Je (Laurent Dupin, ndlr) fais une courte visite de courtoisie sur le blog de Julie, pour noter un petit phénomène de rentrée, en ce début septembre 2011 : la multiplication des conférences, dispositifs, actions de communication des gérants de fonds sur la thématique de la crise.
Nous avons vu cela circuler cette semaine sur nos messageries mails, en autant d’alertes et rendez-vous pour causeries, tables rondes, etc. C’est intéressant, on y gagnera sans doute de l’échange de points de vue et autant de moyens de rassurer les investisseurs. Il ne faudrait pas en revanche -peut-on pointer- que ces rendez-vous s’empilent jusqu’à l’excès et finissent par faire plus de bruit que nécessaire. Le fameux “buzz” dont parlent les médias sociaux, et qui peut devenir incontrôlable.
Pourquoi ? Parce qu’il en résulterait l’effet inverse : entretenir la crise (par un climat de paranoïa propice), plutôt qu’en sortir (par la recherche de solutions), ou tout du moins le traiter (par une attitude responsable et du travail quotidien).
Par ailleurs, les gérants ont posé quelques déclarations de poids cet été sur la crise, pour rappel :
- Jean-Noël Vieille, gérant de fonds et DG délégué d’YCAP Asset Management (20Minutes) : “C’est tout à fait irrationnel, en effet. Le taux des obligations baisse, ce qui montre que les investisseurs ne croient pas à une faillite d’Etats. Personne n’ose parier là-dessus. Par contre, tout le monde a identifié un problème et tente de s’en prémunir. Les investisseurs ont choisi de vendre leurs actions, parce qu’elles sont très facilement échangeables, c’est un marché très liquide. Et comme lors de toute crise, ils vendent à perte parce qu’ils ont peur et cherchent une sécurité maximale.“
- Steffen Selbach, responsable gestion d’actifs chez Deka Bank (Les Echos) : “Compte tenu de la poursuite de l’agitation qui a suivi la crise de la dette souveraine et des perspectives économiques négatives, nous avons décidé de réduire à zéro notre exposition aux actions“.
Dans la loupe des observateurs…
Le gérant de fonds est en première ligne sur la crise des marchés : c’est somme toute normal. Ne serait-ce que parce que c’est l’un des métiers clés de la finance, certes moins exposé que les “traders” ces dernières années. Mais que le journal suisse Le Matin n’hésite pas à classer dans son “petit lexique de la crise boursière“…
Et aussi parce que leur comportement est scruté et analysé, comme le fait Jean-Louis Dell Oro sur MoneyWeek.fr : “Mieux vaut ne rien gagner que perdre de l’argent. C’est l’état d’esprit qui semble aujourd’hui dominer chez les gérants de fonds. Pour contrer la chute vertigineuse des bourses ces dernières semaines (-23% sur le CAC 40 depuis le 1er juillet), ces derniers préfèrent se réfugier en masse sur les obligations d’Etat. Quitte à alimenter une nouvelle bulle.“