Nous allons beaucoup parler d’Afrique sur ce blog. Ce continent ne nous est pas inconnu, nous avons une histoire commune assez longue bien que conflictuelle et encore sujette aux blessures nationales. Mais, sans nier les terribles images d’Epinal qui accompagnent immédiatement l’Afrique dans nos esprits, nous devons comprendre que le continent “noir” est aussi une zone économique qui possède un potentiel non négligeable pour une investisseur.
L’Afrique mérite largement qu’on se penche sur son attractivité. Selon les chiffres même du FMI, l’Afrique subsaharienne devrait connaître dans les années 2011 et 2012 une croissance économique supérieure à la moyenne mondiale : 5,2% cette année, 5,8% l’année prochaine. En fait, seule la Chine fera mieux avec 9,5% et 9%. Pas mal comme résultat pour un continent que beaucoup pensent à la dérive, économiquement.
Cette semaine, je vous propose de vous pencher un peu sur un secteur en pleine croissance : la téléphonie mobile. Secteur de haute technologie, il est en plein boom sur le continent africain. L’institut Gallup a mené une étude sur 17 pays africains qui révèle que 57% de la population adulte possède un téléphone mobile, soit environ 151 millions de personnes. Les chiffres varient fortement d’un pays à l’autre : 84% de réponses positives en Afrique du Sud, 71% au Nigéria, 56% au Kenya contre 32% au Tchad, 18% au Niger et 16% en République de Centrafrique. Cependant, un marché de plus de 150 millions de personnes n’est pas à négliger. Et c’est en Afrique que le marché du téléphone mobile a connu sa plus forte croissance depuis 2003 (source CNUCED)
D’autant que l’Afrique connait un mouvement démographique en croissance continue et que sa population suit la même tendance que le reste du monde : nous sommes de plus en plus nombreux à vivre en ville. Quel rapport me direz vous ? Il est simple : plus une population est concentrée, moins les infrastructures sont couteuses pour les connecter. Or l’Afrique verra une majorité de sa population devenir urbaine dans les 20 ans à venir. Le directeur exécutif de l’ONU-habitat, Joan Clos, a déclaré que « les grands couloirs urbains d’Afrique sont les moteurs de la croissance économique ». Ces zones, assez simples à couvrir pour les opérateurs de téléphonie mobile, sont donc les principaux lieux d’accumulation de richesse.
De plus, la téléphonie mobile est une alternative aux réseaux fixes, peu développés, ce qui handicape l’accès à Internet et à un monde de services en ligne. Des entrepreneurs africains sont donc en train de concevoir et de mettre au point des offres de services spécialement adaptés aux marchés locaux : faire ses courses, opérer des transactions bancaires. Le service M-Pesa, développé au Kenya, permet aux habitants de ce pays qui ne possèdent pas de comptes bancaire, d’avoir accès à ces services, la rémunération se faisant par une commission prélevée sur le prix du SMS.
Orange ne s’est pas trompé et tourne son regard sur l’Afrique comme relai stratégique de sa croissance. Fin 2010, l’opérateur français était déjà présent dans 19 pays avec 55 millions de clients et un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros, en hausse de 6%. Nous attendons avec impatience les chiffres de l’exercice 2011 …
Autre spécificité africaine : le smartphone en vogue là bas n’est pas l’iPhone d’Apple ou le Samsung Galaxy sous Android, mais le Blackberry. Malmené sur ses terres nord-américaines, le constructeur canadien RIM pourrait trouver en Afrique une zone pour assurer son existence et même sa croissance.
La situation n’est tout de même pas toute rose : l’Afrique est encore malade de son instabilité politique et de ses carences en matière de démocratie. Un certain nombre de ses dirigeants ne voient pas d’un bon œil l’utilisation de plus en plus massive d’un moyen de communication qui échappe à leurs moyens de surveillance. Obed Bapela, vice ministre sud-africain des Télécommunications a récemment déclaré vouloir « passer en revue la messagerie du Blackberry ». En cause, les technologies de cryptage que RIM a implanté dans son système d’exploitation. Cependant, les évolutions en cours dans d’autres parties du monde prouvent que les réticences gouvernementales pèsent peu face à un engouement massif des populations.
Quelques sociétés à surveiller :
- Orange et ses chiffres de croissance en Afrique
- Blackberry avec son taux de pénétration du marché africain
- Slim Trader
- Safaricom
Mots-clefs : Afrique, Afrique du Sud, Blackberry, croissance économique, FMI, Fond Monétaire International, Haute technologie, investir, investisseur, Kenya, opérateur mobile, Orange, smartphone, téléphonie mobile





[...] blog.bforbank.com [...]
POur ceux qui veulent aller plus loin, je recommande l’article sur le m-banking au Kenya écrit par mon confrère Eric Mainville, blogueur sur BforBank :
http://blog.bforbank.com/epargne-responsable/2011/10/12/mamakiba-m-banking-aide-femmes-kenya/
Cordialement
M.