Le potentiel économique de l’énorme marché des jeux vidéos n’est plus à démontrer. En 2010, il a représenté au niveau mondial, équipement et logiciels confondus, 38 milliards d’euros. Mais ce marché est en stagnation depuis plusieurs années : une très légère croissance de 0,1% pour l’exercice 2008 – 2009, et une très légère baisse de 0,1% pour l’exercice 2009 – 2010. En cause, la crise économique, mais surtout la phase actuelle, jugée comme une « transition vers de nouvelles générations de machines » comme le dit Laurent Michaud. (responsable de la practice Digital Home Entertainment au sein de l’IDATE), avant un redémarrage en 2012.
Une nouvelle donnée risque fort de bouleverser ce scénario : l’arrivée des tablettes tactiles. Certes, les jeux vidéos existent sur les smartphones, iPhone Apple et mobiles sous Android en tête depuis plusieurs années, mais les tablettes changent la donne d’une manière significative, pour plusieurs raisons :
- la taille et la résolution de leur écran
- leur capacité en mémoire
- la vélocité de leur processeurs et leur système de détection de mouvement
Tout ceci leur donne la capacité de faire tourner des jeux vidéos plus sophistiqués et donc plus attractifs. Ces nouveaux arrivés dans le secteur de l’outil informatique ont très rapidement montré qu’ils avaient une vraie place : les chiffres de vente de l’iPad démentent amplement les craintes d’un effet de mode. Autre signe de l’importance de ces tablettes : les plus grands constructeurs sortent, les uns après les autres leurs modèles et si HP a décidé de se retirer de la course après l’échec de sa tablette, Sony a présenté officiellement à la rentrée ses deux nouveaux modèles.
Or, ces nouveaux supports de jeux instillent un changement profond dans la manière d’acquérir et de jouer. Les jeux ne sont plus achetés en magasins sur CD ou DVD pour être installés dans leur totalité sur un ordinateur. Ils sont downloadés directement sur la tablette. De plus, ils sont plus ramassés, plus courts. Donc moins chers. Un petit joueur qui va hésiter à payer 40€ pour un grand jeu aura plus envie de se faire un petit plaisir avec un jeu payé moins de 10, voire 5€. Beaucoup de ces jeux sont aussi jouables en réseau
Les atouts
Mais le plus intéressant n’est pas là : ces jeux peuvent être élargis, enrichis avec de nouveaux scénarii. Là encore, l’achat ne coutera pas forcément très cher, mais on passe d’une logique d’un coût d’entrée élevé sans beaucoup de mises à jour à un ticket initial bas mais avec des mises à jours fréquentes. Les jeux vidéos ont donc la possibilité de devenir des services générant des paiements réguliers, voire des abonnements, méthode réputée plus indolore pour le consommateur. Et avec ces supports mobiles, ils accompagnent le joueur partout, augmentant l’aspect addictif.
Les grands éditeurs de jeu ont déjà pris pied sur ce marché. Apple ne s’y était pas trompé en fournissant, avant même la sortie du premier iPad, les spécifications matérielles et logiciels à certains éditeurs afin que ceux-ci proposent des offres dès le lancement de la tablette tant attendue. EA Games, poids lourd du secteur propose d’ores et déjà 84 jeux sur iPhone, 36 sur iPad et même 10 sur Android, dont certains blockbusters comme Dead Space, FIFA 11, Sim City ou Need for Speed. Ubisoft, éditeur français est lui aussi dans le mouvement.
Le marché du jeu vidéo va donc se réinventer dans les mois et années qui viennent. Si les univers, scenarii et richesses graphiques seront toujours primordiaux dans le succès d’un jeu, le modèle économique va devoir faire une place de plus en plus importante aux jeux sur consoles mobiles de haute qualité.
Les risques investissement
Le marché du jeu vidéo est très volatile : produit de consommation pour les jeunes par excellence, le succès d’un jeu vidéo est toujours la résultante d’une alchimie complexe :
- un scénario qui séduit les joueurs,
- un univers qu’ils apprécient – les univers fantastiques et médiévaux sont autant plébiscités que les jeux de guerre ou de course de voiture -
- un graphisme aguicheur,
- des personnages auxquels le joueur s’identifie
La conception d’un jeu est encore couteuse et en cas de ratage sur l’un des points sus-nommés, le produit a toute les chances de faire un flop. De plus, l’innovation est souvent récompensée et de nouveaux acteurs viennent régulièrement perturber ce marché délicat et le secouer. Un particulier qui souhaite investir dans un éditeur de jeux vidéos a intérêt à faire ses devoirs et bien connaitre cet univers. Un adolescent à la maison est indéniablement un plus, par exemple, pour comprendre cet univers.
Si l’investissement dans un éditeur de jeux vous semble compliqué, n’oubliez pas que ce marché repose aussi sur une forte composante matérielle : tablette, smartphones et consoles connectées, mais aussi une palette complexe d’accessoires tels que les joysticks, supports, manettes etc. Sur cette subdivision, les critères de choix sont plus simples, car soumis à des tendances moins fragiles. En ce moment, et pour quelques années encore, les entreprises bien implantées dans les univers Apple – IOS et Google – Android sont à privilégier. Ces deux univers informatiques dominent largement le marché, au détriment du Blackberry de RIM et de la version mobile de Windows.



