Archive pour le mot-clef ‘loi Tepa’

De l’IGF à l’ISF avant un nouvel acronyme ?

Vendredi 21 janvier 2011

Dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine, François Baroin, ministre du budget, a confirmé lundi 17 janvier qu’il déposerait fin avril un texte en Conseil des ministres. Entre temps, un colloque devrait intervenir fin février, pour évoquer dans un premier temps les pistes qui seront écartées avant d’évoquer ensuite les pistes retenues.

Si il est désormais davantage question d’une réforme de l’ISF que d’une suppression, à ce stade de la réflexion il y a peu de choses acquises sur le sujet hormis la disparition de l’appellation actuelle : « Le nom disparaîtra. On supprimera ainsi un peu du symbole.» a annoncé François Baroin. A cette occasion, il est intéressant de revenir sur les 30 ans (1981-2011) d’histoire de cet impôt et les principales évolutions qu’il a connues, en attendant le prochain épisode.

Le premier à évoquer le principe d’un tel impôt a été dès 1914, Joseph Caillaux, alors ministre des Finances. Ce projet consistant à mettre en place un impôt annuel assis sur la fortune mobilière et immobilière des personnes physiques et morales, n’ayant pas abouti, il faut donc « attendre » 1982 pour trouver en France l’entrée en vigueur d’un tel impôt.

L’IGF apparaît en 1982

L’imposition des grandes fortunes était une des nombreuses propositions du candidat Mitterrand lors de l’élection présidentielle de 1981 et c’est en 1982 que fut instauré cet impôt appelé d’abord IGF (l’impôt sur les grandes fortunes). A l’époque, il touchait les patrimoines, de plus de 3,6 millions de francs avec une première tranche de 0,5%. Déjà les œuvres d’art, tous les objets de collection de plus de 100 ans étaient exonérés, ainsi que  l’outil de travail. Numériquement, il touchait en 1983, un peu plus de 100 000 personnes.

La France connut une courte période sans impôt sur la fortune de 1986 à 1988, sous un gouvernement de cohabitation avec Jacques Chirac comme Premier ministre.

1988 : la règle du plafonnement accompagne le retour de l’ISF

Avec le retour de la gauche, en 1988, l’imposition sur la fortune fait sa réapparition mais sous une nouvelle appellation et une nouvelle formule. L’ISF était doté d’un plafonnement de manière à ce que le total payé par les contribuables ne dépasse pas 70%, puis 85% en 1991, des revenus perçus dans l’année des revenus. C’est le premier ministre Alain Juppé, sous la présidence de la République de Jacques Chirac qui, en 1996, fit voter, pour limiter les effets du « plafond », un système de plafonnement du plafond !

2006 : le bouclier fiscal

C’est en 2006, que le gouvernement Villepin instaure le bouclier fiscal sous sa forme actuelle et limite, sur demande et calcul du contribuable, ses impôts (IR, ISF, taxes foncières, taxes d’habitation) à 60% des revenus. Comme annoncé lors de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy renforce ce dispositif en limitant l’imposition à 50% des revenus et en ajoutant à l’assiette des impôts les contributions sociales (CSG et CRDS). Depuis, la loi de finances 2011 a quelque peu « écorné » ce bouclier ( certaines hausses d’impôt étant exclus du calcul du bouclier).

La loi TEPA de 2007

Différents dispositifs ont été mis en place par la loi TEPA en 2007 permettant de réduire l’impôt de solidarité sur la fortune, comme le pacte Dutreil, les investissements au capital des PME, ou encore  certains dons effectués au profit d’organismes d’intérêt général.

La suite de l’histoire sera connue très prochainement…

Pour compléter : vous pouvez revoir cette vidéo publiée sur le site BforBank, traitant de L’ISF et le bouclier fiscal

Laissez-vous tenter par les PME

Mardi 27 avril 2010

Pour défiscaliser vite, la date fatidique du 15 juin approche je vous le rappelle, l’une des bonnes solutions consiste à profiter de la loi TEPA en investissant dans les PME. Pourtant, l’année dernière en 2009, moins de 20% des foyers assujettis à l’ISF ont choisi cette solution (pour un montant total d’1 milliard d’euros quand même), l’écrasante majorité préférant payer l’impôt. Alors trop risqué d’investir dans les PME ? Ou ce dispositif reste-t-il mal connu ou mal expliqué ? Un peu des deux semble-t-il.

Vous pouvez investir en direct dans une PME de moins de 250 salariés, mais là c’est un vrai risque. Mieux vaut passer par des intermédiaires qui investissent dans un « panier » comprenant plusieurs entreprises. Attention, votre déduction dépend du montant investi par la société de gestion intermédiaire, frais déduits. Il faut donc se livrer à un petit calcul, votre montant investi à multiplier par le pourcentage investi par la dite société. Et c’est sur le résultat de ce calcul qu’on applique 50% de réduction.

Vous avez la possibilité d’ investir dans votre propre PME, sous certaines conditions : L’entreprise doit être en phase de lancement ou en cours de développement, le maximum de l’investissement se monte à 1,5 million par an, et les titres doivent être gardés pendant cinq ans. Dans ces conditions, la réduction s’élève à 75% de l’investissement, dans la limite de 50 000 €.

Vous pouvez encore choisir une holding ISF, un FIP (Fond d’investissement de proximité), un FCPI (fond commun de placement pour l’innovation) ou encore un FCPR (fonds commun de placements à risque), mais nous reviendrons bientôt sur ces possibilités.

L'art du don

Lundi 26 avril 2010

Un chiffre intéressant publié par le magazine Challenges a retenu mon attention : «Les assujettis à l’ISF ont donné l’an dernier 65 millions d’euros à des fondations, contre 1 milliard d’euros déductibles investis dans des PME». On pourrait en conclure, que les Français payant l’ISF ont plus une âme d’investisseurs que de donateurs. La ministre de l’économie, Christine Lagarde s’en réjouissait, précisant malgré tout : «ISF PME c’est bien, ISF dons c’est mieux ! Et en plus on peut faire les deux ».

Restons un instant sur les dons. Nous sommes donc bien dans le cadre de la loi TEPA, un dispositif connu d’une forte majorité d’assujettis, qui avouent vouloir faire un don en 2010 à une Fondation Reconnue d’Utilité Publique (FRUP). La Fondation d’Auteuil, qui a interrogé un panel de contribuables soumis à l’ISF, relève même que 89% des contribuables pensent qu’il vaut mieux donner à une fondation plutôt que de payer l’ISF. Dont acte. Reste cependant à rendre plus lisible le dispositif dons de l’ISF. Les Fondations vont certainement devoir mieux communiquer d’autant que de nombreux assujettis donnent régulièrement et ce, hors du cadre de la loi TEPA.

C’est dire si le développement des dons a de beaux jours devant lui. Encore faut-il trouver une liste fiable de fondations qui entrent dans le dispositif. C’était d’ailleurs l’une de vos questions vendredi dernier. Voici donc un lien utile qui recense de A à Z les FRUP qui pourront faire l’objet de vos prochains dons. Car au fond, il n’y aurait rien de pire que de vouloir, mais de ne pas savoir comment faire. Demain, nous parlerons du dispositif ISF PME… Car un milliard d’euros investis par des contribuables, cela commence à faire de l’argent.