Nous en avons désormais l’habitude depuis de nombreuses années, le gouvernement aurait encore l’an dernier sous-estimé les recettes de l’ISF attendues, selon le journal Les Échos. Après déjà deux réévaluations (en octobre et novembre) ce seraient finalement 4.321 milliards d’euros qui rentreraient dans les caisses de l’Etat au titre de cet impôt.
Trois réévaluations depuis juin 2011
Le montant des recettes de l’ISF avait déjà fait l’objet depuis la réforme votée en juillet 2011 de deux réévaluations : en septembre (+ 306 millions) et en novembre (+120 millions). C’est ainsi la troisième réévaluation qui aboutit à ce chiffre de 4 321 milliards d’euros.
Juste avant le vote de la réforme de l’ISF (juillet 2011), applicable partiellement en 2011, les évaluations du gouvernement étaient donc inférieures de plus de 10%…
Rappel du contexte 2011
La réforme de l’ISF votée en juillet ne s’appliquait que partiellement l’an dernier. Intervenait uniquement une hausse du seuil d’entrée de la taxation (de 800 000 à 1 300 000,00 euros) qui devait permettre à 300 000 contribuables de sortir du périmètre de l’ISF.
La hausse des rentrées fiscale est imputée à la fois à la hausse du secteur immobilier et à une meilleure efficacité des contrôles fiscaux.
Une bonne nouvelle ?
De meilleures rentrées, c’est une bonne nouvelle pour notre budget. Mais déjà en novembre lors de la précédente réévaluation, Les Échos rappelaient que ces chiffres risqueraient de faire débat… En effet de plus grosses recettes l’an dernier risquent de renchérir le chiffre final du coût de la réforme du barème qui s’appliquera cette année (barème à deux taux).
Explications.
Le coût de cette réforme a été évalué à 1.8 milliard est calculé en faisant la différence entre :
- le montant de l’ISF qui aurait été perçu en l’absence de réforme soit 4,1 milliards en 2012 et
- le montant évalué après application du nouveau barème 2,3 milliards.
Le premier paramètre étant revu en hausse, cela revient à accroître le prix de la réforme qui s’élèverait donc à plus de 2 milliards (4 321 milliards -2.3 milliards) contre les 1.8 milliards estimés. Le Gouvernement risque de se voir reprocher une minoration de recettes prévues afin de minorer l’importance du geste fait aux classes aisées.
Une sous estimation constante
Déjà les chiffres 2010 étaient commentées ainsi par Les Échos, il y a juste un an :
“ L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) a rapporté en 2010 davantage qu’attendu : 4,4 milliards d’euros sont rentrés dans les caisses de l’Etat l’année dernière via l’ISF, soit 360 millions de plus que prévu par la loi de finances rectificative adoptée en fin d’année, selon une estimation du Ministère de l’Économie et des Finances”.
Est mise en avant la difficulté de prévoir avec exactitude les évolutions des prix de l’immobilier.
De même à l’occasion d’une précédente réévaluation, le rapporteur du budget à l’Assemblée nationale, Gilles Carrez commentait ces constantes sous-estimations gouvernementales : « A l’exception de 2009, les recettes d’ISF sont réévaluées chaque année en forte hausse depuis au moins une décennie ». Cela n’est donc pas la première fois que les prévisions font l’objet de telles révisions à la hausse…





C’est hier jeudi 3 mars que 


