Archive pour juillet 2011

Plus vite, plus haut, plus fort… plus vieux !

Jeudi 28 juillet 2011

Préparer financièrement sa retraite c’est bien. Etre préparé physiquement pour en profiter vraiment, c’est mieux !

C’est le rebondissement sur l’identité de la véritable nouvelle doyenne des Français qui m’a inspiré cette réflexion. Une réunionnaise, Maria Diaz, âgée de 113 ans, vient de détrôner Marcelle Narbonne, d’un mois sa cadette, sacrée un peu trop vite lundi dernier. En attendant, qui sait, qu’une nouvelle prétendante se manifeste encore dans les jours qui viennent. Le record absolu de longévité étant toujours détenu par Jeanne Calment, doyenne de l’humanité.

Quand on pense que ces dames ont passé plus de temps à la retraite qu’en activité professionnelle ! Mieux vaut se porter comme un charme car les maisons de retraite ne sont pas données comme l’indiquait l’été dernier l’observatoire KPMG.

Le cabinet de services pluridisciplinaires révélait que le prix de journée en 2008 s’établissait en moyenne, pour une journée hébergement, à 49,23 euros par jour et par résident contre 45,63 euros en 2007. Soit une hausse de près de 10% en un an seulement ! De plus, ce prix varie de 36 euros à 98,64 euros en fonction du type d’établissement. Par ailleurs l’étude précise aussi que le résident contribue à hauteur de 63% du paiement de la journée s’il ne bénéficie pas de l’aide sociale. Imaginez alors ce que vous coûteront, comme nos chères, très chères doyennes, plus de 20 ans passés en maison de retraite !

Car il pourrait bien en être de même pour nous. Le Monde se faisait l’écho récemment d’une étude de l’INED (Institut National des Etudes Démographiques) retraçant les progrès accomplis grâce aux bonds en avant médicaux pour essayer de définir ce qui pourrait permettre de repousser encore les limites de la vie humaine.

« 27 ans pour les hommes et 28 pour les femmes en 1750, 78 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes aujourd’hui, presqu’assurément centenaires demain… »


L’activité physique augmente l’espérance de vie

Autant dire qu’à l’avenir, « mourir sur scène » ne sera plus qu’un vœu pieux même pour les plus romantiques d’entre nous.

Sauf qu’en attendant de dénicher la fontaine de Jouvence, il faut faire en sorte de rester en bonne santé le plus longtemps possible. Et pour cela, pas de secret, il faut bouger ! Au moins 30 minutes par jour selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), rapporte le site 50etplus.fr.

Mais l’activité physique augmente-t-elle réellement l’espérance de vie ? Oui, selon ce site dédié aux seniors qui s’appuie, en outre, sur une étude menée auprès de 3 041 anciens combattants américains âgés de 70 à 92 ans suivis pendant une vingtaine d’années.

Résultat : non seulement l’activité physique est bonne pour la santé, mais elle permet également d’augmenter l’espérance de vie lorsqu’elle est régulière, même pratiquée à un âge avancé, et même faible.

« Les chercheurs ayant abouti à ces résultats recommandent d’après leurs observations, de marcher vigoureusement, idéalement 20 à 40 minutes par jour, plusieurs jours par semaine. »


Les disciplines d’endurance doivent être privilégiées

« L’âge n’est pas une raison pour arrêter d’entretenir sa forme », confirme le site info-senior.com qui donne un éventail d’activités sportives que l’on peut, que dis-je, que l’on doit pratiquer après 50 ans. Quitte à joindre l’utile à l’agréable si le simple fait de marcher comme activité physique ne vous emballe pas plus que ça.

Avant toute chose, une visite chez son médecin traitant s’impose.

Ensuite, de la randonnée au tir à l’arc, en passant par la natation et l’aquagym, le vélo ou le ski sans oublier le yoga et ses dérivés, la liste des sports qui se pratiquent sans danger est longue, permettant aux muscles et aux articulations de continuer à travailler en douceur. Aussi bénéfiques pour le cœur que pour le moral et pour longtemps.

Plus vite, plus haut, plus fort… plus vieux !

C’est tout le mal qu’il faut donc se donner pour avoir la chance de vieillir mieux.

AB

Crédits photos : didier.goas sur Flickr

166 trimestres de cotisation ? Et pourtant l’assurance retraite est contre !

Vendredi 22 juillet 2011

Alors que tous les regards sont tournés cette semaine vers l’Espagne qui vient de reculer l’âge de départ à la retraite à 67 ans pour une durée de cotisation de 37 ans (seulement), le conseil d’administration de la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des salariés) s’est opposé, dans le plus grand silence médiatique, à la hausse plus rapide que prévu de la durée de cotisation en France à… 41,5 ans !

Cette information franco-française est en effet passée quasiment inaperçue avant-hier. Ignorée des grands médias et simplement reprise en bref par les revues économiques Challenges et les Echos sur leur site internet.

Même les politiques pourtant si prompts depuis quelques temps, en vue de la présidentielle, à faire feu de tout bois, n’ont pas daigné reprendre et commenter cette actualité.

Pourquoi ?

Parce que l’affaire est déjà entendue par tous et de tout bord, depuis le début de l’été, et même depuis la loi Fillon de 2003 portant sur la réforme des retraites comme je l’ai déjà évoqué sur ce blog dans le post « Retraites : travailler plus pour gagner… autant ou presque ! ». Il faudra bien se faire à l’idée d’accumuler 166 et non plus 165 trimestres pour obtenir une retraite à taux plein pour la génération 1955.

Et pourtant !

Pourtant ce vote défavorable a été serré. 1 seule voix a fait pencher la balance. 14 voix contre, 13 pour l’allongement de la durée de cotisation. Une toute petite voix sur les 30 que compte le conseil d’administration de l’assurance retraite : 13 représentants des syndicats (à priori contre), 13 représentants du patronat (à priori pour), 3 spécialistes de la Cnav et 1 seul représentant des retraités (plouf plouf).

Pourtant la Cnav est la branche retraite de la Sécurité Sociale. Comme elle le rappelle sur son site internet, lassuranceretraite.fr, sur 10 français, 9 y ont cotisé, y cotisent ou y cotiseront. En tant que caisse nationale, c’est tout de même cet établissement public à caractère administratif qui est censé définir les orientations de la branche retraite. Et en Ile-de-France, elle gère directement la retraite du régime général en assurant la tenue des comptes des cotisants, le calcul et le paiement des retraites et des prestations d’action sociale.

Bref l’assurance retraite semble la mieux placée pour savoir s’il est nécessaire ou non pour la génération 1955 de cotiser un trimestre de plus !

Mais voilà, comme tout établissement public, la CNAV doit se soumettre à la loi et aux règlements, ce n’est pas un contrepouvoir. Juste un organisme paritaire dont l’avis n’est en effet que consultatif. Et qui « n’altère en rien la volonté du gouvernement de publier rapidement le décret », comme l’a indiqué le ministère du Travail. Et sans aucun doute dans le plus grand silence médiatique et politique une nouvelle fois.

Cotisez, cotisez, il en restera toujours quelque chose… ou pas !

AB

Crédits photos : ♀Μøỳαл_Bгεлл♂ sur Flickr

Marc Fiorentino : « Moi j’ai 51 ans, je suis à peu près certain que je n’aurai pas de retraite »

Lundi 18 juillet 2011

C’est la déclaration choc de ce spécialiste de l’économie et de la finance, auteur de Sauvez votre argent ! Mon régime santé pour vos économies, de Marc Fiorentino aux éditions Robert Laffont, livre du mois de la librairie TV4Finance.

Une vidéo mise en ligne récemment sur la Web TV de la finance vue par les femmes et dans laquelle Marc Fiorentino, éditorialiste sur BFM et dans La Tribune, se montre une nouvelle fois pessimiste quant à la capacité des Etats à surmonter la crise et éviter la faillite.

Alors que ces jours-ci, la contagion de la crise de la dette des pays de l’Union Européenne semble s’étendre et que les USA sont également dos au mur, ce livre que les blogs BforBank vous présentaient déjà lors de sa parution, semble être à nouveau d’actualité.

Il faut dire que cet ancien dirigeant de banques d’affaires américaines – même si on peut lui reprocher une vision un peu trop apocalyptique des choses – est, malgré tout un des rares à ne pas pratiquer la langue de bois au sujet de la crise. Il s’est toujours montré inquiet quant à l’avenir de nos économies en général et des retraites en particulier.

Marc Fiorentino a donc souhaité, à travers son guide, expliquer la finance de façon simple et claire à tous ceux qui pensent n’y rien pouvoir comprendre. Il y donne aussi des conseils avisés pour placer son argent : de 10 000 euros à 1 million d’euros.

Depuis la crise tout a changé

En résumé, votre argent est en danger, selon lui.

« La gestion en bon père de famille n’est plus possible, depuis la crise tout a changé. »

Pourquoi cela a changé ?

  • La finance est au service de la finance, pas de l’économie.
  • La globalisation augmente l’ampleur des crises.
  • La rapidité avec laquelle l’information circule fait que n’importe quelle opinion est diffusée dans le monde entier.
  • Le monde est dirigé par une trentaine de financiers.
  • Les politiques ne comprennent rien à ce qui se passe.
  • Les états ne sont pas gérés, ils dépensent sans compter.
  • La Chine veut devenir numéro un sans respecter les règles.
  • La nature humaine contient les germes des crises : appât du gain et panique.

Nos 4 vérités

Marc Fiorentino consacre la 1ère partie de son livre à nous dire nos 4 vérités :

  • « Vous êtes le pigeon de service : vos conseillers ne cherchent pas votre intérêt mais ils cherchent à placer le produit du mois. Ne venez plus vous plaindre d’avoir payé des frais.
  • Vous croyez encore au père noël : vous cherchez des [placements ultra-performants] « sans risque » [...] Cela n’existe pas.
  • Vous ne pouvez plus avoir de certitude : votre entreprise, votre banque ou le pays peut faire faillite.
  • Vous êtes manipulé : un jour on vous raconte que le pétrole explose, le lendemain c’est l’or. Une information chasse l’autre. Ne les écoutez pas. »

Les autres parties du livre sont une véritable ordonnance de remèdes pour nos économies avec 8 commandements pour faire les bons choix et un régime pour faire grossir votre argent.

Alors si pour vous aussi les vacances d’été sont enfin l’occasion de prendre le temps de lire à tête reposée autre chose que des journaux et des magazines, vu le contexte, il est peut-être temps de vous plonger dans ce livre : Sauvez votre argent ! Mon régime santé pour vos économies, de Marc Fiorentino aux éditions Robert Laffont.

Réforme des retraites et rachat de trimestres : remboursez !

Mercredi 13 juillet 2011

Suite à la « double peine » de la réforme des retraites, le recul de l’âge de départ et le nouvel allongement de la durée de cotisation, qu’en est-il désormais du rachat de trimestres de cotisation ? Pour rappel, cela est possible depuis la loi Fillon de 2003 pour pouvoir avancer son départ ou/et bénéficier du taux plein.

En effet, a-t-on vraiment intérêt, malgré un avantage fiscal, à racheter aujourd’hui des trimestres dont le nombre, pour une retraite sans décote, risque d’augmenter de façon imprévisible demain ?

A la lecture de la Revue Fiduciaire, la réponse est clairement non !

Des rachats sans intérêts

Le site de la revue spécialisée nous apprend en effet que ceux ayant déjà racheté des trimestres peuvent finalement demander à l’administration de se les faire rembourser puisque « certains de ces rachats ne présentent, en définitive, pas d’intérêt. »

« Les assurés nés à compter du 1er juillet 1951, qu’ils soient ou non résidents de France, et qui n’ont pas fait valoir leur droit à la retraite peuvent demander le remboursement des cotisations qu’ils ont versées, avant le 13 juillet 2010, auprès des régimes obligatoires d’assurance vieillesse au titre de tout ou partie des rachats de trimestres pour années d’études ou années incomplètes (dits « rachats Fillon » en application de la loi portant réforme des retraites du 21 août 2003) »

Quel paradoxe ! La réforme des retraites, d’un côté, vous autorise dès l’âge de 20 ans à racheter jusqu’à 12 trimestres de cotisation manquants. Et de l’autre côté, elle permet donc aussi « mécaniquement » aux pouvoirs publics, comme nous venons de le découvrir amèrement, d’allonger ces fameux trimestres nécessaires et reculer l’âge légal. Autant courir après un rêve !

Un effort  financier sans effet

Pour illustrer le fait que racheter des trimestres de la Sécu ne permet pas toujours d’éviter l’amputation de sa pension de retraite, Capital.fr a fait le calcul. Le site économique a pris l’exemple d’un(e) assuré(e) né(e) en 1953 qui totalise à l’âge légal de son départ en retraite, c’est-à-dire à 61 ans désormais, 130 trimestres au lieu des 165 exigés. Il lui manque donc 35 trimestres, soit un peu moins de 9 ans. Mais par rapport à l’âge théorique du taux plein, il lui manque 20 trimestres (66 ans – 61 ans X 4 = 20). Sa décote sera donc calculée sur le plus petit de ces deux nombres : 20.

Si cet assuré rachète 12 trimestres, soit le maximum autorisé, il totalisera alors 142 trimestres (130 + 12). Dans ce cas, il lui manquera encore 23 trimestres pour prétendre au taux plein. La décote sera donc encore calculée sur la base du plus petit nombre entre 23 (165-142) et 20, soit à nouveau 20 trimestres. Le rachat n’aura donc aucun impact sur le taux de liquidation de la pension.

Et pas mieux pour les autres régimes (Agirc tranche C, CAVEC – expert-comptable, CARMF – médecin, …), où la décote est calculée uniquement par rapport à l’âge de départ à la retraite.

Combien ça coûte ? Il suffit de consulter le barème 2011 de la sécurité sociale. Dans l’exemple qui nous intéresse, à 58 ans, il faut débourser, en fonction de votre revenu, entre 2953€ et 5835€.

Et même si cela coûte moins cher de faire cette opération plus jeune, il ne faut pas se précipiter car l’opération est normalement définitive.

Conclusion, si cet effort financier reste sans effet aujourd’hui, imaginez demain avec des règles qui se durcissent !

Peut-être sera-t-il plus judicieux alors d’investir ses économies autrement en attendant l’âge de la retraite en faisant davantage confiance à d’autres sources de revenus complémentaires.

En tout cas si la question se pose, avec l’annonce surprise d’un nouvel allongement de la durée de cotisation et le remboursement possible des rachats de trimestres, plus que jamais le calcul s’impose !

AB

Pour compléter : consulter par exemple le calculateur retraite de BforBank.

Retraites : travailler plus pour gagner… autant ou presque !

Jeudi 7 juillet 2011

Sans surprise, le Conseil d’orientation des retraites (COR) l’a donc confirmé hier : pour les personnes nées en 1955, il est nécessaire de cotiser un trimestre de plus que les générations précédentes pour prétendre à une retraite à taux plein, soit 166 trimestres.

Xavier Bertrand, le ministre du travail avait déjà vendu la mèche en début de semaine sur Europe 1 et va, désormais, prendre rapidement un décret pour entériner cette décision d’allonger la durée de cotisation à 41,5 années.

Cette annonce, qui intervient moins d’une semaine seulement après la fin officielle de la retraite à 60 ans, a évidemment déclenché une avalanche de critiques ces dernières 48 heures dans la classe politique et syndicale fustigeant cette “double peine” infligée aux salariés.

” Mauvaise nouvelle, bonne nouvelle ”

Il fallait pourtant bien s’y attendre comme l’a justement rappelé L’Express.fr. « Le gouvernement avait déjà évoqué l’an dernier le passage à 41,5 ans, mais seulement à l’horizon 2020 (à partir de la génération 1958). Mais c’est l’application stricte d’un mécanisme prévu dans la loi Fillon de 2003 qui aboutit à accélérer ce calendrier. »

Selon la réforme des retraites, en effet, la durée de cotisation doit évoluer en fonction de l’espérance de vie à la retraite, afin de maintenir constant le ratio qui prévalait en 2003 entre durée d’assurance et durée de retraite. Or il s’avère qu’elle s’allonge plus vite que prévu !

« Mauvaise nouvelle, bonne nouvelle » ironise donc Les Echos, rappelant qu’en « 1981, à 60 ans, un Français avait la chance d’avoir encore vingt ans à vivre devant lui. En 1998, 22,4 ans. Aujourd’hui, les derniers chiffres connus situent cette « espérance » à 24,4 ans. C’est mieux que prévu en 2003. Qui oserait, de bonne foi, s’en plaindre ? »

Hélas, j’ai envie de répondre : « celles et ceux qui arriveront encore moins à cotiser pendant 166 trimestres »

A commencer par la génération 1955 dont il est question car le site de l’Expansion, notamment, nous alertait déjà en début d’année sur l’envolée du chômage des seniors sous l’effet de la crise. Le nombre des plus de 50 ans en recherche d’emploi a en effet progressé de 73 000 en 2010 pour atteindre 523 000 personnes, soit un bond de plus de 16%. Or une fois au chômage, la plupart peine à en sortir. Et, de ce fait, à cotiser suffisamment longtemps.

Une réforme sans fin

Dans ce cas là, comment voulez-vous pouvoir toucher une retraite à taux plein ?

D’autant plus que rien n’empêche un nouvel allongement décrété en 2012 pour la génération 1956, si l’espérance de vie continue de progresser. Il faut s’attendre à ce que cette durée de cotisation atteigne 42 ans pour les personnes nées en 1960, avance d’ailleurs Henri Sterdyniak, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), interrogé par le quotidien La Croix

Bref, il me semble qu’allonger la durée de cotisation rend un peu plus incertain la possibilité de partir en retraite à taux plein. Et davantage encore pour les jeunes aujourd’hui qui font des études plus longues et entrent de plus en plus tard sur le marché du travail.

Cette décision est surtout, à mon humble avis, la preuve d’une réforme sans fin et une incitation, volontaire ou non, à s’intéresser à d’autres sources de revenus complémentaires pour sa retraite. Car comme s’en félicite Les Echos, « l’an dernier, l’OCDE a montré que nous profitons de notre retraite six ans de plus en moyenne que dans les autres grands pays. »

Mais si c’est 6 ans de plus en se serrant la ceinture, non merci !

Le pêcheur de la fable de La Fontaine l’a appris à ses dépens : « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ».

AB

Réforme des retraites : et les complémentaires ?

Mardi 5 juillet 2011

Entrée en vigueur vendredi dernier, la réforme des retraites a entraîné aussi des évolutions pour les retraites complémentaires. L’occasion pour le site votreargent.fr de faire le point.

3 mois de retard, pour commencer, dans la revalorisation des pensions. Il a en effet fallu attendre ce fameux 1er juillet 2011, à défaut du mois d’avril d’ordinaire, pour que les retraités voient enfin leur pension augmenter de quelques dizaines d’euros comme chaque année (2,11% pour le régime Arrco et de 0,41% pour l’Agirc).

Autre changement mais pour mieux : le versement mensuel des pensions, contre chaque trimestre aujourd’hui, qui devrait intervenir au plus tard en 2014. Patience !

Mais il me semble que la principale conséquence de la réforme sur les retraites complémentaires soit en effet l’âge de départ. Le même que pour le régime de base. C’est à dire qu’à partir de 2018, il sera possible de toucher sa retraite complémentaire uniquement à partir de 62 ans pour les personnes nées en 1956 et après.

Seule consolation, il sera encore possible, comme avant et jusqu’en 2018, de toucher sa complémentaire “plein pot” dès qu’on dispose de tous ses trimestres au régime de base.

Un déficit global de plus de 350 millions d’euros

Et après ? Qui vivra verra ! Car la réforme des retraites ne « garantit l’équilibre que jusqu’en 2020 ou 2021. », comme je l’avais déjà évoqué sur ce blog dans l’article « La vie commence à 60 ans… mais plus la retraite ».

” Le rapport cotisants/retraités continuera à se dégrader et il sera probablement nécessaire de repousser encore le moment de la retraite.”

Et les régimes complémentaires ne dérogent pas à cette règle démographique qui « plombe » le régime de base. Le Monde.fr s’est récemment fait l’écho, d’ailleurs, de la présentation des résultats des régimes Agirc-Arrco pour 2010.

Total : un déficit global de plus de 350 millions d’euros !

Voilà pourquoi les régimes complémentaires sont logés à la même enseigne que le régime de base avec la réforme des retraites.

Les règles de réversion épargnées

Les retraites complémentaires seront donc liquidées selon les mêmes conditions d’âge et de durée d’activité que celles des régimes de base, comme l’indique le site des retraites complémentaires des salariés, cadres et assimilés, www.agirc-arrco.fr.

L’accord a aussi revu à la baisse les majorations de pension pour les familles nombreuses à l’Agirc et introduit un plafond de 1 000 euros par an pour ces majorations dans les deux régimes. Un coup de massue pour les cadres comme dit déjà sur ce blog précédemment. A ce propos, le site du Monde annonce que « l’association L’Union des familles en Europe (…) va saisir le tribunal de grande instance de Paris, et le cas échéant le Conseil d’Etat, pour faire annuler cette disposition, jugée inéquitable et juridiquement infondée »

Enfin, seules rescapées de tous ces changements, les règles de réversion. Le mariage a donc encore de beaux jours devant lui ! Mais jusqu’à quand ?

D’autant plus que l’accord prévoit de stabiliser les rendements des régimes de 2013 à 2015 seulement. Autrement dit, un euro cotisé rapportera jusqu’à cette date le même montant de retraite. Mais après ? Seul l’avenir nous le dira.

Raison de plus de s’intéresser dès aujourd’hui à d’autres sources de revenus “complémentaires” que les seuls régimes de retraites, finalement si fragiles financièrement.


AB

Ma retraite mode d’emploi : suivez le guide…

Vendredi 1 juillet 2011

119 pages. C’est bien l’aveu, je trouve, d’un système de retraite français bien complexe mais aussi, heureusement, l’assurance d’un guide complet pour enfin s’y retrouver à partir de ce fameux vendredi 1er juillet 2011, date de l’entrée en vigueur de cette réforme tant débattue. C’est le guide pour comprendre et préparer sa retraite disponible en ligne sur le site www.retraites.gouv.fr.

Au fil des pages de ce document très didactique on en découvre, des régimes. Une sacrée variété même ! Pour les salariés du secteur privé, les salariés du secteur public, les fonctionnaires, les professions libérales, les artisans, les commerçants, les agriculteurs non salariés…

Il existe également des régimes dits “spéciaux”, qui permettent de prendre en compte la diversité des situations et des groupes professionnels. Seuls les régimes spéciaux autres que ceux des fonctions publiques ne sont pas traités dans ce guide car à priori une information appropriée sera diffusée par ces régimes auprès de leurs assurés.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Vous n’êtes pas au bout de vos surprises puisqu’il faut savoir que ces régimes sont gérés par 35 organismes de retraite, auxquels sont obligatoirement rattachées toutes les personnes qui exercent une activité professionnelle. Certains organismes gèrent à la fois la retraite de base et la retraite complémentaire, d’autres ne gèrent que l’un ou l’autre des deux étages de la retraite. Presqu’autant de situations différentes que de candidats au départ !

Néanmoins, ce guide a le mérite de répondre aux principales questions que se pose tout futur retraité :

  • quand partir à la retraite ?
  • Comment calculer sa durée d’assurance ?
  • Comment calculer sa retraite ?
  • Quelles sont les démarches à accomplir pour faire valoir ses droits à la retraite ?

Mais le mieux, soyons francs, est de prendre contact avec votre caisse de retraite. De vous adresser à une vraie personne, spécialiste de ces questions pour avoir des réponses concrètes qui vous éviteront bien des tracas. Le site www.retraites.gouv.fr vous permet d’ailleurs de découvrir et contacter le ou les organismes qui vous concernent pour savoir d’ores et déjà combien vous toucherez, à peu près, le jour J.

Du mal à se préparer et à épargner

Car tôt ou tard votre pension de retraite sera une réalité et mieux vaut s’y intéresser trop tôt que trop tard. D’autant plus que les français ont apparemment des difficultés à faire face aux réalités de la retraite. C’est en tout cas ce qui ressort d’une enquête menée par The Futures Company pour le compte de l’assureur Aviva il y a quelques mois.

« Les actifs ont en effet du mal à se préparer et à épargner afin d’assurer un niveau de vie suffisant durant la retraite. »

Notamment les 18-35 ans, peu sensibilisés et peu prévoyants sur le long terme. Alors même que « les préoccupations actuelles sur le financement de la retraite en Europe ont suscité une certaine prise de conscience de la part des jeunes ». Pour autant ces jeunes ne font rien pour épargner en vue de leur retraite.

Or cette compagnie d’assurance estime, dans son analyse, que le déficit des retraites va se creuser et que « si les cotisations des retraites n’augmentent pas, alors la majorité des personnes sera contrainte de réduire considérablement leur niveau de vie. »

« De fait, les pré-retraités qui n’ont pas eu le temps ou la possibilité d’épargner pour consolider leurs retraites vont devoir travailler plus longtemps ou accepter une retraite beaucoup plus faible que prévue. Pour les plus jeunes la situation est gérable, s’ils commencent à épargner dès à présent et si la courbe démographique reste bien orientée. ». Mais avec des si…

AB

Pour prolonger : relire par exemple l’article “Assurance-vie : comment compléter sa retraite ?