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Disney, un symbole des loisirs de la classe moyenne s’installe en Chine

Lundi 3 octobre 2011

Mickey à la conquête de la Chine

Disney l’a récemment annoncé : le premier parc à thème de loisir du groupe va être construit en Chine, à Shanghai dans le quartier de Pudong. Ce nouveau né du géant américain de l’industrie des loisirs va coûter 4,4 milliards de dollars. Propriété à la fois de Disney, à hauteur de 43%, et de Shanghaï Shendi Group, une Joint Venture détenue à 100% par l’état, son ouverture est prévue pour la fin de l’année 2015 ou le tout début de l’année 2016. Nul doute qu’il sera en tout état de cause ouvert pour fêter le nouvel an chinois. Mike Crawford, manager général de ce parc baptisé Shanghaï Disney Resort, est fermement convaincu qu’il ne sera que le premier d’une série de parcs Disney installés en divers lieux de la Chine continentale.

Cette annonce est un signe supplémentaire de l’attractivité de l’économie chinoise. En seconde position par sa puissance, elle truste les premières places concernant son taux de croissance qui sera cette année d’environ 9,5%, et de 9% en 2012 même si les analystes prévoient un ralentissement.

Quel intérêt, pour un investisseur, de se pencher sur cette information ? Il est multiple : dans une phase économique où l’occident en général, et l’Europe en particulier ont une croissance en berne, plombée par les dettes publiques, la Chine est l’endroit du monde qui a le plus besoin de capitaux pour soutenir sa formidable croissance. De plus, l’ouverture d’un parc de loisirs par Disney est un signal fort concernant l’émergence d’une classe moyenne chinoise, c’est en effet le cœur de cible de ce genre de lieux. Enfin, un parc à thème, qu’il soit Disney ou créé par la concurrence, n’est que la partie émergée d’un iceberg économique qui comprend une infrastructure de transport performante, des capacités hôtelières adaptées à la fois au nombre de visiteurs, mais aussi à leurs moyens financiers et tout un écosystème de petites et moyennes entreprises de commerce et de services qui viennent compléter l’offre du parc, principal facteur d’attraction.

Quels sont les types d’entreprises à regarder de plus près alors, dans le cadre de cette ouverture prochaine ?

Disney, en premier lieu. Nous avons ici un regard particulier sur les parcs à thèmes du géant américain. Le parc français fait régulièrement l’objet d’articles dans la presse mettant en avant ses difficultés financières. Mais nous n’avons pas la même vision de ces lieux de loisirs qu’ailleurs.

Venise indoor, un must du loisir de Macao

La Chine, elle, raffole de ces ambiances exotiques, loin de sa culture classique. Pour preuve, le formidable succès des casinos de Macao, ancien comptoir portugais rentré dans le giron chinois en décembre 1999. L’un des paquebots de cette ville consacrée aux loisirs est le Venetian, un gigantesque complexe immobilier dont la façade principale est une réplique du palais des doges et qui va jusqu’à proposer des balades en gondoles dans des canaux vénitiens reconstitués à l’intérieur du bâtiment ! Le parc Disney installé à Tokyo, avec des 14,5 millions de visiteurs en 2010, est aussi un signe de l’attractivité de ce genre de loisirs en Asie.

Pudong, le site d’implantation du futur Shanghaï Disney Resort, est un quartier récent, en front de mer. Surnommé le Manhattan de Shanghaï, il abrite quelques uns des plus grands hôtels internationaux de Chine. Mais cette capacité hôtelière est-elle adaptée à la clientèle de classe moyenne qui viendra passer une journée ou un week-end au parc Disney dès 2016. Nul doute que les analystes vont rapidement se pencher sur la question.

Le groupe Accor, leader mondial de l’hôtellerie, est une compagnie que je vous recommande de mettre sous surveillance. Son absence du marché serait très étonnante et le groupe ne fait pas mystère de sa volonté de profiter de la croissance asiatique pour assurer son développement. Il veut d’ailleurs multiplier par 4 son réseau chinois à l’horizon … 2015. Etonnant, non ?

Mais, pour en terminer avec ce billet au langoureux parfum de farniente, je vais me risquer à vous soumettre une petite idée : et si Disney n’était pas la seule entreprise de loisir à pouvoir tirer parti du marché chinois ? Après tout, il existe d’autres parcs de loisirs en France qui sont de sérieux concurrents pour Disney.

La Compagnie des Alpes en détient plusieurs dont le fameux Parc Astérix qui utilise l’univers créé par Uderzo et Goscinny. La série de bandes dessinées est le plus gros succès commercial français du genre au monde avec plus de 350 millions d’albums vendus et des traductions en 107 langues, dont le mandarin. Les chinois connaissent-ils Astérix ? Sans doute pas tous mais un certain nombre oui, d’autant que la culture française est enseignée dans l’empire du Milieu et est même populaire. Alors, Astérix en Chine ? Vu l’engouement prévu par Disney, je ne pense pas la chose impossible. Nul doute que la Compagnie des Alpes va réfléchir à la question, y compris avec le soutien de partenaires financiers. Ou d’investisseurs.

Le dirigeable, camion du futur ?

Mercredi 14 septembre 2011

Concept Hav d'un dirigeable de fret

Cette rentrée bruisse de quelques articles portant sur la conception et la fabrication de nouveaux dirigeables. Un mode de transport aérien, fort ancien puisqu’il a précédé l’avion dans l’histoire de l’aéronautique. Et pour rappel :  on en est resté, malgré le poids des ans, aux accidents qui l’ont frappé dans les années 30, le plus emblématique étant le crash du Hindenburg à Lakehurst en 1937.

Pourtant, le dirigeable n’a jamais cessé de fasciner l’imaginaire collectif et de susciter des projets, sérieux ou fantaisistes, dans les bureaux d’études des constructeurs aéronautiques. Cette fois-ci, cependant, le retour rêvé pourrait être le bon. En effet, le dirigeable bénéficie de sérieux atouts dans un monde désormais largement dominé par des problèmes économiques couplés avec une préoccupation écologique croissante.

Tout d’abord, les problèmes liés au gaz responsable de sa portance ont été réglé. L’hélium, gaz inerte, a remplacé l’hydrogène. Ensuite un dirigeable est capable de transporter de très lourdes charges sur de vastes distance : Hybrib Air Vehicles par exemple, a conçu un programme de dirigeable lourd capable d’emporter 200 tonnes de fret, soit la capacité de 2 Boeing 747. Enfin, il concurrence efficacement un avion : sa consommation ne dépasse pas le tiers de celle d’un avion conventionnel. De plus, les nouveaux dirigeables peuvent décoller verticalement et ne nécessitent donc pas d’infrastructure étendue comme des pistes d’atterrissages ou des taxiways. Enfin, certains projets, comme le Hybrid Air Vehicle (P-791) de Loockeed Martins peuvent se poser sur l’eau comme en plein champ.

Conditions de marché

Mais, au delà des avancées technologiques qui font du dirigeable une alternative possible au fret aérien, il existe des raisons plus terre à terre qui peuvent ouvrir un brillant avenir à ces engins. Les dirigeables sont peut être une solution simple et peu onéreuse aux problèmes de développement des pays émergents.

Nous avons peu conscience de ce fait en France, mais nous vivons sur un continent particulièrement bien équipé en infrastructures de transports : notre réseau autoroutier, ferroviaire et aéroportuaire est sans équivalent dans le monde. Même les USA ne disposent pas d’un réseau routier et ferroviaire aussi développé. Et ne parlons pas du réseau grand vitesse qui reste à construire.

Les pays émergents vont avoir assez rapidement besoin d’infrastructures de transports étendues et efficaces pour continuer à se développer. Si la Chine a largement investi dans ces budgets, au point de financer des projets internationaux afin de renforcer ses liens de transports avec les pays environnants, une carte géographique montre clairement que ses réseaux sont essentiellement concentrés dans la partie est du pays. Tout l’ouest reste à équiper et le prix de construction de routes ou de voix ferrées est de plus en plus élevé, sans compter les frais d’entretien d’un tel réseau.

Brésil, Russie… premiers demandeurs ?

Le Brésil pourrait lui aussi se tourner dans un avenir proche vers ce mode de transport : La transamazonienne, toujours pas terminée, ne sera pas asphaltée sur toute sa longueur. Manaus, principale ville d’Amazonie et troisième centre industriel du pays, n’est pas reliée de façon sûre au réseau routier brésilien et dépend du fleuve et des lignes aériennes pour rester en relation avec le reste du pays. Le développement d’un réseau routier en Amazonie pose de nombreux problèmes et soulève les oppositions des organisations de défense de l’écologie par son impact sur la forêt primaire. Un dirigeable pourrait se poser sur l’Amazone à proximité immédiate des villes et ouvrir la barrière que constitue la forêt sans l’endommager sur de vastes surfaces.

Les pays cités ne sont pas les seuls ayant intérêt, à moyen terme, à se pencher sur le dirigeable comme moyen de transport du fret. La fédération russe aura elle aussi de plus en plus besoin de systèmes de transports lourds de fret au fur et à mesure que les immenses ressources de Sibérie feront l’objet de projet d’exploitation. Et son projet de création d’une ligne de transport de fret à grande vitesse reliant l’Europe à l’Alaska ne pourra assurer à lui seul la desserte locale.

Une étude de 2008 du Cabinet Ernst & Young pour la région Ile de France a montré les intérêts d’une telle technologie de transport même si les échelles de temps pour sa mise en place sont de l’ordre de 10 à 20 ans pour les porteurs lourds.
Les incertitudes liées au marché du pétrole ainsi que le développement de plus en plus rapide des économies des pays émergents pourraient remettre cette estimation en cause.

En clair, il est temps pour les industriels et investisseurs potentiels de ce secteur, de commencer à surveiller un certain nombre d’indicateurs, parmi lesquels :

  • la croissance des marchés intérieurs des pays émergents très étendus (Chine, Russie, Brésil entre autres);
  • le cours du baril de pétrole (qui ne le surveille pas désormais);
  • enfin la bonne réalisation (ou les échecs) des vastes programmes d’infrastructures de transport de ces pays.

La catastrophe récente d’un TGV chinois est un signe : le dirigeable est en embuscade et la relative maturité technologique de cet engin pourrait en faire un challenger redoutable à ces projets d’état très gourmands en ressources financières.


Pour prolonger : quelques compagnies à surveiller comme HAV (compagnie britannique) et Aeros (société californienne).