Archive pour septembre 2011

Entrepreneur : le bon choix du régime retraite

Vendredi 30 septembre 2011

entrepreneur-regime-retraite-bug138Personne n’échappe à la réforme des retraites. Les entrepreneurs non plus même si les médias ont la fâcheuse tendance de les oublier et de privilégier l’angle des salariés pour traiter de cette actualité. Pour leur gouverne, il est bon de rappeler que 6 entreprises sur 10 en France n’ont pas de salarié, selon l’INSEE.

Il est donc bon de savoir que les entrepreneurs sont également concernés par l’allongement de la durée de cotisation et le report de l’âge légal de départ en retraite. Aussi bien les entrepreneurs confirmés, comme les professions libérales, les commerçants, les artisans, que les auto-entrepreneurs, affiliés également au RSI (Régime Social des Indépendants) ou à la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d’Assurance Vieillesse).

« En 2011, la réforme des retraites leur est applicable tout comme aux salariés. Ceux qui sont nés après le 30 juin 1951 vont être touchés par les nouvelles règles. La réforme va vers un allongement de la durée de cotisations mais les artisans et commerçants nés en 1951 et 1956 vont pouvoir bénéficier d’une période transitoire. », explique Ouest-France.

En revanche, tous les régimes de retraite pour les travailleurs non salariés (TNS) ne se valent pas, souligne Capital.fr.

La CIPAV, nettement plus généreuse

Le site d’informations économiques affirme en effet que

« le régime complémentaire de la CIPAV est nettement plus avantageux. Sa rentabilité atteint 9,18 %, pour un départ à la retraite à taux plein. C’est-à-dire qu’en euros constant, une cotisation annuelle de 100 euros apporte une pension de retraite de 9,18 euros par an. A titre de comparaison, la rentabilité du régime complémentaire des commerçants est de 7,20 % et celle des artisans de 6,60 %. »

Autre point positif de la CIPAV selon Capital.fr, les cotisations y sont plus faibles que dans les autres régimes de retraite, jusqu’à 80.000 euros de revenus.

« Un entrepreneur individuel affilié à la CIPAV et percevant un BNC (bénéfices non commerciaux) annuel de 50.000 euros paiera au total 17.140 euros de cotisations (URSSAF, maladie, prévoyance, retraite, CSG – CRDS). Pour un BIC (bénéfices industriels et commerciaux) identique, le commerçant paiera 21.125 euros et l’artisan 21.759 euros. »

Seule l’affiliation au RSI peut être plus intéressante pour les personnes qui, avant de créer leur entreprise, ont fait une petite carrière en tant que salarié dans le privé.

« En effet, en choisissant d’être affilié au RSI, les années en tant que commerçant et artisan permettront de diminuer le nombre d’années retenues dans le calcul du Salaire annuel moyen du régime général. Ce qui permet d’éliminer les mauvaises années, et donc d’améliorer la retraite de la sécurité sociale. »

Capital.fr en profite du coup pour donner à tout créateur en herbe, une astuce, afin d’être rattaché à la caisse de retraite la plus intéressante :

« Lors de la création de la société, il suffit, en remplissant les statuts et les formulaires demandés par les Centres de formalités des entreprises (CFE), d’utiliser certains termes plutôt que d’autres dans la description de l’activité de l’entreprise. Ainsi, un fleuriste ou un vendeur de solutions informatiques sera rattaché naturellement au RSI (régime de retraite des commerçants). En revanche, si son activité déclarée devient « conseil en décoration florale » ou en « conseil en solutions informatiques », il aura toutes les chances d’être affilié à la Caisse interprofessionnelle des libéraux, la CIPAV. »

Alors, entrepreneurs, faites vos jeux car pour les salariés, concernant les retraites, ça fait déjà longtemps que rien ne va plus !

AB

Les politiques aboient et la caravane de l’épargne retraite en entreprise… se surpasse !

Mercredi 28 septembre 2011

politiques-epargne-retraite-entreprisePendant que politiques et syndicats se livrent, ces derniers jours, à une nouvelle passe d’armes malicieusement orchestrée par la presse sur l’âge de départ en retraite, salariés et dirigeants plébiscitent, eux, les solutions d’épargne retraite au sein de l’entreprise. C’est ce que révèle la récente publication du baromètre Tendances Epargne et Retraite Entreprises (TE&RE) réalisé par Altedia et BNP Paribas E&RE.

Cette étude décrypte depuis une décennie, les attentes, les besoins et les comportements des entreprises et des salariés vis-à-vis de l’épargne salariale et de la retraite collective.

Résultat : placer ses économies dans ce type de dispositif est une démarche « naturelle » pour 88 % des chefs d’entreprises (77 % en 2002) et pour 82 % des salariés (63 % seulement en 2002). Leurs objectifs étant la création d’une épargne en vue de préparer la retraite et la constitution d’une rémunération différée.

« Ils savent maintenant qu’ils ne pourront pas faire autrement que d’épargner de façon complémentaire aux régimes obligatoires pour leur retraite. », commente Patrice Bonin, vice-président de la Commission plénière des assurances de personnes à la FFSA.

Un véritable intérêt pour les solutions retraite liées à l’entreprise

Privilégier les dispositifs d’entreprise aux dépens des dispositifs individuels indépendants de l’entreprise est une grande évolution de la stratégie d’épargne des salariés et des chefs d’entreprise. En ressort notamment une hausse du taux d’équipement du PERCO de 8 points par rapport à l’année 2010 (22%), note le site France Transactions.

Cet intérêt pour les solutions liées à l’entreprise s’illustre notamment dans l’actionnariat salarié. 82% des salariés considèrent que “le fait de devenir actionnaire de son entreprise” est une bonne chose, de plus 79% des chefs d’entreprise estiment qu’ “avoir des salariés actionnaires” est bénéfique pour l’entreprise. L’objectif pour les deux groupes d’épargnants étant de profiter pleinement de l’abondement. C’est à dire d’un placement avantageux financièrement. Surtout dans un contexte de méfiance et d’inquiétude sur l’avenir des pensions, rappelle les Echos.

En effet, bien que réticents à préparer leur retraite (seuls 24% des salariés ont essayé d’en évaluer le montant), employés, professions intermédiaires ou cadres semblent avoir intégré la baisse de leur pouvoir d’achat. Ils estiment qu’il se situera entre 46 et 65% de leur dernier revenu professionnel, alors que les chefs d’entreprise le situent pour eux-mêmes entre 36 et 55%, constate le site News Banques.

Un manque cruel d’information

Ce qui devrait alors réjouir patrons et salariés, c’est que la réforme des retraites de 2010 renforce justement le rôle de ces dispositifs d’entreprise grâce à la création d’une définition officielle et l’instauration de mesures avantageuses en leur faveur.

« La grande nouveauté, c’est la possibilité pour les salariés de verser une épargne personnelle sur leur contrat de retraite d’entreprise. En effet, la loi de 2010 permet à tous les salariés qui disposent d’un « Persup » (article 83) de faire des versements individuels et facultatifs, en plus de la cotisation versée dans le cadre de l’entreprise. » Ce qui va « favoriser une croissance significative des « Persups », confortant leur place de produit phare de la retraite supplémentaire pour les salariés. Tout le marché s’y prépare. », s’enthousiasme Patrice Bonin, vice-président de la Commission plénière des assurances de personnes à la FFSA.

Mais, paradoxalement, près d’un salarié sur trois (28% dont 42% d’ouvriers) et près d’un chef d’entreprise sur dix (8%) déclarent ne pas en avoir entendu parler.

En revanche, la majorité d’entre eux (67% des chefs d’entreprise et 61% des salariés) ont bien retenu que l’âge légal de départ à la retraite serait repoussé et que la durée de cotisation serait allongée.

Reste donc plus qu’aux leaders d’opinion à sortir de ces polémiques stériles sur l’âge du capitaine, et aux médias de masse, de déplacer le curseur de l’information sur les solutions concrètes existantes afin d’envisager l’avenir des retraites de façon bien plus pragmatique et surtout plus sereine.

AB

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Retraite à 60 ans : Martine Aubry plus nuancée

Lundi 26 septembre 2011

retraite_60ans_Martine_Aubry_nuancéeLa retraite à 60 ans sera la question majeure pour la primaire socialiste comme pour la présidentielle 2012, affirmait la semaine dernière Gérard Filoche sur le site Marianne2. Hélas, c’était sans savoir qu’un énorme pavé dans la mare sur la convergence franco-allemande allait être lancé par François Fillon peu après. Le possible recul de l’âge de départ à la retraite de 62 ans à 67 ans, pour s’aligner sur l’Allemagne, a en effet alimenté toutes les conversations ce week-end et définitivement enterré tout retour plausible de la retraite à 60 ans. Une promesse qui, dans le camp de l’opposition, avait déjà, de toute façon, du plomb dans l’aile.

« Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun », c’était déjà la déclaration ambiguë de Martine Aubry qui a surpris bon nombre d’internautes qui avaient le loisir d’interroger en toute liberté l’ex-première secrétaire du PS, dernièrement, sur le site web de Rue 89.


Aubry : “On ne reviendra pas à la retraite à 60… par rue89

Pas de retour de la retraite à 60 ans pour chacun =
Retour de la retraite à 60 ans… mais pas pour tout le monde !

Une position que Martine Aubry affichait il y a près d’un an déjà sur France 2, dans l’émission politique « A vous de juger ».

En résumé, oui à “la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé tôt et avec emploi pénible” comme elle en a fait le serment récemment lors d’un meeting à Toulouse, rapporte le site web du Point.

Seulement, l’emploi, volontaire ou non, d’une tournure négative jette le trouble et trahit bien le manque de consensus au sein du PS sur cette question des retraites. Il y a déjà plus de 18 mois, Le Figaro titrait « Retraite à 60 ans : Martine Aubry fait marche arrière ».

L’ex-première secrétaire avait lâché, en effet, que dans la réalité, « beaucoup de Français partent à 61 ou 62 ans ». Aussi, le bureau national du parti de gauche s’était empressé de se prononcer pour le maintien de l’âge légal à 60 ans afin de couper court à toute polémique. Mais apparemment sous certaines conditions, désormais.

Hausse de la durée de cotisations

Sauf qu’aujourd’hui le vernis de l’unité craque à nouveau à quelques semaines de la désignation du candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012.

« Ainsi Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg souhaitent-ils le retour de la retraite à 60 ans pour ne pas pénaliser ceux qui ont commencé à travailler tôt. Et si Manuel Valls et Jean-Michel Baylet se démarquent et affirment qu’il sera impossible de revenir sur l’âge légal de départ à la retraite pour tous, ils ne ferment pas la porte à la prise de retraite à 60 ans – pour certains. Comme l’évoque le projet socialiste, plusieurs candidats font d’une hausse de la durée de cotisations un élément central de la réforme telle qu’ils l’envisagent. »

Souligne le Nouvel Obs dans un comparatif des projets des candidats sur les affaires sociales.

Mais sur France 2, à l’occasion du premier débat télévisé entre prétendants à l’investiture socialiste, aucun candidat ne s’est risqué sur ce dossier. Seule Martine Aubry s’est avancée mais de façon pondérée, commente le site du JDD. La candidate à la primaire socialiste a réitéré ses propos de la veille sur internet et ainsi assuré que si elle était élue en 2012, la retraite à 60 ans une fois rétablie ne serait pas un droit pour tous, avant de nuancer : “Il ne faut pas sacrifier les principes fondamentaux, sur lesquels reposent les retraites, de la répartition”.

Espérons que les 2 prochains débats prévus entre les 6 candidats (ce mercredi 28 septembre avec I-Télé, Europe 1, Le Parisien et les chaînes parlementaires et le 5 octobre avec BFM TV, RMC, Le Point et les chaînes parlementaires), leurs donnent au moins l’occasion d’être plus prolixes individuellement et surtout moins hésitants et énigmatiques sur l’avenir des retraites. En attendant, les Français, eux, quelque soient leurs intentions de vote, se sont faits une raison depuis bien longtemps. Il y a tout juste un an, Le Monde évoquait deux sondages selon lesquels une majorité de citoyens ne croyait pas à la promesse du PS de rétablir la retraite à 60 ans si la gauche remportait la présidentielle. D’aucuns n’ont sûrement oublié, suffrages après suffrages, que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

AB

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Retraite à 67 ans : l’âge de glace ou l’âge de raison ?

Vendredi 23 septembre 2011

retraite_67_ans_age_glace_age_de_raisonFrançois Fillon vient de déterrer la hache de guerre de l’âge de départ en retraite. En plaidant pour une convergence franco-allemande, le premier ministre a estimé, hier

« il faudra aller vers un temps de travail commun, vers un âge de retraite commun, vers une convergence progressive de l’organisation économique et sociale de nos deux pays »

Or l’âge de la retraite avec une pleine pension – sauf pour les carrières longues – sera porté à 67 ans outre-Rhin d’ici à 2029, rappelle Le Figaro.

Mais, en toute honnêteté, Le Monde souligne qu’ « il est impossible d’affirmer que le premier ministre entendait repousser l’âge de départ légal à 67 ans ». D’autant plus que les Français, eux, devront, déjà, dès 2023, atteindre 67 ans pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein même si l’on n’a pas le nombre de trimestres de cotisation requis.

Surenchère de réactions

Sans plus de précisions sur l’objectif de ses propos, le premier ministre sème donc le trouble et déclenche aujourd’hui une avalanche de réactions et d’interprétations politiques et syndicales enflammées, compilées par Le Nouvel Obs.

“C’est illusoire de vouloir copier l’Allemagne. On s’opposera, bien entendu, à toute velléité d’augmenter de nouveau l’âge de départ en retraite ou d’augmenter la durée de cotisation”, a menacé Eric Aubin (CGT).

“C’est une déclaration très inopportune et provocatrice, on sort d’une réforme et on veut en rajouter une couche”, a déploré, à la CFDT, Jean-Louis Malys.

Pour les candidats aux primaires PS, François Fillon « a un problème avec la réalité des chiffres », il « révèle le programme de Sarkozy » ou encore fait preuve « d’un aveuglement ».

A l’opposé, Laurence Parisot, présidente du Medef, qui a souligné sur RMC/BFM TV une “excellente idée”, a même affirmé avec audace :

« quand on aura 67 ans en 2030, on sera dans un état de santé, un état physique comparable à 62 ans aujourd’hui »

Bref, une surenchère d’affirmations et de convictions dont il faut se méfier car cette nouvelle polémique sur l’âge de départ en retraite doit surtout nous permettre, désormais, de nous interroger vraiment de façon individuelle et de faire enfin son calcul.

Ne plus focaliser sur l’âge mais sur la décote

Car ce n’est pas sur l’âge qu’il faut focaliser mais sur la décote. D’autant que « l’âge légal à 65 ans devient de plus en plus la règle en Europe – c’est déjà le cas en Autriche, en Belgique, au Portugal ou en Italie – jusqu’à franchir le seuil des 67 ans, notamment aux Pays-Bas, en Allemagne et au Danemark », prévenait, déjà en début d’année, Le Figaro.

En effet, faut-il continuer à s’accrocher à ce sacro-saint taux plein, c’est à dire courir jusqu’à 67 ans après une pension sans décote, ou anticiper dès aujourd’hui une certaine décote et faire en sorte de la compenser par d’autres sources de revenus pour pouvoir partir à la retraite dès 62 ans ?

Pour revenir sur l’idée de convergence lâchée par François Fillon, ce sera plutôt une bonne nouvelle, finalement, si la décote française s’aligne sur la décote allemande. Comme l’a souligné Jean-Jacques Bourdin, et comme le montre ce tableau comparatif du Figaroles décotes appliquées en Allemagne (3,6% par an) sont beaucoup moins élevées qu’en France (1,5% par trimestre).

« Véritable bonus-malus de la retraite, les mécanismes de décote et de surcote ont pour but d’inciter les salariés à travailler plus longtemps. Bien anticiper leur impact financier permet de partir au moment voulu… en toute connaissance de cause », conseille à juste titre le site Dossier Familial.

« D’être content sans vouloir davantage, c’est un trésor qu’on ne peut estimer » disait déjà à la Renaissance le poète Clément Marot. Reste plus qu’à l’estimer vraiment aujourd’hui, ce « trésor » nécessaire pour sa retraite.

AB

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Un train de vie de sénateur retraité… qui déraille !

Mardi 20 septembre 2011

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Un proverbe appliqué au pied de la lettre, semble-t-il, par les sénateurs pour leur retraite. Le règlement de la caisse de retraites du Sénat, publié par le site d’informations Mediapart (accès payant) révèle que les “dignitaires” de l’institution, c’est à dire, les sénateurs ayant occupé des responsabilités au Palais du Luxembourg, ont droit à un bonus sur leur retraite. Et quel bonus ! Des suppléments de revenus allant de 700 à 5000 euros.

Il leur suffit pour cela d’occuper une de ces hautes fonctions (président de groupe, de commission, secrétaire de bureau…) pendant trois ans seulement, pour toucher plus tard un complément de retraite. Selon Mediapart, les cotisations seraient, qui plus est, très peu élevées, de l’ordre de quelques centaines d’euros à peine.

Une règle d’autant plus gênante qu’elle a été modifiée très récemment.

Des retraites mirobolantes

« D’autant que depuis 2008, à lire le règlement de la Caisse des retraites du Sénat, il suffit d’avoir occupé un poste de dignitaire pendant trois ans. Alors qu’auparavant, il fallait avoir exercé la fonction pendant au moins six années. En clair, tandis que les Français voyaient reculer l’âge auquel la retraite est attribuée à taux plein, les sénateurs s’octroyaient, en cachette, une réduction de la durée d’années nécessaires pour toucher leur supplément de pension. »

Le site illustre le cas de ces dignitaires aux retraites mirobolantes avec l’exemple de Michel Charasse, qui a été sénateur pendant 25 ans, et, de 2001 à 2005, questeur, en charge des finances de la Chambre.

« Il se voit verser par la Caisse des retraites du Sénat plus de 8.740 euros par mois. Auxquels s’ajoutent plus de 4.470 euros au titre de sa pension supplémentaire de dignitaire. Soit 13.210 euros en brut, l’équivalent de 2,4 fois l’indemnité parlementaire de base actuelle. Sans compter ses autres retraites d’élu local et de fonctionnaire, et son actuelle indemnité de « Sage » de 12.000 euros net par mois (qu’il touche dans son intégralité, comme l’a confirmé le Conseil constitutionnel à Mediapart). »

Contactés par le site d’enquête, le Palais du Luxembourg et Michel Charasse n’ont pas souhaité s’exprimer sur ce sujet.

“des privilèges insupportables pour les Français”

retraite-senateursA quelques jours des élections sénatoriales (dimanche 25/09/11) et, surtout, moins d’un an après avoir voté l’une des mesures-phare de la réforme des retraites, qui repousse donc de 65 à 67 ans l’âge de la retraite sans décote quel que soit le nombre d’années de cotisation, ces informations ont de quoi irriter.

« C’est une sorte de village d’Astérix, isolé du monde, sous une bulle, une sorte de noblesse, a estimé sur RMC, le journaliste Yvan Stéfanovitch, auteur de “Le Sénat : Enquête sur les superprivilégiés de la République”. Et donc Gérard Larcher, le président, essaie de mettre un peu d’ordre, mais il n’a pas de baguette magique. Mais il faut qu’ils fassent attention, parce que si la situation sociale se tend, c’est des privilèges qui vont devenir insupportables pour les Français ».

D’autant plus que l’on a toujours considéré le sénateur comme étant un vieux sage et le sénat comme un conseil des anciens, un rassemblement de gens expérimentés aptes à orienter les lois de manière à préserver les institutions indispensables au bon fonctionnement de la société.

Et si justement c’était l’occasion d’une prise de conscience illustrée par la fable de La Fontaine ?

Ne plus être un simple lièvre,

« Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter, / Pour dormir et pour écouter / D’où vient le vent, il laisse la tortue / Aller son train de sénateur. »

Pour préparer sa retraite et réfléchir à différentes sources de revenus aussi, « Rien ne sert de courir; il faut partir à point ». Et le plus tôt sera le mieux !

AB

Copyrights : Sénat sur Flickr

La Cour des comptes veut encourager l’épargne retraite pour les plus modestes.

Vendredi 16 septembre 2011

cour_des_comptes_encourage_epargne_retraite_pour_les_modestesPlan d’épargne retraite collectif (PERCO), Plan d’épargne populaire (PERP), Prévoyance de la Fonction Publique (PREFON),… les magistrats de la rue Cambon ont notamment pointé les allègements fiscaux, évalués à 2 milliards d’euros par an, de ces produits d’épargne retraite qui ne profitent qu’aux hauts revenus, dans leur récent rapport annuel sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale.

« La Cour a relevé que certaines exonérations de cotisations sociales pouvaient occasionner des effets d’aubaine alors même que les catégories aux revenus peu élevés en bénéficient peu. Ces aides doivent être mieux ciblées en faveur de ces catégories afin de les inciter à acquérir une couverture complémentaire santé et des produits d’épargne retraite. »

Réorienter l’épargne retraite au profit des faibles revenus

Pourtant, dans un souci d’équité justement, la loi portant sur la réforme des retraites qui a organisé ce système d’épargne retraite a prévu que cette déduction s’effectue pour chaque membre du foyer fiscal sous un plafond qui, exprimé en proportion de ses revenus d’activité professionnelle, tient compte des cotisations ou primes versées aux régimes professionnels d’épargne retraite (régimes dits « article 83 » pour les salariés et régimes « Madelin » et « Madelin agricole » pour les non salariés) ainsi que, le cas échéant, de l’abondement de l’entreprise au PERCO, comme l’explique Christiane Massot-Cazaux dans “La retraite des salariés”, son livre paru chez Gereso Edition.

Pas suffisamment équitable, apparemment, selon la Cour des comptes qui recommande de « réorienter les niches sociales et fiscales des complémentaires santé et de l’épargne retraite ». Il faut donc « pour les foyers à revenus élevés, réduire, voire supprimer, les incitations à l’épargne retraite individuelle et les renforcer pour les foyers à revenus faibles ou moyens. »

Car une chose est sûre, « la réforme de novembre 2010 rappelle que l’avenir de nos retraites nécessite régulièrement des ajustements et incite plus que jamais à épargner en vue de l’échéance de la retraite », conseille Christiane Massot-Cazaux.

« Selon les projections du Conseil d’Orientation des Retraites (COR), le taux de remplacement « première retraite/dernier salaire » des non-cadres et cadres passerait, respectivement, de plus de 80 % en 2003 à un peu plus de 70 % en 2050, et de plus de 60 % à un peu plus de50 %. » Il faudra donc bien compenser d’une manière ou d’une autre cette perte de revenu attendue.

C’est dire s’il est temps, comme le préconise la Cour des comptes, d’encourager davantage l’épargne retraite pour les foyers les plus modestes.

AB

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Baby boomers : la bourse ou la retraite !

Lundi 12 septembre 2011

Les bourses et les banques ont traversé une nouvelle zone de turbulence la semaine dernière. Les indices ont de nouveau plongé. Et si ce n’était qu’un début ? Avec ou sans crise. Simplement à cause des « baby boomers ».

C’est, en tout cas, la crainte exprimée il y a 15 jours par la réserve fédérale de San Francisco (USA) à l’occasion de la publication d’une étude rapportée par La Tribune.
Ce document prévient que, les Américains nés entre 1946 et 1964 vont, selon toute vraisemblance, préférer alléger ou vendre leurs portefeuilles de titres, plutôt que de continuer à acheter des actions.

Un effet amplifié en Europe ou au Japon

« Afin de financer leur départ à la retraite, ils vont probablement céder les actifs qu’ils ont amassés, surtout les plus risqués comme les actions », précisent les auteurs du rapport, les économistes Zheng Liu et Mark Spiegel. Selon eux la logique des marchés financiers est intimement liée à la démographie depuis une cinquantaine d’années.


En clair, « les rendements des actions, mesurés par les « PER » (price earning ratio), avaient triplé à la bourse américaine entre 1981 et 2000, et depuis, ils n’ont fait que se réduire, selon ces deux analystes. Et pour l’Europe ou le Japon, l’effet pourrait être amplifié, parce que l’effet du baby-boom a été plus intense dans ces régions. », souligne l’Express belge.

L’exode attendu de la génération du baby-boom du marché du travail pourrait faire baisser le cours des actions de 13 % au cours de la prochaine décennie selon le rapport de la Fed.

Les auteurs du document restent néanmoins optimistes. D’une part, leurs calculs « suggèrent qu’en 2030, la valeur réelle des actions aura augmenté de 20 % par rapport à 2010 ».

D’autre part, de nouveaux fonds étrangers et des petits porteurs des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), s’ils sont davantage autorisés par leur gouvernement respectif à investir à l’étranger, pourraient acheter les actions vendues par les baby-boomers américains et absorber ainsi les conséquences financières de leur départ à la retraite. Alors espérons.

Sénèque disait déjà il y a près de 2000 ans : « C’est quand on n’a plus d’espoir qu’il ne faut désespérer de rien. »

AB
Copyrights : Marcel Oosterwijk sur Flickr

Toubib or not toubib… à la retraite ?

Vendredi 9 septembre 2011

Si des infirmières à la retraite ont décidé de revenir à l’hôpital, comme je l’ai évoqué précédemment dans le post « Second service pour des infirmières retraitées », les médecins jouent aussi les prolongations.

Ce sont les dernières statistiques de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF) qui l’attestent. Au 1er juillet dernier, les médecins libéraux étaient 5139, soit 15 % de plus qu’en début d’année à exercer le cumul emploi-retraite.

Une aubaine pour éviter la pénurie momentanée de médecins que créerait la fermeture simultanée de trop nombreux cabinets de “baby-boomers“. Mais qui ne règlera pas, hélas, les disparités territoriales et entre disciplines pointées par la Cour des comptes dans son rapport annuel, selon le Figaro.

En attendant, on assiste à un véritable engouement des “toubibs” pour cumuler consultations et retraite. Confirmation du Quotidien du médecin qui rappelle qu’à la mise en place de ce dispositif, il y a 6 ans à peine, les praticiens étaient moins de 400 à tenter cette expérience.

S’offrir une retraite dorée

Il faut savoir que les contraintes liées à cette mesure, notamment le plafond du revenu, ont été supprimées début 2009 pour les retraités après 65 ans. Ce qui peut expliquer cet enthousiasme récent, depuis deux ans, pour ce nouveau statut. Car les chiffres de la simulation de cumul, rapportés par médecin-retraite-actif.com, le site des médecins retraités poursuivant une activité, parlent d’eux-mêmes :

  • Pour un médecin de 65 ans qui poursuit son activité sans liquider sa retraite. On suppose que son revenu net est de 80.000 €. Après impôts, il lui reste 66.924 €. En prenant sa retraite et continuant son activité, il lui restera, après impôts, 90.576 €.
  • Autre cas, pour un médecin retraité à 65 ans qui ne poursuit aucune activité. Sa retraite est de 32.778 €. Après impôts, il lui reste: 31.148 €. En reprenant une activité libérale réduite dont le BNC = 46.211 €, il lui restera, après impôts, 66.924 €. Plus du double !

Pourtant, il y a 20 ans, les médecins généralistes étaient majoritairement favorables au mécanisme (MICA) permettant de prendre une retraite anticipée. Le site de l’institut de sondage IPSOS rapportait qu’ils étaient près de 8 sur 10 à être assez ou très favorables à un tel dispositif. Mais pour les autres apparemment !

Alors, les médecins ont-ils vraiment du mal à raccrocher le stéthoscope ? Ou certains n’ont-ils pas vraiment le choix ? L’opportunité, offerte récemment par la loi, et la perspective de s’offrir une retraite dorée dope peut-être leur courage. A défaut d’avoir pu ou d’avoir su bien préparer sa retraite en prévoyant longtemps à l’avance d’autres sources de revenus.

Avis aux jeunes médecins libéraux si, eux, en revanche, ne souhaitent pas jouer les prolongations. En matière de retraite aussi, vous connaissez l’adage… mieux vaut prévenir que guérir !

AB

Second service pour des infirmières retraitées

Mardi 6 septembre 2011

A l’hôpital, pots de départ à la retraite et pots d’arrivée ont tendance… à se confondre !

Un site d’informations sur Caen et sa région reprend ces derniers jours un article du quotidien Ouest France qui révèle, en effet, que des infirmières à la retraite ont déjà repris du service dans le Calvados (14), en Normandie.

« Caroline a passé vingt-huit années comme infirmière à l’hôpital de Lisieux. En juin dernier, elle a fait valoir ses droits à partir en retraite. Les nouveaux barèmes, issus de la réforme mise en application au 1er juillet, lui ont donné l’opportunité de « profiter un peu plus » de ses quatre enfants. Elle n’a pas hésité. »

Il fallait s’y attendre comme nous l’annoncions sur ce blog en juin dernier, dans le post « Retraites anticipées : allo maman tayaut ! »

En effet, avant la réforme des retraites entrée en vigueur au 1er juillet dernier, les mères de famille nombreuse (ou ces pères même s’ils sont plus rares) ayant travaillé 15 ans dans la fonction publique ou l’armée pouvaient prendre leur retraite à tout âge à des conditions financières très avantageuses. C’est à dire que le calcul de leur pension était basé sur le nombre d’annuités cotisées, divisé par 37,5 ans seulement. Désormais le calcul est rapporté à 41,25 annuités et surtout avec une décote pour toutes les années manquantes.

En plus, pour les infirmières mais aussi les infirmiers, même sans enfants, ils ont pu choisir, avant l’entrée en vigueur de la réforme des retraites, de conserver leur droit à partir à 55 ans en échange d’une moindre augmentation de salaire selon le protocole d’accord de revalorisation de la profession signé en 2010, comme l’explique emploipublic.fr.

Autant dire que dans ces conditions l’afflux de départs à la retraite était attendu. Les Echos estimaient d’ailleurs, à la veille de la réforme, qu’elles étaient en effet 2 fois plus nombreuses que les années précédentes à sauter sur l’occasion. Et notamment donc chez les infirmières.

Passage en douceur à la retraite

« Vu les conditions de travail et le climat social à l’hôpital, les infirmières qui peuvent retrouver un poste en clinique ou se faire réembaucher à l’hôpital en contractuelle n’ont pas hésité », confiait même un proche du dossier dans les colonnes du quotidien économique.

D’autant plus que les conditions du cumul emploi-retraite ont été assouplies par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009, explique le site de la Coordination Nationale Infirmière.

C’est justement le cas de cette ancienne infirmière en néphrologie (reins) qui a donc fait des remplacements en pneumologie, en gériatrie… « Je connais la structure et j’ai tout de même une grande expérience. » confie-t-elle. « Pour elle, c’est un passage en douceur à la retraite. Pour l’hôpital, une bouée de sauvetage. », ajoute l’article du quotidien régional.

Car il faut bien faire face à une réalité : il y a pénurie d’infirmières.

Crise des vocations

Des candidats trop peu nombreux, des conditions de travail qui se dégradent, comme le relate la Dépêche du Midi. Mais aussi une désaffection des étudiants vis-à-vis de cette profession toujours en mal de reconnaissance. Et cela malgré le protocole d’accord de revalorisation du métier que nous avons évoqué…

La crise des vocations, en tout cas, ne risque pas de s’arranger avec l’amputation sévère du montant de l’allocation en faveur des demandeurs d’emploi en formation décidée par le gouvernement fin 2010. L’AFDEF qui est passée de 1000€ à 652€ par mois doit pourtant permettre ” à des chômeurs en fin de droit de se former à un métier “en tension” (dont les infirmières) “, explique le site infirmiers.com. Mais à ce prix là, ce n’est plus une vocation, ça devient un sacerdoce !

Autant dire que ce n’est pas demain la veille que de jeunes diplômés seront en mesure de reprendre le flambeau. Et ainsi que des plus jeunes cotisent pour des plus âgés, puisque c’est le principe même de notre système de retraite par répartition en France.

Car il est assez insolite, finalement, que ces infirmières à la retraite qui reprennent du service cotisent d’une main et touchent une pension retraite de l’autre ! Et si la situation n’évolue pas, au final l’équation risque d’être simple, trop simple même :

Pas de recrues + Nombreux départs en retraite = Aucune cotisation + Nombreuses pensions = Aucune pension !

AB