Archive pour le mot-clef ‘EDF’

Le vent, un investissement d’avenir

Lundi 13 février 2012

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Changement climatique, pic pétrolier, instabilité politique au Moyen-Orient : nos sources principales d’énergie sont actuellement dans la tourmente. Pourtant, le monde a des besoins énergétiques qui ne cessent de croître.

À côté des projets des grands groupes d’électricité, tel EDF et sa turbine sous-marine géante, un écosystème de start-up écolo est en train de voir le jour. Et qui dit start-up dit idées révolutionnaires avec parfois un grand potentiel commercial.

L’éolien progresse mais reste limité

Le vent est une source d’énergie qui progresse. Les parcs éoliens naissent un peu partout en Europe, sur terre ou offshore. Mais ils ont l’immense défaut de placer les turbines à une altitude où le vent n’est pas encore constant. L’énergie éolienne est ainsi perçue comme intermittente et inadéquate pour la mise en place d’un réseau destiné à prendre en charge une part non négligeable de nos besoins énergétiques. Mais que se passerait-il si le vent soufflait en permanence ?

Les vents impriment effectivement un mouvement constant à l’atmosphère de la planète. Nous n’en ressentons pas toujours les effets à la surface, mais ils soufflent en permanence en altitude. Nous connaissons tous les jet-streams, ces fleuves d’air qui parcourent la planète à haute altitude à une vitesse comprise entre 100 et360 km/h. Les longs courriers doivent lutter contre eux ou bénéficient de leur poussée, selon la direction du vol. Mais ces vents sont situés dans la haute atmosphère, entre 6 et15 km d’altitude. Impossible de construire une éolienne à une telle hauteur. La plus grande tour au monde n’a pas encore atteint le kilomètre de haut et nous parlons là d’une structure qui devrait résister à des poussées conséquentes et constantes.

Que faire ? Abandonner le mât ?

Il existe une réponse à ce problème… Et si l’éolienne volait ? L’idée est en fait d’une simplicité lumineuse : les turbines générant le courant électrique sont placées sur ce qui ressemble à de petits planeurs. Ces planeurs sont reliés au sol par un câble qui va transporter l’électricité produite et vont se comporter comme des cerfs-volants. Il n’est pas prévu pour le moment de faire voler un tel dispositif en haute altitude, il reste donc dépendant des vents de surface. Mais, le département américain de l’Énergie, via l’agence ARPA-E, vient de gratifier une start-up américaine, Makani d’une enveloppe de 3 millions de dollars et Google a aussi mis la main au portefeuille, avec un chèque de 20 millions de dollars.

Il faut dire que le projet a de quoi séduire. Il possède un potentiel de production d’électricité plus grand notamment en raison de la meilleure régularité des vents captés et surtout une immobilisation nettement moins grande de capital. Makani estime que seuls 20 tonnes de matériaux seront nécessaires à la production d’un Mégawatt, un chiffre bien inférieur aux éoliennes classiques.

Pour aller plus loin

Je vous incite donc à placer ces technologies sous surveillance. Leur potentiel économique dépend certes de l’évolution du prix de l’électricité créée par les énergies fossiles, mais d’autres sociétés sont elles aussi sur les rangs pour explorer le concept.

A suivre :

  • le cours des énergies fossiles. Ici, le cours du Brent à Londres.
  • Le site de Makani pour garder un œil dur la communication de cette société.
  • Joby Energy qui développe un concept similaire mais sur une aile plus grande.
  • Ampyx Power dont le concept est d’utiliser le mouvement du planeur pour générer le courant à terre.
  • Twind utilise le même concept de génération à terre de l’électricité, mais utilisant un ballon.
  • Le site de l’agence ARPA-E.

Investir dans la lutte contre le réchauffement climatique

Mercredi 14 décembre 2011

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1992 – 2012, vingt ans marqués par un discours de plus en plus inquiétant sur l’état de santé de notre planète qui, rappelons-le, est la seule capable de supporter notre vie que nous connaissions. Le monde scientifique regroupé au sein du GIEC ne cesse de nous alerter sur les conséquences de l’activité humaine sur le climat du monde.

Le 6 décembre dernier, les scientifiques de la NASA rendaient publiques les conclusions de leurs travaux indiquant que le seuil de deux degrés de réchauffement sur lequel les politiques gouvernementales de lutte contre l’émission de gaz à effet de serre pouvaient quand même provoquer des bouleversements climatiques désastreux.

Le sujet est grave et n’incite pas à l’optimisme. D’autant que les pays désignés comme étant les principaux pollueurs, à savoir les économies développées du monde occidental, sont en pleine crise financière. Cela risque de leur interdire durablement de mener les efforts pourtant jugés nécessaires dans le cadre de cette lutte. Pourtant, tout espoir n’est pas perdu et mieux, une décision nationale pourrait à elle seule changer radicalement la donne.

La Chine se lance dans la bataille.

Cette décision est chinoise. Le géant asiatique a en effet annoncé à Durban en Afrique du Sud qu’il se lançait dans un vaste plan destiné à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 17% d’ici à 2015 afin de tenir ses engagements d’une réduction de 40 à 45 % de ces mêmes émissions d’ici à 2020, la valeur de référence étant l’année 2005. Le plan n’est pas un simple effet d’annonce : le mécanisme choisi est d’attribuer à chacune des provinces chinoises des objectifs précis.

Guandong, la première province industrielle de Chine devra réduire ses émissions de 19,5 %. Les gouvernements provinciaux seront en première ligne et répondront de leur échec, le cas échéant.

Le potentiel de chaque région chinoise à atteindre des objectifs d’efficacité de la consommation d’énergie en recourant aux énergies renouvelables a été étudié et pris en compte. Ce plan détaillé vise aussi les entreprises privées qui devront présenter et faire approuver leurs plans de sobriété énergétique et de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Autant le dire, ce plan semble ambitieux, sérieux et concret. Mieux, il est présenté par un pays qui bénéficie d’une croissance économique soutenue et qui dispose de considérables réserves financières, à même de financer ces mesures qui seront, n’en doutons pas, coûteuses. Des besoins considérables, un plan sérieux, une volonté politique, des moyens financiers conséquents… Et si un marché durable de la mutation écologique était en train de voir le jour en Chine ?

Jusque-là, nous avons toujours buté sur cet obstacle : la mutation écologique est coûteuse. Nos économies ont du mal à l’intégrer, surtout dans un contexte de crise. La décision chinoise intervient dans un cadre totalement nouveau : elle a les moyens de son ambition écologique.

Comment réagir ?

investir_changement_climat_chine_ecologieLa première chose à faire sur ce dossier important était, me semble-t-il, de suivre avec beaucoup d’attention la conférence de Durban qui se tenait jusqu’au 9 décembre et surtout, d’en étudier avec soin les conclusions. Le plan chinois a-t-il été apprécié, soutenu ? A-t-il un déclic entrainant d’autres déclarations de principe, émanant des pays en bonne forme économique ? Les informations des prochaines semaines et mois seront riches d’enseignement.

Etudier avec minutie les annonces des industriels de l’énergie renouvelable est la seconde chose à faire. Alstom, Siemens, General Electric sont des groupes sérieux avec des programmes industriels solides dans le domaine de l’éolien.

EDF installe en ce moment même un parc hydrolien de démonstration au large de la Bretagne, autre technologie qui pourrait être promise à un bel avenir. Les courants marins sont en effet nettement moins capricieux que les vents et ces centrales marines pourraient produire une électricité de manière constante.

D’autres projets doivent aussi être suivis, notamment l’équipement de le Chine en barrages hydro-électriques qui peuvent être une réponse au problème posé. N’oublions pas que la Chine, par son contrôle d’une bonne partie de l’Himalaya, est le principal château d’eau de l’Asie. L’annonce de la mise en chantier de nouveaux barrages sera un signe de plus de la réalité du plan chinois.

Il faudra enfin suivre les groupes chinois qui, soyons-en sûrs, profiteront de ce plan pour acquérir et développer les technologies de pointe que la mutation écologique va entrainer. Sans oublier, tout de même, nos entreprises françaises et européennes qui travaillent sur des technologies innovantes comme le groupe Bolloré, partenaire de la Mairie de Paris dans le projet Autolib.

Pour aller plus loin :

Investissez dans le réseau Internet !

Lundi 10 octobre 2011

Un des Google Datacenters en Oregon

Quinze ans de démocratisation de l’accès à Internet a transformé le monde comme peu de révolution auparavant. Cependant, nous confondons tous allègrement le Web et Internet. Pour faire simple, le Web (l’information texte, vidéo, audio etc) utilise Internet, le réseau physique pour circuler. Internet est donc à la base un ensemble d’éléments matériels : câbles, serveurs, répétiteurs, centrales d’énergie etc. Je ne vous suggère donc pas de reprendre la « bulle Internet » du début des années 200, bien au contraire. En fait, je vais vous expliquer pourquoi il devient intéressant d’investir dans le réseau lui même.

A l’heure actuelle plus de 2 milliards d’humains ont un accès à Internet et aux services qui circulent dessus. Environ un tiers de l’humanité recherche de l’information, la crée, la fait circuler tous les jours. Cette information circulent dans des câbles terrestres ou sous-marins, trans-océaniques, elle circulent aussi dans l’espace, par satellite. Mais toute cette masse d’information doit aussi être stockée quelque part. Elle part dans ce qu’on appelle des « fermes de serveurs » ou datacenters, qui ne sont autre chose que de très grands bâtiments dans lesquels sont installés et connectés des centaines, parfois des milliers d’ordinateurs dont la seule fonction est de stocker et d’envoyer l’information au fur et à mesure des demandes des Internautes.

Google, premier moteur de recherche mondial, est un grand utilisateur de ces fermes de serveurs. Après avoir implanté une série de datacenters en Europe, en Finlande et en Belgique, a décidé de faire un investissement 200 millions de dollars pour faire de même en Asie, Taïwan, Singapour et Hong-Kong. D’autres centres sont prévus pour être installés au Brésil ou en Argentine.

Google n’est bien sûr qu’une entreprise parmi d’autres, ayant ce genre de besoins. Facebook, qui a dépassé les 800 millions de comptes, a aussi besoin d’avoir de nombreuses – et fiables ! – fermes de serveurs pour sauvegarder l’énorme masse d’informations personnelles que donnent les abonnés. Facebook doit de plus sauvegarder l’encore plus grande masse d’informations relayée et partagée par ses abonnés. Et nous pourrions parler de Twitter, LinkedIn, Viadeo, sans compter les dizaines de millions de blogs et les sites de sauvegarde et de partage de photos et vidéos comme Youtube, Flickr ou Dailymotion.

Cloud et objets communicants

Et ce déluge d’information n’est qu’un début : deux phénomènes émergents vont contribuer à multiplier de manière exponentielle cette masse de data à stocker partout autour de la planète :

  • 50 milliards d'objets connectés en 2020 ?

    le Cloud, qui propose de ne plus enregistrer l’information de chacun sur son ordinateur personnel, mais de le faire sur Internet afin qu’elle soit à la fois partageable et accessible de partout.

  • L‘Internet des objets va lui connecter notre environnement quotidien au réseau mondial afin d’avoir des objets plus intelligents : un autoroute qui informera en temps réel les automobilistes de la densité de la circulation, une voiture qui préviendrait lorsqu’elle a besoin d’une révision, une télévision qui garderait en mémoire les programmes préférés de son propriétaire, un réseau d’eau qui alerterait en cas de fuite. D’ici 2020, c’est 50 milliards d’objets qui pourraient être connecté à Internet.

Alors, ces fermes de serveurs ont un bel avenir. Entreprises de bâtiments spécialisées dans la construction de « salles blanches », fabricants de serveurs informatiques, d’onduleurs, de générateurs d’appoint en cas de pannes, etc, c’est tout un secteur de l’économie qui va connaître une croissance très soutenue.

Autre détail : ces serveurs regroupés dans un bâtiments génèrent une quantité non négligeable de chaleur. La climatisation de ces bâtiments est nécessaire et c’est même un des coûts de fonctionnement les plus importants. D’où l’installation de Google en Finlande et en Belgique, deux pays connus pour avoir des températures moyennes assez basses, ce qui permet de mettre en place une climatisation moins gourmande.

Localisation et fraîcheur

Ces datacenters doivent enfin être à proximité des réseaux physiques afin de ne pas avoir trop de coûts de raccordement. Que ce soit dans les pays émergents, où la population connectée va encore croitre considérablement, ou dans les pays développés, qui pourront rapidement investir dans les objets connectés, les zones tempérées fraiches seront privilégiées. Les terrains adjacents aux grands réseaux de données (la SNCF en possède un, performant qui plus est, par exemple) seront préférés.

Une dernière chose : je me demande combien de temps encore nous attendrons un petit malin qui proposera d’utiliser ces datacenters comme… centrales d’énergie thermiques, pour récupérer toute cette chaleur générées par les serveurs. Qui sait, nous pourrions avoir dans dix ans des villages bien informés ayant offert un terrain intéressant à un Google ou un Facebook, en échange de l’installation d’un système de récupération de chaleur qui chauffera l’eau du village et rafraichira les ordinateurs. L’entreprise qui lancera un tel système fera fortune. Et, personnellement, j’y mettrai une partie de mes économies !

Entreprises à suivre :

  • Google : sa croissance en datacenters est un bon indicateur du marché
  • Facebook : même indicateur de croissance du marché que Google
  • Cisco : fournisseur de matériels pour le réseau Internet
  • Siemens : géant européen de l’énergie et des infrastructures
  • Alsthom : concurrent de Siemens
  • EDF : principal fournisseur d’énergie français et d’un des plus gros client potentiels de l’Internet des objets