La Compagnie Financière Edmond de Rothschild Banque a présenté mercredi dernier au Pavillon Gabriel à Paris, sa stratégie d’investissement pour l’année 2011. Voici un résumé dans les grandes lignes de cette conférence annuelle, à laquelle j’ai assisté.
Selon Dominique Netter, Présidente du Comité Stratégique d’Allocation d’Actifs, “2011 démarre avec le sourire” pour 3 raisons :
- accumulations de surprises positives depuis quelques mois sur l’économie mondiale
- le climat des affaires est dans une zone expansionniste
- l’activité des services rattrape son retard, signe de diffusion de la croissance
Les obligations corporate plutôt que les emprunts d’État
Les taux d’intérêt – aux Etats-Unis et dans la zone Euro – devraient revenir à des niveaux de début 2010 sans pour autant les dépasser (environ +50/60 bps pour les taux à 10 ans). Les émissions gouvernementales resteront massives en 2011 mais la normalisation des taux d’intérêt les rend peu attrayantes.
Du côté des entreprises, elles continuent de se désendetter et affichent une santé florissante. Les obligations corporate sont donc à privilégier en 2011, et tout particulièrement les obligations bien notées et à haut rendement.
Les actions : préférence pour le G3 (1) au détriment des pays émergents
Les Etats-Unis, portés par des “fortifiants” fiscaux et monétaires, vont connaitre une conjoncture solide. La croissance sera soutenue par la consommation des ménages et les investissements des entreprises. “Une croissance de 3% est à portée de main“.
La croissance européenne a surpris en 2010 grâce aux pays nordiques. Mais un tassement de l’activité est plutôt à prévoir au sein de la zone euro. On observe des écarts très importants entre l’Allemagne et l’Espagne sur la confiance des ménages et des entreprises. L’austérité budgétaire pèsera sur l’Espagne et l’Irlande, la croissance sera plus soutenue dans les pays du nord avec l’Allemagne en tête.
En 2010, la croissance de la zone asiatique était supérieure à celle de 2004 à 2007. Les moteurs de cette croissance étaient les exportations et la demande intérieure. En 2011, cette dernière jouera un plus grand rôle : les pays émergents commencent à rééquilibrer leur croissance et à être moins dépendants des exportations. La demande intérieure sera soutenue par une hausse des salaires, un boom des crédits à la consommation et des taux d’intérêt négatifs.
L’inflation va continuer sa progression dans tous les pays et surtout dans les émergents où le pic devrait être atteint au cours du 1er semestre.
Côté devises, une seule chose est certaine : la volatilité restera très élevée.
Les options clés à retenir
Pour conclure sur les actions, les préférences portent sur :
- le marché US qui devrait bien se comporter

- l’Europe et plus précisément l’Allemagne. Mais rattrapage vraisemblable de la France et l’Italie
- le Japon, un moyen indirect de s’exposer à la croissance asiatique et un substitut aux marchés émergents compte tenu des tensions inflationnistes
- les pays les plus développés de l’Asie, Taïwan et Corée, et les plus en retard, Brésil et Russie.
Si vous êtes intéressé, vous pouvez voir la retransmission-vidéo de la conférence sur le site internet de LCF E. de Rothschild Banque.
(1) : le G3 comprend les États-Unis, l’Union européenne et le Japon