Archive pour février 2012

Investir dans le luxe : pensez chinois !

Jeudi 16 février 2012

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La très forte croissance économique chinoise fait sentir ses effets dans tous les secteurs économiques. Le monde du luxe ne fait pas exception à la règle. Je vous avais déjà parlé du secteur de la vente d’objets d’arts, je vais vous inviter à regarder de plus près le secteur de la mode et des accessoires de luxe.

Le luxe, signe d’un rang social élevé

Tout ceci part d’un constat simple : nous sommes peu après le nouvel an chinois. Ces derniers ont une tradition solidement ancrée : faire des cadeaux à leurs amis. Ces cadeaux servent souvent à marquer la position sociale de la personne qui offre. Plus son rang social sera élevé, plus les cadeaux faits seront coûteux. Et ils devront être immédiatement identifiés comme tels.

Parmi le top 10 des cadeaux les plus offerts par les Chinois fortunés se trouvent 5 marques françaises. Mieux, les 4 premières places sont trustées par ces marques françaises, à savoir Vuitton, Cartier, Hermès et Chanel. Ces marques sont bien connues par la population chinoise. Leur qualité et la culture française qu’ils symbolisent et véhiculent en font tout l’attrait. Les marques chinoises de luxe, encore trop méconnues, n’ont pas la même puissance d’évocation.

De plus, il ne faut pas oublier que les Chinois dépensent pour ces cadeaux sociaux des sommes très conséquentes en comparaison avec leurs homologues occidentaux. Or la Chine compte déjà près d’un million de millionnaires, et la tendance va croissant. Les grandes maisons de luxe françaises et occidentales investissent le pays, chaque centre commercial se doit d’avoir ses boutiques de luxe à Pékin.

La Chine, premier marché du luxe d’ici 2016

La chine représente actuellement 17% du marché mondial, pour 23 milliards d’euros de chiffre d’affaires. D’ici à 2016, elle sera le premier marché du secteur. Parmi les produits de luxe les plus appréciés se trouvent les bijoux et montres en or car ce métal est fortement apprécié comme valeur anti-inflation. Le salon international de la bijouterie qui se tiendra à Hong Kong sera sans doute l’un des meilleurs « place-to-be » pour les marques du secteur, le marché chinois représentant près du quart du marché désormais.

Une clientèle qui doit acquérir les codes

La récente culture politique et sociale chinoise a mal préparé cette clientèle à intégrer les codes bien spécifiques du luxe. Les clientes n’ont pas une connaissance approfondie des grandes modes qui ont traversé le monde occidental ces 50 dernières années et certaines références leur sont étrangères. Si nous sommes capables de reconnaître une inspiration sixties d’un seul coup d’œil, l’acheteuse chinoise, qui n’a pas pu se tenir au courant du bouillonnement parisien ou londonien de l’époque, est perdue. La presse spécialisée chinoise met donc en ce moment les bouchées doubles pour leur fournir tous ces éléments nécessaires à une éducation fashion efficace.

Pour aller plus loin

Plus que jamais, les investissements dans le secteur du luxe sont de bons placements. La croissance des chiffres d’affaires est excellente, les bons résultats de sociétés comme Hermès par exemple, montrent que ce secteur est un bon placement en temps de crise.

Sa clientèle est moins affectée et dans un contexte maussade, le luxe offre une part de rêve qui permet de s’évader du quotidien. Pour aller chercher cette clientèle chinoise qui s’impose de plus en plus comme celle qui tire le marché vers le haut, il y a donc quelques clés à connaître.

  • les marques que vous choisissez d’intégrer dans votre portefeuille doivent avoir une forte image de luxe et seront de préférence connectées à une culture qui attire les chinois aisés. Les grandes marques françaises sont en haut du panier, surtout si elles représentent l’image dela France.
  • Il vous sera utile de suivre la presse de mode chinoise : quelles sont les tendances mises en avant, quelles cultures (londoniennes, parisiennes, new-yorkaises, etc.) ont les faveurs des rédactions, saison par saison.
  • Une revue des blogs n’est pas forcément à exclure mais les vrais sites qui reniflent la tendance émergente sont rares. Fiez-vous aux valeurs sûres, le temps n’est pas encore venu ou le Web 2.0 sera prescripteur dans ce domaine.
  • Si vous êtes déjà présents sur le secteur via votre activité ou votre portefeuille, vous devez investir dans l’image de la marque de façon intelligente : glissez-la dans une longue tradition de produits de qualité, n’hésitez pas à faire appel à la presse chinoise pour qu’elle découvre, apprécie et donc recommande votre marque.
  • Dernière chose : les chinois fortunés viennent de plus en plus à Paris faire leur shopping mode. C’est tellement plus chic. Et de plus, ils évitent les taxes lourdes. Vos produits peuvent donc se vendre dans les endroits qu’ils fréquentent dans la capitale, de retour en Chine, ils y gagneront un parfum très français qui renforcera leur image. Si votre marque n’est pas très connue, cette stratégie alternative sera peut-être plus payante que de se risquer à s’implanter sur un marché qui ne connaît pas encore la valeur culturelle de votre marque.

 

Le vent, un investissement d’avenir

Lundi 13 février 2012

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Changement climatique, pic pétrolier, instabilité politique au Moyen-Orient : nos sources principales d’énergie sont actuellement dans la tourmente. Pourtant, le monde a des besoins énergétiques qui ne cessent de croître.

À côté des projets des grands groupes d’électricité, tel EDF et sa turbine sous-marine géante, un écosystème de start-up écolo est en train de voir le jour. Et qui dit start-up dit idées révolutionnaires avec parfois un grand potentiel commercial.

L’éolien progresse mais reste limité

Le vent est une source d’énergie qui progresse. Les parcs éoliens naissent un peu partout en Europe, sur terre ou offshore. Mais ils ont l’immense défaut de placer les turbines à une altitude où le vent n’est pas encore constant. L’énergie éolienne est ainsi perçue comme intermittente et inadéquate pour la mise en place d’un réseau destiné à prendre en charge une part non négligeable de nos besoins énergétiques. Mais que se passerait-il si le vent soufflait en permanence ?

Les vents impriment effectivement un mouvement constant à l’atmosphère de la planète. Nous n’en ressentons pas toujours les effets à la surface, mais ils soufflent en permanence en altitude. Nous connaissons tous les jet-streams, ces fleuves d’air qui parcourent la planète à haute altitude à une vitesse comprise entre 100 et360 km/h. Les longs courriers doivent lutter contre eux ou bénéficient de leur poussée, selon la direction du vol. Mais ces vents sont situés dans la haute atmosphère, entre 6 et15 km d’altitude. Impossible de construire une éolienne à une telle hauteur. La plus grande tour au monde n’a pas encore atteint le kilomètre de haut et nous parlons là d’une structure qui devrait résister à des poussées conséquentes et constantes.

Que faire ? Abandonner le mât ?

Il existe une réponse à ce problème… Et si l’éolienne volait ? L’idée est en fait d’une simplicité lumineuse : les turbines générant le courant électrique sont placées sur ce qui ressemble à de petits planeurs. Ces planeurs sont reliés au sol par un câble qui va transporter l’électricité produite et vont se comporter comme des cerfs-volants. Il n’est pas prévu pour le moment de faire voler un tel dispositif en haute altitude, il reste donc dépendant des vents de surface. Mais, le département américain de l’Énergie, via l’agence ARPA-E, vient de gratifier une start-up américaine, Makani d’une enveloppe de 3 millions de dollars et Google a aussi mis la main au portefeuille, avec un chèque de 20 millions de dollars.

Il faut dire que le projet a de quoi séduire. Il possède un potentiel de production d’électricité plus grand notamment en raison de la meilleure régularité des vents captés et surtout une immobilisation nettement moins grande de capital. Makani estime que seuls 20 tonnes de matériaux seront nécessaires à la production d’un Mégawatt, un chiffre bien inférieur aux éoliennes classiques.

Pour aller plus loin

Je vous incite donc à placer ces technologies sous surveillance. Leur potentiel économique dépend certes de l’évolution du prix de l’électricité créée par les énergies fossiles, mais d’autres sociétés sont elles aussi sur les rangs pour explorer le concept.

A suivre :

  • le cours des énergies fossiles. Ici, le cours du Brent à Londres.
  • Le site de Makani pour garder un œil dur la communication de cette société.
  • Joby Energy qui développe un concept similaire mais sur une aile plus grande.
  • Ampyx Power dont le concept est d’utiliser le mouvement du planeur pour générer le courant à terre.
  • Twind utilise le même concept de génération à terre de l’électricité, mais utilisant un ballon.
  • Le site de l’agence ARPA-E.