Archive pour le mot-clef ‘fiscalité’

Redressement fiscal : près de 78 millions d’euros pour Liliane Bettencourt

Mardi 22 novembre 2011

redressement_fiscal_liliane_bettencourtDe la Suisse à Singapour, c’est en tout près de 12 comptes appartenant à Liliane Bettencourt que le Fisc aurait trouvé. Au total, ce dernier lui réclamerai la coquette somme de 77.752.139 millions d’euros, pénalités comprises.

C’est Médiapart qui a eu la primeur de l’information reprise désormais dans une grande partie des médias : L’Express , Le Nouvel Obs, Le Monde, Europe 1. Le site affirme avoir eu accès au rapport de la Direction Nationale des Impôts, qui relève que :

Il s’agit là des sommes exigées au titre de l’impôt sur la fortune pour les années 2004 à 2010 et, au titre de l’impôt sur le revenu, pour les années 2006 à 2009. Des négociations sont en cours à ce sujet, les conseillers de l’héritière cherchant à obtenir une diminution du montant total de cette addition“.

Il semble également que ce redressement tienne compte de l’acquisition de l’Ile d’Arros – jamais déclarée – et qu’il rectifie la valorisation de plusieurs propriétés familiales.

Pour prolonger : relire aussi notre article “Un manifeste de 16 personnalités, pour des riches plus taxés“; et calculer votre ISF en ligne;

Réforme de l’ISF : le dispositif de lissage se précise

Lundi 9 mai 2011

Dans  différentes notes précédentes nous évoquions les effets de seuil induits par la réforme de l’ISF. François Baroin avait confirmé que le Gouvernement « travaillait » à l’élaboration de mesures destinées à gommer les effets de seuil pour les contribuables dotés d’un patrimoine juste supérieur à 1,3 million ou 3 millions d’euros. “Oui, il n’y aura aucun perdant par effet de seuil, grâce à un mécanisme de lissage, et nous n’attendrons pas le débat parlementaire pour le dire, cela sera dans le projet de loi.” avait déclaré François Baroin, fin avril.

Le projet présenté le 11 mai au Conseil des ministres

Le projet de Loi de la réforme fiscale du patrimoine doit être présenté mercredi 11 mai au Conseil des ministres et « Les Echos » évoquent ce matin la teneur de ces mesures de lissage qui devraient donc être incluses dans le projet de Loi.

Un petit rappel du contenu de la réforme: si les patrimoines inférieurs à 1 300 000 euros seront exonérés d’impôt, ceux supérieurs à ce montant seront imposés au taux de 0,25% dès le premier euro. Et il n’y aura que deux taux : 0,25% pour les patrimoines allant de 1 300 000 à 3 000 000 euros et 0,5% au-delà. Les effets de seuils à l’entrée des deux niveaux nécessitaient la mise en place d’un dispositif de lissage.

La mesure de lissage évoquée par “Les Echos”

Pour les contribuables dont le patrimoine net est compris entre 1 300 000€ et 1 400 000€, une mesure de lissage serait instituée afin de gommer ces effets de seuil. Le taux d’imposition serait de 0,25% mais l’ISF à payer serait égal à 8 fois l’impôt théoriquement dû moins 24 500 euros, précise le quotidien.

Pour un patrimoine net global de 1 300 000 euros,  l’impôt ne sera pas de 3250 euros (1 300 000 euros X 0.25%) mais de 1500 euros (3250 X 8 – 24500 euros). Cette mesure s’appliquerait jusqu’à un montant de 1 400 000 euros de patrimoine, niveau à partir duquel le lissage devient alors sans effet.

Toujours selon “Les Echos”, pour les patrimoine supérieurs à 3 000 000 €, niveau à partir duquel le taux d’imposition serait de 0,50% dès le premier euro, un même mécanisme serait prévu entre 3 et 3,2 millions, sans plus de précisions… Le voile devrait donc être levé mercredi 11 après le Conseil des ministres.

Crédits photos : Dinornis

Réforme fiscale : le schéma retenu

Mercredi 13 avril 2011

Les grandes options de la réforme fiscale ont été présentées aux parlementaires de la Majorité hier, à Bercy, par  le ministre du Budget, François Baroin. Jusqu’à ces derniers jours, le débat restait encore ouvert, plus particulièrement quant aux sources de financement de la réforme dont le projet sera présenté en Conseil des ministres le 11 mai prochain.

La suppression du bouclier fiscal jointe à un ISF aménagé

La suppression du bouclier déjà décidée et consacrée par la réforme sera donc accompagnée d’un aménagement de l’ISFet non par  sa suppression.  La première tranche du barème de cet impôt sera ainsi supprimée : les patrimoines inférieurs à 1,3 million d’euros n’y seront donc plus assujettis. De même le barème sera simplifié et ne comprendra plus que deux taux :

  • 0,25% pour les patrimoines de 1,3 à 3 millions d’euros
  • 0,5% au-delà de 3 millions.

Jusqu’ici, il existait 6 taux d’imposition allant de 0,55% à 1,8%.  Le Gouvernement a indiqué souhaiter maintenir le dispositif « ISF PME » sous une forme plus modeste précise “Les Echos”.  Cette réforme doit permettre à environ 300 000 contribuables de ne plus être redevables de l’ISF. Un impôt auquel ils avaient été assujettis notamment en raison de la hausse de l’immobilier.

Le paiement de l’ISF repoussé au 15 septembre ?

Francois Baroin a précisé que le Gouvernement souhaite appliquer une partie de la réforme dès 2011. La suppression de la première tranche de l’ISF interviendrait alors cette année. Pour une telle application la date de paiement de l’impôt fixée initialement au 15 juin 2011 serait décalée au 15 septembre. La réforme sera appliquée entièrement en 2012.

Les grosses successions touchées

C’est finalement les successions et les donations qui seront, entre autres, mises à contribution. Concernant les donations, la mesure prise consisterait à  rallonger de 6 à 10 ans le délai donnant droit aux abattements. Elle devrait également supprimer l’avantage lié à l’âge auquel est effectuée la donation. Par ailleurs, les successions de plus de 4 millions seraient plus lourdement taxées.

La taxation des non-résidents

Sont enfin prévues d’un coté une taxation forfaitaire des résidences secondaires pour les non-résidents et une “exit tax” sur les exilés fiscaux. Cette dernière devant s’appliquer dès cette année selon François Baroin.

L’assurance-vie épargnée

L’assurance-vie qui devait être mise à contribution pour financer la réforme a été épargnée. A un an de la présidentielle, les enjeux politiques sont cruciaux : toucher au placement préféré des Français  était risqué. De même la création d’une tranche d’impôt sur le revenu supplémentaire à 45 % a été écartée. ”L’ensemble des mesures proposées ne font pas objection au sein de la majorité mais on peut imaginer qu’il y aura des ajustements lors du débat parlementaire, y compris sur l’assurance-vie ou le relèvement de l’imposition pour les plus hauts revenus”, a cependant déclaré le député UMP Michel Piron.

Le calendrier

L’objectif du Gouvernement est d’obtenir une adoption de la réforme avant le 14 juillet. Le projet de loi sera examiné le 11 mai en Conseil des ministres, puis à l’Assemblée nationale à partir du 1er juin et au Sénat le 23 juin.

Pour prolonger :

Donner pour réduire son ISF

Lundi 21 mars 2011

La loi TEPA du 21 août 2007 a intégré plusieurs dispositifs permettant une réduction d’ISF. Les contribuables qui effectuent des souscriptions au capital de PME ou des dons en numéraire ou titres de sociétés cotées au profit de certains organismes d’intérêt général peuvent encore cette année, bénéficier d’une réduction de leur ISF. Parmi ces dispositifs, le don est devenu, en 2011, le seul dispositif qui permet de bénéficier du taux de réduction d’ISF le plus élevé : 75 %.

Alors, avant la mis en place de la réforme fiscale en cours, il est encore possible de faire preuve de générosité en réduisant sensiblement le montant de son ISF.

Un taux de réduction de 75% du montant du don

Pour les souscriptions au capital de PME, la loi de Finances 2011 a supprimé la possibilité de bénéficier d’un taux de réduction de 75% de son investissement. Ne subsiste plus qu’un taux unique de 50% (plafonné à 45 000 euros de réduction d’impôt) que l’investissement intervienne en direct, via un holding, un FIP ou un FCPR.

Par contre, il est toujours possible, de bénéficier de ce taux de 75%  de réduction dans le cas du don, dont le dispositif offre donc le taux de réduction d’impôt la plus élevée. Si la loi de finances a conservé ce taux maximum de 75% pour le montant de la réduction, elle a toutefois apporté quelques modifications au dispositif.

Modifications de loi de finances 2011

Dans la loi de finances pour 2011, deux aménagements ont en effet été apportés au dispositif de réduction de l’ISF au titre des dons à certains organismes. Tout d’abord, le champ d’application de cette réduction, qui était jusqu’alors réservé aux fondations reconnues d’utilité publique, universitaires et partenariales, aux établissements de recherche et d’enseignement supérieur, à l’Agence nationale pour la recherche et aux organismes d’insertion par l’activité économique, est étendu aux associations reconnues d’utilité publique ayant pour objet le financement et l’accompagnement de la création et de la reprise d’entreprises.

La réduction d’impôt a vu son plafond réduit par la dernière Loi de finances, de 50 000 euros à 45 000 euros. Le montant optimum de don pour obtenir la réduction maximum d’impôt est donc de 60 000 euros. Au-delà de ce montant, et contrairement à la réduction d’impôt sur le revenu en cas de dons, l’excédent du don n’est pas reportable sur les années suivantes.

De même, si le montant de la réduction d’ISF est supérieur à celui de l’ISF dû, l’excédent ne peut être remboursé ni reporté sur les années suivantes. La fraction du versement ayant donné lieu à la réduction d’ISF ne peut donner lieu à un autre avantage fiscal (notamment la réduction d’IR pour dons aux organismes d’intérêt général).

La nature du don

Il s’agit tout d’abord des dons de sommes d’argent mais également de dons en pleine propriété de titres de sociétés cotés. Il est important de préciser que ces dons sont exonérés de droits de mutation à titre gratuit (article 757 C du CGI). Par contre dans le cadre de ce dispositif, le gain net réalisé en cas de donation de titres est imposable à l’impôt sur le revenu. Ainsi les plus values seront taxables en 2011 dès le 1er euro.

L’articulation avec les autres dispositifs

Avec la réduction d’ISF en faveur de l’investissement dans les PME (article 885-0 V bis du CGI), le principe est celui de la possibilité de bénéficier des deux réductions d’ISF au titre d’une même année d’imposition. La limite de ce cumul est celle d’un plafond annuel global qui a été réduit de 50 000 euros à 45 000 euros pour l’année 2011.

Deux dernières précisions : les dons pris en compte sont ceux réalisés entre la date limite de dépôt de la déclaration ISF de l’année précédente (15 juin 2010) et la date limite de dépôt de la déclaration qui devra intervenir avant le 15 juin 2011. Par ailleurs, en vertu d’un rescrit du 1er mars 2011, il est admis à nouveau que les donateurs puissent fournir à l’administration leurs reçus fiscaux jusqu’au 15 septembre 2011.

IRF : ce que les économistes en pensent

Mercredi 9 mars 2011

Supprimer l’ISF pour le remplacer par un impôt sur les plus-values latentes, l’impôt sur le revenu de la fortune (IRF)? Cette option n”a pas été envisagée par les économistes auditionnés par la Commission des finances du Sénat en février dernier (Voir le compte-rendu de cette table ronde ainsi que notre post sur le sujet). A juste titre.

Rappel des principes de ce nouvel impôt

Selon les premiers éléments mis à la disposition du public, il s’agirait d’établir une comparaison de la valeur du patrimoine en début et en fin d’année afin de constater éventuellement une plus-value latente.

Cette plus-value, hors celles relatives à la résidence principale et aux titres de PME non cotées, serait taxée à un taux unique de 19%.

La moins-value latente, éventuellement “dégagée” en cas de baisse de valorisation du patrimoine sur l’année, serait reportable sur les plus-values latentes des dix années suivantes.

Seuls les patrimoines d’une valeur supérieure à 1,3 millions d’euros seraient concernés.

Rejet de principe des économistes

La presse s’est faite l’écho des réflexions des économistes interrogés par le Sénat lors de la table ronde de février dernier (Jean-Hervé Lorenzi, Christian Saint-Etienne, Thomas Piketty et David Thesmar).

D’une façon générale, ce n’est pas tant l’innovation dont ferait preuve ce nouvel impôt qui est rejetée mais l’idée de taxer un revenu qui n’en est pas un, puisqu’il n’est ni réalisé ni disponible.

L’accent est également mis par David Thesmar sur la complexité du système qui nécessiterait d’être “extrêmement perfectionné pour être en mesure d’estimer les valeurs de marché de nombreux actifs”. Thomas Piketty attire quant à lui l’attention sur l’imprévisibilité des recettes fiscales.

Enjeux de la réforme

Rappelons que les enjeux qui gouvernent les réflexions autour du projet de réforme sont ;

  1. d’être neutre vis-à-vis des finances publiques,
  2. de ne pas alourdir la fiscalité des contribuables non assujettis à l’ISF.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué

Même si on peut regretter qu’il n’y ait pas de refonte globale de notre fiscalité, il nous apparaît qu’une correction des défauts de l’ISF vaudrait mieux que l’instauration d’un nouvel impôt imparfait, à dommages collatéraux non évalués (mais certainement pas latents!).

Cette correction serait-elle pour autant pertinente ?

Pour prolonger : lire ou relire par exemple la note relative à la position de la Cour des comptes sur le sujet.

L’ISF et le départ des entrepreneurs

Jeudi 3 mars 2011

Malgré l’exonération dont bénéficient les biens professionnels, l’ISF est un sujet qui cristallise l’attention des entrepreneurs.

En effet, ainsi que l’a rappelé Bernard Monassier lors de la deuxième table ronde qui était organisée au Sénat hier, nombre de chefs d’entreprise anticipent l’inclusion de leur “ex-patrimoine professionnel” dans l’assiette de l’ISF lorsqu’ils projettent de céder leur société.

Double taxation

La perspective de voir la plus-value qu’ils ont créée taxée à 31,3%, ajoutée à celle d’une entrée de plein pied de la totalité de leur patrimoine dans l’ISF, motivent en effet un nombre non négligeable d’entrepreneurs à prendre une décision lourde de conséquences pour l’économie : la délocalisation pour la Belgique ou un autre pays.

En transférant leur domicile fiscal à l’étranger avant le cession de leur entreprise, ils évitent ainsi l’imposition au titre de la plus-value ainsi que celle au titre de l’ISF.

Des contribuables hors statistiques qui ne “reviendront pas”

Ces contribuables, qui emmènent avec eux leur famille, ne font pas partie des statistiques qui ne constatent que le départ des personnes déjà soumises à l’ISF. Or, leur départ a des impacts actuels et futurs non négligeables. Ces familles consommeront en effet ailleurs qu’en France et paieront leurs impôts (TVA, impôt sur le revenu, etc) à l’étranger. Un réel manque à gagner pour notre économie et nos finances…

Un enjeu à ne pas négliger

L’arbitrage entre suppression ou réforme de l’ISF,  dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine, doit ainsi prendre en compte cet aspect des choses.

Est-ce que cela sera suffisant pour rassurer les prétendants au départ alors que l’instabilité chronique de nos règles fiscales attisent leurs peurs ? Rien n’est moins sûr…

Pour prolonger : relire par exemple les articles sur les nouveautés ISF de la loi de finances 2011 et sur l’ISF PME.

Les deux voies (entre autres) de la réforme ISF

Jeudi 3 mars 2011

Après avoir envisagé les deux erreurs de la réforme de l’ISF, du point de vue d’un spécialiste, nous poursuivons dans la voie duale. Relancé tout doucement au début de l’année 2011, puis montant en puissance plus rapidement désormais, le débat sur la réforme de l’ISF partage et divise experts et opinion. La crispation est palpable dans le flux d’information des médias. Grosso modo, il y a deux voies pour le gouvernement sur ce sujet fiscal :

  • une réforme radicale qui serait une suppression pure et simple de l’ISF
  • une réforme plus limitée, pour en limiter les conséquences

Dans les titres de presse actuellement en ligne, on sent cette ligne de partage, presque de friction, à la limite de la schizophrénie bien française, il faut le concéder : “L’ISF, un remède imparfait“, sur Challenges.fr qui reprend des propos de François Fillon; qui confirme “la mort du bouclier fiscal” (AFP). C’est aussi la façon de répartir les camps, les strates sociales : dire par exemple “Ceux qui paient l’ISF ne sont pas les plus riches” (RMC), quand Marianne chiffre lui  “50 milliards d’€ pour les 100 000 foyers français les plus riches“.

Reste à savoir si, dans un contexte politique intense vers les présidentielles 2012, une voix du “ni-ni” ou encore dite de la sagesse va l’emporter. Celle que note par exemple Le Point, en reprenant “Bernard Accoyer pour aménager l’ISF“.

Pour prolonger : revoir notre dernière table-ronde, tournée en conférence-live (mai 2010) sur l’ISF

ISF : les deux erreurs de la réforme en vue

Mercredi 2 mars 2011

Intéressant article publié sur le site d’information Slate.fr, qui remet en perspective les tractations et hésitations actuelles sur la réforme de l’ISF. L’analyse est signée de Gérard Horny, qui écrit régulièrement pour le journal en ligne au sein d’une chronique : un “journaliste spécialiste des questions financières et patrimoniales” comme il y est présenté. Qui a fait sa carrière au journal Investir. On le situe mieux quand on sait aussi qu’il a signé le livre “La Bourse pour les nuls“…

Dans son exposé au regard de l’ISF, il repère deux erreurs qu’aurait commises le gouvernement Fillon sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy :

  • erreur n°1 : qui relève plus de la tactique globale, avec une présidentielle en ligne de mire; “on ne lance pas le projet d’une réforme fiscale d’ampleur à un an d’échéances électorales aussi importantes
  • erreur n°2 : qui relève de l’analyse de la situation; le problème de la France est ailleurs; “il réside dans le fait que ses dépenses publiques dépassent de beaucoup les recettes

L’expert met aussi les pieds dans le plat avec un argument assez peu entendu jusqu’ici, y compris chez les détracteurs du projet : “vouloir supprimer l’impôt sur la fortune, qui concerne environ 560.000 personnes, c’est prendre le risque de devoir augmenter les impôts de plusieurs millions de contribuables (et électeurs). Et c’est bien ce qui préoccupe beaucoup la majorité“.

Question pour ouvrir le sujet : pensez-vous aussi que la réforme de l’ISF, voire sa suppression en vue, soit une erreur politique et économique?

Pour prolonger : consulter le dossier “fiscalité, les nouveautés de 2011“; la rubrique ISF sur Impots.gouv.fr.

Sarkozy, toujours chaud pour supprimer l’ISF

Mercredi 16 février 2011

Les médias en parlent en boucle ce matin. Outre les affaires mexicaines qui préoccupent l’Elysée, Nicolas Sarlozy relance une pierre dans le jardin de la réforme fiscale et notamment de celle concernant l’ISF. Selon Boursier.com, “Alors que l’on semblait s’orienter ces derniers jours vers une réforme a minima de l’ISF, Nicolas Sarkozy a tenu à rappeler que rien n’était encore tranché en la matière“.

Et il l’a dit assez sèchement à l’endroit du débat politique qui s’est engagé sur la question, avec les présidentielles 2012 en vue : “l’ISF a été supprimé partout en Europe, il a été supprimé par les socialistes allemands en Allemagne et par les socialistes espagnols en Espagne. Ce que les socialistes ont compris en Europe, peut-être que la droite et le centre français peuvent le comprendre aussi ?“.

L’echo de cette nouvelle incise sur le sujet est diversement apprécié dans la presse :

Pour prolonger : relire le dossier “Epargne, argent : le guide des nouveautés 2011“, sur le site de BforBank.

Fiscalité, ISF, immobilier : un vrai débat

Jeudi 20 janvier 2011

Sur le blog Fiscalité de BforBank, Caroline de Francqueville a récemment réfléchi sur une question fiscale bien précise concernant l‘ISF. Le titre de sa note : “La résidence principale au centre de la réforme de l’ISF?“. Elle y évoque une question qui fait en réalité débat, même au sein de la majorité présidentielle, actrice du projet. Reprenons le fil qu’elle a déroulé, et prolongeons le…

Depuis lundi, l’eau a coulé et le débat est même monté d’un cran. Comme le journal Les Echos l’acte, il s’agit d’un “Tollé à droite contre la taxation de la résidence principale“. LaVieImmo.com note elle que l’UNPI s’énerve sur cette question. L’AFP note même que “Baroin [est] réservé sur la taxation de la plus-value sur la résidence principale” : on le voit, le terrain socio-politique n’est pas encore clair…

Pour LePoint.fr reprenant Reuters, qui cite François Fillon : “Il ne faut pas ‘sortir’ les choses les unes après les autres (…) Il ne faut pas multiplier les ballons d’essai“. Comprendre : donner de la lisibilité à vos actions, trouver des vrais solutions coordonnées et pérennes.

Accélération médiatique

Enfin, depuis ce jeudi, les avis et opinions se multiplient, au sein d’un concert médiatique. Comme sur Les Echos, qui synthétise en un titre assez explicite : “Résidence principale : oui au débat, non à la double peine“. Même le ministre du budget François Baroin, en remettait une couche ce jour sur LCI (source AFP) : “Il y a “une logique” dans une telle taxe “puisque 60% du patrimoine des Français est constitué d’immobilier” (…) [Mais] “l’inconvénient d’une telle mesure serait peut-être de provoquer une altération, une fragilité, pour ne pas dire plus, du marché immobilier cette année“.

Question et moralité : est-il urgent… de ne pas se presser?