Valérie Pécresse, la ministre du budget, l’a assuré sur I-Télé, le gouvernement n’entend pas remettre en cause l’abattement de 10% sur le montant des pensions et des retraites pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Une position au nom de la “cohésion sociale” précise t-on. Une des nombreuses niches fiscales jugées inefficaces selon le rapport de l’Inspection générale des finances, révélé par le Figaro le week-end dernier.
Commandé par le premier ministre François Fillon ce document compte 6.000 pages et distribue bons et mauvais points à ce système. Lequel consiste à exonérer d’impôt ou de cotisations certains dispositifs de politique économique. Le quotidien révèle ainsi que :
« les dizaines de hauts fonctionnaires du Trésor, du Budget, de l’Insee, des Affaires sociales ou encore de la Sécurité sociale qui ont planché sur ce sujet livrent une conclusion sans concession : 261 niches fiscales et sociales représentant plus de 52 milliards d’euros -sur un montant global de 104 milliards- ne sont pas économiquement défendables. »
Le niveau de vie des retraités, semblable à celui des actifs
En particulier, donc, cet abattement de 10% sur le montant des pensions et des retraites dont bénéficient les seniors pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Une mesure jugée «inefficace» et qui coûte 4,3 milliards d’euros.
Le rapport estime en effet que «cet abattement qui se justifiait dans les années 1970 devrait évoluer pour plusieurs motifs», notamment car «le niveau de vie des personnes âgées a désormais atteint un niveau équivalent à celui actifs».
Il est curieux, à mon sens, que des esprits aussi intelligents et brillants que les auteurs de ce document -à moins de vouloir nous prendre pour des idiots- ne voient le verre… qu’à moitié plein !
Si je ne remets pas en cause l’absurdité de la situation, je préfère voir ce verre à moitié vide, pour les actifs, et m’étonner du fait qu’ils aient pu être rattrapés par les retraités. Si encore on épinglait cette niche fiscale pour redistribuer ses 4,3 milliards d’euros aux actifs, je ne dis pas ! Mais la dette n’est plus prêteuse.
Cela en dit long, il me semble en tout cas, sur le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent et tentent d’économiser pour leurs vieux jours depuis 40 ans et sur l’avenir de leur propre retraite !
Raison de plus pour la ministre du budget d’avoir rapidement éteint ce début d’incendie en affirmant : « Je crois que c’est une niche de cohésion sociale ». « Je crois qu’il faut faire très attention, ne pas donner le sentiment là encore dans ce budget qu’on touche à des catégories qui sont plus fragiles ».
Mais cela pour combien de temps ? Car on a surtout le sentiment que les retraités d’aujourd’hui ont mangé leur pain blanc et qu’on ne donnera pas cher des futures retraites de ceux qui en payent aujourd’hui le prix.
AB









