Archive pour le mot-clef ‘réforme’

Plus-values immobilières : que retenir pour 2013 ?

Jeudi 17 janvier 2013

Alors que l’article 15 de la Loi de Finances prévoyait pour « créer un choc de l’offre », un abattement pour les plus values des cessions immobilières intervenues en 2013, la censure de cet article par le Conseil Constitutionnel a supprimé de fait cet abattement. En revanche une surtaxe pour les plus values de plus de 50 000 euros a bien été instaurée.

Après ces diverses évolutions du texte au cours de débats et cette censure finale, il est utile de repréciser le régime applicable en 2013 aux plus-values des cessions immobilières (hors terrains à bâtir) qui traduit bien un net alourdissement de leur imposition en 2013.

Pas d’abattement exceptionnel de 20% en 2013

Dans sa décision du 29 décembre 2012, le Conseil Constitutionnel a censuré la réforme de la fiscalité des plus-values immobilières qui était prévue dans l’article 15 de la Loi de Finances pour 2013. Les Sages visaient plus particulièrement la modification de la taxation des plus-values des terrains à bâtir mais la censure a porté sur tout l’article.

Ainsi cette censure globale a amené la suppression de l’abattement général de 20% qui devait exister en 2013 , sur la plus value nette imposable pour les cessions de maisons, appartements ou immeubles (hors résidence principale), attendue par de nombreux propriétaires…

A l’origine cet abattement exceptionnel, qui s’ajoutait aux abattements pour durée de détention devait stimuler le marché immobilier.

Mais une surtaxe instaurée pour les plus-values supérieures à 50 000 euros

Ayant du rapidement abandonné le projet d’instaurer une taxe sur les résidences secondaires, le Gouvernement s’est tourné vers le principe d’une surtaxe immobilière à des taux supérieurs à ce qui était prévu à l’origine.  La Loi de Finances rectificative a donc instauré une surtaxe de 2 à 6% pour les plus-values immobilières supérieures à 50.000 euros pour les cessions qui interviennent depuis le 1er janvier 2013. Les exceptions : les ventes pour lesquelles une promesse de vente a acquis date certaine avant le 7 décembre 2012,  les cessions de résidences principales , les cessions de  terrains à bâtir.

Un taux maximal d’imposition global porté à 40,5% !

Ainsi en cas de forte plus value (supérieure à 250 000 euros) le taux de surtaxe de 6% s’appliquera et un propriétaire pourra après l’abattement légal pour durée de détention, voir sa plus-value taxée jusqu’à 25 % (19% +6%°) soit 40,5% – prélèvements sociaux de 15,5 % inclus-. Le barème prévoit cependant un dispositif de lissage qui vise à réduire les effets d’entrée de chaque tranche.

Rappel : la plus-value réalisée reste minorée comme suit par un abattement pour durée de détention qui conduit à une exonération après un délai de 30 ans :

  • 2 % par an pour chaque année de détention de la 6ème à la 18ème année
  • 4 % par an pour chaque année de détention de la 18ème à la 24ème  année
  • 8 % par an pour chaque année de détention de la 24ème à la 30ème année.

Contrairement à ce que prévoyait le projet de Loi de Finances initial, c’est donc bien à un régime fiscal alourdi des plus-values immobilières auquel devront faire face ceux qui cèderaient un bien en 2013.

Pas de régime dérogatoire pour le dispositif PME/IR Madelin

Mardi 20 novembre 2012

L’avantage procuré par le dispositif PME/IR dit Madelin ne devrait finalement pas sortir du plafond global des niches fiscales fixé à 10 000 euros en 2013 ce qui lui aurait permis de rejoindre le sort privilégié des dispositifs Outre-Mer, Sofica ou encore Malraux.

Souhaitant préserver un régime de défiscalisation permettant « un soutien aux petites et moyennes entreprises » un amendement du rapporteur général du Budget Christian Eckert prévoyait que le dispositif Madelin soit maintenu l’an prochain sous le plafonnement global de 18 000 euros et 4 % du revenu imposable. Il aurait ainsi échappé au plafond global fixé à 10 000 euros pour 2013.

L’AFG (Association Française de la Gestion financière) et l’AFIC (Association Française des Investisseurs pour la Croissance) souhaitaient fortement que les FIP et FCPI puissent ne pas être compris dans le plafonnement global des niches fiscales fixé à 10 000 euros en 2013.

Possibilité de reporter l’excédent sur 5 ans

Il a finalement été décidé par les députés que ces dispositifs PME/IR resteraient sous le plafond global de 10 000 euros. Mais afin de préserver l’avantage acquis par les contribuables au titre de la fraction de réduction d’impôt non imputable l’année du versement , il a été prévu un report pendant 5 ans de la réduction d’impôt qui excède ce montant.». Ainsi la fraction de réduction d’impôt qui n’aura pas pu être imputée l’année du versement, gardera la possibilité de l’être les « années suivantes jusqu’à la cinquième inclusivement ». Mais bien évidemment un tel dispositif de report réduira les possibilités d’investissement des années suivantes, devraient rétorquer les acteurs du secteur.

Des dispositifs prolongés jusqu’au 31 décembre 2016

Conformément à un engagement présidentiel, un autre amendement a été proposé et adopté qui prolonge jusqu’au 31 décembre 2016 les réductions d’impôt accordées au titre d’investissements directs ou indirects au capital d’entreprises. Cela recouvre les souscriptions en numéraire au capital de PME dans le cadre du dispositif Madelin ou bien encore les souscriptions de parts de FCPI ou de FIP.

Le vote sur l’ensemble du texte a eu lieu le 20 novembre.

Vers une prochaine refonte des taux de TVA

Mardi 6 novembre 2012

jean marc ayraultLe rapport sur la compétitivité commandé par le 1er Ministre à peine remis par le commissaire à l’investissement Louis Gallois, le Président  François Hollande en voyage au Laos s’est empressé d’annoncer: « il y aura des décisions fortes qui seront prises ». A l’issue d’un séminaire, le gouvernement a  annoncé aujourd’hui les mesures qu’il compte prendre pour relancer la compétitivité des entreprises et « redonner des marges de manœuvres aux entreprises » selon les termes de Jean Marc Ayrault lors de la présentation  de ces mesures.

Un crédit d’impôt de 20 milliards d’euros pour la compétitivité et l’emploi sera financé d’un côté par des réductions sur les dépenses publiques et de l’autre par une hausse de la TVA à partir du 1er janvier 2014.

Un allégement du coût du travail sur 3 ans

Si Louis Gallois préconisait un transfert des cotisations sociales vers la fiscalité, le Gouvernement privilégie un crédit d’impôt aux entreprises. Il s’agirait concrètement d’une baisse des cotisations sociales de 6% sur les salaires compris entre 1 et 2,5 fois le Smic. A donc été annoncé le CICE (Crédit d’impôt pour la Compétitivité et l’Emploi) de 20 milliards d’euros sur trois ans qui sera indexé sur la masse salariale que les entreprises déclarent en France. Cette mesure commencera à s’appliquer au titre de l’exercice 2013, donc en 2014. Étalée sur trois ans, cette aide serait de 10 milliards dès la première année.

Pour compenser ces baisses de recettes pour l’Etat, plusieurs pistes seront suivies :

  • réduction des dépenses publiques d’un côté »
  • hausse de la TVA et  nouvelle fiscalité écologique de l’autre.

Le recours à la hausse de la TVA

Le gouvernement a décidé une réduction supplémentaire des dépenses publiques en 2013 et 2014, d’un montant de 10 milliards d’euros. Par ailleurs le Gouvernement a tranché pour une hausse de la TVA tel que le préconisait le rapport Gallois: « on ne pourra pas faire l’économie de l’utilisation d’un impôt à assiette large »peut-on y lire.

Déjà dans un audit sur les finances publiques remis au début de l’été au 1er Ministre, la Cour des comptes estimait que pour respecter les engagements budgétaires internationaux de la France en 2013 une hausse au moins “temporaire” de la CSG ou de la TVA serait “difficilement évitable”.

Un taux normal à 20%

Souhaitant sans doute respecter ses engagements récents selon lesquels il n’y aurait pas d’augmentation de la TVA ou de la CSG en 2013, le chef du gouvernement a annoncé une modification de la TVA à partir du 1er janvier 2014. Le gouvernement a donc présenté une refonte de la TVA comprenant une hausse du taux principal et du taux intermédiaire de la TVA et une baisse du taux réduit. Le taux normal de TVA est actuellement de 19,6% en France et notre pays compte deux taux réduits de 5,5% et 7%.

Un taux intermédiaire relevé à 10%, un taux réduit abaissé à 5%

Le taux intermédiaire de 7% passerait à 10%. Ce taux concerne principalement deux grands secteurs : celui de la restauration et celui des travaux d’entretien et de rénovation des logements. Enfin la TVA sur les produits de première nécessité (alimentation et énergie) serait réduite de 0,5 point à 5% contre 5 ,5% actuellement.

Ainsi nous aurons désormais « un triptyque plus lisible: 5%, 10% et 20%», précisent les services du Premier ministre selon le Parisien.

Des réactions mitigées

Concernant la mesure prise en faveur des entreprises par le Gouvernement Louis Gallois l’a qualifié de « au moins aussi favorable, sinon plus, que celle que je proposais” avec un impact « peut-être plus important ».

Les syndicats FO et CFDT se sont dits plutôt satisfaits, tandis que l’opposition UMP  n’a pas tardé à critiquer vivement le projet gouvernemental. Pour  François Fillon le gouvernement “ne reprend qu’une partie” des propositions du rapport Gallois. Il n’y aura donc pas de choc de compétitivité ” ajoute t’il. Pour Jean-François Copé c’est un « plan hypercomplexe, bureaucratique, et par ailleurs, très insuffisant.

Bien évidemment, l’opposition a également rappelé l’engagement non tenu du Président de la République de ne pas augmenter la TVA

 

Restauration : vers un retour à une TVA à 19,6% ?

Vendredi 26 octobre 2012

La TVA dans le secteur de la restauration réduite au taux de 7% vit elle ses derniers moments ? Durant l’été François Hollande a commandé un travail d’évaluation sur ce dispositif mis en place en 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

tva restaurant réformeEn quête de nouvelles recettes qui permettraient d’atteindre l’objectif de réduction de 3% du déficit en 2013, la décision du Gouvernement devrait être conditionnée par les conclusions de ce travail d’évaluation du député PS en charge de cette étude : Thomas Thévenoud.

Une niche très couteuse

C’est en juillet 2009 qu’est entré en vigueur pour le secteur de la restauration un taux réduit de la TVA à 5,5% contre 19,6 %. Un relèvement à 7 % est intervenu en début d’année dans le cadre du plan de rigueur du gouvernement Fillon.

Si avec un coût de 5,3 milliards d’euros prévu en 2013 la palme de la niche la plus coûteuse revient au taux réduit de la TVA pour les travaux de rénovation des logements,  la seconde place du podium est occupée par la TVA réduite sur la restauration avec un coût évalué à 3,2 milliards en 2012.

Déjà dans le collimateur du candidat Hollande…

Pendant sa campagne électorale, François Hollande avait prévenu le secteur de la restauration : en cas de non respect par les patrons du secteur de leurs engagements en terme d’emploi, d’amélioration des conditions de travail et de prix, ce taux réduit serait remis en cause. « Si, (…) il n’y a pas les contreparties souhaitées, nous en ferons l’évaluation au bout d’un an et, à ce moment-là, la TVA remontera à 19,6% », déclarait il. Apparemment il ne semble pas que le gouvernement souhaite attendre un an et la réflexion pourrait s’accélérer vu les montants d’économies fiscales en jeu.

En effet alors Président de la République, il a commandé dès juillet un « travail d’évaluation » de cette niche dont les conclusions conditionneront le maintien ou non de ce taux réduit dans le secteur de la restauration. Il s’agit de voir si les engagements des professionnels du secteur ont été respectés.

Rapport critique en raison de promesses non tenues

C’est le député PS Thomas Thévenoud qui est en charge de cette étude et à l’origine des préconisations qui en découleraient. “Rien n’est encore décidé, le bilan n’est pas terminé, mais il sera compliqué de maintenir le taux à 7% dans la restauration avait il déjà annoncé fin août. Il remettra son travail la semaine prochaine annonce “Les Echos. Selon le quotidien c’est un rapport très critique que rendrait le député qui pointerait particulièrement un manque de respect des engagements en termes de prix. Le nombre de créations d’emplois ne serait pas non plus au rendez-vous.  Face à ce constat le député préconiserait deux alternatives listées par les Echos.

Vers un retour au taux de 19,6% ?

En premier lieu il propose un retour au taux de 19,6 %, avec à la clé plus de 3 milliards d’euros de rentrées fiscales. Serait financé par l’Etat un « plan qualité » -de l’assiette, de l’accueil et de l’emploi- qui serait réservé aux plus petits établissements.

Plus complexe : un nouveau taux intermédiaire

L’autre alternative serait la création d’un taux intermédiaire de 11 ou 12%. La complexité de cette solution serait liée à la limitation dans le droit communautaire du nombre de taux intermédiaires. Il faudrait donc remonter également tous les secteurs bénéficiant du taux de 7% et particulièrement le secteur des travaux de rénovation.

Alors que Thomas Thevenoud qui a déjà livré ses ses premières conclusions doit présenter son rapport la semaine prochaine nul doute que les restaurateurs et les hôteliers vont continuer à se mobiliser.

J-M Ayrault sur Europe 1 : vouloir rassurer, une fois de plus

Mardi 16 octobre 2012

Le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault était l’invité ce matin de l’interview politique de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1. Le moment n’était pas anodin, après une période d’interrogations nettes portant sur le cap pris par le gouvernement.

“Challengé” quelque peu par l’interviewer pour l’amener à commenter la période actuelle difficile, celui-ci a tout d’abord expliqué le discours de la méthode sur un moment économique particulièrement dur, avec notamment “16 mois consécutifs d’augmentation du chômage”. Justifiant selon lui une mobilisation gouvernementale, qu’il a d’ailleurs rappelé à son équipe. Ceci pour clore le débat sur les chahuts pointés entre ministres.

Plus spécifiquement sur les sujets fiscaux, le Premier Ministre a aussi tenu à rassurer les Français, sur quelques messages simples et pausés. Nous les avons live-tweetés en direct sur notre compte Twitter, et en voici les 3 déclarations fortes telles que publiées :

Pour réécouter le passage de J-M Ayrault, cliquer sur le visuel ci-dessous :

L.D

Quel ISF en 2013 ?

Samedi 8 septembre 2012

A noter : les contribuables soumis à l’ISF risquent de beaucoup -encore- entendre parler du sujet dans les prochaines semaines. Début octobre ceux dont le patrimoine est supérieur à 3 millions d’euros recevront une déclaration spécifique pour  le calcul et le paiement de la contribution exceptionnelle sur la fortune et les autres -les patrimoines compris entre 1,3 et 3 millions- recevront leur avis d’impôt de solidarité sur la fortune qui comportera le montant de cette même contribution. Dans les deux cas le paiement interviendra au plus tard le 15 Novembre.

D’ici là ces mêmes contribuables auront pris connaissance de la réforme de l’ISF applicable l’an prochain, présentée lors de la présentation du Budget 2013, en cours d’étude.

Des modalités de déclaration et de paiement différenciées en 2012

Les contribuables dont le patrimoine  est supérieur à 3 millions d’euros ont déjà réglé leur ISF lors de la déclaration de juin. Pour la contribution exceptionnelle sur la fortune, ils devront déposer une déclaration spécifique reçue début octobre et joindre leur paiement avant le 15 novembre.

Ceux dont le patrimoine  est compris entre 1,2 et  3 millions d’euros ont juste indiqué sur leur déclaration de revenus le montant de leur patrimoine. Aucune démarche particulière pour eux et ils recevront début octobre :

Le nouvel ISF 2013

D’ici là, dans une quinzaine de jours environ sera présenté le Budget 2013 incluant le texte de la réforme de l’ISF. Si à cette heure Bercy n’a pas encore rendu tous les arbitrages concernant la réforme, seront peut être dévoilées d’ici là quelques pistes retenues alors que de nombreux points restent nébuleux.

Réformer l’ISF peut se faire de différentes façons : en agissant sur l’assiette de l’impôt c’est-à-dire sur le patrimoine imposable ou encore sur le barème c’est-à-dire les taux d’imposition. Bien entendu les deux options peuvent être combinées.

Quel barème ?

Une solution comme celle pratiquée aux Pays Bas semble écartée sans doute pour des raisons de complexité. Exit donc l’option qui reviendrait à taxer des revenus théoriques du patrimoine.

La première solution possible, longtemps évoquée, est bien sûr le rétablissement de l’ancien barème c’est-à-dire celui composé de six tranche de 0.55% à 1.8%.

Comme l’évoquait le journal Les Echos, le gouvernement étudie également l’option de l’imposition moyenne qui écarte un barème de taux par tranches de patrimoine. Conséquence : il élimine donc les tranches marginales aux taux élevés.

La question du plafonnement

Cette question dépend bien évidemment du choix du barème. En effet le choix d’une imposition à un taux moyen entraînerait la suppression des tranches marginales comme entre autres celles de 1.65 % ou encore 1.8 %. L’avantage de cette solution serait de ne plus rendre indispensable le retour d’un dispositif de plafonnement puisque seraient éliminés les taux marginaux, ceux considérés comme confiscatoires.

En revanche, le Conseil Constitutionnel a prévenu fin juillet que dans le cas d’un rétablissement de l’ancien barème, un dispositif de plafonnement devra être réinstauré.

Agir sur l’assiette

En termes de seuil d’entrée, le chiffre de 1,3 million d’euros applicable depuis 2011 ne serait pas remis en cause.

La question de l’assiette revient donc à examiner le sort des divers exonérations ou avantages dont bénéficient les contribuables. Restreindre leur champ permettrait un élargissement de la base imposable mais les freins sont nombreux et la marge de manœuvre étroite. Evoquant l’ISF durant la campagne présidentielle, le Parti socialiste avait promis, outre un relèvement de l’impôt sur la fortune, une réduction des « innombrables niches qui permettent de s’en exonérer (…) ».

En premier a été étudié le sort de l’outil professionnel : face aux inquiétudes du MEDEF, Pierre Moscovici, ministre des Finances, a tenu à rassurer , dans les Echos, les chef d’entreprises : “la réflexion se poursuit sur l’ISF, mais il n’est pas question d’inclure (ces biens) dans l’assiette de l’impôt” a-t-il affirmé.

En ce qui concerne les œuvres d’art, le précédent gouvernement avait déjà du renoncer à sa tentative en 2011 d’intégration des œuvre d’art dans l’assiette imposable…

Sont discutés également l’abattement de 30% de la résidence principale -qui serait conservé selon les Echos- ou bien encore les exonérations et abattements sur les bois et forêts.

Retour en arrière pour les charges d’enfant

Augmentée de 150 à 300 euros l’an dernier, le montant de la réduction ISF pour charge d’enfant avait vu également son champ d’application élargi. Jérôme Cahuzac a toujours évoqué un retour en arrière.

Le sort du dispositif ISF PME

Enfin reste l’arbitrage sur la question du dispositif ISF : décider de son maintien et dans quelles conditions. Une division par 2 du taux actuel de 50% soit une réduction réduite à 25% sur les investissements concernés serait à l’ordre du jour.

Rendez vous le mercredi 26 septembre pour la présentation du Budget 2013. Les contribuables pourront vérifier alors si l’un des buts affichés par un conseiller gouvernemental cité par les Echosest est atteint : « c’est un impôt intelligent, qu’il faut rendre encore plus intelligent ».

NB : et avant cela, rendez-vous lundi 10 septembre à 11h30, pour la conférence live sur le nouveau contexte fiscal avec Philippe Marini. Le responsable politique aura sans doute à coeur de commenter les dernières informations connues sur le sujet, ainsi que de résumer les grands caps pris et leurs conséquences. J’interviendrai dans la modération des commentaires, au côté de l’équipe éditoriale de BforBank, dans le chat-live qui accompagnera la vidéo. N’hésitez pas déjà à me transmettre vos questions, sous cette note ou sur la page du live.

 

Impôts : l’un des “5 dossiers chauds de la rentrée”

Lundi 27 août 2012

Et notamment le “casse-tête de la taxe à 75%“, liste le JDD dans son édition du 26 août, au sein d’une double page spéciale consacrée à la rentrée du gouvernement Ayrault. Un dossier essentiellement politique, portant sur les divergences internes au gouvernement et parti socialiste. Mais aussi sur les dossiers techniques qui font la rentrée, et les premières mesures posées par le gouvernement.

C’est pourtant un cran plus haut que le dossier a été suivi. L’article précise ainsi qu’un échange a eu lieu cet été entre le Président Hollande et le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, qui n’avait pas déjà ménagé ses efforts dans les médias la semaine dernière, pour expliciter les mesures sur le livret A et les niches. Le ministre “a remis une note le 4 août” sur ses propositions.

Pour la petite histoire, la date du 4 août n’est pas un hasard : “anniversaire de l’abolition des privilèges en 1789“, ce qui aurait amusé Bercy. Côté références, ça en impose.

Pack fiscal all-in-one

Idée coeur de la problématique gouvernementale ? Quelque part, le “risque” d’un retour au… bouclier fiscal sarkozien. Car il s’agirait de “cumuler l’ensemble des impôts payés par les plus fortunés (impôt sur le revenu, CSG, ISF…) et d’en limiter le total à 75% du revenu. Une sorte de pack fiscal all-in-one.

Le difficile équilibre de devoir concilier plusieurs intentions -politiques et techniques- au sein d’un message contribuables devant être cohérent et juste… Ce alors que certaines voix s’élèvent, pour recadrer la portée des mesures symboliques : “faire payer les riches est une posture sans effet massif sur les finances publiques: rien ne vaut une bonne taxe massive sur la majorité des français pour faire rentrer de l’argent”, tranche par exemple Éric Verhaeghe sur Atlantico.fr.

L.D

Réforme fiscale : autres mesures et calendrier (audio, p 2)

Mercredi 18 juillet 2012

Voici la suite de notre interview audio experte, menée avec Caroline de Francqueville, des équipes BforBank. Après la revue des points clés sur les réformes entreprises par le gouvernement Ayrault, elle nous dresse un point sur les autres mesures visant les particuliers et enfin le planning de leur discussion devant le Parlement.

Taxe sur les transactions financières, taxe sur les dividendes versés par les entreprises, éventuelles modifications des textes à la marge et dates à fixer à son agenda… notre experte aborde tous les points essentiels sans langue de bois, avec pédagogie et précision.

Ecouter l’interview en audio :

Pour prolonger : vous pouvez lire aussi les articles d’actualité du site BforBank.com, portant sur les impôts et la fiscalité. Ainsi que revoir les vidéos de notre web TV sur les questions fiscales.

[interview et montage L.D]

Réforme fiscale pour l’épargne: les points clés (audio, p 1)

Mardi 17 juillet 2012

Nous revenons avec notre experte patrimoniale sur les points clés de la réforme fiscale en cours de passage final cet été devant le Parlement et les élus. Il s’agit des réformes entreprises sous le gouvernement Ayrault et appliquant le programme économique du président François Hollande.

Dans cette première partie de notre entretien audio, Caroline de Francqueville détaille successivement ce qui concerne l’ISF 2012, puis la réforme de l’ISF 2013, ensuite les questions de donations/successions et enfin la thématique des exilés fiscaux.

Ecouter l’interview en audio :

Pour prolonger : vous pouvez lire aussi les articles d’actualités du site BforBank.com, portant sur les impôts et la fiscalité. Ainsi que revoir les vidéos de notre web TV sur les questions fiscales.

NB : à un moment, il est fait référence au nombre de tranches d’imposition; celui-ci est bien de 6.

Des prélèvements sociaux pour le Livret A ?

Vendredi 13 juillet 2012

Pour favoriser le développement du logement social, François Hollande a promis un doublement du plafond du Livret A,  à 30 600 euros contre 15 300 actuellement. Ce nouveau plafond apparaît désormais comme un objectif, et la réforme devrait se faire progressivement.

Dans son rapport intitulé « L’État et le financement de l’économie» publié ce 12/07 la Cour des Comptes incite le Gouvernement à prendre des mesures en faveur de l’épargne de long terme. La promesse électorale de Francois Hollande en faveur du Livret A va bien sûr à l’encontre de cette préconisation.

Le coût d’une telle mesure

En période d’incertitude économique et de crise financière, l’aversion au risque a poussé les épargnants à privilégier  les placements à court terme de type livrets au détriment de l’épargne longue. Les banques et les assureurs ont alerté le Gouvernement sur les risques induits par un transfert brutal d’épargne en cas de doublement du plafond du Livret A. Un tel transfert affecterait la capacité des banques à accorder des crédits. De même les assureurs se sont montrés très sensibilisés par le mouvement récent de décollecte que pourrait accentuer l’augmentation du plafond du Livret A. Les nouveaux flux d’épargne pourraient se porter en effet en priorité sur le Livret A.

Enfin ce transfert potentiel se ferait de produits fiscalisés sur un produit-le Livret A- qui ne l’est pas. Une telle mesure aurait donc un coût non négligeable pour les finances publiques.

Une mesure favorable aux épargnants les plus aisés

Ensuite certains n’ont pas oublié de mettre en avant le fait que toute augmentation du plafond du livret A profiterait en priorité aux épargnants les plus aisés qui ont atteint le plafond. Si 9 Français sur 10 possèdent un livret A, seulement 9 % d’entre eux ont atteint le plafond de 15 300 euros. En revanche, selon une statistique reprise par le Figaro : ” près de la moitié des ménages (47 %) disposaient de moins de 150 euros sur leur placement”.

Vers un relèvement progressif

Banques et assureurs ont été écoutés. Depuis plusieurs semaines les observateurs ont compris que le relèvement du plafond serait progressif. Il sera mis en place « au rythme des besoins », a indiqué le ministre de l’Economie Pierre Moscovici, avec notamment la préoccupation de ne pas « déstabiliser les acteurs concernés ».

La préconisation de la Cour des comptes va également dans ce sens : s’agissant du doublement du plafond du Livret A, « elle juge qu’il vaudrait mieux accroître le plafond au fur et à mesure des besoins de financement, pour ne pas retirer de la liquidité bancaire » confirme le journal les Echos, citant le rapport : ” Nous conseillons donc de relever progressivement le plafond, au fur à mesure des besoins”.

Des prélèvements sociaux sur le Livret A préconisés

Seuls parmi les placements défiscalisés, le Livret A, le Codevi, le Livret Jeune et le Livret d’Epargne Populaire ne subissent pas les prélèvements sociaux (15,5% à compter du 1er juillet dernier).

La cour des Comptes va beaucoup plus loin dans ses préconisation, reprend Les Echos, les Sages  allant jusqu’à conseiller de soumettre aux prélèvements sociaux « tous les revenus tirés des dépôts pour leur partie supérieure aux plafonds actuels des livrets ». Tout en rappelant qu’une telle mesure “toucherait assez peu d’épargnants” car “seuls 9 % des livrets A atteignent aujourd’hui le plafond”, le quotidien parle de “petite révolution dans le monde des livrets défiscalisés“.