Archive pour août 2011

Niches fiscales : les retraites préservées… encore heureux !

Mardi 30 août 2011

Valérie Pécresse, la ministre du budget, l’a assuré sur I-Téléle gouvernement n’entend pas remettre en cause l’abattement de 10% sur le montant des pensions et des retraites pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Une position au nom de la “cohésion sociale” précise t-on. Une des nombreuses niches fiscales jugées inefficaces selon le rapport de l’Inspection générale des finances, révélé par le Figaro le week-end dernier.

Commandé par le premier ministre François Fillon ce document compte 6.000 pages et distribue bons et mauvais points à ce système.  Lequel consiste à exonérer d’impôt ou de cotisations certains dispositifs de politique économique. Le quotidien révèle ainsi que :

« les dizaines de hauts fonctionnaires du Trésor, du Budget, de l’Insee, des Affaires sociales ou encore de la Sécurité sociale qui ont planché sur ce sujet livrent une conclusion sans concession : 261 niches fiscales et sociales représentant plus de 52 milliards d’euros -sur un montant global de 104 milliards- ne sont pas économiquement défendables. »

Le niveau de vie des retraités, semblable à celui des actifs

En particulier, donc, cet abattement de 10% sur le montant des pensions et des retraites dont bénéficient les seniors pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Une mesure jugée «inefficace» et qui coûte 4,3 milliards d’euros.

Le rapport estime en effet que «cet abattement qui se justifiait dans les années 1970 devrait évoluer pour plusieurs motifs», notamment car «le niveau de vie des personnes âgées a désormais atteint un niveau équivalent à celui actifs».

Il est curieux, à mon sens, que des esprits aussi intelligents et brillants que les auteurs de ce document -à moins de vouloir nous prendre pour des idiots- ne voient le verre… qu’à moitié plein !

Si je ne remets pas en cause l’absurdité de la situation, je préfère voir ce verre à moitié vide, pour les actifs, et m’étonner du fait qu’ils aient pu être rattrapés par les retraités. Si encore on épinglait cette niche fiscale pour redistribuer ses 4,3 milliards d’euros aux actifs, je ne dis pas ! Mais la dette n’est plus prêteuse.

Cela en dit long, il me semble en tout cas, sur le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent et tentent d’économiser pour leurs vieux jours depuis 40 ans et sur l’avenir de leur propre retraite !

Raison de plus pour la ministre du budget d’avoir rapidement éteint ce début d’incendie en affirmant : « Je crois que c’est une niche de cohésion sociale ». « Je crois qu’il faut faire très attention, ne pas donner le sentiment là encore dans ce budget qu’on touche à des catégories qui sont plus fragiles ».

Mais cela pour combien de temps ? Car on a surtout le sentiment que les retraités d’aujourd’hui ont mangé leur pain blanc et qu’on ne donnera pas cher des futures retraites de ceux qui en payent aujourd’hui le prix.

AB

Retraite de Steve Jobs : « C’est le propre des grands esprits que de prévoir »

Vendredi 26 août 2011

C’est le départ à la retraite le plus retentissant de ces dernières années.

Les clients ou plutôt les “disciples” des produits Apple, comme on les nomme parfois, sont carrément en deuil. Et ils l’ont témoigné aussi bien dans les médias classiques que sur les réseaux sociaux, jeudi dans le monde entier. Des fans de l’IPod, de l’IMac, du MacBook, de l’Iphone et de l’Ipad, tristes de perdre une idole, des orphelins éplorés suite à l’annonce de la démission de leur père spirituel, Steve Jobs, fondateur et charismatique patron de la marque à la pomme.

“Industriel de talent”, “homme inspirant”, “mec cool”, qui ne rêverait pas d’une telle avalanche d’hommages élogieux pour sa propre retraite ? Surtout pour un entrepreneur ! Génial et respecté pour certains, autoritaire et déroutant pour d’autres, même la bourse de New-York aux Etats-Unis s’en est émue, relate le site boursier.com :

« … le titre de la société de Cupertino chutait de plus de 5% hier soir après l’annonce surprise, le repli de l’action se limite à moins de 1% ce jeudi dans un marché pourtant nettement baissier. De quoi dire que la sortie du PDG fondateur d’Apple était déjà anticipée par le marché. »

La nouvelle n’a donc pas surpris les spécialistes contrairement au grand public : atteint en 2004 d’une forme rare de cancer du pancréas et après avoir subi une transplantation du foie en 2009, Steve Jobs, en congé maladie depuis janvier, n’avait pas caché qu’il passerait bientôt la main.

Qu’est-ce qui va changer ?

À vrai dire dans l’immédiat, pas grand-chose comme l’expliquent les dirigeants de Digital Shadows, société spécialiste dans les nouvelles technologies, dans cette vidéo de l’AFP.

Cette démission est surtout, il me semble, un bel exemple de retraite mûrement réfléchie, anticipée et préparée malgré son retentissement médiatique.

D’une part, Steve Jobs ne se retire pas complètement d’Apple puisqu’il démissionne de son poste de directeur général mais reste président du conseil d’administration. Il va donc garder un droit de regard sur tout ce qui se passe.

D’autre part, c’est un entrepreneur qui a su s’entourer comme le souligne Ouest France :

« … il a su s’entourer d’une fidèle garde rapprochée à qui il a inculqué son ADN, l’ADN d’Apple. Tim Cook, qui gère les affaires courantes d’Apple depuis quelque temps déjà ; Phil Schiller, le patron du marketing, celui qui vous a convaincu qu’une vie sans Apple n’était pas une vie ; Jonny Ives, designer en chef, celui qui a placé la marque à la pointe de l’esthétique ; et enfin Scott Forstall, l’architecte de Mac OS X et d’iOS. Ces « gardiens du temple » peuvent faire tourner la boutique sans Jobs. »

Une transition douce, une stratégie de moyen terme déjà esquissée comme le détaille Le Monde.

Enfin boursier.com dévoile aussi que Steve Jobs est un entrepreneur qui a su investir :

« … il possèderait à lui seul 313 brevets, explique le “New York Times”. A titre de comparaison, Bill Gates a déposé 9 brevets … La plupart des brevets du génie d’Apple sont liés à la technologie de pointe, mais le fondateur du groupe de Cupertino détient même un brevet pour un escalier de verre! Enfin, contrairement à l’idée reçue, Steve Jobs détient une participation plus importante dans Disney que dans Apple. En effet, avec la vente de Pixar, Steve Jobs détient environ 7,4% du géant du divertissement, soit 138 millions d’actions valorisées environ 4,5 Mds$. Sa participation dans sa société représente 5,5 millions de titres soit “seulement” 0,5% du tour de table d’Apple. Valorisée environ 2,1 Mds$, la part au capital d’Apple de Steve Jobs ne lui permet pas de figurer dans les 20 premiers actionnaires du groupe. Chez Disney, le désormais ancien patron Apple, est le premier actionnaire privé de la société… »

De quoi profiter d’une retraite dorée si tant est que sa santé fragile le lui permette. En tout les cas l’avenir des ses héritiers, sur plusieurs générations, est assuré.

Et pour nous, simples clients, de quoi méditer la réflexion d’Andrée Maillet : « C’est le propre des grands esprits que de prévoir ». D’autant plus quand un autre grand esprit « irremplaçable », Léonard de Vinci, disait de son temps : « Ne pas prévoir, c’est déjà gémir. »

AB

5 conseils pour bien réussir sa retraite.

Mardi 23 août 2011

«Le retour à l’âge légal de la retraite à 60 ans est une lubie » !

C’est la déclaration sans concession de Laurence Vichnievsky, porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, dans une tribune libre parue dans Libération jeudi dernier, en marge des journées d’été de la formation écologiste. Le retour à la retraite à 60 ans, pourtant défendu par son ancienne « collègue » de la magistrature et avant tout candidate du même parti (EELV) à l’élection présidentielle, Eva Joly.

« Vous avez quel âge ? », aurait-on, surtout, envie de leur dire ! Car au delà de cette polémique stérile sur l’âge du départ légal, puisque la réforme est déjà entrée en vigueur, quel représentant politique s’intéressera enfin à la façon de vraiment réussir sa retraite ?

En attendant, c’est outre-atlantique et qui plus est auprès, non pas d’un politique, mais d’un financier que l’on trouve des éléments de réponse quand on prépare sa retraite. Dans un article récemment publié par Advisors Perspectives, un site pour les professionnels de la finance, un conseiller américain spécialiste des retraites, Paul Merriman, dont la compagnie gère un milliard et demi de dollars, livre 10 leçons futées pour la retraite qu’il dit avoir apprises des personnes les plus intelligentes qu’il connaisse.

Planifier sa retraite n’a rien de magique

Des conseils synthétiques repris en français par Conseiller, le média des professionnels en services financiers au Québec ainsi que le blog Qui a la cote. Parmi ces 10 leçons de bon sens pour bien préparer sa retraite, j’en retiendrai 5 comme étant, il me semble, essentielles :

1- Une retraite heureuse n’est pas directement liée à la taille de votre compte en banque : Bien que ce soit difficile à admettre, le bonheur dépend bien plus de notre attitude et de nos comportements que des lignes de chiffres qui apparaissant sur son relevé bancaire. Ce ne sont que des chiffres !

2- La richesse est une question de choix, pas de chance : Les gens éclairés ne comptent pas sur la chance pour devenir riches. Ils s’imposent seulement des règles et des habitudes que les autres n’ont pas. Ne vivez pas au-dessus de vos moyens et mettez judicieusement de l’argent de côté en faisant en sorte que vos économies ne dorment pas sur un compte.

3- Planifiez pour prospérer : Planifier sa retraite n’a rien de magique. Il suffit juste d’analyser sérieusement et concrètement où l’on en est, quels objectifs on souhaite se fixer et comment réussir à les atteindre.

4- N’attendez pas pour épargner : A 20 ans, la retraite semble pourtant si abstraite et lointaine. Mais c’est justement autant de temps et surtout d’argent que l’on gagnera plus tard. Exemple : si vous investissez 5000 € à 25 ans, avec un rendement supposé de 10 %, votre capital vaudra environ 140 000 € lorsque vous en aurez 60. Si vous attendez d’avoir 45 ans, vous devrez investir plus de 33 000 $ (6 fois plus) pour obtenir la même somme à 60 ans.

5- Le meilleur investissement ne coûte rien : Pour avoir le sentiment d’une vie riche et satisfaisante, les gens heureux n’hésitent pas à donner. Ce qu’ils ont de précieux, de l’argent ou du temps. Que ce soit du bénévolat, un simple coup de main, une oreille attentive aux autres.

Et pour suivre, notamment, ce dernier conseil avisé, pas besoin d’attendre la retraite !

AB

Copyright : Kenski1970 sur Flickr

Réforme des retraites : travailler plus… ou pointer plus !

Vendredi 19 août 2011

8720 chômeurs âgés vont devoir prolonger leur inscription à Pôle Emploi au lieu de partir à la retraite.

C’est le premier effet de la réforme entrée en vigueur au 1er juillet dernier, reculant notamment l’âge légal de départ. Cette information des Echos est reprise par la plupart des médias cette semaine.

Mais plus grave et aberrant, une part d’entre eux vont carrément épuiser leurs droits à indemnisation, selon l’Unedic. Trop vieux pour retrouver un dernier travail et trop jeunes pour partir à la retraite comme nous l’évoquions déjà, en juin, sur le blog retraite dans l’article « Qui sont les oubliés de la réforme des retraites ? ».

Les chiffres exacts ne seront connus que “début 2012″ mais cette étude réclamée par les syndicats de l’assurance chômage, extrapolant sur la base de données 2010, estime déjà que près de 1500 personnes vont devoir se contenter de 461€ par mois de l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique), le minima social des chômeurs en fin de droits, avant de prétendre légitimement à leur pension retraite.

27000 victimes de la réforme en 2012

Une situation née de la suppression de l’AER (l’Allocation Equivalent Retraite) depuis le 1er janvier dernier, dont quelque 30 000 personnes auraient pu encore bénéficier cette année. Cette prestation financée par l’Etat, qui garantissait une allocation de près de 1.000 euros -le double des minima sociaux- avait pourtant été créée en 2002.

Ce pour permettre justement aux demandeurs d’emploi qui ont tous leurs trimestres mais pas encore l’âge de partir à la retraite, d’attendre sereinement de faire valoir leur droit. Mais l’AER était déjà en sursis car elle devait initialement être supprimée en 2009. C’est la pression des syndicats et de l’Association de défense contre la suppression de l’AER qui avait permis de gagner deux années supplémentaires.

Le quotidien économique prédit, « L’Unedic ne chiffre pas l’impact qu’aura le nouveau relèvement de l’âge légal de la retraite de quatre mois au 1 er janvier 2012, ni les étapes suivantes. Mais la CNAV a évalué à 40 % la part des personnes devant partir à la retraite l’an prochain qui seront touchées par la réforme contre 13 % cette année. Si le nombre de chômeurs concernés suivait la même tendance, le nombre de victimes de la réforme pourrait monter à 27.000 en 2012, dont 4.500 sans indemnisation. »

Si la patience est la sagesse de ceux qui en ont le temps, pour la retraite, encore faut-il aussi en avoir les moyens !

AB

Allongement de la durée de cotisation retraite : “ce n’est qu’un début”, Marc Horwitz

Mercredi 17 août 2011

La durée de cotisation va-t-elle encore s’allonger ? La retraite par répartition va-t-elle disparaître ? Aurons-nous de quoi vivre à la retraite ? Tant de questions que nous sommes amenés à nous poser et partager en famille ou entre amis pendant ces vacances suite à l’entrée en vigueur de la réforme des retraites au début de l’été.

Alors autant interroger un expert, Marc Horwitz, spécialiste des questions sur la protection sociale pour le magazine Que Choisir et auteur de « L’avenir des retraites – 25 questions décisives » paru chez Armand Colin.

Comment analysez-vous la décision d’allonger la durée de cotisation ?

Marc Horwitz – Audio 1

Marc Horwitz – Pour moi, ce n’est vraiment qu’un début. Si la logique de la loi Fillon de 2003 continue, on va avoir, à peu près, tous les 3 ans un réajustement de la durée de cotisation. Le vrai soucis est : que fait-on pour que les gens puissent cotiser ?

Il n’y a pas de boulot. Les gens sont « foutus » à la porte dans les grandes entreprises. A partir de 45 ans on considère qu’ils sont nuls ! Et dans l’administration à 65 ans on leur dit « au revoir Monsieur, on n’a plus besoin de vous, revenez comme contractuel ça nous coûtera moins cher. »

Le niveau des retraites en France n’est quand même pas élevé. Parce que la plupart des gens n’ont pas tout à fait, ce qu’on appelle, le taux plein qui est en fait 55% du plafond de la Sécurité Sociale. On est à 45% de moyenne et on va descendre à 40% dans les années qui viennent car les gens ne cotisent plus au plafond. Il y a tellement de gens qui ont eu des emplois avec des hauts et des bas ! Donc si on n’arrive pas à trouver du boulot pour les seniors, toutes les mesures qui peuvent être prises c’est une diminution du pouvoir d’achat des retraités.

Notre système de retraite par répartition sera-t-il vraiment maintenu ?

Marc Horwitz – Audio 2

MH – Je crois qu’il faut rassurer les gens. Effectivement, comme c’est du salaire différé, c’est à dire que les gens qui ont un salaire mettent de côté une partie de ce salaire pour avoir une retraite, la répartition ne posera pas de problème.

Elle sera plus ou moins élevée mais il y aura toujours assez d’argent pour qu’une partie des nouvelles générations payent pour les générations qui partent à la retraite.

Bien évidemment plus les nouvelles générations partent tard, plus c’est facile.

Mais ce que je viens de dire n’est exact qu’à une condition, que les seniors aient des salaires, qu’ils travaillent.

Or, ce qui est certain, c’est qu’on doit avoir 70% des gens de 60 ans et plus qui ne sont pas actifs, qui ne reçoivent plus un salaire. Ceux-là perçoivent soit une pension, soit des allocations chômage, soit , éventuellement, ils sont en incapacité de travail et ils ont des allocations de la Sécurité Sociale. Le problème de la répartition c’est celui-là !

3- Comment bien préparer sa retraite ?

Marc Horwitz – Audio 3

MH – Le meilleur conseil est de cotiser le plus tôt possible sur des plans qui permettent d’avoir, à 65 ans, une petite partie de ses revenus qui viennent de ces plans là. Ce sont les plans d’épargne retraite ou les plans d’épargne retraite d’entreprise. Si vous prenez ça, c’est déjà une base.

AB

Retraite : coup de pouce pour les jeunes au chômage

Jeudi 11 août 2011

Alors que la suppression du départ à la retraite à 60 ans et l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans pour une pension à taux plein ont fait grand bruit au début de l’été, la meilleure prise en compte du chômage non indemnisé des jeunes passe un peu inaperçue ces derniers jours.

Pourtant, c’était « l’une des mesures de solidarité promises l’an dernier par le gouvernement pour tenter de mieux faire passer la réforme des retraites », rappelle Les Echos.

Car, d’une manière générale, le chômage est bien pris en compte dans le calcul de la retraite, même si on ne le sait pas forcément comme en témoigne ce micro trottoir vidéo :

Les périodes de chômage, indemnisé ou non, peuvent donc donner lieu à la validation de trimestres d’assurance vieillesse pour la retraite de base versée par la Sécurité sociale. Des points de retraite complémentaire ARRCO et AGIRC (pour les cadres) peuvent également être attribués selon des règles détaillées sur le site du Ministère du travail, de l’emploi et de la santé.

18 mois au lieu d’un an

Un décret publié au Journal officiel du jeudi 4 août 2011 allonge donc à 6 trimestres la 1ère période de chômage non-indemnisée (postérieure au 31 décembre 2010) pouvant être validée pour le calcul des droits à la retraite.

Concrètement cela signifie que désormais, si pour la 1ère fois de votre carrière vous êtes au chômage sans percevoir d’indemnités, vous ne serez pas pénalisés pendant 18 mois maximum (au lieu d’un an) pour votre retraite et on vous validera, même si vous ne cotisez pas, jusqu’à 6 trimestres (au lieu de 4).

Il est vrai que cette mesure ne concerne que 6000 personnes par an sur les 800 000 nouveaux retraités chaque année. Une situation rare pour ces générations qui ont moins connu une longue période de chômage en début de carrière. En revanche, c’est un geste appréciable pour les jeunes générations explique Les Echos :

« La part des jeunes sortis de formation initiale sans diplôme est de 17%, et 31% de ces mêmes jeunes sont au chômage au cours des premiers mois de leur vie active » soulignait l’an dernier le rapporteur UMP de la loi, Denis Jacquat.”

Une mesure louable donc que ce coup de pouce, demain, pour la retraite des jeunes, même si l’on préfèrerait un vrai coup de main, aujourd’hui, pour leur emploi !

AB

Retraites : une histoire de confiance

Vendredi 5 août 2011

Quelle actualité teintée d’ironie cette semaine ! Alors que les retraités américains poussent un ouf de soulagement et pourront continuer à toucher leur pension grâce au relèvement du plafond de la dette des USA, un pauvre retraité français s’est fait voler, lui, toute une vie d’économies !

Un problème de confiance

Quel rapport me direz-vous, si ce n’est le même statut de retraité ? Quel peut bien être le point commun à ces deux informations ? La confiance, bien sûr.

D’un côté, la confiance retrouvée d’une population envers son pays pour lui garantir un revenu en fin de vie et de l’autre la confiance perdue d’un client vis-à-vis de sa banque pour lui garantir à vie ses économies. C’est la crise des banques et des subprimes en général qui a poussé ce pauvre militaire à la retraite, domicilié à Niort (79), à « retirer ses 110.000€ d’économie de la banque, afin de les garder chez lui, bien cachés sous une couverture », relate RTL.

Hélas pour lui, il a commis l’imprudence d’en parler à une amie, qui elle-même a ébruité l’information. Au final, l’homme s’est fait dépouillé par un couple d’escrocs qui a quasiment tout dépensé avant d’être arrêté ces derniers jours.

Ce fait divers peut nous faire sourire. Pourtant c’est, à l’origine, cette même crise bancaire, cette même crise de confiance en l’avenir pour leur retraite, que les seniors américains ont appris à prendre véritablement au sérieux.

Une retraite américaine

Sans cet accord obtenu in extremis par Barack Obama, les Etats-Unis seraient en faillite. Autrement dit tous les retraités américains auraient toujours pu attendre en vain leur chèque. Mais en relevant le plafond de la dette des USA, qui se monte pourtant déjà à plus de 14 milliards de dollars, le pays peut continuer à payer les pensions de la plupart de ses retraités, quitte à creuser un peu plus son déficit.

Mais pour combien de temps ?

Car les américains sont gourmands dans tous les sens du terme !

Savez-vous qu’ils ont besoin de 6.600 milliards de dollars pour maintenir leur niveau de vie pendant leur retraite ! C’est la conclusion édifiante d’une étude universitaire rapportée il y a moins d’un an par le site du Nouvel Obs.

« Les Américains ne sont pas prêts financièrement à s’arrêter de travailler. En effet, beaucoup de ménages n’ont pas de véritable plan de retraite du tout. La famille américaine moyenne n’a pas mis assez de côté », s’inquiétait de son côté l’agence d’évaluation financière Standard and Poor’s.

Pour cette agence, la seule solution devrait être de continuer à travailler au-delà de 65 ans, ce que font déjà près de 17% des Américains de cette classe d’âge.

Pire, certains doivent se remettre à travailler alors même qu’ils étaient déjà à la retraite car ils ne touchent plus de pension. En effet pour certaines caisses de retraite, le relèvement du plafond de la dette du pays n’y changera rien, elles sont de toute façon à sec comme nous l’apprenait France 2 il y a 15 jours dans son JT de 20h.

Alors posez vous la question. A qui faire confiance pour être prêt financièrement à s’arrêter de travailler un jour ? Votre banque, votre pays ? Qui d’une banque ou d’un Etat a le plus de probabilité demain de faire faillite ?

Avoir la réponse serait présomptueux. En revanche répartir les risques est bien plus sage en songeant à d’autres sources de revenus que celles des caisses de retraite. Bref il ne faut pas mettre tous les œufs dans le même panier. Surtout s’il s’avère un jour percé ou volé !

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