Retraite de Steve Jobs : « C’est le propre des grands esprits que de prévoir »

C’est le départ à la retraite le plus retentissant de ces dernières années.

Les clients ou plutôt les “disciples” des produits Apple, comme on les nomme parfois, sont carrément en deuil. Et ils l’ont témoigné aussi bien dans les médias classiques que sur les réseaux sociaux, jeudi dans le monde entier. Des fans de l’IPod, de l’IMac, du MacBook, de l’Iphone et de l’Ipad, tristes de perdre une idole, des orphelins éplorés suite à l’annonce de la démission de leur père spirituel, Steve Jobs, fondateur et charismatique patron de la marque à la pomme.

“Industriel de talent”, “homme inspirant”, “mec cool”, qui ne rêverait pas d’une telle avalanche d’hommages élogieux pour sa propre retraite ? Surtout pour un entrepreneur ! Génial et respecté pour certains, autoritaire et déroutant pour d’autres, même la bourse de New-York aux Etats-Unis s’en est émue, relate le site boursier.com :

« … le titre de la société de Cupertino chutait de plus de 5% hier soir après l’annonce surprise, le repli de l’action se limite à moins de 1% ce jeudi dans un marché pourtant nettement baissier. De quoi dire que la sortie du PDG fondateur d’Apple était déjà anticipée par le marché. »

La nouvelle n’a donc pas surpris les spécialistes contrairement au grand public : atteint en 2004 d’une forme rare de cancer du pancréas et après avoir subi une transplantation du foie en 2009, Steve Jobs, en congé maladie depuis janvier, n’avait pas caché qu’il passerait bientôt la main.

Qu’est-ce qui va changer ?

À vrai dire dans l’immédiat, pas grand-chose comme l’expliquent les dirigeants de Digital Shadows, société spécialiste dans les nouvelles technologies, dans cette vidéo de l’AFP.

Cette démission est surtout, il me semble, un bel exemple de retraite mûrement réfléchie, anticipée et préparée malgré son retentissement médiatique.

D’une part, Steve Jobs ne se retire pas complètement d’Apple puisqu’il démissionne de son poste de directeur général mais reste président du conseil d’administration. Il va donc garder un droit de regard sur tout ce qui se passe.

D’autre part, c’est un entrepreneur qui a su s’entourer comme le souligne Ouest France :

« … il a su s’entourer d’une fidèle garde rapprochée à qui il a inculqué son ADN, l’ADN d’Apple. Tim Cook, qui gère les affaires courantes d’Apple depuis quelque temps déjà ; Phil Schiller, le patron du marketing, celui qui vous a convaincu qu’une vie sans Apple n’était pas une vie ; Jonny Ives, designer en chef, celui qui a placé la marque à la pointe de l’esthétique ; et enfin Scott Forstall, l’architecte de Mac OS X et d’iOS. Ces « gardiens du temple » peuvent faire tourner la boutique sans Jobs. »

Une transition douce, une stratégie de moyen terme déjà esquissée comme le détaille Le Monde.

Enfin boursier.com dévoile aussi que Steve Jobs est un entrepreneur qui a su investir :

« … il possèderait à lui seul 313 brevets, explique le “New York Times”. A titre de comparaison, Bill Gates a déposé 9 brevets … La plupart des brevets du génie d’Apple sont liés à la technologie de pointe, mais le fondateur du groupe de Cupertino détient même un brevet pour un escalier de verre! Enfin, contrairement à l’idée reçue, Steve Jobs détient une participation plus importante dans Disney que dans Apple. En effet, avec la vente de Pixar, Steve Jobs détient environ 7,4% du géant du divertissement, soit 138 millions d’actions valorisées environ 4,5 Mds$. Sa participation dans sa société représente 5,5 millions de titres soit “seulement” 0,5% du tour de table d’Apple. Valorisée environ 2,1 Mds$, la part au capital d’Apple de Steve Jobs ne lui permet pas de figurer dans les 20 premiers actionnaires du groupe. Chez Disney, le désormais ancien patron Apple, est le premier actionnaire privé de la société… »

De quoi profiter d’une retraite dorée si tant est que sa santé fragile le lui permette. En tout les cas l’avenir des ses héritiers, sur plusieurs générations, est assuré.

Et pour nous, simples clients, de quoi méditer la réflexion d’Andrée Maillet : « C’est le propre des grands esprits que de prévoir ». D’autant plus quand un autre grand esprit « irremplaçable », Léonard de Vinci, disait de son temps : « Ne pas prévoir, c’est déjà gémir. »

AB

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2 commentaires, blog retraite sur “Retraite de Steve Jobs : « C’est le propre des grands esprits que de prévoir »”

  1. [...] prolonge les réflexions d’Arnaud Balme, sur le départ en retraite de Steve Jobs. Pour l’heure en effet, les analystes préfèrent y voir des “pertes limitées“. [...]

  2. [...] Retraite de Steve Jobs : « C’est le propre des grands esprits que de prévoir » – C’est le départ à la retraite le plus retentissant de ces dernières années. Les clients ou plutôt les “disciples” des produits Apple, comme on les nomme parfois, sont carrément en deuil. Et ils l’ont témoigné aussi bien dans les médias classiques que sur les réseaux sociaux, jeudi dans le monde entier. [...]

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