
J’ai un peu hésité à faire ce post. Que voulez-vous, après avoir passé plusieurs années à Toulouse, c’est difficile de parler sereinement du pays des Kiwis — et des All Blacks ! — sans avoir quelques relents de jalousie. Et puis, ils viennent de gagner la coupe du monde face à l’équipe de France. Mais la Nouvelle-Zélande a beaucoup d’atouts qui me permettent de lui pardonner d’avoir de tels dieux du ballon ovale. Alors, faisons un petit tour au pays du long nuage blanc. Croyez-moi, c’est intéressant.
Quelques données de base
Tout d’abord, la Nouvelle-Zélande est sans doute le coin de Terre le plus éloigné de la métropole avec la Nouvelle-Calédonie voisine. 12 heures de décalage horaire, une position située aux antipodes, dans l’hémisphère sud. Et oui, novembre signifie pour nous les premiers frimas de l’hiver, chez eux, l’été pointe le bout de son nez. C’est aussi une démocratie occidentale, indépendante même si son chef d’État est la Reine Élizabeth II d’Angleterre. C’est aussi un pays peu peuplé, un peu plus de 4,3 millions d’habitants, ce qui ne l’empêche pas de faire partie des pays influents de la zone pacifique. En effet, son PIB rapporté au nombre d’habitants le classe légèrement derrière l’Espagne.
La Nouvelle-Zélande, autrefois pays fortement régulé et protégé par l’État est surtout un pays qui a effectué une mue libérale profonde depuis les années 90. Là-bas, l’économie de marché est reine et le business se fait avec un minimum d’entraves.
Géographie économique de la Nouvelle-Zélande
Le partenaire historique de la Nouvelle-Zélande est l’Australie voisine. Cependant, depuis avril 2008, le pays a signé un accord de libre échange avec la Chine avant de travailler avec certains de ses partenaires de l’APEC (organisation intergouvernementale de coopération économique Asie Pacifique) à la mise en place d’une zone de libre-échange la plus vaste du monde, le TPP ou Trans-pacific Partnership. Si ce projet aboutit — et un pas significatif a été fait il y a quelques jours seulement — il passera devant l’Union Européenne par la taille (35 % du PIB mondial). Ces deux liens privilégiés, l’un, solide avec la Chine, l’autre en cours de réalisation avec le TPP, pourraient faire de la Nouvelle-Zélande un nouvel eldorado économique.
Atouts économiques de la Nouvelle Zélande
L’économie du pays repose largement sur un secteur très développé des services et du tourisme. Son agriculture est également un secteur clé, même si la Nouvelle-Zélande importe en partie les denrées alimentaires dont elle a besoin. C’est enfin un pays stratégique pour ses partenaires du Pacific en raison de son appartenance au Commonwealth et sa taille, moins large que l’Australie donc moins susceptible d’hégémonie régionale.
Mais ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est un secteur bien particulier : la viticulture néo-zélandaise. Le Pays a en effet très fortement développé ce secteur agricole, triplant sa production durant la décennie 2000. De plus, les viticulteurs néo-zélandais ont pris le parti de produire des vins de qualité avec une recherche œnologique conséquente et constante. Couplé avec le tropisme environnemental très fort de la société néo-zélandaise, le résultat donne des vins “bio” très fortement appréciés par ses clients, notamment les Australiens. L’année dernière, 21 % des viticulteurs étaient déjà passés à des modes de production durables.
Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que la consommation de vin croit fortement en Chine. Entre 2003 et 2008, le marché chinois s’est placé sur une courbe de 17 % de croissance annuelle moyenne, et les produits les plus recherchés et les mieux vendus sont bien sûr les produits hauts en gamme. La Nouvelle-Zélande se trouve donc idéalement placée pour obtenir des débouchés considérables pour une production agricole en plein développement et qui pourrait l’aider à rétablir sa balance commerciale avec la Chine, actuellement déficitaire.
Pourquoi alors ne pas aller proposer notre aide d’investisseurs aux producteurs kiwis ? Si la France est maîtresse dans un domaine, c’est bien celui du vin. Certes, la Nouvelle-Zélande produit des vins mono-cépage, mais nous sommes nombreux ici à avoir une bonne culture viticole et je ne doute pas que les investisseurs intéressés sauront rapidement faire la différence entre un domaine à fort potentiel et une mauvaise affaire.
D’autre part, un rapprochement entre les vins français et néo-zélandais pourrait aussi favoriser l’obtention de nouveaux débouchés pour notre production locale. Sans compter que nous avons une histoire diplomatique commune complexe en raison des essais nucléaires français dans le pacifique, ou la malheureuse affaire du Rainbow Warrior. Des business angels frenchies aideraient à faire évoluer l’image encore très contrastée que nous avons là-bas.
Et puis, produire un bon vin, même de l’autre coté de la planète, c’est un défi qui parle à notre fibre hexagonale. Quand je lis que les cépages néo-zélandais les plus courus sont les Sauvignons blancs, le Pinot noir et le Chardonnay, je me dis qu’en matière de vins, France et Nouvelle-Zélande ont des affaires à faire ensembles !
Pour aller plus loin.
- La Nouvelle Zélande en statistiques version 2011
- Les conseils gouvernementaux néo-zélandais pour les investisseurs potentiels.
- L’industrie viticole néo-zélandaise a son site dédié.




