Archive pour le mot-clef ‘Nicolas Sarkozy’

Ce qui change le 1er août

Mercredi 1 août 2012

Traditionnellement alors que bon nombre de Français sont en vacances, de multiples changements ou hausses d’impôts diverses interviennent au 1eraoût. L’année 2012 ne faillit pas à la règle avec l’entrée en vigueur de certaines des nouvelles mesures votées dans le collectif budgétaire ou décidées par décret comme le dispositif d’encadrement des loyers. Parmi cette longue liste, quelles sont les principales nouveautés pour les particuliers ?

Les mesures du collectif budgétaire qui entrent en vigueur

Après le vote définitif des députés hier 31 juillet, plusieurs mesures du collectif budgétaire entrent en vigueur dès promulgation de la loi:

-la suppression de l’exonération d’imposition sur le revenu des heures supplémentaires, symbole du « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy. Les exonérations de cotisations sociales seront elles, supprimées au 1er septembre 2012  sauf pour les entreprises de moins de 20 salariés, où l’exonération employeur est maintenue,

-le rétablissement du taux réduit de la TVA pour les livres et les spectacles « vivants », qui repasse donc de 7 à 5,5%,

-la réduction à 100 000 euros de l’abattement sur les donations et successions en ligne directe -de parent à enfant- contre 159.325 euros auparavant. S’y ajoute une augmentation de dix à quinze ans du délai entre deux donations défiscalisées.

La taxe sur les transactions financières ou TTF

Entre aussi en vigueur l’une des mesures votées il y a quelques mois sous le gouvernement Fillon que l’actuel gouvernement a souhaité conserver mais également durcir. Initialement prévue à 0.1%, la taxe sur les transactions financières a vu son taux doubler à 0.2% après le passage de la dernière loi de finances rectificative pour 2012. Elle taxe les achats d’actions de 109 entreprises dont le siège social est en France et qui dépasse le milliard d’euros de capitalisation (au 1er janvier).

Entrée en vigueur du décret sur l’encadrement des loyers

Depuis ce mercredi 1er août, trente-huit agglomérations sont concernées par un encadrement des loyers -fixé par décret- en cas de changement de locataire mais également en cas de simple renouvellement de bail. Le loyer ne pourra plus excéder le dernier loyer appliqué, qui ne pourra être revalorisé que sur la base de l’évolution de l’indice de référence des loyers (IRL).

Si il existe des dérogations -en cas de loyer manifestement sous évalué ou en cas de travaux effectués par le propriétaire- permettant une augmentation de loyer, elle même sera encadrée.

Dans le même secteur on citera la hausse de la taxation des logements vacants qui passe de 10 à 12,5% la 1ère année d’imposition, de 12,5 à 15% la 2e année, et de 15 à 20% la 3e année.

Un bonus écologique remanié

Les voitures électriques sont particulièrement ciblées et favorisées par les nouvelles règles. Le bonus écologique pourra désormais atteindre 7.000 euros pour un véhicule 100% électrique alors qu’il était jusqu’ici plafonné à 5 000 euros et passe à un maximum de 2.000 à 4.000 euros pour les véhicules hybrides. Ceci  sous certaines conditions écologiques relatives aux émissions de CO2.

Contribution exceptionnelle sur la fortune : mode d’emploi

Jeudi 5 juillet 2012

Cela n’est pas vraiment une surprise : parmi les promesses électorales de François Hollande figurait celle de détricoter la réforme de l’ISF votée en juillet 2011. Exit donc le nouveau barème à deux tranches et place à une réforme de l’ISF, pour 2013  dans la Loi de finances présentée à l’automne.

Mais le souhait du gouvernement était bien de revenir sur cette réforme dès cette année, d’où l’instauration d’une contribution exceptionnelle sur la fortune à régler le 15 novembre, par ceux dont le patrimoine est supérieur à 1,3 million d’euros (au 1er janvier 2012). La note finale réglée en 2012 pour les assujettis à l’ISF sera donc équivalente à ce qu’ils auraient  payé avec l’ancien barème. Cela à un « détail » près : aucun mécanisme limitant la note n’est prévu.

Contourner l’obstacle juridique de l’anticonstitutionnalité

S’agissant de l’ISF de 2012, le fait générateur étant le 1er janvier, revenir à l’ancien barème tel quel dès cette année risquait de poser une difficulté juridique.  Afin de la contourner, le Gouvernement aura recours à une « co­n­tri­bution ex­cepti­o­n­ne­lle » sur la fortune correspondant au différentiel  entre l’ISF calculé avec le nouveau barème et l’ISF calculé avec l’ancien barème à 6 tranches.

Les modalités de paiement

En mai et juin dernier, les pa­rti­culi­ers ont soit déclaré leur patrimoine -pour les patrimoines compris entre 1,3 ou 3 millions d’euros-, soit même acquitté en juin leur cotisation ISF-pour les patrimoines supérieurs à 3 millions-.

Aucune démarche particulière pour les contribuables dont le patrimoine net imposable est compris entre 1,3 et 3 millions d’euros. Ils ont indiqué le montant de leur patrimoine sur leur déclaration de revenus. En octobre -et non plus septembre- ils devraient recevoir sur le même avis d’impôt que leur ISF, le montant de leur contribution exceptionnelle sur la fortune, pour un règlement le 15 novembre.

Ceux dont le patrimoine net imposable est supérieur ou égal à 3 millions d’euros recevront une « déclaration spécifique » début octobre pour le calcul et le règlement de leur contribution exceptionnelle, le 15 novembre 2012 au plus tard.

La note globale et finale sera donc bien en 2012, une cotisation ISF calculée avec l’ancien barème (en vigueur en 2011) composé de 6 tranches dont la dernière est au taux de 1,8%. A un détail près que rappelle la Tribune.fr ce matin : « Pour la première fois de­puis 1998, et la mise en place du pla­fo­n­ne­ment dit Ro­card, les pa­rti­culi­ers fo­rtunés pa­i­eront cette année l’ISF sans bénéfi­cier d’a­u­cun méca­ni­sme li­mi­tant la fa­cture. »

Aucun mécanisme de plafonnement pour 2012

En juillet 2011, dans le cadre de la réforme de l’ISF et de la suppression du bouclier Sarkozy qui plafonnait à 50% des revenus fiscaux de référence la somme des impôts directs (IR, ISF, impôts fonciers) et des contributions sociales, le plafonnement avait également été supprimé.

François Hollande avait évoqué pendant sa campagne le retour du « pla­fo­n­ne­ment Ro­ca­rd » (le to­tal de l’ISF et de l’impôt sur le re­venu était pla­fonné à 85% du re­venu). Mais ce dernier ne serait réintroduit qu’en 2013 et la co­n­tri­bution ne serait donc  pas pla­fonnée.

De ce fait le gouvernement a donc « fait plus que de revenir sur l’allègement voté par la droite » confirme le Figaro qui souligne l’absence d’un quelconque plafonnement. Selon le quotidien il est donc envisageable qu’au total la recette ISF 2012 batte des records en dépassant les 5 milliards“.

Pour rappel : les promesses de la campagne électorale 2012


Fiscalité & épargne : quelles réformes pour… par BforBankTV

 

Le projet de loi de finances rectificative en Conseil des Ministres

Mercredi 4 juillet 2012
le projet de loi de finances rectificative en conseil des ministres - AFP

le projet de loi de finances rectificative en Conseil des ministres - AFP

Après le discours de politique générale de Jean Marc Ayrault  qui a officialisé hier la baisse des prévisions de la croissance 2012 de 0,7 % à 0,3 %, c’est aujourd’hui qu’a été présenté en Conseil des Ministres le projet de loi de finances rectificative.

Hautes en symbole, les premières réformes fiscales  ciblent les grandes entreprises et les ménages aisés. La deuxième phase sera le Budget 2012 à l’automne avec la suite des mesures fiscales. Ci-dessous le catalogue des mesures qui seront discutées à partir du 16 juillet, la plupart ayant déjà été largement annoncées et commentées.

Une contribution exceptionnelle sur la fortune en 2012

La réforme de l’ISF (retour à l’ancien barème ?) fera partie du projet de loi de finances 2013. Entre temps, sera appliquée pour 2012 une contribution exceptionnelle sur la fortune. Les redevables de l’ISF la règleront  sur la base du différentiel entre les taux actuels du barème de l’ISF (0,25 % et 0,5 %) et ceux de l’ancien barème (de 0,55 % à 1,8 %). Aucune démarche pour les titulaires d’un patrimoine net imposable compris entre 1,3 et 3 millions d’euros:  ils paieront le montant total de l’ISF le 15 Novembre. C’est à la même date que ceux dont le patrimoine net imposable est supérieur ou égal à 3 millions déposeront une déclaration spécifique complémentaire, à laquelle ils joindront  le paiement de leur contribution exceptionnelle.

Renforcement de la fiscalité des donations et successions

Est prévue une réduction de 159.325 euros à 100.000 euros du montant transmissible en franchise d’impôt en cas de successions ou donations entre parents et enfants. De même, le délai entre deux donations défiscalisées va augmenter sensiblement : de 10 à 15 ans. Ce délai était de 6 ans jusqu’en juillet 2011.

Taxes sur dividendes et transactions financières

-Une taxe de 3% sur les dividendes versés par les entreprises sera instituée. En seront exonérées  les PME au sens européen (moins de 250 salariés et de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires).

-La taxe sur les transactions financières, votée en mars sous le gouvernement Fillon, rentrera en vigueur le 1er août  à  taux de 0.2%, contre 0,1% prévu initialement.

-Enfin les banques vont voir la taxe de risque systémique des minima de fonds propres exigés par la réglementation doublée à 0.5%.

-Arbitrage plus récent : les entreprises soumises à la contribution exceptionnelle d’impôt sur les sociétés, créée par le gouvernement Fillon, devront en verser un acompte de façon anticipée. Cette contribution de 5% frappe les entreprises réalisant plus de 250 millions de chiffre d’affaires.

Relèvement de la taxe sur les stock-options et distributions d’actions gratuites.

Parmi les autres arbitrages plus récents figure une hausse de la contribution patronale sur les stock-options qui va être portée de 14 % à 30 % et celle de la part salariale de 8 % à 10 %. En année pleine, en 2013, la rentrée fiscale est évaluée à 317 millions d’euros.

Dans un but de “limitation des niches sociales patronales sur l’épargne salariale”,  le forfait social est également relevé de 8 % à 20 %. De même, il est proposé de supprimer l’avantage fiscal lié à la provision pour investissement.

Une taxe pour les pétroliers en 2012

Les pétroliers débourseront une taxe de 4 % sur les stocks de produits pétroliers, seulement cette année. Elle touchera les compagnies pétrolières mais les raffineurs et les distributeurs rentreront également dans le périmètre.

Les non résidents mis a contribution

Les personnes physiques non domiciliées en France seront soumises, pour leurs revenus  fonciers et plus-values immobilières réalisés en France aux prélèvements sociaux de 15,5 %. Cela rapportera 250 millions d’euros en 2013 selon l’étude d’impact.

La suppression de la TVA

Alors qu’agir sur les impôts à assiette large comme la TVA ou la CSG semble difficilement évitable en 2013, pour la Cour des comptes, il est proposé l’abrogation de la TVA dite “sociale”, conformément à l’engagement électoral de François Hollande.

 

Il ne s’agit là que de zakouskis d’un menu plus roboratif. Jean Marc Ayrault l’a confirmé hier: à l’automne, la loi de finances 2013 sera l’occasion d’une réforme fiscale. “L’impôt sur le revenu sera rendu plus juste, plus progressif et plus compréhensible » et de rappeler qu’au menu: « les revenus du capital seront imposés au même niveau que ceux du travail ».

 

 

 

 

 

 

La Cour des Comptes remet la TVA au coeur des débats…

Mardi 3 juillet 2012

C’est hier que le premier Président de la Cour des Comptes Didier Migaud a remis son audit sur les finances publiques au Premier Ministre Jean Marc Ayrault. La  Cour des comptes estime que le respect des engagements budgétaires internationaux de la France en 2013 se fera difficilement sans une hausse au moins «temporaire» de la CSG ou de la TVA, “impôts à assiette large“. Cette préconisation intervient quelques jours avant que la TVA sociale votée en début d’année ne soit enterrée.

La TVA sociale, l’une des dernières mesures de Nicolas Sarkozy

C’était sans doute la dernière mesure emblématique du président Nicolas Sarkozy : la TVA sociale adoptée en mars, devait entrer en vigueur le 1er octobre. Son objectif : doper la compétitivité des entreprises par un allègement  des coûts salariaux. Une hausse de 1,6 point de la TVA  devait financer une baisse des cotisations patronales.

Suppression programmée

Pendant sa campagne électorale, François Hollande a toujours dit tout le mal qu’il pensait d’une des dernières mesures du quinquennat de Nicolas Sarkozy. La TVA sociale faisait donc partie des mesures que le nouveau Président voulait « défaire ». C’est donc dans cette logique que le gouvernement de Jean Marc Ayrault prévoit de supprimer dans les prochains jours la “TVA sociale” votée au début de l’année.

Mais cette suppression va intervenir alors que la Cour des Comptes juge “difficilement évitable” , le recours à des impôts à assiette large et fort rendement, comme la TVA et la CSG, au moins « à titre temporaire ».

Pas de hausse de la TVA en 2012 ni 2013

Le Ministre délégué au budget, Jérôme Cahuzac, s’est empressé de rappeler que la loi de Finances rectificative pour 2012 ne prévoyait «pas de hausse de la TVA». Évoquant alors 2013, «il sera toujours temps de parler en loi de Finances initiale de ce qu’il en est des mesures mais, a priori, ça n’était pas, si j’ai bonne mémoire, dans le programme du candidat François Hollande», a-t-il précisé.

33 milliards… à trouver

Sur les “33 milliards d’euros à trouver”, la Cour des comptes souligne recommander une répartition équilibrée entre économies et impôts, soit 16,5 milliards de recettes fiscales à trouver. Du fait de l’importance de ce montant, c’est tout naturellement que sa recommandation allait vers des “impôts à assiette large” du type TVA ou CSG…

 

Réforme fiscale : comment le gouvernement va agir

Lundi 18 juin 2012

Les socialistes ayant remporté une majorité absolue à l’Assemblée Nationale, toutes les conditions sont désormais réunies pour que les mesures fiscales du programme de François Hollande puissent être votées.

Une session parlementaire extraordinaire va se réunir à partir du mardi 3 juillet et le Premier ministre interviendra à l’Assemblée Nationale pour « tracer les grands chantiers de la Réforme et les choix budgétaires de court terme » précise Les Echos. La répartition des dispositions, qui seront votées dès juillet et de celles qui seront renvoyées à l’automne commence à se dessiner.

L’audit de la Cour des Comptes

C’est devrait être  finalement début Juillet et non plus le 28 juin comme initialement annoncé que la Cour des Comptes remettra au Gouvernement  son audit sur l’Etat des comptes publics.

“Nous allons faire un point sur l’année 2012 et sur l’année 2013 et nous allons l’intégrer dans le rapport que nous allons remettre à la fin du mois de juin » avait déclaré Didier Migaud lors d’une audition au Sénat.

Le Gouvernement  n’a pas souhaité entrer  dans le détail des mesures fiscales avant de pouvoir disposer de cet audit.

Le projet de loi de Finances rectificative présenté le 4 Juillet

C’est donc tout logiquement lors du  Conseil des ministres du 4 juillet, plutôt que fin juin que serait présenté le collectif budgétaire. Comme l’a précisé le Premier ministre, ce collectif comportera un certain nombre de mesures fiscales mais la future réforme se fera bien en deux temps avec un autre pan de réformes à l’automne.

Les mesures prévues dans le premier volet de la réforme fiscale

Jean-Marc Ayrault a apporté la semaine dernière certaines précisions quand au calendrier prévu pour certaines mesures touchant la fiscalité des particuliers. Ainsi devraient figurer, dans le collectif de Juillet :

Taxer les revenus du capital comme ceux du travail : un projet repoussé  à l’automne ?

Les autres mesures fiscales et plus particulièrement celle consistant à taxer les revenus du capital comme ceux du travail devraient n’être présentées qu’à l’automne.

Selon Les Echos du 15 juin, le ministère du Budget étudierait à ce sujet la mise en place d’une taxation des revenus du patrimoine en deux temps.  En effet supprimer les prélèvements libératoires actuels payés immédiatement par le contribuable entrainerait un décalage dans le temps de rentrées fiscales pour l’État. Ainsi le  prélèvement forfaitaire interviendrait toujours comme prévu l’année “n” et l’impôt sur le revenu  taxerait  selon le barème progressif ces gains l’année “n+1″, déduction faite de ce prélèvement. Un tel mécanisme, pour le moins complexe, reste à être confirmé…

Le projet de loi de finances du mois de juillet ne devrait pas comprendre l’imposition à 75% pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros, repoussé également  à cet automne.

Le calendrier pour le sort des niches fiscales n’est pas encore fixé mais le sort du dispositif Scellier pourrait être scellé dès Juillet.

Un nouveau régime pour les plus-values immobilières sans précision de calendrier

Devrait intervenir également – sans autre précision de calendrier – un retour du régime de taxation des plus-values immobilières selon celui antérieur à 2004. Depuis le 1er février 2012, la taxation des plus-values en cas de vente d’une résidence secondaire s’est alourdie. Le Gouvernement souhaite revenir au régime antérieur à 2004, qui réduirait entre autres  le délai pour arriver à une exonération totale de la plus-value, de 30 à 22 ans et taxerait la plus-value selon le barème progressif de l’impôt  sur le revenu, au lieu de 19% (hors prélèvements sociaux).

ISF 2012 : les 3 options du candidat Hollande

Mardi 17 avril 2012

Parmi les projets du candidat François Hollande touchant la fiscalité du patrimoine, figure le rétablissement de l’ancien barème de l’ISF, tel qu’appliqué l’an dernier. Comme nous l’avions évoqué récemment, il n’est pas exclu que ce soit dès cette année, pour l’ISF 2012, que ce retour intervienne. Les Echos évoquaient hier les 3 options envisagées par le candidat Hollande en cas de victoire le 6 mai, pour réformer l’ISF : une application dès 2012 ou en 2013 ?

Quel ancien barème ?

La volonté de François Hollande est de revenir au barème appliqué l’an dernier. Il conserverait donc une partie de la réforme voulue par Nicolas Sarkozy, à savoir un seuil d’entrée des patrimoines pour la taxation à l’ISF fixé à 1 300 000 euros.

Le barème appliqué serait alors l’ancien barème, qui comprend 6 taux de 0.55% à 1.8% après un abattement à 800 000 euros .

Option 1 : une réforme applicable en 2013

Le candidat renoncerait à faire appliquer dès cette année sa réforme de l’ISF qui serait votée en juillet. Le barème applicable cette année serait donc comme prévu celui voté en 2011, à deux taux et applicable dès le 1er euro :

  • 0,25 % pour les patrimoines compris entre 1,3 et 3 millions
  • 0,5 % pour les patrimoines supérieurs à 3 millions d’euros

La réforme et l’ancien barème seraient donc pour 2013.

Option 2 : un report de la déclaration ISF à septembre

La solution la plus tentante pour le candidat socialiste serait de décider un report des déclarations ISF en septembre.

C’était déjà le cas l’an dernier mais dans le but de faire sortir dès 2011 les foyers dont le patrimoine était inférieur à 1 300 000 euros. Cette fois cela serait au contraire pour faire rentrer dans les caisses immédiatement un gain évalué par le quotidien à 2 milliards d’euros.

Option 3 : faire payer un complément d’impôt en septembre

Un rappel : cette année seuls les détenteurs de patrimoines nets taxables supérieurs à 3 000 000 euros joindront au 15 juin le paiement à leur déclaration spécifique ISF. Les autres contribuables (patrimoines inférieurs à 3 000 000 millions d’euros) indiqueront la valeur de leur patrimoine sur leur déclaration de revenus, pour un paiement en septembre et pourraient voir s’appliquer alors le nouveau barème voté en juillet…

La dernière alternative évoquée par Les Echos, consisterait donc à faire «payer en septembre le surcroît de charges provoqué par la réforme qui serait votée en juillet » pour les patrimoines supérieurs à 3 000 000 euros, indique Les Echos.

Le plafonnement “Rocard” de retour

Le retour de l’ancien barème de l’ISF marquerait également le retour du plafonnement “Rocard” qui serait également voté dans le collectif budgétaire, et selon lequel la somme de l’impôt sur le revenu (IR) et de l’ISF ne doit pas représenter plus de 85% des revenus.

Alors que les premières déclarations ISF vont intervenir fin mai, le candidat Hollande n’aurait pas encore arbitré entre ces 3 options, précise Les Echos.

Les propositions fiscales du candidat Sarkozy

Mardi 10 avril 2012

Nicolas Sarkozy a présenté, jeudi 5 avril, les propositions de son programme destiné à ramener les finances publiques françaises à l’équilibre en 2016 en prévision d’un léger excédent de 0,5 % du PIB en 2017. Il s’agissait pour le candidat sortant qui avait déjà fait de nombreuses annonces de les lister et de les chiffrer. Parmi les 32 propositions du candidat sortant, la plupart des mesures fiscales avaient déjà fait l’objet d’annonces, et les nouveautés étaient donc assez réduites…

Plusieurs mesures déjà connues ou votées

Les principales hausses de prélèvements prévues ont déjà été votées lors de la loi de Finances rectificative 2012.

  • la hausse de la TVA le 1er octobre, le taux normal passant de 19.6 % à 21.2 %.
  • la hausse des prélèvements sociaux le 1er juillet, dont le taux global passera de 13,5 % à 15,5 %
  • l’instauration de la taxe sur les transactions financières à compter du 1er août 2012.

Parmi d’autres mesures déjà annoncées, figure la chasse aux exilés fiscaux dont la mise en place a déjà été qualifiée par les spécialistes de très complexe, amenant la renégociation de toutes les conventions fiscales

Baisses ciblées

Annoncée récemment, la diminution de 50% des droits de mutation payés pour la vente d’une habitation principale a été confirmée. Perçus par les notaires pour le compte de l’Etat, les droits de mutation s’appliquent dès un changement de propriétaire qu’il s’agisse d’une donation, succession ou vente.

Un tel allègement permettrait une économie non négligeable sur l’achat d’un logement. Elle devrait être mise en place de manière progressive.

Augmentation de la fiscalité sur les dividendes

Qualifiées de niches, et largement critiquées par la Cour des comptes , l’abattement de 40 % et l’abattement forfaitaire sur les dividendes, seraient réduits. La hausse des prélèvements sociaux du 1er juillet impacterait bien évidemment également la fiscalité des dividendes (dividendes et plus values).

Les entreprises visées

Comme dans le programme de François Hollande, plusieurs mesures importantes ont comme cible les entreprises.

La plus importante, déjà annoncée, est celle qui vise les grands groupes internationaux qui ne paient pas ou peu d’impôt sur les sociétés car ils ne font pas de bénéfices en France. Nicolas Sarkozy avait évoqué début mars “un impôt minimum“ sur le chiffre d’affaires mondial. Enfin, l’ensemble des niches fiscales des entreprises (rabot) serait également touchée, à l’exception du crédit impôt-recherche et du PTZ .

Les niches fiscales

Pour les particuliers, la chasse aux niches fiscales entamée il y a déjà plusieurs années, sous forme de rabot et plafonnement global, va continuer. S’il est reconduit, le président souhaite supprimer la mesure qui permet aux propriétaires fonciers de biens locatifs de déduire des revenus fonciers, les dépenses de gros travaux, considérant que « ces travaux se répercutent dans le prix des loyers, la pertinence de la niche n’est vraiment pas démontrée ».

Absence notée des vrais débats

Qu’il s’agisse du programme de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, de nombreux experts regretteront sans doute que le vrai débat fiscal soit encore mis de côté :  la question sur un impôt perçu à la source est éludée, sont également écartées des questions sur la fusion ou sur la suppression de certains impôts qui rendent notre système fiscal très complexe.

Fiscalité et redistribution : trois quinquennats à la loupe (1997-2012)

Mercredi 4 avril 2012

À l’approche du prochain grand rendez-vous électoral, l’Institut des politiques publiques (IPP) a publié une étude qui analyse quinze ans de législation fiscale en France. Elle passe à la loupe les 3 derniers quinquennats marqués – s’il est utile de le rappeler – par de très nombreuses modifications de notre fiscalité.

“L’objectif de cette étude est de tirer le bilan de ces réformes fiscales du point de vue de la redistribution et d’esquisser un diagnostic des problèmes structurels du système fiscal français” précisent les auteurs du rapport dans leur introduction.

Particularités de la fiscalité française

En préalable ce rapport met en avant les particularités de notre système fiscal dominé par d’importantes cotisations sociales, des taxes indirectes élevées et des prélèvements sociaux proportionnels au revenu, notamment la CSG (la Contribution sociale généralisée).

Ces caractéristiques sont à l’origine d’une fiscalité qui ressort en France comme à la fois élevée et peu progressive pour l’ensemble des actifs .

Fiscalité française : un système régressif

Au lieu d’être “progressifs”, c’est-à-dire d’augmenter avec la hausse des revenus, les prélèvements obligatoires s’allègent au contraire pour les plus hauts revenus. En effet, une partie des revenus échappent aux prélèvements obligatoires.

Trois quinquennats etudiés

Cette étude couvre donc quinze ans de modifications de notre système fiscal et social soit trois quinquennats :

Un quinquennat 1997-2002 en faveur des plus modestes

La réduction des cotisations sociales mise en place dans le cadre du financement de la réduction du temps de travail, et la réduction de la taxation indirecte à travers la baisse de la TVA, ont conduit à une diminution des prélèvements obligatoires pour les salaires les plus modestes.

Le second quinquennat de Jacques Chirac (2002-2007)

En revanche, le second quinquennat de Jacques Chirac a accentué le caractère régressif de notre système.  Pendant ces années, les plus hauts revenus ont profité des baisses de prélèvements grâce à la diminution de l’impôt sur le revenu et la mise en place du bouclier fiscal (à 60%).

L’essentiel de l’accroissement du caractère “régressif” du système fiscal français au cours de ces quinze dernières années a eu lieu pendant cette période.

Des « évolutions contrastées » pour le quinquennat 2007-2012

Pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement, le bilan “redistributif” est en apparence limité selon l’étude. Et ce, en raison de nombreuses réformes qui – pour les auteurs – « se sont en partie annulées les unes les autres ».

Deux évolutions contrastées, avec :

Gagnants et perdants du quinquennat en cours

Selon le rapport, les gagnants sont avant tout les contribuables ayant de hauts patrimoines mais de faibles revenus. Les perdants sont ceux qui ont de faibles patrimoines mais de hauts revenus.

Les Echos résument quant à eux l’un des enseignements à tirer de ce rapport :

“l‘impôt des plus aisés a beaucoup augmenté depuis deux ans : prélèvements sur le capital, taxe spéciale sur les très hauts revenus, etc. Mais cela n’efface pas les baisses qui leur ont été accordées au cours de la dernière décennie (2002-2012)”.

Des assiettes larges prônées par le rapport

Quels sont les enseignements à tirer de cette étude à destination évidente des différents candidats à la présidence de la République ?

“quels que soient les objectifs poursuivis en matière de redistribution fiscale, il semble donc urgent que les responsables politiques français prennent conscience qu’il est nécessaire de privilégier des assiettes larges et des taux faibles plutôt que des assiettes étroites et des taux élevés “.

Grande Bretagne : baisse des impôts sur les hauts revenus

Jeudi 22 mars 2012

England does it better? Différemment en tout cas. En France, Nicolas Sarkozy n’a pas cédé en 2011 au lobby des partisans de la création d’une nouvelle tranche d’impôt supérieure à la dernière de 41% de notre barème. Mais a toutefois été votée une contribution « exceptionnelle » sur les hauts revenus.

Pour sa part, le candidat socialiste, François Hollande, qui proposait jusqu’ici dans son programme de créer une nouvelle tranche d’imposition à 45 % pour les revenus situés au-delà de 150 000 euros par an, a annoncé son intention de créer une nouvelle tranche d’imposition à 75 % pour les revenus excédant 1 million d’euros.

De l’autre côté de la Manche, les préoccupations sont tout autres, puisque ce sont les baisses d’impôts des hauts revenus qui sont à l’ordre du jour.

Favoriser les riches…

En Grande Bretagne le paysage fiscal semble quelque peu différent de celui que nous connaissons actuellement en France. Lefigaro.fr précise que David Cameron vient, en effet, de “céder”, après  des mois de lobbying à son endroit. Dans le projet de budget présenté au Parlement, le chancelier de l’échiquier George Osborne a annoncé la réduction du taux marginal de 50% sur les revenus supérieurs à 150.000 livres (180.000 euros) par an. Ce taux  devrait passer à 45% à partir de 2013 pour atteindre 40% en 2014.

Le site souligne que dans un climat d’austérité budgétaire le gouvernement prend le risque politique d’être accusé de privilégier les plus riches, comme ce fut et c’est encore le cas pour Nicolas Sarkozy avec la réforme de l’ISF votée en juillet 2011.

Attirer les investisseurs étrangers

Comme nous en avions déjà parlé dans ce blog, le site du Figaro rappelle que le gouvernement britannique souhaite « faire du pays, le plus compétitif du G20 en termes de fiscalité pour attirer les investissements étrangers ».

En effet, face à un durcissement de la fiscalité qui pourrait s’accentuer en France après l’élection présidentielle, David Cameron avait dit combien il souhaitait encourager davantage la venue de cadres, investisseurs et chefs d’entreprises français. Une forme d’offre concurrentielle ?

Comment le gouvernement justifie cette baisse

Pour compenser le manque à gagner devrait être instaurée une augmentation des droits de mutation et mis en place un dispositif nommé «tycoon tax», limitant les mécanismes d’évasion fiscale utilisés grâce à un prélèvement minimal d’au moins 20% des revenus.

Enfin, un autre argument mis en avant pour justifier cette baisse : la tranche de 50% aurait rapporté moins de 1 milliard de livres (1,2 milliard d’euros). A ce sujet, interrogé sur la proposition du candidat François Hollande Hollande de taxer à 75%  la tranche au-dessus d’un million d’euros annuel,  le président PS de la Commission des Finances  Jérôme Cahuzac avait précisé: “ce n’est pas une mesure de nature fiscale mais sociétale car son rendement sera faible, s’il n’est pas nul“(…).

Traque des exilés fiscaux : le modèle américain

Vendredi 16 mars 2012

Après la proposition du candidat François Hollande d’imposer à 75% les revenus supérieurs à 1 million d’euros, c’est au tour de Nicolas Sarkozy de faire l’actualité avec une proposition ciblant les exilés fiscaux définis comme ceux qui veulent rester français « pour la nationalité » mais ne souhaitent pas « rester en France pour la fiscalité », selon ses termes.

S’appuyant sur le modèle américain, le Président a évoqué un nouvel impôt : les expatriés (pour raisons fiscales) verseraient au fisc français la différence entre l’impôt payé à l’étranger et le montant qui aurait été dû en France.

Le système actuel

Daniel Gutmann et Jean-Yves Mercier avocats au cabinet CMS Françis Lefebvre résument très clairement les principes de notre système actuel : «  ceux qui habitent en France y sont soumis à l’impôt sur l’ensemble de leur revenu, quelle que soit leur nationalité ; ceux qui résident hors de France ne sont imposables dans notre pays qu’à raison des revenus qui y trouvent leur source ». On trouve l’origine de ce principe dans l’idée que « l’obligation fiscale repose bien davantage sur le constat d’une communauté d’intérêts vécus par une collectivité économique que sur l’appartenance abstraite à une nation » exposent-ils.

Un impôt lié à la nationalité

Comme Jean Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche le propose dans son programme, Nicolas Sarkozy souhaiterait instaurer une nouvelle taxe un impôt lié à la nationalité » qui aurait comme cible « les exilés fiscaux ». Concrètement, l’exilé fiscal défini comme celui qui est parti à l’étranger dans le seul but d’échapper à l’impôt français, devra « déclarer à l’administration française ce qu’il a payé comme impôt à l’étranger » et « si c’est inférieur à ce qu’il aurait payé sur les revenus de son capital en France, on lui fera payer la différence », précisait Nicolas Sarkozy.

Il s’agit donc de soumettre les ressortissants français à des impôts au-delà de nos frontières. Quand un Etat instaure une telle imposition, ces personnes ont souvent recours à un changement de nationalité.

L’exemple américain

Il l’a révélé, Nicolas Sarkozy s’est inspiré de l’exemple américain. Les Etats-Unis, est à ce jour le seul pays développé à pratiquer un impôt fondé sur la citoyenneté et non plus sur le domicile. Les Américains ont donc un impôt lié à la nationalité et se voient imposés leurs revenus partout dans le monde, au motif de cette nationalité. Certains sont ainsi amenés à renoncer à la nationalité américaine pour ne plus avoir à déclarer leurs revenus à l’étranger ou pour éviter de payer davantage d’impôts.

Selon des statistiques publiées en février par le Federal Register, citées par « lepoint.fr »: « 1781 Américains ont abandonné leur nationalité en 2011, une hausse de 16 % par rapport à 2010 ». Si ce nombre parait ridicule dans l’absolu, c’est sa progression qu’il faut retenir : “sept fois plus qu’en 2008″ ajoute le site, pour lequel le chiffre est sans doute bien supérieur. Sur le plan pratique, il suffit de faire la demande de perte de nationalité, payer 450 dollars et régler une « exit tax » ou taxe de départ.

Le FATCA

Reste le Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA) : la loi anti évasion fiscale adoptée en mars 2010 par l’administration Obama. Tout expatrié va devoir maintenant donner au fisc américain une liste de ses comptes à l’étranger supérieurs à 50 000 dollars. De même, le citoyen américain détenteur de tels comptes verra son identité et ses revenus dévoilés par les établissements à l’administration américaine, afin que cette dernière fasse une comparaison avec la déclaration d’impôt déposée par le contribuable. En cas de fraude, une retenue de 30% sur tous les revenus que le contribuable encaisse depuis les Etats-Unis est pratiquée.

De cette nouvelle mesure, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2013, le Trésor américain attend environ 8 milliards de dollars de recettes en dix ans.