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Investir dans la lutte contre le réchauffement climatique

Mercredi 14 décembre 2011

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1992 – 2012, vingt ans marqués par un discours de plus en plus inquiétant sur l’état de santé de notre planète qui, rappelons-le, est la seule capable de supporter notre vie que nous connaissions. Le monde scientifique regroupé au sein du GIEC ne cesse de nous alerter sur les conséquences de l’activité humaine sur le climat du monde.

Le 6 décembre dernier, les scientifiques de la NASA rendaient publiques les conclusions de leurs travaux indiquant que le seuil de deux degrés de réchauffement sur lequel les politiques gouvernementales de lutte contre l’émission de gaz à effet de serre pouvaient quand même provoquer des bouleversements climatiques désastreux.

Le sujet est grave et n’incite pas à l’optimisme. D’autant que les pays désignés comme étant les principaux pollueurs, à savoir les économies développées du monde occidental, sont en pleine crise financière. Cela risque de leur interdire durablement de mener les efforts pourtant jugés nécessaires dans le cadre de cette lutte. Pourtant, tout espoir n’est pas perdu et mieux, une décision nationale pourrait à elle seule changer radicalement la donne.

La Chine se lance dans la bataille.

Cette décision est chinoise. Le géant asiatique a en effet annoncé à Durban en Afrique du Sud qu’il se lançait dans un vaste plan destiné à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 17% d’ici à 2015 afin de tenir ses engagements d’une réduction de 40 à 45 % de ces mêmes émissions d’ici à 2020, la valeur de référence étant l’année 2005. Le plan n’est pas un simple effet d’annonce : le mécanisme choisi est d’attribuer à chacune des provinces chinoises des objectifs précis.

Guandong, la première province industrielle de Chine devra réduire ses émissions de 19,5 %. Les gouvernements provinciaux seront en première ligne et répondront de leur échec, le cas échéant.

Le potentiel de chaque région chinoise à atteindre des objectifs d’efficacité de la consommation d’énergie en recourant aux énergies renouvelables a été étudié et pris en compte. Ce plan détaillé vise aussi les entreprises privées qui devront présenter et faire approuver leurs plans de sobriété énergétique et de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Autant le dire, ce plan semble ambitieux, sérieux et concret. Mieux, il est présenté par un pays qui bénéficie d’une croissance économique soutenue et qui dispose de considérables réserves financières, à même de financer ces mesures qui seront, n’en doutons pas, coûteuses. Des besoins considérables, un plan sérieux, une volonté politique, des moyens financiers conséquents… Et si un marché durable de la mutation écologique était en train de voir le jour en Chine ?

Jusque-là, nous avons toujours buté sur cet obstacle : la mutation écologique est coûteuse. Nos économies ont du mal à l’intégrer, surtout dans un contexte de crise. La décision chinoise intervient dans un cadre totalement nouveau : elle a les moyens de son ambition écologique.

Comment réagir ?

investir_changement_climat_chine_ecologieLa première chose à faire sur ce dossier important était, me semble-t-il, de suivre avec beaucoup d’attention la conférence de Durban qui se tenait jusqu’au 9 décembre et surtout, d’en étudier avec soin les conclusions. Le plan chinois a-t-il été apprécié, soutenu ? A-t-il un déclic entrainant d’autres déclarations de principe, émanant des pays en bonne forme économique ? Les informations des prochaines semaines et mois seront riches d’enseignement.

Etudier avec minutie les annonces des industriels de l’énergie renouvelable est la seconde chose à faire. Alstom, Siemens, General Electric sont des groupes sérieux avec des programmes industriels solides dans le domaine de l’éolien.

EDF installe en ce moment même un parc hydrolien de démonstration au large de la Bretagne, autre technologie qui pourrait être promise à un bel avenir. Les courants marins sont en effet nettement moins capricieux que les vents et ces centrales marines pourraient produire une électricité de manière constante.

D’autres projets doivent aussi être suivis, notamment l’équipement de le Chine en barrages hydro-électriques qui peuvent être une réponse au problème posé. N’oublions pas que la Chine, par son contrôle d’une bonne partie de l’Himalaya, est le principal château d’eau de l’Asie. L’annonce de la mise en chantier de nouveaux barrages sera un signe de plus de la réalité du plan chinois.

Il faudra enfin suivre les groupes chinois qui, soyons-en sûrs, profiteront de ce plan pour acquérir et développer les technologies de pointe que la mutation écologique va entrainer. Sans oublier, tout de même, nos entreprises françaises et européennes qui travaillent sur des technologies innovantes comme le groupe Bolloré, partenaire de la Mairie de Paris dans le projet Autolib.

Pour aller plus loin :