Archive pour le mot-clef ‘impôt sur le patrimoine’

Françoise, François et l’ISF

Jeudi 12 avril 2012

Parenthèse people hier soir, lors de l’émission « Des paroles et des actes » sur France 2, et notamment lors des 20 minutes du candidat socialiste François Hollande. A l’appui d’un interview donnée quelques jours plus tôt dans le magazine Paris Match, le journaliste David Pujadas relaye sur le plateau les commentaires de la chanteuse Françoise Hardy. Laquelle s’inquiète des projets fiscaux du candidat. Qu’a-t-elle dit précisément à Paris Match ?

« On parle du fait qu’il est très important de payer des impôts sur le revenu du capital. Je suis tout à fait d’accord, mais pas pour taxer un patrimoine qui vous a coûté des fortunes à acquérir, et qui vous coûte déjà des sommes folles en entretien, charges et assurance. Je paie 40 000 euros d’ISF par an. Si Hollande le multiplie par trois, qu’est-ce que je fais ? Je suis à la rue. Je comprends les gens qui quittent le pays à cause des impôts. »

Le problème soulevé par Françoise Hardy est bien réel en France : c’est celui des possesseurs de biens immobiliers sur-valorisés par la folie des prix du marché et rentrant malgré eux dans la catégorie de l’ISF. Riches sans le vouloir…

François Hollande a tenu à rassurer d’emblée la star :

« l’ISF ne sera pas multiplié par trois puisque je vais revenir exactement au barème qui existait l’année dernière avant qu’il soit baissé par Nicolas Sarkozy (…) soit 1,8 % maximun. Donc ne laissons pas penser qu’il y aurait triplement. En revanche, ça, c’est vrai, nous rétablirons la progressivité de l’ISF et le niveau des prélèvements qui existait avant, ce que payait donc madame Françoise Hardy en 2010 et 2011. Donc de ce point de vue-là, elle ne sera pas à la rue. »

François Hollande : « Françoise Hardy ne sera pas… par puremedias
 
Néanmoins,  le débat a rebondi dans l’instant sur les réseaux sociaux où ce ping-pong a eu l’air d’exaspérer les internautes. Plus original : le propre fils de la star, Thomas Dutronc, s’est fendu d’un commentaire sur son compte Twitter se disant prêt à héberger sa mère.

Dès lors la personnalisation du débat, dans une logique François/Françoise prend le pas sur le fond : « Hollande va t-il mettre Françoise Hardy à la rue ? » (Le Point),

VIP et conséquences

Mais d’autres chanteurs et VIP ont aussi réagi à ce sujet fiscal, comme le rappelle Slate.fr. C’est notamment le cas de Patrick Bruel et d’Eddy Mitchell mais aussi de Djamel Debbouze qui a évoqué la tranche à 75% pour les riches.

A chaque présidentielle le positionnement des VIP est compliqué car ils sont à la fois recherché par les candidats, en tant que vitrine, mais en même temps des électrons libres capables de réagir précisément à telle ou telle mesure.

Sur un autre versant d’ailleurs, le sujet avait émergé l’été dernier au sujet des patrons riches réclamant une taxation supérieure. Et a rebondi il y a quelques semaines concernant la rémunération de Maurice Lévy, patron de Publicis.

Enfin, cette question est bien dans l’air puisqu’elle est abordée ailleurs qu’en France. En Angleterre par exemple, on parle des 100 000 propriétés de multimillionnaires anglais… immatriculées au nom d’entreprises offshore, tout en prévoyant dabaisser l’impôt des très riches au sein d’un budget de rigueur.

Pour aller plus loin :

L.D

Rétablissement (provisoire) de l’impôt sur le patrimoine en Espagne

Lundi 19 septembre 2011

retablissement-impot-patrimoine-espagneDepuis déjà de nombreuses années pour certains, plusieurs pays de l’Union européenne dont l’Autriche, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande, le Luxembourg et la Suède et l’Espagne  ont renoncé à l’impôt sur le patrimoine, la suppression de ce dernier étant souvent compensée par l’instauration d’une taxe supplémentaire sur les revenus du capital. La France était donc le dernier pays de l’Union Européenne à disposer d’un impôt sur la fortune, faisant ainsi figure d’exception dans l’Union Européenne.

Face à la nécessité de réduire ses déficits, l’Espagne a décidé de rétablir temporairement l’impôt sur le patrimoine, qui avait été supprimé en 2008, avec comme objectif de renflouer les caisses des régions qui plombent les comptes de l’Espagne.

La promesse électorale de Zapatero en 2008

En Espagne, c’est en 2008 sous le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero que la suppression de l’équivalent de l’ISF, l’ISP ( El Impuesto sobre el Patrimonio) est intervenue, suite à une promesse électorale du candidat estimant cet impôt peu efficace et dépassé. La ministre de l’économie et des finances, Elena Salgado, face à l’évolution de la situation économique du pays et de l’ampleur de la crise, annonçait dès début 2010 que le sujet d’un retour de l’ISF était  l’étude.

Le volte face espagnol

C’est pour mieux faire passer auprès des classes moyennes espagnoles le plan d’austérité de 15 Milliards d’Euros adopté par le gouvernement espagnol, qu’au cours de la semaine dernière l’annonce est intervenue : le gouvernement espagnol va rétablir l’impôt sur le patrimoine, supprimé en 2008 mais « exclusivement pour 2011 et 2012« , a annoncé jeudi la ministre de l’Economie Elena Salgado. D’après la presse espagnole, c’est Alfredo Perez Rubalcaba, le candidat socialiste à la succession de Zapatero, qui a insisté auprès de ce dernier pour rétablir cet impôt. Exiger une contribution des plus riches pourrait permettre au gouvernement de mieux faire passer la « pilule » de certaines mesures du plan d’austérité imposées aux classes moyennes.

L’ ISF espagnol, version 2011

La ministre de l’économie et des finances, Elena Salgado a indiqué que l’impôt devrait rapporter « autour de 1,08 milliard d’euros et devrait concerner 160.000 personnes« . Les patrimoines supérieurs à 1 Million d’Euros seraient taxés dès la fin de cette année. Le Figaro indiquait vendredi dans son édition papier,  que les contribuables ne seront taxés sur leur propriété qu’au-delà de 300 000 euros, contre 150 000 en 2007, et sur leurs revenus au-delà de 700 000 euros, contre un peu plus d’un million en 2007.

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