Le 6 décembre dernier, le Sénat a adopté le projet de Loi de Finances pour 2012, comprenant de nombreuses modifications par rapport au texte adopté par les députés. La Commission mixte paritaire n’est pas parvenue à un accord, hier, sur un texte commun et le texte revient devant les députés demain 14 décembre.
Une Loi de finances 2012 détricotée par les Sénateurs
Que se passe t-il en fait ? Dans ce nouveau contexte politique, c’est à un véritable match entre la droite et la gauche auquel nous avons assisté lors des débats. D’un côté, le parti de la majorité présidentielle qui a la main sur l’Assemblée Nationale et de l’autre, le Sénat, récemment passé à gauche.
Le texte adopté par les Sénateurs a donc été très remanié par rapport à la version initiale de l’Assemblée nationale. Nous citerons à titre d’exemple:
- la création d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu à 45% pour la fraction de revenus dépassant 100 000 €.
- la réduction de 40% à 20% de l’abattement proportionnel sur les dividendes
- une remise en cause de la Loi TEPA sur les exonérations des heures supplémentaires ou encore celles relatives aux droits de mutation.un plafond global des niches fiscales réduit à 10 000 euros
- une majoration de l’imposition des sociétés pétrolières…
La Commission mixte paritaire
Quel est son rôle? En fait la commission mixte paritaire, composée de 7 députés et 7 sénateurs, est réunie en cas de désaccord persistant entre les deux assemblées sur un projet ou une proposition de loi. Sa mission est d’aboutir à la conciliation des deux assemblées sur un texte commun. Avant le retour du texte à l’Assemblée Nationale, la Commission mixte paritaire s’est donc réunie hier lundi 12 décembre pour effectuer une nouvelle proposition, suite aux nombreuses modifications effectuées par les Sénateurs.
Pas d’accord à la suite de la réunion du 12 décembre
« Députés et sénateurs n’ont pu se mettre d’accord, lundi, en Commission mixte paritaire (CMP) sur le budget 2012, que le nouveau Sénat à majorité de gauche a largement transformé à quelques mois de l’élection présidentielle pour montrer qu’une “alternative” était possible » indique un communiqué de l’Assemblée Nationale.
Le dernier mot revient aux députés
« L’Assemblée nationale, qui a le dernier mot, devrait rétablir le projet de loi de finances 2012 originel à partir de mercredi », continue le communiqué.
En effet, l’Assemblée nationale, qui a le dernier mot en cas de désaccord entre les deux chambres, va en toute vraisemblance, revenir à la version du Projet de Loi de Finances 2012 telle que souhaitée par le gouvernement.
L’intérêt d’un examen minutieux des amendements adoptés par le Sénat réside dans le fait que ce que le Sénat vote ce jour a de bonnes chances de figurer demain parmi les décisions prises par un futur candidat de gauche…
Pour compléter : relire les articles de la rubrique “impôts et fiscalité” sur le site BforBank.com.







