Archive pour le mot-clef ‘présidentielle’

Le débat fiscal, entre les deux tours

Jeudi 26 avril 2012

Mardi soir dernier avait lieu sur i-Télé l’émission “Un débat, deux programmes“, portant sur les projets des deux candidats restants dans la course à la Présidentielle 2012, François Hollande et Nicolas Sarkozy. Ce débat de 30 minutes, avec temps de parole équilibré, conviait Harlem Désir (PS) et Gilles Carrez (UMP) face aux questions d’Amandine Bégot et du journaliste politique Michaël Darmon.

Les deux duettistes sont finalement restés assez généralistes dans leur propos, ne rentrant pas dans la “technicité” des dossiers fiscaux, à une ou deux exceptions. Ils ont abordé notamment au début de leurs échanges “le mur de la dette” (GC) provoquant la nécessité de “sortir du sur-endettement sans faire payer les Français” (HD).

Fiscalité rehaussée dans les deux cas

Les deux camps diffèrent évidemment sur la méthode et les mesures. Parmi celles pointées : “Geler les dépenses” et “supprimer les avantages fiscaux” (HD) ou “baisser le coût du travail”, “augmenter la TVA social et les prélèvements sociaux sur l’épargne” (GC).

Sur la question de la taxation des donations et successions, autant le journaliste soulignait pour actualiser le propos “des notaires assaillis de demandes de donations”, autant le PS indiquait que seule seront impactées “donations et successions des grandes fortunes, pas des classes moyennes”.

On retenait surtout de cet échange courtois et sobre le fait que les deux candidats joueront tous deux du levier fiscal pour financer leur programme et porter la croissance économique, mais distinctement.

Pour prolonger : relire les articles “F. Hollande, son budget envisagé” et “N. Sarkozy déroule son offre de réformes financières“. Enfin, revoir l’infographie animée “Fiscalité et épargne, quelle réforme pour demain ?


Fiscalité & épargne : quelles réformes pour… par BforBankTV

L.D

Françoise, François et l’ISF

Jeudi 12 avril 2012

Parenthèse people hier soir, lors de l’émission « Des paroles et des actes » sur France 2, et notamment lors des 20 minutes du candidat socialiste François Hollande. A l’appui d’un interview donnée quelques jours plus tôt dans le magazine Paris Match, le journaliste David Pujadas relaye sur le plateau les commentaires de la chanteuse Françoise Hardy. Laquelle s’inquiète des projets fiscaux du candidat. Qu’a-t-elle dit précisément à Paris Match ?

« On parle du fait qu’il est très important de payer des impôts sur le revenu du capital. Je suis tout à fait d’accord, mais pas pour taxer un patrimoine qui vous a coûté des fortunes à acquérir, et qui vous coûte déjà des sommes folles en entretien, charges et assurance. Je paie 40 000 euros d’ISF par an. Si Hollande le multiplie par trois, qu’est-ce que je fais ? Je suis à la rue. Je comprends les gens qui quittent le pays à cause des impôts. »

Le problème soulevé par Françoise Hardy est bien réel en France : c’est celui des possesseurs de biens immobiliers sur-valorisés par la folie des prix du marché et rentrant malgré eux dans la catégorie de l’ISF. Riches sans le vouloir…

François Hollande a tenu à rassurer d’emblée la star :

“l’ISF ne sera pas multiplié par trois puisque je vais revenir exactement au barème qui existait l’année dernière avant qu’il soit baissé par Nicolas Sarkozy (…) soit 1,8 % maximun. Donc ne laissons pas penser qu’il y aurait triplement. En revanche, ça, c’est vrai, nous rétablirons la progressivité de l’ISF et le niveau des prélèvements qui existait avant, ce que payait donc madame Françoise Hardy en 2010 et 2011. Donc de ce point de vue-là, elle ne sera pas à la rue.”

François Hollande : “Françoise Hardy ne sera pas… par puremedias
 
Néanmoins,  le débat a rebondi dans l’instant sur les réseaux sociaux où ce ping-pong a eu l’air d’exaspérer les internautes. Plus original : le propre fils de la star, Thomas Dutronc, s’est fendu d’un commentaire sur son compte Twitter se disant prêt à héberger sa mère.

Dès lors la personnalisation du débat, dans une logique François/Françoise prend le pas sur le fond : “Hollande va t-il mettre Françoise Hardy à la rue ?” (Le Point),

VIP et conséquences

Mais d’autres chanteurs et VIP ont aussi réagi à ce sujet fiscal, comme le rappelle Slate.fr. C’est notamment le cas de Patrick Bruel et d’Eddy Mitchell mais aussi de Djamel Debbouze qui a évoqué la tranche à 75% pour les riches.

A chaque présidentielle le positionnement des VIP est compliqué car ils sont à la fois recherché par les candidats, en tant que vitrine, mais en même temps des électrons libres capables de réagir précisément à telle ou telle mesure.

Sur un autre versant d’ailleurs, le sujet avait émergé l’été dernier au sujet des patrons riches réclamant une taxation supérieure. Et a rebondi il y a quelques semaines concernant la rémunération de Maurice Lévy, patron de Publicis.

Enfin, cette question est bien dans l’air puisqu’elle est abordée ailleurs qu’en France. En Angleterre par exemple, on parle des 100 000 propriétés de multimillionnaires anglais… immatriculées au nom d’entreprises offshore, tout en prévoyant dabaisser l’impôt des très riches au sein d’un budget de rigueur.

Pour aller plus loin :

L.D