Archive pour le mot-clef ‘pierre Moscovici’

Les allocations familiales bientôt soumises à l’impôt ?

Lundi 18 février 2013

Dans son rapport annuel publié le 12 février, la Cour des comptes recommande que la France porte désormais l’effort de redressement budgétaire davantage sur des réductions de dépenses. La taxation de certaines prestations familiales a été suggérée en fin de semaine par son Premier président : Didier Migaud. Alors que le Gouvernement doit trouver des pistes pour effectuer de nouvelles économies, ce prochain sujet risque d’être délicat à gérer, un véritable sujet tabou.

Fiscaliser les allocations familiales : « Un sujet à mettre sur la table »

Dans un but d’augmenter les recettes de l’Etat, le président de la Cour des comptes Didier Migaud a suggéré ce week-end de fiscaliser des prestations familiales, visant plus particulièrement les allocations familiales . « La fiscalisation des prestations familiales et des allocations familiales est un sujet qui peut effectivement être mis sur la table » exposait Didier Migaud.

C’est en fait plutôt un débat à “re”mettre sur la table, l’idée de fiscaliser les allocations familiales ou d’autres prestations sociales n’étant pas récente même si jusqu’à maintenant, une telle piste n’a jamais abouti. C’est le contexte budgétaire français actuel qui a été l’occasion de remettre le sujet sur le devant de la scène.

Fiscaliser ou baisser le montant des prestations familiales ?

Selon le Journal du dimanche, le Gouvernement pourrait décider de soumettre les allocations familiales à l’impôt. Mais  d’autres pistes sont à l’étude :  leur baisse pure et simple  soit en les plafonnant, soit en les accordant – comme les aides au logement par exemple – sous conditions de ressources.

 « l’objectif de Bercy est de les réduire d’un milliard d’euros l’an prochain puis de 1,5 milliard supplémentaire l’année suivante, afin de ramener cette branche de la Sécurité sociale à l’équilibre en 2016. L’effort est à rapporter à l’ensemble des prestations versées aux familles (53 milliards d’euros par an), incluant les allocations stricto sensu pour 12,5 milliards d’euros». Source  JDD

Fiscalisation des allocations familiales : dans l’attente du  rapport du Haut Conseil de la famille

Bertrand Fragonard – le président du Haut Conseil de la famille - chargé en début d’année de faire au Gouvernement des propositions pour supprimer d’ici à fin 2016 le déficit de la Caisse Nationale d’Assurance Familiale doit remettre son rapport en mars à Jean-Marc Ayrault. Interrogé ce jour sur RTL, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici a confirmé attendre les conclusions de ce rapport, avant de pendre une décision.

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, interrogée lundi par France Inter sur le sujet de l’éventuelle fiscalisation des allocations familiales, il y a

« de meilleurs moyens de faire  (…) quand on veut faire d’un instrument de politique familiale un instrument de justice fiscale, on passe à côté de ses objectifs », a-t-elle observé.

Didier Migaud a également en ligne de mire la majoration des retraites obtenue par les parents de trois enfants qu’il suggère de fiscaliser pour un rapport évalué à 800 millions d’euros à l’Etat.

Image : stefdem sur Flickr

Le Conseil d’Etat interrogé sur la taxation sur les hauts revenus

Mercredi 13 février 2013

Quelle taxation pour les hauts revenus ? - CC par brangal sur FlickrEn début de mois, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances avait confirmé qu’« au plus tard d’ici la fin février » serait présenté un projet de dispositif de taxation des hauts revenus, la taxation à 75% ayant été censurée par le Conseil Constitutionnel fin décembre. Il semble bien que les choses s’accélèrent : le projet tendrait vers un dispositif très proche de la taxe initiale.

Les précisions apportées par le ministre de l’Economie…

«Je veux rester près des principes qui ont été définis par le Conseil constitutionnel, par exemple, la conjugalisation de la taxe en question» avait déclaré Pierre Moscovici  au début du mois de février. Selon Le Figaro cette déclaration traduisait le souhait du gouvernement d’opter pour « une surtaxe payée par les ménages » c’est-à-dire fonctionnant par foyer, et non par personne.

Certaines pistes comme celle du prélèvement au niveau des entreprises, mais également celle d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu, seraient écartées.

… et celles apportées par le ministre du Budget sur le taux qui serait retenu

Les Échos reprend ce matin les propos exprimés sur France Inter par le ministre du Budget – Jérôme Cahuzac - sur le même sujet, propos qui laisseraient entendre que le taux de 75% ne serait pas abandonné…

« 75 %, c’est le chiffre qui a été annoncé (…). Un engagement a été pris, et le président de la République a précisé que cet engagement serait respecté » a déclaré le ministre.

Alors que la piste du maintien du taux à 75% semblait s’écarter, Les Échos indiquent que plusieurs sources confirmeraient cette annonce et que la nouvelle taxe devrait être

« une taxe exceptionnelle, conjugalisée, portant sur des revenus dont la nature reste encore à préciser, mais dont le taux, contre toute attente, pourrait être maintenu à 75 % ».

Le symbole du taux à 75% pourrait donc être maintenu.

Le Conseil d’Etat interrogé sur l’assiette

Le gouvernement aurait selon le quotidien « saisi le Conseil d’Etat pour avis » et posé une série de questions techniques sur le sujet et les différents scénarios étudiés.

Si le taux de 75% était conservé, l’assiette de cette contribution reste à préciser tandis que dans le projet censuré, la taxation se cantonnait aux revenus d’activité et ne touchait pas les revenus du patrimoine. Le Conseil d’Etat serait donc consulté sur le niveau à partir duquel cette taxe pourrait s’appliquer.

La question de la conjugalisation

Un petit rappel : la censure du Conseil constitutionnel trouvait son origine dans l’aspect « non conjugalisé » de la taxe. Les sages avaient fait valoir qu”elle, était “assise sur les revenus  de chaque personne physique – gagnant plus d’un million d’euros par an  alors que l’impôt sur le revenu est prélevé “par foyer”. Certains mettent désormais en avant les inconvénients de la conjugalisation de la taxe qui, le rappelle Les Echos, créerait un avantage important au bénéfice du couple…Le sujet se confirme être très épineux.

Image par brangal sur Flickr

Réformes fiscales : Bercy précise le calendrier

Jeudi 7 juin 2012

Hier mercredi 6 juin, avait lieu à Bercy le premier point de presse de Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, des Finances et du Commerce extérieur. Lors de cette conférence, le nouveau ministre a axé son discours sur le calendrier de travail du gouvernement portant sur les réformes fiscales et de maîtrise des dépenses.

Réaffirmant que la France ramènerait son déficit public à 4,5 % du PIB puis à 3 % en 2013, Pierre Moscovici n’a pas souhaité divulguer en détail ces prochaines mesures. Il a confirmé les récents propos de son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault :

“J’attends l’audit de la Cour des comptes […] c’est à partir de là que le gouvernement prendra ses décisions et ses arbitrages”.

L’audit de la Cour des Comptes commandé par François Hollande est attendu pour la fin juin.

Aucun détail sur les impôts avant le collectif budgétaire

Dans un premier temps, le gouvernement doit présenter en Conseil des ministres — soit celui du 20 juin ou plutôt du 27 juin selon la presse — un collectif budgétaire qui comportera, selon Matignon, “un volet fiscal important”.

Pour le quotidien Les Échos cela serait l’occasion de faire voter en juillet « les grands symboles fiscaux du quinquennat » :

Un projet de loi de finances « pluriannuel » à la rentrée de septembre

A la rentrée devrait intervenir un projet de Loi de Finances pluriannuel 2012-2015. Ainsi, le gouvernement décalerait dans le temps toute une partie des grandes mesures fiscales figurant dans le programme de François Hollande. Certaines attendues pour le collectif de juillet, ne seraient ainsi présentées qu’à la rentrée. Ce processus se terminerait donc avec une loi de programmation des finances publiques dans le courant de l’automne, a ajouté Pierre Moscovici.

Les Échos évoque le cas de mesures telles que l’alignement de la taxation des revenus du capital sur celle du travail ou encore telle que la réduction des niches fiscales, pour lesquelles le Parlement ne légiférerait qu’à l’automne.

Dans l’attente de l’audit de la Cour

Le Premier ministre a indiqué il y a quelques jours attendre l’audit de la Cour des Comptespour connaître exactement l’état des comptes publics“. La publication de cet audit commandé à la Cour des Comptes doit intervenir à la fin du mois. Ce n’est qu’alors que le Gouvernement révélera un projet de loi de finances rectificatif pour 2012 et le détail des mesures. “C‘est à partir de là que le gouvernement prendra ses décisions et ses arbitrages” avait déjà annoncé Jean Marc Ayrault.

Le Monde évoque aussi le fait que pour certaines autres mesures, le Gouvernement préférerait attendre également d’avoir des données macroéconomiques de la croissance française au deuxième trimestre (publication de l’INSEE  du 14 août : première estimation de la croissance française au 2e trimestre).

Cela n’est donc que tout fin juin que nous connaîtrons le détail des premières mesures fiscales débattues puis proposées au vote des députés élus les 10 et 17 juin prochain.