Disney l’a récemment annoncé : le premier parc à thème de loisir du groupe va être construit en Chine, à Shanghai dans le quartier de Pudong. Ce nouveau né du géant américain de l’industrie des loisirs va coûter 4,4 milliards de dollars. Propriété à la fois de Disney, à hauteur de 43%, et de Shanghaï Shendi Group, une Joint Venture détenue à 100% par l’état, son ouverture est prévue pour la fin de l’année 2015 ou le tout début de l’année 2016. Nul doute qu’il sera en tout état de cause ouvert pour fêter le nouvel an chinois. Mike Crawford, manager général de ce parc baptisé Shanghaï Disney Resort, est fermement convaincu qu’il ne sera que le premier d’une série de parcs Disney installés en divers lieux de la Chine continentale.
Cette annonce est un signe supplémentaire de l’attractivité de l’économie chinoise. En seconde position par sa puissance, elle truste les premières places concernant son taux de croissance qui sera cette année d’environ 9,5%, et de 9% en 2012 même si les analystes prévoient un ralentissement.
Quel intérêt, pour un investisseur, de se pencher sur cette information ? Il est multiple : dans une phase économique où l’occident en général, et l’Europe en particulier ont une croissance en berne, plombée par les dettes publiques, la Chine est l’endroit du monde qui a le plus besoin de capitaux pour soutenir sa formidable croissance. De plus, l’ouverture d’un parc de loisirs par Disney est un signal fort concernant l’émergence d’une classe moyenne chinoise, c’est en effet le cœur de cible de ce genre de lieux. Enfin, un parc à thème, qu’il soit Disney ou créé par la concurrence, n’est que la partie émergée d’un iceberg économique qui comprend une infrastructure de transport performante, des capacités hôtelières adaptées à la fois au nombre de visiteurs, mais aussi à leurs moyens financiers et tout un écosystème de petites et moyennes entreprises de commerce et de services qui viennent compléter l’offre du parc, principal facteur d’attraction.
Quels sont les types d’entreprises à regarder de plus près alors, dans le cadre de cette ouverture prochaine ?
Disney, en premier lieu. Nous avons ici un regard particulier sur les parcs à thèmes du géant américain. Le parc français fait régulièrement l’objet d’articles dans la presse mettant en avant ses difficultés financières. Mais nous n’avons pas la même vision de ces lieux de loisirs qu’ailleurs.
La Chine, elle, raffole de ces ambiances exotiques, loin de sa culture classique. Pour preuve, le formidable succès des casinos de Macao, ancien comptoir portugais rentré dans le giron chinois en décembre 1999. L’un des paquebots de cette ville consacrée aux loisirs est le Venetian, un gigantesque complexe immobilier dont la façade principale est une réplique du palais des doges et qui va jusqu’à proposer des balades en gondoles dans des canaux vénitiens reconstitués à l’intérieur du bâtiment ! Le parc Disney installé à Tokyo, avec des 14,5 millions de visiteurs en 2010, est aussi un signe de l’attractivité de ce genre de loisirs en Asie.
Pudong, le site d’implantation du futur Shanghaï Disney Resort, est un quartier récent, en front de mer. Surnommé le Manhattan de Shanghaï, il abrite quelques uns des plus grands hôtels internationaux de Chine. Mais cette capacité hôtelière est-elle adaptée à la clientèle de classe moyenne qui viendra passer une journée ou un week-end au parc Disney dès 2016. Nul doute que les analystes vont rapidement se pencher sur la question.
Le groupe Accor, leader mondial de l’hôtellerie, est une compagnie que je vous recommande de mettre sous surveillance. Son absence du marché serait très étonnante et le groupe ne fait pas mystère de sa volonté de profiter de la croissance asiatique pour assurer son développement. Il veut d’ailleurs multiplier par 4 son réseau chinois à l’horizon … 2015. Etonnant, non ?
Mais, pour en terminer avec ce billet au langoureux parfum de farniente, je vais me risquer à vous soumettre une petite idée : et si Disney n’était pas la seule entreprise de loisir à pouvoir tirer parti du marché chinois ? Après tout, il existe d’autres parcs de loisirs en France qui sont de sérieux concurrents pour Disney.
La Compagnie des Alpes en détient plusieurs dont le fameux Parc Astérix qui utilise l’univers créé par Uderzo et Goscinny. La série de bandes dessinées est le plus gros succès commercial français du genre au monde avec plus de 350 millions d’albums vendus et des traductions en 107 langues, dont le mandarin. Les chinois connaissent-ils Astérix ? Sans doute pas tous mais un certain nombre oui, d’autant que la culture française est enseignée dans l’empire du Milieu et est même populaire. Alors, Astérix en Chine ? Vu l’engouement prévu par Disney, je ne pense pas la chose impossible. Nul doute que la Compagnie des Alpes va réfléchir à la question, y compris avec le soutien de partenaires financiers. Ou d’investisseurs.






