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Le Budget 2012 a été adopté

Jeudi 22 décembre 2011

Budget_2012_TVA_adopter_Julie70_FlickrSi on a pris l’habitude de parler chaque année de marathon budgétaire pour la Loi de Finances. C’est toutefois dans un contexte particulier que les débats parlementaires et le vote définitif hier après-midi du Budget 2012 sont intervenus.

Un contexte politique particulier

Les débats ont eu lieu cette année dans un nouveau contexte politique issu du basculement à gauche du Sénat en septembre dernier. Les sénateurs dans un hémicycle à majorité de gauche ont à la fois retoqué de nombreuses mesures proposées par le Gouvernement mais en ont également introduit d’autres, détricotant ainsi véritablement le projet du Gouvernement. Après le rejet du Budget 2012 en dernière lecture par le Sénat, l’Assemblée Nationale avait toutefois bien sûr le dernier mot.

Un examen de ces nombreuses mesures intégrées ou retoquées par les sénateurs permet de comprendre ce que pourraient être les premières décisions prises par le futur Président de la République  en cas de victoire de la gauche aux élections présidentielles.

Un contexte économique qui n’a pas simplifié les choses…

Ensuite – contexte de crise oblige - le Gouvernement a présenté en moins de 3 mois deux plans de rigueur (annoncés les 24 août et 7 novembre) dont les différentes mesures étaient réparties dans les projets de plusieurs textes : Lois de finances rectificatives, Loi de financement de la Sécurité Sociale et enfin Loi de finances 2012. Un véritable enchevêtrement de textes qui compliquait la tâche des parlementaires.

Par ailleurs, pendant cette période budgétaire plusieurs informations économiques sont intervenues par exemple, celle du 15 décembre par l’INSEE annonçant une probable récession durant 2 trimestres rendant difficile d’atteindre le 1 % de croissance sur lequel tablait le gouvernement en 2012. Le 16 décembre ensuite, c’est l’agence de notation Fitch qui décidait d’abaisser la perspective sur la note “triple A” de la France à négative. Fitch révélait ses inquiétudes des conséquences potentielles pour la France de la crise de la dette.

Un budget 2012 adopté et d’ultimes assouplissements pour la 4e LFR 2011

Hier, mercredi 21 décembre, les députés ont donc adopté en lecture définitive, le projet de loi de Finances 2012. En ce qui concerne la 4e Loi de Finances rectificative (LFR), les députés ont souhaité prendre certaines mesures transitoires pour le nouveau régime de TVA à 7 %.  L’application de la TVA à 7% pour le secteur du livre a été finalement décidé un report au 1er avril 2012. Les travaux de rénovation dans les logements, les devis signés avant le 20 décembre profiteront encore de la TVA à 5.5 %.

Concernant cette loi de Finances, les parlementaires socialistes devraient déposer un recours devant le Conseil constitutionnel.

Loi de Finances 2012 : retour du texte devant les députés

Mardi 13 décembre 2011

Le 6 décembre dernier, le Sénat a adopté le projet de Loi de Finances pour 2012, comprenant de nombreuses modifications par rapport au texte adopté par les députés. La Commission mixte paritaire n’est  pas parvenue à un accord, hier, sur un texte commun et le texte revient  devant les députés demain 14 décembre.

Une Loi de finances 2012 détricotée par les Sénateurs

Que se passe t-il en fait ? Dans ce nouveau contexte politique, c’est à un véritable match entre la droite et la gauche auquel nous avons assisté lors des débats. D’un côté, le parti de la majorité présidentielle qui a la main sur l’Assemblée Nationale et de l’autre, le Sénat, récemment passé à gauche.

Le texte adopté par les Sénateurs a donc été très remanié par rapport à la version initiale de l’Assemblée nationale. Nous citerons à titre d’exemple:

  • la création d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu à 45% pour la fraction de revenus dépassant 100 000 €.
  • la réduction de 40% à 20% de l’abattement proportionnel sur les dividendes
  • une remise en cause de la Loi TEPA sur les exonérations des heures supplémentaires ou encore celles relatives aux droits de mutation.un plafond global des niches fiscales réduit à 10 000 euros
  • une majoration de l’imposition des sociétés pétrolières…

La Commission mixte paritaire

Quel est son rôle? En fait la commission mixte paritaire, composée de 7 députés et 7 sénateurs, est réunie en cas de désaccord persistant entre les deux assemblées sur un projet ou une proposition de loi. Sa mission est d’aboutir à la conciliation des deux assemblées sur un texte commun. Avant le retour du texte à l’Assemblée Nationale, la Commission mixte paritaire s’est donc réunie hier lundi 12 décembre pour effectuer une nouvelle proposition,  suite aux nombreuses modifications effectuées par les Sénateurs.

Pas d’accord à la suite de la réunion du 12 décembre

« Députés et sénateurs n’ont pu se mettre d’accord, lundi, en Commission mixte paritaire (CMP) sur le budget 2012, que le nouveau Sénat à majorité de gauche a largement transformé à quelques mois de l’élection présidentielle pour montrer qu’une “alternative” était possible » indique un communiqué de l’Assemblée Nationale.

Le dernier mot revient aux députés

« L’Assemblée nationale, qui a le dernier mot, devrait rétablir le projet de loi de finances 2012 originel à partir de mercredi », continue le communiqué.

En effet, l’Assemblée nationale, qui a le dernier mot en cas de désaccord entre les deux chambres, va en toute vraisemblance,  revenir à la version du Projet de Loi de Finances 2012 telle que souhaitée par le gouvernement.

L’intérêt d’un examen minutieux des amendements adoptés par le Sénat réside dans le fait que ce que le Sénat vote ce jour a de bonnes chances de figurer demain parmi les décisions prises par un futur candidat de gauche…

Pour compléter : relire les articles de la rubrique “impôts et fiscalité” sur le site BforBank.com.

Philippe Marini, élu Président de la Commission des finances du Sénat

Jeudi 6 octobre 2011

election__philippe_Marini_président_commission_finances_senatLes Présidents des six commissions permanentes du Sénat, considérés comme les postes majeurs de la Haute Assemblée, ont été élus ce jour. Dans le contexte budgétaire actuel, l’élection du Président de la commission des Finances du Sénat revêtait une importance toute particulière.

C’est le sénateur UMP Philippe Marini qui a été élu ce jeudi 6 octobre Président de la Commission des finances du Sénat et la socialiste Nicole Bricq, Rapporteur général de cette même commission. Philippe Marini en était auparavant le rapporteur tandis que Jean Arthuis la présidait et était lui-même candidat à sa propre succession (Marini a obtenu 20 voix, contre 5 à Jean Arthuis).

Le quotidien Le Monde expliquait la veille que cette élection interviendrait après un accord élaboré par le parti socialiste, prévoyant de confier la présidence de la commission des finances à l’UMP tandis que la gauche était à la tête de toutes les autres commissions. Les groupes PS et UMP du Sénat avaient ainsi conclu mercredi 5 octobre cet accord pour que la présidence de la Commission des finances de la Haute Assemblée revienne donc à un sénateur UMP. Le nouveau président du Sénat, Jean-Pierre Bel, s’étant déclaré favorable à cette option mais l’avait conditionnée à un “accord global de gouvernance sur le fonctionnement du Sénat”.

L’UMP revendiquait cette présidence au nom de l’équité et d’un parallélisme avec l’Assemblée Nationale, où la majorité UMP avait laissé la présidence de cette même commission au socialiste Jérôme Cahuzac.

La conférence des présidents, qui organise l’ordre du jour de l’assemblée, se réunira dans l’après-midi.

Copyrights : MEDEF sur Flickr

Réforme fiscale : le vote du Parlement

Vendredi 8 juillet 2011

La suppression du bouclier fiscal et l’allègement de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ont été définitivement adoptés par le Parlement, alors que le vote du Sénat sur la réforme de la fiscalité du patrimoine est intervenue mercredi 6 juillet.

Le vote

Après le vote des députés mardi, c’était au tour des Sénateurs d’examiner, mercredi, le texte tel que mis au point par la Commission mixte paritaire (CMP), la semaine dernière. Inclus dans le projet de loi de finances rectificative 2011, le texte  a été adopté par 177 voix contre 151. Si comme prévu, l’opposition a voté contre l’ensemble du texte, elle a cependant voté en faveur d’un unique article : celui supprimant le bouclier fiscal,  qui  plafonnait l’imposition à 50% des revenus.

Quelques réactions

Sans surprise, la réforme a été qualifiée d’”injuste” par l’opposition, par l’intermédiaire de Jérôme Cahuzac, président (PS) de la commission des Finances de l’Assemblée : “C’est une réforme limitée. Elle est étriquée, particulièrement partielle, elle ne concerne que 2% des contribuables. Elle est non équilibrée financièrement, elle est injuste“.

De son coté, le nouveau ministre du Budget, Valérie Pécresse, a parlé d’un “aménagement raisonnable” de l’ISF, ajoutant qu’avec cette réforme “notre fiscalité sera plus juste, plus efficace“. “Elle est marquée du sceau de la simplification.” a t’elle précisé, annonçant encore de nombreux « chantiers fiscaux à venir ».

Partisan de la double suppression du bouclier fiscal et de l’ISF, jointe à un relèvement de la fiscalité sur les très hauts revenus, Jean Arthuis, s’est abstenu. Le président centriste de la commission des Finances, s’est, comme en première lecture abstenu “car la réforme de l’ISF n’est pas conforme à (ses) souhaits“.

L’entrée en vigueur de la réforme

Après son adoption par le Parlement, le président de la République dispose alors de quinze jours pour la promulguer, ce délai étant suspendu en cas de saisine du Conseil constitutionnel.  Lorsqu’il est saisi (ce qui intervient en général),  le Conseil Constitutionnel dispose d’un délai d’un mois, ou de 8 jours en cas d’urgence, pour se prononcer sur les textes de loi ordinaires.

Réforme fiscale : adoption du texte en Commission mixte paritaire

Mardi 5 juillet 2011

Après l’adoption par l’Assemblée Nationale et le Sénat du collectif budgétaire, c’est le 29 juin que la réforme fiscale consacrant la suppression du bouclier fiscal et l’allègement de l’impôt sur la fortune a été adoptée en commission mixte paritaire (CMP), avant un vote définitif qui doit intervenir mi-juillet.

Principales modifications apportées par les sénateurs

Le Sénat a adopté la suppression du bouclier fiscal, la réforme de l’ISF avec un barème à deux tranches et deux taux et une hausse de la fiscalité appliquée aux donations et successions. Les sénateurs ont toutefois apporté les modifications suivantes au texte voté par les députés en :

  • votant un amendement, contre l’avis du gouvernement, qui alourdit la taxation des contrats d’assurance-vie de 20% à 25% pour les contrats supérieurs à 902 383 euros après abattement.
  • supprimant la taxe sur les résidences en France des non-résidents.
  • votant une augmentation supplémentaire du droit de partage de 2,2% à 2.5%. Ce droit de partage (au taux actuellement en vigueur de 1.1%) taxe les sorties d’indivision, notamment lors des divorces.

L’examen du texte en Commission Mixte Paritaire (CMP)

Avant son adoption définitive par le Parlement, qui doit intervenir mi-juillet, le texte a donc fait l’objet d’un examen par la commission mixte paritaire (CMP) pour un vote final prévu autour du 15 juillet. La Commission était composée de 7 députés (Michel Bouvard, Jérôme Cahuzac, Gilles Carrez, Jérôme Chartier, Michel Diefenbacher, Christian Eckert, Pierre-Alain Muet) et de 7 sénateurs (Jean Arthuis, Nicole Bricq, André Ferrand, Thierry Foucaud, Charles Guené, François Marc, Philippe Marini).

Les 14 parlementaires devaient discuter des points de désaccord qui subsistaient entre les deux assemblées et soumettre un texte de compromis.

La hausse de la taxation de l’assurance-vie adoptée en CMP

Mesure phare adoptée par les sénateurs, la hausse de la taxation de l’assurance-vie, provient d’un amendement défendu par Jean Arthuis et Philippe Marini adopté contre l’avis du gouvernement. La CMP a entériné cette hausse de la fiscalité de l’assurance-vie.

La décision, annoncée par le gouvernement, de supprimer la taxation sur les résidences des non-résidents  a été entérinée par les parlementaires. Ils ont également  décidé un report de l’entrée en vigueur de la hausse du droit de partage.

Le texte de la CMP doit être définitivement adopté par le Parlement d’ici au 15 juillet.

Copyrights : gazparof / Flickr

Les résidences secondaires des non residents ne seront pas taxées

Lundi 20 juin 2011

Le projet de loi de finances rectificative pour 2011 est examiné à partir du 21 juin par le Sénat. Le projet adopté la semaine dernière par les députés tel qu’il sera présenté aux sénateurs ne comprendra plus la mesure relative à la taxation des résidences secondaires des non résidents, le gouvernement l’ayant finalement supprimé du texte ce week-end.

La mesure sur la taxation des résidences en France

L’une des mesures de financement de la réforme incluant la suppression du bouclier fiscal et l’allègement de l’ISF, consistait à taxer les résidences en France des non résidents. A compter de 2012, les non-résidents propriétaires d’une résidence en France, auraient du supporter une taxe annuelle de 20 % de sa valeur locative cadastrale. La rentrée fiscale d’une telle mesure avait été évaluée à 176 millions d’euros pour 2012, sur une base de 363 000 résidences secondaires concernées.

L’arbitrage du Président de la République

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy a réuni  samedi, François Baroin, ministre du Budget, Thierry Mariani, secrétaire d’Etat aux Transports et responsable UMP en charge des Français de l’étranger, ainsi que les neuf sénateurs UMP représentant les Français établis hors de France, suite à la forte incompréhension de ces Français établis à l’étranger face à une telle mesure.

A l’issue de cette réunion, Thierry Mariani a  annoncé que « Le projet de taxe sur les résidences secondaires des Français de l’étranger est abandonné ».

Différencier expatrié et exilé fiscal

“L’expatrié français n’est pas forcément un exilé fiscal” a déclaré le chef de l’Etat lors de cette réunion de travail. Nicolas Sarkozy a marqué une volonté de différencier les Français expatriés des exilés fiscaux, en conservant les efforts prévus par les exilés fiscaux, en confirmant donc le maintien de “l’exit tax”, qui vise les plus-values réalisées sur la vente de leurs biens en France.

Le secrétaire d’Etat Thierry Mariani s’est dit “pleinement satisfait“  des mesures annoncées.

Quel substitut ?

Comme le soulignent Les Echos, il faut désormais trouver un substitut à cette mesure qui devait contribuer au financement de la réforme fiscale en cours. Le quotidien évoque une refonte de la fiscalité des plus values immobilières sur le foncier non bâti dont les plus-values sont exonérées au bout de 15 ans de détention.

Crédits photos isamiga76 sur Flickr

Réforme de l’ISF : le projet adopté par l’Assemblée Nationale

Mercredi 15 juin 2011

Hier, mardi 14 juin, l’Assemblée Nationale a adopté, en première lecture, le collectif budgétaire qui prévoit la suppression du bouclier fiscal mais également l’allégement de l’impôt de solidarité sur la fortune. Rappelons au préalable que ces dispositions ne sont pas définitives puisque le projet de loi doit désormais être discuté au Sénat, ce à partir du 21 juin.

La fin du bouclier fiscal

L’Assemblée Nationale a voté à l’unanimité la fin du bouclier fiscal : les impôts ne seront donc plus plafonnés à 50% des revenus du contribuable. Mais contrairement à la volonté de l’opposition, la suppression du bouclier sera effective à compter des impôts directs payés en 2011 et 2012, au titre de revenus réalisés en 2011 et non dès cette année.

Le président socialiste de la commission des Finances de l’Assemblée, Jérôme Cahuzac chiffre le coût de cette mesure de transition à  550 millions d’euros en 2012 et 200 millions d’euros en 2013.

L’ISF 2012

Les députés ont adopté les deux dispositions principales du projet de loi,  relatives à l’ISF : le seuil d’imposition fixé désormais à 1,3 million d’euros et les taux de taxation de 0,25 % et de 0,50 % applicables dès le 1er euro. Le barème actuel dont le seuil d’entrée est de 800 000 euros et qui se compose de 6 tranches va donc être remplacé par un barème simplifié et la disposition va permettre de sortir quelque 300.000 contribuables du champ de l’ISF.

Au-dessus de ce nouveau seuil de 1,3 million d’euros,  deux taux d’imposition applicables dès le 1er euro :

  • 0,25% pour les patrimoines nets taxables compris entre 1,3 million et 3 millions d’euros
  • 0,50% pour les patrimoines nets taxables supérieurs à 3 millions.

Les mesures de lissage telles que prévues dans le projet de loi afin d’éviter les effets de seuil ont été votées et sont prévues pour les patrimoines compris entre 1,3 millions et 1.4 millions d’euros, et, entre 3 millions et 3,2 millions d’euros.

L’ISF 2011

Si ce nouveau dispositif, précisé ci-dessus, s’applique à l’ISF dû à compter de l’année 2012, la réforme va permettre cependant dès 2011 aux contribuables dont le patrimoine net taxable est inférieur à 1,3 million d’euros, de ne plus payer cet impôt. Les contribuables dont le patrimoine est supérieur à 1 300 000 euros seront imposés en 2011 selon le barème actuellement en vigueur et devront attendre 2012 pour être impactés par la réforme.

La déclaration devra être souscrite au 30 septembre 2011.

La réduction d’impôt par personne à charge

Les députés ont adopté un amendement favorisant les redevables ayant des enfants. La réduction d’impôt par personne à charge (enfant mineur ou personne invalide vivant sous le toit du contribuable) était fixée depuis 1988 à 150 euros. Les  députés l’ont porté à 300 euros et ont également souhaité élargir son champ aux enfants majeurs poursuivant leurs études et aux autres personnes prises en charge par le contribuable.

Cette disposition n’entrera elle aussi en vigueur que pour l’ISF réformé et à acquitter en 2012.

Ce texte adopté par les députés sera examiné en séance publique par les sénateurs le 21 juin prochain, le gouvernement souhaitant une adoption définitive avant mi-juillet.

Pour prolonger : lire par exemple le blog ISF ; et les actualités “impôts et fiscalité” de BforBank.

Réforme fiscale (2/2) : la piste assurance-vie…

Mardi 8 mars 2011

François Fillon a déjà énuméré jeudi 3 mars certains des domaines qui ne seraient pas concernés par la réforme fiscale en cours. Depuis plusieurs mois, et plus précisément depuis l’annonce par Nicolas Sarkozy de cette réforme, un durcissement du régime de l’assurance-vie paraissait incontournable. Une modification de son régime fiscal figure donc en bonne place, parmi les possibilités de trouver les ressources qui permettront de financer les dépenses de la réforme de l’ISF, quelqu’elle soit. Toujours dans le cadre du colloque de Bercy du jeudi 4 mars, François Fillon a commencé à dresser les premiers contours de l’éventuel nouveau régime fiscal de l’assurance-vie.

L’assurance vie « du petit épargnant » épargnée

Dans un premier temps, afin de rassurer une partie des épargnants, François Fillon a indiqué qu’il n’était “pas question de toucher à l’assurance-vie du petit épargnant, ni à aucun des placements des ménages qui ne sont pas à l’ISF aujourd’hui”. Il s’agit donc de viser les contribuables dont le patrimoine dépasse ce seuil de 1 300 000 euros, et là encore plusieurs pistes peuvent être examinées, dont celle de la taxation des plus values latentes qu’il a évoquée.

La taxation des plus values latentes

La première piste qui pourrait être suivie est celle, proposée par le gouvernement en contrepartie de la solution « radicale » de la suppression de l’ISF, qui toucherait l’accroissement de la fortune et taxerait donc les plus-values latentes. « Les Echos » rapportent que Bercy examine la piste d’une taxation au taux de 19% des gains capitalisés chaque année même si les revenus des contrats ne sont pas perçus par les épargnants. Touchant les français dont le patrimoine est supérieur à 1 300 000 euros, les revenus de l’assurance-vie se verraient donc plus lourdement taxés.

Les experts vont très rapidement mettre en avant la complexité de cette option avec, entre autre, la nécessaire mise en place d’un dispositif permettant au contribuable perdant de l’argent, de déduire ses moins values de plus values ultérieures…. « Usine à gaz » : si il est une expression qui revient souvent dans la bouche des experts, c’est bien celle là, au vu de cette option de la réforme, proposée par le 1er ministre. C’est Nicolas Sarkozy qui tranchera d’ici quelques semaines.

D’âpres discussions, selon les Echos

Les Echos rappelaient, il y a quelques semaines, que l’assurance vie faisait l’objet d’ »âpres discussions » et que plusieurs mesures étaient en cours d’examen à Bercy. Olivier Carré, animateur du groupe de travail de l’UMP a proposé au nom du groupe UMP de l’Assemblée nationale, une mesure visant à empêcher toute sortie d’argent d’un contrat d’assurance-vie chaque année, en franchise d’impôt. Il proposait de taxer l’intégralité des sommes retirées de l’assurance-vie et donc de supprimer les abattements actuellement en vigueur.

L’assurance vie au service des entreprises

Déjà en août 2010, l’Inspection générale des finances (IGF), avait publié un rapport qui préconisait de mieux orienter les investissements vers les assurances-vie en actions en vue de financer l’économie française en général mais surtout renforcer les fonds propres des entreprises.

Dans un discours prononcé à Saint-Nazaire, le 26 janvier dernier, le Président Sarkozy déclarait : «il est indispensable que l’assurance vie, qui bénéficie d’avantages fiscaux importants, contribue davantage au développement de nos entreprises.» Il s’agissait d’exprimer ici la volonté d’inciter les Français à souscrire des contrats multi-supports. S’agit-il de faire resurgir un amendement présenté en décembre, dans le cadre de l’examen au Sénat du projet de loi de finance 2011, par Philippe Marini, sénateur et rapporteur général de la commission des Finances au Sénat, qui avait été retiré.

Vers une plus forte taxation des fonds euros ?

L’amendement, évoqué ci-dessus, présenté par Philippe Marini, suivait cette idée : taxer moins les contrats investis plus fortement en actions et davantage les autres. Il visait à instaurer un taux d’imposition réduit à 5,5% (au lieu de 7,5%) sur les contrats d’assurance vie (souscrits à compter du 1 er janvier 2011) dont les actifs devaient être  constitués d’au moins 15% d’unités de compte en actions pour une durée minimale de 10 ans. « Il importe d’orienter davantage l’assurance vie vers les actions », avait justifié à l’époque Philippe Marini. En contrepartie, le taux d’imposition des autres produits d’assurance vie souscrits à partir de cette même date et détenus depuis plus de 8 ans serait passé de 7,5% à 8,5%.

Un retour d’une telle mesure sur le devant de la scène ?

Le fait qu’aucune décision en ce sens ne soit prise fut un soulagement pour les assureurs. Un soulagement, sans doute de courte durée, car si cet amendement, avait été retiré c’était en raison d’une promesse par le Ministre du Budget, François Baroin, d’aborder le sujet lors de la réforme sur la fiscalité, qui est en cours actuellement. Ce point n’a pas été évoqué par François Fillon.

Enfin, selon le Figaro a été évoquée l’idée de concentrer la hausse de la fiscalité des revenus du patrimoine (plus-values, dividendes, intérêts) sur les ménages très aisés, en soumettant au barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR) les produits du capital supérieurs à 100 000 euros par an

Un sujet sensible

Inutile de souligner que le sujet de l’assurance-vie est considéré comme un sujet sensible. Comme l’a répété Bernard Spitz, président de la FFSA, l’assurance vie représente 57% de l’épargne longue en France : « Les Français sont hypersensibles à la fiscalité. Il faut en être conscient avant de toucher à celle de l’assurance vie ». Rendez-vous fin mars pour davantage de précisions…

Pour prolonger :

Réforme de la fiscalité du patrimoine : les enjeux économiques

Mardi 22 février 2011

Suppression ou réforme partielle de l’ISF et du bouclier fiscal? Taxation renforcée ou non des revenus financiers ? Imposition aux prélèvements sociaux des plus-values immobilières hors résidence principale ? Plusieurs pistes, dans des directions parfois opposées, sont avancées pour réformer la fiscalité du patrimoine depuis l’automne dernier.

Quelles sont cependant les questions à se poser et les objectifs à atteindre pour parvenir à une réforme juste ? La fiscalité a en effet pour objet premier de rassembler des recettes fiscales afin de satisfaire des besoins d’intérêt général.

Le Sénat a organisé mercredi dernier sa première table ronde de l’année sur ce thème. Elle réunissait quatre économistes de renom : Jean-Hervé Lorenzi, professeur à l’Université Dauphine et président du cercle des économistes, Christian Saint-Etienne, professeur au CNAM et membre du conseil d’analyse économique, Thomas Piketty, professeur à l’école d’économie de Paris et  David Thesmar, professeur à HEC.

Voir la vidéo du débat sur le site du Sénat

Perspectives économiques

Leurs différents apports permettent de prendre de la hauteur par rapport au sujet et de replacer la réforme fiscale dans une perspective économique plus globale : la croissance de la France, l’emploi des jeunes, sans oublier le déficit public.

Ces économistes s’accordent pour préconiser une réflexion posée et générale. Elle va dans le sens d’une simplification et d’une réelle lisibilité de notre impôt sur le revenu et de nos impôts sur le patrimoine, incluant en ce sens tant la taxe foncière que l’ISF.

Idée forte de ce débat :  satisfaire l’objectif originel de la fiscalité sans subir la houle des pressions électorales. Un vrai débat de société qui se poursuivra avec de nouvelles tables rondes en mars et avril prochain.

Pour prolonger : consulter notamment le compte-rendu de la table ronde des économistes.

Vers la taxation des plus values immobilières aux prélèvements sociaux?

Jeudi 10 février 2011

Il y a quelques mois, lors du débat au Parlement de la loi de Finances, le sort de la fiscalité des plus values immobilières des particuliers (hors résidence principale) a été au centre du débat et a donné lieu à une hausse de leur taux de taxation, passé de 16 à 19%. Se sont également affrontés partisans et opposants de l’assujettissement de ces plus-values aux prélèvements sociaux quel que soit le délai de détention, même au-delà de 15 ans, durée à partir de laquelle ces biens sont exonérés. Les opposants à cette mesure ont finalement obtenu gain de cause mais le dispositif semble devoir refaire surface dans les tous prochains mois.

Le régime en vigueur au 1er janvier 2011

Le régime fiscal des plus values immobilières en vigueur actuellement, date de 2004 : la plus value réalisée lors de la cession d’un bien, bénéficie d’un abattement de 10% pour chaque année de détention au-delà de la 5ème. Une exonération totale est donc acquise après 15 ans de détention. La plus values est taxée au taux de 19% (depuis le 1er janvier 2011) auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux (12,3% en 2011). La résidence principale est totalement exonérée.

Le duel des rapporteurs

C’est le député Gilles Carrez, rapporteur général de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, qui était à l’origine de cette proposition d’assujettissement aux prélèvements sociaux des plus-values immobilières quelle que soit la durée de détention du bien. Lors du débat de la Loi de finances a donc été proposé un amendement en ce sens, adopté par les députés. Auraient donc coexisté  une base taxable à l’impôt sur le revenu et une aux prélèvements sociaux. Les sénateurs avaient finalement décidé de voter un amendement supprimant cet assujettissement.

C’est à l’initiative du sénateur Marini, rapporteur de la commission des Finances du Sénat que cette mesure avait été rejetée mais ce dernier avait bien précisé: « la mesure proposée par l’Assemblée nationale doit être examinée lors de la révision de la fiscalité du patrimoine qui doit être effectuée au cours du premier semestre 2011.  Il importe de préparer la réforme de la fiscalité du patrimoine, mais pas de l’anticiper ». Ceci signifiait bien que le débat n’était pas clos et que ce n’était que partie remise.

Si ainsi depuis le début 2011, la fiscalité des plus values immobilières a fait l’objet d’un alourdissement, en cas de vente d’immeuble détenu depuis plus de 15 ans, le régime de l’exonération de la plus value s’applique toujours ainsi que l’exonération des prélèvements sociaux (12,3%).

Vers l’adoption d’une telle mesure en juin?

Mais, les plus-values immobilières seront au cœur de la réforme sur la fiscalité du patrimoine, comme l’a indiqué le Président de la République. C’est donc dans le cadre du collectif budgétaire ou projet de loi de finances rectificative qui aura lieu en juin, que devrait figurer une telle mesure.

S’accordant à penser que ce dispositif sera intégré en juin prochain par la loi de finances rectificative et que les ventes d’immeubles (hors résidence principale) détenus depuis plus de 15 ans ne seraient plus, exonérées des prélèvements sociaux, les experts patrimoniaux préparent déjà le terrain. Ils travaillent donc déjà pour leurs clients désireux d’éviter cet alourdissement fiscal.  Si la vente pour éviter les prélèvements sociaux est bien sur la première solution, prendre une décision précipitée pourra s’avérer très dommageable. Les experts seront sans doute amenés à proposer des solutions (apport à une SCI?)  permettant d’éviter toute vente précipitée qui risquerait d’être plus préjudiciable finalement que le paiement de ces prélèvements.

Pour prolonger : consulter la thématique immobilier des actualités du site BforBank.