucune cotisation + Nombreuses pensions = Aucune pension !
AB
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Mots-clefs : barème, clinique, coordination nationale infirmière, famille nombreuse, hôpital, infirmières, infirmières retraitées, pension, réforme, retraites, sécurité sociale



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