Archive pour octobre 2011

L’avenir industriel et minier passera par l’espace

Lundi 24 octobre 2011
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Un futur possible : astéroïde amené en orbite terrestre.

Tous les fans de Star Trek le savent, l’espace est l’ultime frontière. Quoi de plus naturel, en somme, pour ce blog, que de commencer à parler de technologies spatiales comme d’un secteur d’avenir pour les investissements ?

Pour bon nombre d’entre vous, l’espace n’est pas un secteur économique mais plutôt une aventure humaine sous l’égide des états qui coûte plus qu’elle ne rapporte. Une danseuse pour riches nations qui en font l’un des terrains privilégiés pour leur jeu de pouvoir et de domination. Ce n’est pas faux mais l’espace est depuis longtemps un domaine qui se révèle très profitable pour des investisseurs bien informés.

Par exemple, la course à la Lune lancée par les USA et feu l’URSS dans les années 60 a permis à l’industrie informatique américaine de bénéficier d’énormes investissements afin de pouvoir équiper les sondes et capsules spatiales d’ordinateurs miniaturisés capables de fonctionner avec des sources d’énergie limitées tout en effectuant les calculs indispensables à bord. De même, les stations de suivi terrestres avaient des besoins informatiques conséquents qui, eux aussi, ont généré des investissements dans des systèmes informatiques plus lourds. Nul besoin de dire que ces percées technologiques ont conféré à l’informatique US une avance qui se vérifie encore maintenant.

Mais la Lune n’est pas un objectif rentable à court terme. Il existe cependant dans l’espace plusieurs secteurs d’activité qui font déjà – ou vont faire – l’objet d’une intense course à l’investissement public et privé. Le secteur des télécommunications en est un et si le leader mondial du lancement de satellites privés est européen, Arianespace, ce secteur est déjà bien avancé.

Un autre est en train de poindre le bout de son nez : l’industrie minière spatiale. En effet, les astéroïdes qui peuplent notre système solaire par millions sont, selon les scientifiques, en partie composés de matériaux métalliques tels que le fer, l’or, le cobalt, le manganèse, le platine et même des « terres rares ». En 1997, on a estimé qu’un astéroïde métallique de taille assez modeste, entre un et deux kilomètres, pourrait contenir des minerais pour une valeur totale de plus de 20 000 milliards de dollars . On considère qu’un astéroïde comme 16 Psyché pourrait à lui seul subvenir aux besoins industriels en fer et nickel pendant plusieurs millions d’années. De quoi construire une véritable industrie en orbite, non ? Les Chinois ne s’y trompent d’ailleurs pas puisque selon certaines informations récentes, leur programme spatial comporte désormais un volet visant à tester les technologies nécessaires à la capture d’un astéroïde et à son remorquage vers l’orbite terrestre.

Cette industrie minière dans les astéroïdes a, jusque-là, rencontré deux problèmes majeurs : le coût d’un lancement spatial depuis le sol terrestre, et la technologie nécessaire pour acheminer ce caillou de l’espace vers une zone où nous pourrions l’exploiter. Ces deux barrières majeures pourraient bien se lever dans les prochaines années. À dire vrai, la seconde est déjà franchie sur le papier et dans les tests faits entre la Terre et la Lune. Mais reprenons dans l’ordre.

1- l’accès à l’orbite terrestre

Pour le moment, nous savons envoyer des objets dans l’espace avec des fusées fonctionnant avec des moteurs à réaction chimique provoquant une poussée énorme. Ces moteurs sont particulièrement gourmands en combustibles de base et le coût d’un lanceur est très élevé. On a bien pensé à des ascenseurs spatiaux mais leurs coûts de construction est horriblement élevé et la technologie qui permettrait de les bâtir, encore en développement, nécessite de toute façon la capture d’un astéroïde.

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Un dirigeable pour accéder aux portes de l’espace ?

Une société américaine, JPAerospace, est en train de développer un nouveau concept, qui utiliserait des ballons dirigeables (j’avais déjà fait un billet sur le potentiel de cette technologie de vol) pour atteindre sans grand effort une station flottant à la limite de l’espace, puis un planeur spatial aux moteurs peu puissants (moins de gravité et surtout très peu d’atmosphère pouvant générer des frottements) qui amènerait la charge en orbite tout en douceur. Ce système, en cours de test, est certes lent mais infiniment moins coûteux !

Selon les calculs de l’ingénieur qui a imaginé ce concept, le prix de l’accès à l’espace pourrait descendre aux environ de 2 dollars le kilo dans les 20 prochaines années. À titre de comparaison, cette fourchette de prix est équivalente à l’offre actuelle de transport de fret chez Air-France – KLM entre l’Europe et l’Île de la Réunion. Ce mode de transport, qui est déjà en phase de test à une échelle réduite, mérite vraiment que l’on s’y intéresse sérieusement.

2 – Le remorquage spatial

La seconde phase est longue : le remorquage spatial. Cela consiste à envoyer un engin robotisé chercher un astéroïde bien défini, le harponner puis le ramener vers notre belle planète Terre. Il faut pour cela des moteurs capables de produire une poussée pendant un temps relativement long. Cette technologie existe : le moteur à ions. L’agence spatiale européenne l’a testé il y a quelques années avec la sonde Smart-1 qui, avec un tel moteur, a fait le voyage Terre/Lune en 13 mois. C’est lent mais le moteur consomme 10 fois moins de carburant qu’un moteur de fusée classique. Moins de poids équivaut à moins d’argent nécessaire.

Ce moteur pourrait donc répondre aux besoins d’un engin ramenant lentement mais régulièrement un bel astéroïde métallique en orbite basse. Certes, l’immobilisation financière serait longue, plusieurs années sans doute, mais est-ce un problème lorsqu’on attend un retour sur investissement qui se chiffre en milliers de milliards de dollars ?

Rêve ou futur possible ?

Restons raisonnables, tout ceci n’est pas pour 2012. Cependant, nous avons tout intérêt à nous pencher sur ce dossier rapidement. Les ressources minières de la planète ne sont pas illimitées et surtout, l’impact écologique de leur exploitation va provoquer un renchérissement constant dans les années qui viennent. L’accroissement toujours plus grand de la population mondiale rendra ces industries de plus en plus impopulaires par les dégâts qu’un accident industriel peut provoquer. Il suffit de se remémorer l’accident d’une usine de traitement d’aluminium en Hongrie pour réaliser à quel point l’industrie minière sur Terre va devoir augmenter ses coûts. Et dans l’espace, point de Danube à polluer…

La relance de la « conquête spatiale » devient en fait un nouvel enjeu industriel. Beaucoup de technologies indispensables sont en cours de mise au point, certaines sont encore dans les cartons mais nous atteignons en ce moment un stade de maturité technologique qui les rends sinon inéluctables, du moins possibles. Et les bénéfices potentiels sont gigantesques.

L’Europe a des atouts à faire valoir dans cette compétition. Son industrie spatiale est performante, elle dispose de capacités d’investissements non négligeables, elle a un savoir-faire dans l’industrie minière de pointe qui ne demande qu’à servir de nouveau. Il manque la volonté. Cette volonté, les investisseurs privés peuvent l’apporter. Le jeu en vaut la chandelle, dans les 15 ans qui viennent.

Investir dans l’immobilier US ? Oui, mais à Detroit !

Lundi 24 octobre 2011

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Friche immobilière à Detroit. Futurs bureaux de Startup ?

Je lis régulièrement des papiers sur les opportunités offertes aux investisseurs étrangers dans l’immobilier aux Etats-Unis. Invariablement vient sur le tapis l’exemple archi-classique des villas luxueuses de Miami, destination phare des Français fortunés qui veulent passer quelques temps de farniente au « Sunshine State ». Tout en restant dans l’investissement immobilier, je vais évoquer pour vous une autre idée. Non pas que je n’aime pas la Floride, mais je crois qu’il y a mieux à faire.

Je vous propose donc de tourner vos yeux vers le nord et surtout, vers un autre type d’investissement immobilier. Fonçons au Midwest, vers les grands lacs. La région est fortement industrialisée, notamment avec l’implantation historique des grands constructeurs automobiles – les « Big Three », General Motors, Ford et Chrysler – à Detroit, surnommée Motor City.

Certes, la région est en crise avec les difficultés économiques qu’ont connu les constructeurs automobiles. Detroit a perdu la moitié de ses habitants depuis 1970, mais investir, c’est aussi penser avec un ou deux coups d’avance et pas seulement se contenter de placer son argent de la même manière que tous les autres. Peu de risque équivaut souvent à peu de profit.

Alors, quels sont les signes que nous pouvons voir qui font de la « Rust Belt » une zone qui mérite notre attention ? j’en vois trois.

1 – le passé industriel

Qui peut raisonnablement croire que les USA vont abandonner du jour au lendemain la fabrication d’automobiles ? Ce n’est pas parce que le secteur est actuellement en crise qu’il le sera toujours, et les Américains ont une étonnante faculté de rebond. Je suis d’autant plus persuadé de la chose que les Etats-Unis sont un pays qui s’est bâti avec la voiture et que cette situation n’est pas prête de changer :

  • Les banlieues américaines sont tout simplement impossibles à desservir par un réseau serré de transports en commun.
  • De plus, la densité américaine, inférieure à 32 habitants au km2 rend nécessaire l’utilisation de véhicules individuels.
  • Le véhicule électrique, longtemps sujet de railleries aux USA est de nouveau sous les feux des projecteurs et l’un de ses promoteurs, Elon Musk, créateur de PayPal et actuellement CEO de Tesla Motors est considéré comme l’un des entrepreneurs les plus remarquables du moment.

Le futur réseau à grande vitesse du Middle West

Le futur réseau à grande vitesse du Middle West

2 – La future ligne TGV

Les Etats-Unis sont peut-être le pays de la voiture et de l’aviation, mais ils ont eu un passé ferroviaire conséquent et la technologie du « High Speed Rail » est une alternative au coût croissant des transports automobiles et aériens qu’ils considèrent sérieusement. L’un de ces projets concerne justement la zone Nord-Est des USA, avec une liaison entre Chicago et Detroit, pour lequel le gouvernement US a récemment débloqué une enveloppe de 196 millions de dollars. Pour ces projets de trains à grande vitesse aux USA :  la SNCF sur les rangs dans un partenariat avec Alstom. Nous en reparlerons d’ailleurs dans un billet prochain. Ce qui est intéressant dans cette information, c’es le fait que Detroit, pourtant considérée par beaucoup comme une ville en perdition, va tout de même se trouver, un jour prochain, raliée avec la capitale économique du coeur des Etats-Unis. Et, qui dit liaison, dit dynamisme économique.

3 – Les start-ups à Detroit.

Les autorités américaines, locales nationales ou fédérales, n’ont aucune envie de voir basculer l’ancien cœur de l’automobile US dans le néant. Pour revivifier un tissu économique endommagé, les Américains comptent sur les entreprises innovantes, ces startups dont nous ne comprennont le concept que partiellement en France. Régulièrement, des initiatives se font jour pour faciliter leur implantation à Detroit et aux alentours. Detroit a d’ailleurs une petite communauté de startups en croissance régulière.

Le programme « Venture for America » qui vise à aider les startups américaines liste d’ailleurs Detroit comme l’une des villes ou les jeunes diplômés peuvent démarrer leur carrière dans un environnement urbain moins couteux que les grandes mégalopoles comme New York ou San Francisco. Et va investir de l’argent dans les jeunes entreprises locales.

L’université du Michigan, elle aussi, met en place un fonds d’investissement dans les startups afin de dynamiser le tissu économique de l’état du Michigan. Ce programme permettra à ses étudiants de trouver plus de débouchés en terme d’emplois et bien sûr, de favoriser l’éclosion d’entreprises qui seront des partenaires reconnaissants dans le futur.

Investir donc …

Il y a donc  là d’indéniables opportunités d’investissement dans l’immobilier. Tout d’abord dans les zones où va passer la future ligne grande vitesse : les Américains voient dans ces lignes non seulement un moyen de favoriser le trafic passager à moindre coût, mais aussi un moyen de créer de nouvelles activités économiques autour des gares dans les villes desservies, comme le montre bien le programme très avancé de TGV californien. Le site de présentation du projet de grande vitesse du Middle West ne dit pas autre chose, parlant d’un investissement situé entre 2,3 et 3,5 milliards de dollars pour le seul Michigan.

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Techtown, parc technologique de Detroit, couplé avec le centre de recherche universitaire

Les incitations à l‘installation de startups à Detroit sont une autre opportunité : ces entreprises ont besoin de locaux, modestes à leur naissance, puis plus vastes et plus prestigieux au fur et à mesure de leur croissance. L’immobilier d’entreprise à Detroit est à mon avis un secteur favorable à l’investissement car les opportunités d’achat de locaux professionnels dans une ville qui a perdu la moitié de ses habitants ne manquent pas, et à des prix très abordables.

Alors, investir maintenant ? Aujourd’hui ou demain, non sans doute. Prenez en revanche le temps d‘étudier avec soin la situation, renseignez vous, prenez des contacts avec les Français expatriés sur place, suivez les projets de développement de la zone de manière régulière. Suivez aussi les projets de construction de buildings, les initiatives de rénovation urbaines à Detroit et dans les environs. Et, bien évidemment, suivez de près les indicateurs boursiers des grands constructeurs automobiles US. Dans les prochains mois et années, il y aura de l’argent à faire dans la renaissance de la « Rust Belt ». Loin de Miami et de son soleil, certes, mais dans des bâtiments en dur, pérennes. Plus en adéquation avec notre vision française de la pierre.

Sites à surveiller :

  • Detroit Area Startup : http://detroit.areastartups.com/ un site qui liste les implantations dans la métropoles, et qui, via une newsletter, vous permet d’obtenir de l’info régulière sur ce secteur.
  • Connect The MidWest : http://www.connectthemidwest.com/ site de présentation du projet de réseau TGV du Middle West américain
  • Detroit Venture Partners : http://detroitventurepartners.com/ DVP est un groupe de Business Angels focalisé sur la région de Detroit, à suivre donc notamment leur portfolio.
  • TechTown : http://techtownwsu.org/ Techtown est le parc technologique ainsi que le centre de recherche del la Wayne State University à Detroit.

Investissez dans le réseau Internet !

Lundi 10 octobre 2011

Un des Google Datacenters en Oregon

Quinze ans de démocratisation de l’accès à Internet a transformé le monde comme peu de révolution auparavant. Cependant, nous confondons tous allègrement le Web et Internet. Pour faire simple, le Web (l’information texte, vidéo, audio etc) utilise Internet, le réseau physique pour circuler. Internet est donc à la base un ensemble d’éléments matériels : câbles, serveurs, répétiteurs, centrales d’énergie etc. Je ne vous suggère donc pas de reprendre la « bulle Internet » du début des années 200, bien au contraire. En fait, je vais vous expliquer pourquoi il devient intéressant d’investir dans le réseau lui même.

A l’heure actuelle plus de 2 milliards d’humains ont un accès à Internet et aux services qui circulent dessus. Environ un tiers de l’humanité recherche de l’information, la crée, la fait circuler tous les jours. Cette information circulent dans des câbles terrestres ou sous-marins, trans-océaniques, elle circulent aussi dans l’espace, par satellite. Mais toute cette masse d’information doit aussi être stockée quelque part. Elle part dans ce qu’on appelle des « fermes de serveurs » ou datacenters, qui ne sont autre chose que de très grands bâtiments dans lesquels sont installés et connectés des centaines, parfois des milliers d’ordinateurs dont la seule fonction est de stocker et d’envoyer l’information au fur et à mesure des demandes des Internautes.

Google, premier moteur de recherche mondial, est un grand utilisateur de ces fermes de serveurs. Après avoir implanté une série de datacenters en Europe, en Finlande et en Belgique, a décidé de faire un investissement 200 millions de dollars pour faire de même en Asie, Taïwan, Singapour et Hong-Kong. D’autres centres sont prévus pour être installés au Brésil ou en Argentine.

Google n’est bien sûr qu’une entreprise parmi d’autres, ayant ce genre de besoins. Facebook, qui a dépassé les 800 millions de comptes, a aussi besoin d’avoir de nombreuses – et fiables ! – fermes de serveurs pour sauvegarder l’énorme masse d’informations personnelles que donnent les abonnés. Facebook doit de plus sauvegarder l’encore plus grande masse d’informations relayée et partagée par ses abonnés. Et nous pourrions parler de Twitter, LinkedIn, Viadeo, sans compter les dizaines de millions de blogs et les sites de sauvegarde et de partage de photos et vidéos comme Youtube, Flickr ou Dailymotion.

Cloud et objets communicants

Et ce déluge d’information n’est qu’un début : deux phénomènes émergents vont contribuer à multiplier de manière exponentielle cette masse de data à stocker partout autour de la planète :

  • 50 milliards d'objets connectés en 2020 ?

    le Cloud, qui propose de ne plus enregistrer l’information de chacun sur son ordinateur personnel, mais de le faire sur Internet afin qu’elle soit à la fois partageable et accessible de partout.

  • L‘Internet des objets va lui connecter notre environnement quotidien au réseau mondial afin d’avoir des objets plus intelligents : un autoroute qui informera en temps réel les automobilistes de la densité de la circulation, une voiture qui préviendrait lorsqu’elle a besoin d’une révision, une télévision qui garderait en mémoire les programmes préférés de son propriétaire, un réseau d’eau qui alerterait en cas de fuite. D’ici 2020, c’est 50 milliards d’objets qui pourraient être connecté à Internet.

Alors, ces fermes de serveurs ont un bel avenir. Entreprises de bâtiments spécialisées dans la construction de « salles blanches », fabricants de serveurs informatiques, d’onduleurs, de générateurs d’appoint en cas de pannes, etc, c’est tout un secteur de l’économie qui va connaître une croissance très soutenue.

Autre détail : ces serveurs regroupés dans un bâtiments génèrent une quantité non négligeable de chaleur. La climatisation de ces bâtiments est nécessaire et c’est même un des coûts de fonctionnement les plus importants. D’où l’installation de Google en Finlande et en Belgique, deux pays connus pour avoir des températures moyennes assez basses, ce qui permet de mettre en place une climatisation moins gourmande.

Localisation et fraîcheur

Ces datacenters doivent enfin être à proximité des réseaux physiques afin de ne pas avoir trop de coûts de raccordement. Que ce soit dans les pays émergents, où la population connectée va encore croitre considérablement, ou dans les pays développés, qui pourront rapidement investir dans les objets connectés, les zones tempérées fraiches seront privilégiées. Les terrains adjacents aux grands réseaux de données (la SNCF en possède un, performant qui plus est, par exemple) seront préférés.

Une dernière chose : je me demande combien de temps encore nous attendrons un petit malin qui proposera d’utiliser ces datacenters comme… centrales d’énergie thermiques, pour récupérer toute cette chaleur générées par les serveurs. Qui sait, nous pourrions avoir dans dix ans des villages bien informés ayant offert un terrain intéressant à un Google ou un Facebook, en échange de l’installation d’un système de récupération de chaleur qui chauffera l’eau du village et rafraichira les ordinateurs. L’entreprise qui lancera un tel système fera fortune. Et, personnellement, j’y mettrai une partie de mes économies !

Entreprises à suivre :

  • Google : sa croissance en datacenters est un bon indicateur du marché
  • Facebook : même indicateur de croissance du marché que Google
  • Cisco : fournisseur de matériels pour le réseau Internet
  • Siemens : géant européen de l’énergie et des infrastructures
  • Alsthom : concurrent de Siemens
  • EDF : principal fournisseur d’énergie français et d’un des plus gros client potentiels de l’Internet des objets

Disney, un symbole des loisirs de la classe moyenne s’installe en Chine

Lundi 3 octobre 2011

Mickey à la conquête de la Chine

Disney l’a récemment annoncé : le premier parc à thème de loisir du groupe va être construit en Chine, à Shanghai dans le quartier de Pudong. Ce nouveau né du géant américain de l’industrie des loisirs va coûter 4,4 milliards de dollars. Propriété à la fois de Disney, à hauteur de 43%, et de Shanghaï Shendi Group, une Joint Venture détenue à 100% par l’état, son ouverture est prévue pour la fin de l’année 2015 ou le tout début de l’année 2016. Nul doute qu’il sera en tout état de cause ouvert pour fêter le nouvel an chinois. Mike Crawford, manager général de ce parc baptisé Shanghaï Disney Resort, est fermement convaincu qu’il ne sera que le premier d’une série de parcs Disney installés en divers lieux de la Chine continentale.

Cette annonce est un signe supplémentaire de l’attractivité de l’économie chinoise. En seconde position par sa puissance, elle truste les premières places concernant son taux de croissance qui sera cette année d’environ 9,5%, et de 9% en 2012 même si les analystes prévoient un ralentissement.

Quel intérêt, pour un investisseur, de se pencher sur cette information ? Il est multiple : dans une phase économique où l’occident en général, et l’Europe en particulier ont une croissance en berne, plombée par les dettes publiques, la Chine est l’endroit du monde qui a le plus besoin de capitaux pour soutenir sa formidable croissance. De plus, l’ouverture d’un parc de loisirs par Disney est un signal fort concernant l’émergence d’une classe moyenne chinoise, c’est en effet le cœur de cible de ce genre de lieux. Enfin, un parc à thème, qu’il soit Disney ou créé par la concurrence, n’est que la partie émergée d’un iceberg économique qui comprend une infrastructure de transport performante, des capacités hôtelières adaptées à la fois au nombre de visiteurs, mais aussi à leurs moyens financiers et tout un écosystème de petites et moyennes entreprises de commerce et de services qui viennent compléter l’offre du parc, principal facteur d’attraction.

Quels sont les types d’entreprises à regarder de plus près alors, dans le cadre de cette ouverture prochaine ?

Disney, en premier lieu. Nous avons ici un regard particulier sur les parcs à thèmes du géant américain. Le parc français fait régulièrement l’objet d’articles dans la presse mettant en avant ses difficultés financières. Mais nous n’avons pas la même vision de ces lieux de loisirs qu’ailleurs.

Venise indoor, un must du loisir de Macao

La Chine, elle, raffole de ces ambiances exotiques, loin de sa culture classique. Pour preuve, le formidable succès des casinos de Macao, ancien comptoir portugais rentré dans le giron chinois en décembre 1999. L’un des paquebots de cette ville consacrée aux loisirs est le Venetian, un gigantesque complexe immobilier dont la façade principale est une réplique du palais des doges et qui va jusqu’à proposer des balades en gondoles dans des canaux vénitiens reconstitués à l’intérieur du bâtiment ! Le parc Disney installé à Tokyo, avec des 14,5 millions de visiteurs en 2010, est aussi un signe de l’attractivité de ce genre de loisirs en Asie.

Pudong, le site d’implantation du futur Shanghaï Disney Resort, est un quartier récent, en front de mer. Surnommé le Manhattan de Shanghaï, il abrite quelques uns des plus grands hôtels internationaux de Chine. Mais cette capacité hôtelière est-elle adaptée à la clientèle de classe moyenne qui viendra passer une journée ou un week-end au parc Disney dès 2016. Nul doute que les analystes vont rapidement se pencher sur la question.

Le groupe Accor, leader mondial de l’hôtellerie, est une compagnie que je vous recommande de mettre sous surveillance. Son absence du marché serait très étonnante et le groupe ne fait pas mystère de sa volonté de profiter de la croissance asiatique pour assurer son développement. Il veut d’ailleurs multiplier par 4 son réseau chinois à l’horizon … 2015. Etonnant, non ?

Mais, pour en terminer avec ce billet au langoureux parfum de farniente, je vais me risquer à vous soumettre une petite idée : et si Disney n’était pas la seule entreprise de loisir à pouvoir tirer parti du marché chinois ? Après tout, il existe d’autres parcs de loisirs en France qui sont de sérieux concurrents pour Disney.

La Compagnie des Alpes en détient plusieurs dont le fameux Parc Astérix qui utilise l’univers créé par Uderzo et Goscinny. La série de bandes dessinées est le plus gros succès commercial français du genre au monde avec plus de 350 millions d’albums vendus et des traductions en 107 langues, dont le mandarin. Les chinois connaissent-ils Astérix ? Sans doute pas tous mais un certain nombre oui, d’autant que la culture française est enseignée dans l’empire du Milieu et est même populaire. Alors, Astérix en Chine ? Vu l’engouement prévu par Disney, je ne pense pas la chose impossible. Nul doute que la Compagnie des Alpes va réfléchir à la question, y compris avec le soutien de partenaires financiers. Ou d’investisseurs.

L’Afrique en ligne … mobile

Lundi 3 octobre 2011

developpement économique Afrique

Afrique, nouvel eldorado économique ?

Nous allons beaucoup parler d’Afrique sur ce blog. Ce continent ne nous est pas inconnu, nous avons une histoire commune assez longue bien que conflictuelle et encore sujette aux blessures nationales. Mais, sans nier les terribles images d’Epinal qui accompagnent immédiatement l’Afrique dans nos esprits, nous devons comprendre que le continent « noir » est aussi une zone économique qui possède un potentiel non négligeable pour une investisseur.

L’Afrique mérite largement qu’on se penche sur son attractivité. Selon les chiffres même du FMI, l’Afrique subsaharienne devrait connaître dans les années 2011 et 2012 une croissance économique supérieure à la moyenne mondiale : 5,2% cette année, 5,8% l’année prochaine. En fait, seule la Chine fera mieux avec 9,5% et 9%. Pas mal comme résultat pour un continent que beaucoup pensent à la dérive, économiquement.

Cette semaine, je vous propose de vous pencher un peu sur un secteur en pleine croissance : la téléphonie mobile. Secteur de haute technologie, il est en plein boom sur le continent africain. L’institut Gallup a mené une étude sur 17 pays africains qui révèle que 57% de la population adulte possède un téléphone mobile, soit environ 151 millions de personnes. Les chiffres varient fortement d’un pays à l’autre : 84% de réponses positives en Afrique du Sud, 71% au Nigéria, 56% au Kenya contre 32% au Tchad, 18% au Niger et 16% en République de Centrafrique. Cependant, un marché de plus de 150 millions de personnes n’est pas à négliger. Et c’est en Afrique que le marché du téléphone mobile a connu sa plus forte croissance depuis 2003 (source CNUCED)

D’autant que l’Afrique connait un mouvement démographique en croissance continue et que sa population suit la même tendance que le reste du monde : nous sommes de plus en plus nombreux à vivre en ville. Quel rapport me direz vous ? Il est simple : plus une population est concentrée, moins les infrastructures sont couteuses pour les connecter. Or l’Afrique verra une majorité de sa population devenir urbaine dans les 20 ans à venir. Le directeur exécutif de l’ONU-habitat, Joan Clos, a déclaré que « les grands couloirs urbains d’Afrique sont les moteurs de la croissance économique ». Ces zones, assez simples à couvrir pour les opérateurs de téléphonie mobile, sont donc les principaux lieux d’accumulation de richesse.

Blackberry, le smartphone préféré en Afrique

Blackberry, le smartphone préféré en Afrique

De plus, la téléphonie mobile est une alternative aux réseaux fixes, peu développés, ce qui handicape l’accès à Internet et à un monde de services en ligne. Des entrepreneurs africains sont donc en train de concevoir et de mettre au point des offres de services spécialement adaptés aux marchés locaux : faire ses courses, opérer des transactions bancaires. Le service M-Pesa, développé au Kenya, permet aux habitants de ce pays qui ne possèdent pas de comptes bancaire, d’avoir accès à ces services, la rémunération se faisant par une commission prélevée sur le prix du SMS.

Orange ne s’est pas trompé et tourne son regard sur l’Afrique comme relai stratégique de sa croissance. Fin 2010, l’opérateur français était déjà présent dans 19 pays avec 55 millions de clients et un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros, en hausse de 6%. Nous attendons avec impatience les chiffres de l’exercice 2011 …

Autre spécificité africaine : le smartphone en vogue là bas n’est pas l’iPhone d’Apple ou le Samsung Galaxy sous Android, mais le Blackberry. Malmené sur ses terres nord-américaines, le constructeur canadien RIM pourrait trouver en Afrique une zone pour assurer son existence et même sa croissance.

La situation n’est tout de même pas toute rose : l’Afrique est encore malade de son instabilité politique et de ses carences en matière de démocratie. Un certain nombre de ses dirigeants ne voient pas d’un bon œil l’utilisation de plus en plus massive d’un moyen de communication qui échappe à leurs moyens de surveillance. Obed Bapela, vice ministre sud-africain des Télécommunications a récemment déclaré vouloir « passer en revue la messagerie du Blackberry ». En cause, les technologies de cryptage que RIM a implanté dans son système d’exploitation. Cependant, les évolutions en cours dans d’autres parties du monde prouvent que les réticences gouvernementales pèsent peu face à un engouement massif des populations.

Quelques sociétés à surveiller :