Archive pour juin 2011

Retraites anticipées : allo maman tayaut !

Mercredi 29 juin 2011

C’est le moment où jamais pour ces mamans qui ont la particularité d’avoir trois enfants ou plus et d’être fonctionnaires. Derniers jours pour profiter de leur droit à un départ anticipé à la retraite avant épuisement de ce privilège qui disparaît à compter de vendredi. Une information révélée par Les Echos alors que la réforme des retraites entre en vigueur ce 1er juillet.

Jusqu’ici ces mères de famille nombreuse (ou ces pères même s’ils sont plus rares) ayant travaillé 15 ans dans la fonction publique ou l’armée pouvaient prendre leur retraite à tout âge à des conditions financières très avantageuses. C’est à dire que le calcul de leur pension était basé sur le nombre d’annuités cotisées, divisé par 37,5 ans seulement. Désormais le calcul sera rapporté à 41,25 annuités et surtout avec une décote pour toutes les années manquantes.

2 fois plus nombreuses à partir à la retraite

Autant dire que dans ces conditions l’afflux de départs à la retraite était attendu. Il s’avère même « plus important encore qu’imaginé » selon le quotidien économique. Elles seraient en effet 2 fois plus nombreuses que les années précédentes à sauter sur l’occasion.

L’essentiel des demandes émane de l’Education Nationale, des profs, mais les infirmières seront nombreuses aussi à faire valoir leur droit en voie d’extinction à un départ anticipé. « Vu les conditions de travail et le climat social à l’hôpital, les infirmières qui peuvent retrouver un poste en clinique ou se faire réembaucher à l’hôpital en contractuelle n’ont pas hésité », confie un proche du dossier dans les colonnes journal.

Encore fallait-il déposer son dossier avant le 1er janvier dernier pour un départ au plus tard ce vendredi et ainsi bénéficier de la règle de calcul antérieure à la réforme (source : www.fonction-publique.gouv.fr). Excepté pour les fonctionnaires qui ont déjà soufflé 55 bougies fin 2010, pour qui le dispositif demeure.

Sinon pour les mamans qui auront atteint les 15 ans et 3 enfants avant la fin de cette année, les conditions financières seront déjà moins avantageuses dès vendredi. Et dès 2012 ce privilège ne sera donc plus qu’un lointain souvenir. Reste aux futures mamans poules fonctionnaires à devenir plutôt des mamans lionnes et chasser des sources de revenus complémentaires pour une retraite tranquille.

Pour prolonger : pour rappel, relire par exemple l’article “Retraite des femmes : la Halde “s’auto-saisit” du dossier

La vie commence à 60 ans… mais plus la retraite

Lundi 27 juin 2011

Tino Rossi avait beau chanter que la vie commence à 60 ans, pour la retraite c’est bel et bien fini à partir de vendredi. Désormais il faudra « savoir vieillir avec le sourire », du moins avec patience.

Ce 1er juillet 2011 signe donc « la fin d’une exception française controversée » comme le rappelle lefigaro.fr ce matin. Un changement qui après avoir fait beaucoup de bruits dans les médias et dans les rues doit désormais, sereinement, « permettre de ramener les comptes à l’équilibre en 2018 – année où l’âge légal aura atteint 62 ans. ».

Mais si la mesure la plus emblématique de cette réforme des retraites restera le recul de l’âge légal du départ, ce n’est pas ce levier qui contribuera essentiellement à la baisse du déficit des retraites, souligne le site d’informations.

« L’essentiel proviendra des hausses de prélèvement inscrites dans la même réforme : début d’alignement de taux de cotisation des fonctionnaires sur celui de salariés du privé, nouveau mode de calcul des exonérations de charges, relèvement à 41% de la tranche supérieure d’impôt sur le revenu, alourdissement de la taxation sur les stock-options, les retraites-chapeau, les dividendes, les plus-values mobilières et immobilières, augmentation du prélèvement social sur les revenus du patrimoine… »

Un simple répit plutôt qu’une véritable issue

Malgré tout cette réforme des retraites ne « garantit l’équilibre que jusqu’en 2020 ou 2021. ».

Oui, vous avez bien lu. Dans moins de 10 ans il faudra « remettre le couvert ». C’est ce que dit clairement l’article : « Le rapport cotisants/retraités continuera à se dégrader et il sera probablement nécessaire de repousser encore le moment de la retraite. Les concepteurs de la réforme l’avouent. Mais ils ont le sentiment que le plus dur a été fait en faisant sauter le verrou des 60 ans. »

Raison principale de cette précarité des effets de la réforme : la démographie.

Il y a 700 000 départs à la retraite environ chaque année pour seulement 600 000 jeunes de moins de 25 ans qui entrent sur le marché de l’emploi. (source : travail-emploi-sante.gouv.fr) Et les salaires de ces derniers ne permettent évidemment pas d’assumer les pensions des premiers.

D’autant plus que le nombre de jeunes d’âge actif va progressivement devenir inférieur à celui des personnes partant à la retraite, comme l’affirme Fabrice Mazerolle, (ci-contre) professeur agrégé de sciences économiques à la Faculté d’Economie Appliquée d’Aix-Marseille dans son cours de démographie sur le marché du travail publié en ligne. (sur mazerolle.fr)

Autant dire qu’il vaut mieux tirer, dès aujourd’hui, de ces prévisions économiques, malgré la réforme des retraites, des enseignements pour ses propres économies. Et de prévoir des sources de revenus complémentaires, au cas où, pour être certain de pouvoir profiter de la vie.

Car même s’il faudra atteindre désormais 62 ans pour partir à la retraite,

«Quand on a encore tout à faire

Gratter ses roses, être grand-père

Chaque instant est un commencement

La vie commence à soixante ans… »

AB

Qui sont les oubliés de la réforme des retraites ?

Mercredi 22 juin 2011

Ils seraient 30 000. Une goutte d’eau comparée à la vague des 750 000 personnes qui partent à la retraite chaque année. Sauf que ces 30 000 là n’ont pas le droit de suivre le mouvement et de prétendre eux aussi à l’oisiveté après une vie active bien remplie.

30 000 oubliés de la réforme qui ont pourtant leurs annuités comme les autres. Qu’ils soient ouvriers avec 40 ans d’usine au compteur ou cadres avec des décennies de responsabilités. Hélas pour eux, ils sont chômeurs et surtout trop jeunes.

Ce sont les sacrifiés de la réforme des retraites comme ils se définissent eux-mêmes.

Trop vieux pour retrouver un dernier travail, trop jeunes pour partir à la retraite

Un fait relaté dernièrement par le site du quotidien La Croix qui a donné la parole à certains d’entre eux pour témoigner de leur condition plus qu’aberrante.

Une situation née de la suppression de l’AER (l’Allocation Equivalent Retraite) depuis le 1er janvier dernier. Cette prestation avait pourtant été créée en 2002 pour permettre justement aux demandeurs d’emploi qui ont tous leurs trimestres mais pas encore l’âge de partir à la retraite, d’attendre sereinement de faire valoir leur droit. Mais l’AER était déjà en sursis car elle devait initialement être supprimée en 2009. C’est la pression des syndicats et de l’Association de défense contre la suppression de l’AER qui a permis de gagner 2 années supplémentaires.

Mais, contrairement au proverbe, cette année il ne devrait pas y en avoir de 3ème malgré un rassemblement organisé par cette association ce vendredi 24 juin à Montbéliard (Doubs). Le dossier semble bel et bien bloqué, l’État et les partenaires sociaux se renvoyant la balle et condamnant de ce fait les personnes concernées à une double peine.

Ne pas mettre ses oeufs dans le même panier

Reste donc aux sacrifiés de la réforme des retraites, avant de prétendre légitimement à leur pension, à tuer le temps et à se serrer la ceinture surtout avec seulement 461€ par mois de l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique), le minima social des chômeurs en fin de droits.

Une mésaventure qui fait prendre conscience de l’importance de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier et de prévoir des sources de revenus complémentaires quand on en a encore la possibilité. Ne pas attendre la dernière minute pour éviter de subir les aléas d’un système dont on ne pourra jamais présumer de l’avenir.

Dans une toute autre discipline, comme l’a écrit le philosophe Alain : “Il y a l’avenir qui se fait et l’avenir qu’on fait. L’avenir réel se compose des deux.” A méditer…

AB

Crédits photos : nannetteturner sur Flickr

Réforme de la dépendance : les retraités et leur CSG chouchoutés… ou pas ?

Mardi 21 juin 2011

Le rendez-vous est dans moins d’un mois. A cette date, le Président de la République devra trancher pour trouver le milliard nécessaire au financement de la dépendance dès l’an prochain. Ce ne sont pas les pistes qui manquent. La semaine dernière a d’ailleurs été riche en déclarations, effets de manches chiffrés et conjectures diverses.

Avec au premier plan les retraités… évidemment ! Même si, je vous l’accorde, retraite et vieillesse ne sont pas synonymes de dépendance; il faut reconnaître que les retraités seront tout de même les premiers concernés par le sujet.

Alors Nicolas Sarkozy va-t-il décider de les mettre à contribution directement ? Non, selon l’Express.fr. La hausse de la CSG (Contribution Sociale Généralisée) sur les pensions de retraite est exclue, d’après leur information, justifiant qu’ « à l’approche de la présidentielle, elle serait suicidaire pour un chef de l’Etat qui compte sur le vote des plus de 65 ans. »

Cet optimisme est à tempérer car son Premier ministre, en personne, a lui déclaré que toutes les pistes restaient sur la table (cf : LeFigaro.fr)François Fillon a seulement rejeté l’idée d’une hausse générale de la CSG. En clair ne pas augmenter celle des actifs pour ne pas plomber davantage l’emploi et l’économie. Mais (peut être) augmenter uniquement celle des retraités…

1,7 milliard d’euros en jeu

Une augmentation de 1 point de la Contribution Sociale Généralisée des retraités (6,6% à ce jour), pour la rapprocher du niveau des actifs (7,5%), c’est d’ailleurs ce que préconise le CESE. C’est même l’idée phare de la commission du Conseil économique, social et environnemental dans son rapport rendu mardi dernier au gouvernement sur le financement de la dépendance, comme le souligne le site de France Soir. Cet alignement de la CSG pourrait rapporter 1,7 milliard d’euros selon LeMonde.fr.

Le CESE ne s’arrête pas là. Il suggère aussi d’instaurer une taxe de 1 % sur les successions et les donations. Des actes qui concernent majoritairement les plus de 65 ans…

De quoi donc largement faire face aux toutes premières mesures prises dès 2012 pour améliorer la prise en charge de la dépendance des personnes âgées. Des mesures chiffrées par Roselyne Bachelot, la ministre en charge du dossier, à 1 milliard d’euros lors de son passage dans l’émission « Questions d’info » LCP-France Info-AFP.

Alors que décidera l’Etat vis-à-vis des retraités ? Leur demander de mettre la main au porte-monnaie, ou épargner au moins les pensions de cette catégorie de la société qui sont aussi… une bonne partie des électeurs de 2012 ?

Réponse vers le 14 juillet pour savoir surtout qui ne sera pas à la fête avec cette réforme de la dépendance…

AB

Pour prolonger : voir la dépêche AFP en rapport au sujet;

Coup de massue pour les retraites des cadres

Jeudi 16 juin 2011

L’accord sur les retraites complémentaires signé en mars dernier modifie les règles de majoration de pension pour les cadres, parents de famille nombreuse. Et quelle mauvaise surprise ! Cela peut aller jusqu’à 4000€ de moins par an.

C’est l’information donnée par la radio Europe 1 hier matin, et reprise ensuite par lefigaro.fr.

Il vous suffit de faire une simulation grâce aux calculettes proposées par de nombreux sites internet (comme BforBank) pour évaluer votre future pension de retraite. A l’heure actuelle la pension d’un cadre ayant élevé plusieurs enfants peut être majorée de 8 à 24%.

Mais avec la réforme, à compter du 1er janvier 2012, le relèvement ne sera plus que de 10% pour tout le monde, quelque soit le nombre d’enfants élevés à partir de 3 par ce futur retraité.

Et cette majoration sera, en plus, plafonnée à 1000€ par an.

Un sacré manque à gagner

Ces nouvelles règles de majoration pour enfants ont pour conséquence une perte significative du pouvoir d’achat calculée par Emmanuel Grimaud du cabinet Maximis Retraite, interrogé par Europe 1.

Pour un cadre retraité, par exemple, qui a élevé 4 enfants et qui reçoit une pension de 2700€ par mois, la majoration est de 2000€ par an. A l’avenir, il ne touchera plus que 800€ de majoration. Autrement dit, ce cadre perdra 1200€ par an. Et si l’on projette sur 25 ans, le nombre d’années passées à la retraite en moyenne, le manque à gagner atteindra… 27000€, conclut l’expert.

Ce spécialiste de la retraite conseille donc aux cadres ayant élevé plusieurs enfants, en particulier s’ils sont nés avant juillet 1951, de bien faire le calcul en ce moment. Dans certains cas, il sera plus intéressant pour eux de liquider leur retraite avant la fin de cette année même sans avoir tous leurs trimestres plutôt que d’attendre l’entrée en vigueur du nouveau texte au 1er janvier prochain.

Pour prolonger : relire par exemple nos articles d’actualités sur la retraite.

AB