Toute les médias suisses s’en font écho : à compter du 1er janvier 2016 la note fiscale devrait s’alourdir pour les étrangers qui résident en Suisse et bénéficient d’un forfait fiscal. En Suisse environ 5 000 étrangers sont imposés sur la base du forfait, un système qui est fondé sur la dépense et non sur le revenu. Le calendrier d’entrée en vigueur de cet alourdissement du régime de l’imposition d’après la dépense a été voté par le Conseil fédéral, mercredi 20 février.
Imposition : une assiette fiscale élargie
Ce système de forfait fiscal n’est réservé qu’aux riches étrangers et les Suisses ne peuvent pas en bénéficier. D’où cette opposition croissante contre ce régime de faveur.
Concrètement, l’assiette de l’imposition sera élargie et la grande majorité des exilés fiscaux subiront donc une hausse de leurs impôts. Les étrangers résidant en Suisse « sans activité lucrative pourront continuer à être imposés selon leur train de vie au lieu de leur fortune, mais sur la base de sept fois leurs frais de logement au lieu de cinq », précise le quotidien Le Temps.
“Pour les étrangers qui séjournent à l’hôtel, la barre correspondra à trois fois le prix de la pension pour l’hébergement et la nourriture au lieu de deux. Pour l’impôt fédéral direct, le seuil du revenu imposable sera fixé à 400 000 francs. Les cantons pourront définir un montant minimal de leur choix“, ajoute Le Temps.
Réforme de la fiscalité des “riches” : dès 2014, en théorie
La réforme s’appliquera dès le 1er janvier 2014, mais les cantons auront deux ans pour adapter leur propre législation à cette réforme. La base de calcul des forfaits fiscaux augmentera ainsi dès 2016 pour ceux qui s’installent en Suisse après le 1er janvier 2014 et bénéficient du forfait fiscal.
Toutefois les étrangers déjà bénéficiaires d’un forfait fiscal, ne seront pas concernés par la réforme avant l’année fiscale 2020, grâce à un délai transitoire de cinq ans.
Augmentation de la Fiscalité : 5000 riches étrangers concernés
En Suisse, 5000 personnes sont imposées selon la dépense. La moitié des « riches » étrangers bénéficiaires d’un tel forfait fiscal sont domiciliés en Suisse romande. Parmi eux figure le milliardaire suédois Ingwar Kamprad, fondateur d’IKEA et première fortune de Suisse. Par ailleurs, parmi les Français résidant en Suisse, le site Nouvellesaujourdhui.com cite Johnny Hallyday, les coureurs automobiles Sébastien Loeb et Jean Alesi, l’actrice Isabelle Adjani ou Paul Dubrule, cofondateur du groupe Accor.
Le forfait : vers une abolition pure et simple du système fiscale
Certains cantons ont déjà décidé d’abolir le système du forfait . C’est le cas de Zurich, Bâle-Ville et Bâle-Campagne. D’autres cantons comme Thurgovie, Lucerne et Berne ont eux durci les conditions d’octroi du forfait fiscal.
Fin novembre 2012, une campagne de signatures menée par les opposants à ce système a abouti au dépôt d’un texte demandant l’abolition du système, qui devra être soumis au vote des Suisses. En termes de délais ce vote devrait intervenir dans deux ou trois ans. La Suisse n’est décidément plus ce qu’elle était !
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