Mardi 25 janvier dernier s’est tenue la conférence annuelle de DNCA Finance où les perspectives macroéconomiques et des marchés nous ont été présentées. Petite nouveauté 2011 : un boitier remis a permis à chacun des 500 invités de donner son point de vue sur les questions posées par les intervenants. Interactivité assurée ! Ainsi, 68% de l’assemblée – majoritairement composée de CGPI (conseillers en gestion de patrimoine indépendants, ndlr) – présumait un CAC 40 entre 4000 et 4500 points à fin 2011 et était convaincu du retour de l’inflation.
1. Les perspectives macro par Grégoire Scheiff
Selon le FMI, la croissance économique mondiale devrait être supérieure à 4% pour 2011, avec de fortes disparités selon les zones géographiques. D’un côté les pays émergents – et tout particulièrement la Chine et l’Inde – et de l’autre côté les Etats-Unis et l’Europe.
Aux États-Unis, la forte augmentation de la consommation des ménages est soutenue par la politique budgétaire en place : baisse des impôts directs et hausse des transferts sociaux et fiscaux. Cependant, l’amélioration de la croissance n’a pas d’impact sur l’emploi.
En Europe, les prévisions de croissance économique varient suivant les pays. L’Allemagne, proche du plein-emploi et dont la production industrielle augmente, aurait une croissance d’environ +2%. La France et l’Italie, où s’opèrent des restrictions budgétaires, auraient respectivement +1,5% et +1% de croissance en 2011. Pas ou très peu de croissance pour l’Espagne. La Grande-Bretagne, le Portugal et l’Irlande seraient en récession avec respectivement -5%, -2% et -3%. Côté inflation, la Grande Bretagne se distingue avec un taux élevé de 4% alors que dans la zone Euro elle se situe à 2,2%. Tandis que la hausse des taux directeurs en Angleterre semble acquise, la réaction de la BCE est plus qu’incertaine.
Dans les pays émergents, l’inflation – due à la fois par la hausse des salaires et des prix des matières premières – s’est ré-installée : +8% en Inde, +6% en Russie et +5% en Chine. En Chine, où les salaires augmentent plus vite que les prix, on peut se poser la question d’une amorce d’une spirale prix-salaires.
En conclusion, selon DNCA : une croissance mondiale dynamique en 2011 avec des risques liés au déséquilibre des politiques monétaires trop accommodantes dans les pays émergents.
2. Les perspectives marchés par Jean-Charles Mériaux
Alors qu’en 2010, les collectes sur les fonds de droit français se sont faites principalement sur les marchés émergents (+5,1 Mds d’euros) et les fonds diversifiés (+4,2 Mds €) – les fonds actions françaises ayant décollecté de -3,2 Mds € – l’année 2011 pourrait selon DNCA être favorable aux actions européennes.
L’Europe doit faire face à une instabilité financière liée à la crise de la dette publique : les taux sont de plus en plus divergents entre les pays. On observe des écarts allant jusqu’à 900 bps en 2010 contre 150 en 2009. Mais le soutien des pays européens est d’autant plus incontournable au regard de l’exposition à la dette “Grèce+Irlande+Portugal+Espagne” : l’Allemagne est le pays le plus exposé avec 518 milliards $ détenus par les banques, suivie par la France (416 milliards $ – 18%) , la Grande-Bretagne (370 milliards $ – 16%) et les USA (353 milliards $ – 15%).
Selon Jean-Charles Mériaux, les devises émergentes vont continuer à s’apprécier au cours de l’année 2011. Les devises occidentales vont quant à elles continuer à s’affaiblir, ce qui devrait permettre de capter un peu de croissance à la marge, alors que l’or devient de plus en plus spéculatif.
En terme de rendement par classe d’actifs, la faveur va nettement aux actions qui rapportent plus en moyenne plus que les autres classes d’actifs sur 10 ans à l’opposé des obligations privées ou d’État et du monétaire.
Côté zone géographique, les valeurs européennes seraient selon DNCA à privilégier en 2011 car elles sont peu chères mais rentables (ratio cours/bénéfices le plus faible et bénéfice net par action moyen pondéré le plus élevé par rapport aux US et à la Chine).
Jean-Charles Mériaux résume ainsi ses perspectives :
- côté obligations, il faut éviter les souverains et privilégier les corporates sans s’engager au-delà de 2015,
- côté actions, les actions européennes apparaissent sous-évaluées. Les divergences entre pays matures/pays émergents, value/croissance et large caps/mid caps vont être soumises à des forces de rappel.