Archive pour le mot-clef ‘niche fiscale’

Jérome Cahuzac aux rencontres parlementaires de l’épargne et la fiscalité

Jeudi 7 février 2013

22èmes Rencontres parlementaires sur l'épargne et la fiscalitéAvaient lieu mercredi 6 février à la Maison de la chimie, les 22èmes rencontres parlementaires sur l’épargne et la fiscalité sous la présidence de Philippe Marini, Président de la Commission des finances du Sénat et en présence du Ministre du Budget Jérôme Cahuzac, qui clôturait les débats.

Ces rencontres annuelles sont l’occasion pour leurs intervenants – issus du milieu parlementaire, bancaire, de l’assurance ou des spécialistes de l’épargne – de faire un état des lieux et de confronter des idées sur l’épargne, autour de différents thèmes. Cette année les thèmes avaient pour titre : « épargne durable, épargne utile » et « épargne et croissance ». A cette occasion, un livetweet a été réalisé sur le compte twitter BforBank où l’essentiel des grandes déclarations ont été relayé. Que doit-on en retenir ?

Réorienter l’épargne :

Plusieurs intervenants ont rappelé que le niveau de l’épargne des ménages avec un taux d’environ 16% était satisfaisant. Comme le Rapport Gallois le préconisait, il est en revanche nécessaire de réorienter l’épargne plus particulièrement « vers les placements longs et à risques » soulignait en préambule Philippe Marini. C’est en effet l’ »allocation de l’épargne qui pose problème » confirmait ensuite le Ministre du Budget.

Des incitations fiscales coûteuses

Philippe Marini évalue à 7 milliards le coût global des principales niches fiscales de l’épargne avec parmi elles : l’assurance-vie, le Livret A, l’investissement locatif ou le PEA.

« Ces incitations fiscales sont coûteuses «  et « les finances publiques ne doivent pas être le réservoir de dépenses fiscales pour favoriser tel ou tel intérêt particulier » avance Philippe Marini. Leur montant est donc appelé à se contracter et « faute d’efficacité avérée, ces niches seront réexaminées ».

Le Livret A : un sujet sensible

Si il est bien un sujet sensible, c’est celui du Livret A -et des autres livrets défiscalisés-. Sa popularité est sa meilleure défense et constitue une niche fiscale difficilement attaquable. Comme l’avait déjà fait dans le passé Philippe Marini, le député UDI Charles de Courson préconise de fiscaliser ses intérêts à partir d’un certain montant alors qu’il est prouvé que « cela ne toucherait pas les ménages les plus modestes, qui ne sont pas imposables » justifiait-il.

Gérard Beckerman, Président de l’AFER a souhaité rappeler que proportionnellement à leurs encours, le coût de la niche fiscale “Livret A”  était 4,5 fois supérieur à celui de la “niche” “assurance-vie”.

En attendant le rapport Berger/Lefebvre sur l’épargne longue

« C’est délibérément que l’épargne financière n’a pas été traitée en Loi de Finances » a rappelé Jérôme Cahuzac. Le Gouvernement travaillera en effet à partir des recommandations du rapport que doivent rendre prochainement les deux députés PS, Karine Berger et Dominique Lefebvre.

Prévu initialement pour fin 2012, il semble qu’il faille encore attendre quelques semaines avant que ce rapport ne soit remis au Premier Ministre.

L’assurance-vie au service de l’immobilier

Clôturant ces rencontres, Jérôme Cahuzac a levé le voile sur quelques pistes qui pourraient être étudiées et parmi elles l’une pour l’assurance-vie. Il a confirmé que le gouvernement envisageait des incitations fiscales « pour orienter une partie de l’épargne gérée par les investisseurs institutionnels, comme l’assurance vie, vers l’immobilier d’habitation » reprend les Echos.

« Ce serait donc une utilisation marginale mais néanmoins nécessaire pour aider un secteur qui aujourd’hui souffre énormément”, a-t-il dit évoquant un montant de “quelques dizaines de milliards d’euros, pas au-delà”, alors que l’encours total d’assurance vie était de 1.391 milliard fin 2012.

A l’issue de la publication du rapport Berger/Lefebvre, l’épargne financière devrait faire l’objet d’un projet de loi pour un vote lors d’une prochaine Loi de Finances rectificative.

 

Réduire son impôt sur le revenu : le dispositif FIP/FCPI 2012

Mercredi 31 octobre 2012

Le dispositif permettant aux souscripteurs qui investissent dans des PME via des FIP ou FCPI, de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu devait arriver à échéance le 31 décembre 2012. Longtemps incertain, son maintien et celui du dispositif ISF PME a été assuré par le Président de la République. Le 20 septembre dernier François Hollande a en effet mentionné dans une déclaration au sujet des PME que “tous les dispositifs qui existent aujourd’hui en faveur de l’investissement dans les PME seront maintenus durant le quinquennat”.

Dispositif applicable aux FIP et FCPI IR en 2012

Pour les investissements effectués d’ici le 31 décembre 2012, les souscriptions de parts de FCPI (Fonds Communs de Placement dans l’Innovation) ou FIP (Fonds d’Investissement de Proximité) ouvrent droit à une réduction d’impôt égale à 18% des versements -après imputation des droits d’entrée-. Les versements sont retenus dans une limite de 12.000 € pour les célibataires et de 24.000 € pour les couples soumis à une imposition commune.

  • Célibataire : plafond de 12.000 €, soit 2.160 € de réduction d’impôt maximum,
  • Couple : plafond de 24.000 €, soit 4.320 € de réduction d’impôt maximum.

La réduction d’impôt obtenue viendra s’imputer directement sur l’impôt à payer l’an prochain au titre des revenus 2012.

La règle des cumuls

Les avantages fiscaux du FCPI et du FIP sont cumulables et permettent un doublement du plafond de réduction d’impôt. Ce cumul permettra également de diversifier l’investissement car les catégories d’entreprises visées par les deux types de produit sont différentes.

Cette règle de cumul aboutit à la réduction totale suivante de réduction fiscale en 2012:

  • pour un célibataire : 24 000 € x 18% (FCPI + FIP) = 4 320 €
  • pour un couple : 48 000 € x 18% (FCPI + FIP)  = 8 640 €

De même le cumul est également possible avec un FIP Corse. Peu commercialisés, ces FIP répondent à des règles de fonctionnement et des conditions de réduction d’impôt spécifiques en raison d’un profil de risque accru.

Une niche fiscale soumise au plafond global

Instauré en 2009 le plafond des niches fiscales a été depuis régulièrement raboté pour atteindre en 2012 un montant de 18 000 euros +4% des revenus. La loi de finances 2013, conformément à une promesse électorale de François Hollande, prévoit une nouvelle et radicale réduction à 10 000 euros avec la suppression de toute part proportionnelle. Ce nouveau plafond serait applicable à compter de l’ imposition des revenus de l’année 2013 pour des dépenses payées et des investissements réalisés à compter du 1er janvier 2013.

L’avenir des dispositifs fiscaux en faveur des PME serait pérennisé

Lors de la cérémonie de remise du Prix de l’audace créatrice, François Hollande a confirmé en septembre devant des entrepreneurs réunis à l’Elysée le maintien des dispositifs fiscaux favorisant l’investissement dans les petites et moyennes entreprises (PME). Ce maintien s’appliquerait pendant tout le quinquennat jusqu’en 2017. Ses propos ont ensuite été confirmés par le ministre de l’Economie et des finances Pierre Moscovici, et Fleur Pellerin ministre en charge des PME.

Les acteurs du secteur pessimistes

Commentant les chiffres de la « levée de capitaux » du 1er semestre 2012 effectuée par les FIP et FCPI ISF, l’AFIC (l’Association Française des Investisseurs pour la Croissance) et l’AFG (Association Française de la Gestion Financière) annonçent anticiper une « mauvaise » collecte sur les FIP et FCPI IR (impôt sur le revenu). En cause selon eux une incitation fiscale rabotée au fil des ans pour atteindre 18% en 2012, contre 25% en 2010. Comme tous les produits action non cotés, les FCPI et les FIP constituent des placements risqués -risque de perte en capital, absence de liquidité- dont l’avantage fiscal est la contrepartie.

Si il est prévu de maintenir ce dispositif dans les années à venir, le fait que le plafond global soit réduit l’an prochain à 10 000 euros devrait également le pénaliser. Paul Henri de la Porte du Theil président de l’AFG souhaiterait que ce dispositif  sorte du plafond global de 10 000 euros.

La réforme fiscale : un des chantiers prioritaires de François Hollande

Jeudi 10 mai 2012

La réforme fiscale figurait en tête du programme de François Hollande et sera bien un des chantiers prioritaires. Parmi les mesures annoncées lors de la campagne du président nouvellement élu, la grande majorité d’entre elles devraient être votées lors de la session extraordinaire parlementaire qui aura lieu du 3 juillet au 2 août. Ce projet de loi de finances rectificative comprendra donc de nombreux pans ayant trait à la fiscalité des particuliers.

Listons les dispositifs qui devraient donc figurer dans la réforme fiscale qui devrait être présenté lors du Conseil des ministres « aussitôt les élections législatives passées » selon les Echos.

Les revenus du capital imposés comme ceux du travail

Concrètement pour les revenus de l’épargne, il ne serait donc plus possible d’opter pour le prélèvement libératoire forfaitaire à la source mais uniquement de les soumettre au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Actuellement le taux du PFL est de 24% pour les intérêts de livrets, coupons obligataires et de 21% pour les dividendes.

En ce qui concerne le régime fiscal du « placement préféré des français », les dernières précisions apportées lors de la campagne consistaient à maintenir intact le régime fiscal de l’assurance-vie pour les contrats de plus de 8 ans

Impôt sur le revenu

Il est prévu dans le programme de Francois Hollande :

  • la création d’une tranche de 45% pour les revenus supérieurs à 150 000 € par part,
  • celle d’une tranche de 75% pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros. Son contour reste flou, et les débats risquent d’être animés…
  • une baisse de 2336 euros à 2000 euros du plafond du quotient familial (par demie-part) pour les ménages les plus aisés.

En revanche le gel pour deux ans du barème de l’impôt sur le revenu serait abrogé pour les revenus 2012.

Plafonnement des niches fiscales

François Hollande a prévu que le plafond des niches fiscales soit désormais de 10 000 euros, sans aucune part variable. Depuis 2009, il existe un plafond global des niches fiscales qui n’a cessé d’être revu à la baisse pour atteindre pour les revenus 2011 : 18.000 € majorés de 6% du montant du revenu imposable et pour les revenus 2012 : 18.000 € et 4 % du revenu imposable.

Par ailleurs les dépenses liées à l’emploi d’un salarié à domicile ne seraient plus déductibles qu’à hauteur de 40 ou 45% au lieu des 50% actuels.

Retour à l’ancien barème ISF

Il est bien prévu que François Hollande rétablisse l’ancien barème de l’ISF mais une grosse incertitude qui devrait être levée très prochainement concerne le barème de l’ISF applicable cette année.

En effet si le programme socialiste prévoit le retour à l’ancien barème, joint au rétablissement du plafonnement Rocard, le total de l’impôt sur le revenu – de la cotisation ISF, de la CSG et de la CRDS – ne pourraient être supérieur à 85% des revenus. La question est : quand ?

Le prochain gouvernement serait tenté par un report de la date limite de déclaration au 30 septembre 2011, qui permettrait de faire voter entre temps le retour à l’ancien barème. Serait toutefois maintenue un seuil d’entrée de l’ISF à 1.300 000 euros (avec l’application d’un barème débutant bien à 800 000 euros).

Les plus values immobilières

Aucune certitude encore mais, si il est prévu un maintien de l’exonération des plus-values immobilières pour la résidence principale, le rétablissement du régime antérieur à 2004 est envisageable. Dans ce régime abrogé en 2004, le prix d’acquisition du bien bénéficiait d’un coefficient d’érosion monétaire après 2 ans de détention et d’un abattement de 5% pratiqué sur le montant de la plus-value par année de détention au-delà de la deuxième.

La plus-value immobilière était donc exonérée au bout de 22 ans, contre 30 ans depuis le 1er février 2012 et 15 ans à partir de 2004.

Ensuite les plus-values à court terme (moins de deux ans après l’acquisition du bien), étaient intégrées au revenu global alors que les plus-values à long terme se voyaient appliquées un système de quotient destiné à atténuer les effets de la progressivité du barème de l’impôt sur le revenu.

Successions et donations

Devrait être voté une baisse de 159 325 euros à 100 000 euros de l’abattement applicable entre parents et enfants. De même, pourrait passer de dix à quinze ans la période entre deux donations exonérées (déjà allongée en 2011 de 6 à 10 ans).

Prélèvements sociaux

Si François Hollande a toujours annoncé qu’il renoncerait à la hausse de la TVA sociale, il ne devrait pas revenir sur la hausse de 13.5% à 15.5% des prélèvements sociaux sur l’épargne qui doit entrer en vigueur le 1er juillet.

Ce que l’on pourra constater c’est que l’instabilité fiscale, pourtant sujet sensible, aura atteint son paroxysme ces deux dernières années et que plusieurs mesures votées en 2011 et 2012 ne devraient jamais être appliquées. Ceci aura été particulièrement sensible pour l’ISF (barème à 2 taux qui est en sursis avant même d’avoir été appliqué) et la nouvelle réforme de la plus-value immobilière (retour éventuel au régime antérieur à 2004) alors qu’un durcissement voté en juillet 2011, venait d’entrer en vigueur en février dernier.

Les propositions fiscales du candidat Sarkozy

Mardi 10 avril 2012

Nicolas Sarkozy a présenté, jeudi 5 avril, les propositions de son programme destiné à ramener les finances publiques françaises à l’équilibre en 2016 en prévision d’un léger excédent de 0,5 % du PIB en 2017. Il s’agissait pour le candidat sortant qui avait déjà fait de nombreuses annonces de les lister et de les chiffrer. Parmi les 32 propositions du candidat sortant, la plupart des mesures fiscales avaient déjà fait l’objet d’annonces, et les nouveautés étaient donc assez réduites…

Plusieurs mesures déjà connues ou votées

Les principales hausses de prélèvements prévues ont déjà été votées lors de la loi de Finances rectificative 2012.

  • la hausse de la TVA le 1er octobre, le taux normal passant de 19.6 % à 21.2 %.
  • la hausse des prélèvements sociaux le 1er juillet, dont le taux global passera de 13,5 % à 15,5 %
  • l’instauration de la taxe sur les transactions financières à compter du 1er août 2012.

Parmi d’autres mesures déjà annoncées, figure la chasse aux exilés fiscaux dont la mise en place a déjà été qualifiée par les spécialistes de très complexe, amenant la renégociation de toutes les conventions fiscales

Baisses ciblées

Annoncée récemment, la diminution de 50% des droits de mutation payés pour la vente d’une habitation principale a été confirmée. Perçus par les notaires pour le compte de l’Etat, les droits de mutation s’appliquent dès un changement de propriétaire qu’il s’agisse d’une donation, succession ou vente.

Un tel allègement permettrait une économie non négligeable sur l’achat d’un logement. Elle devrait être mise en place de manière progressive.

Augmentation de la fiscalité sur les dividendes

Qualifiées de niches, et largement critiquées par la Cour des comptes , l’abattement de 40 % et l’abattement forfaitaire sur les dividendes, seraient réduits. La hausse des prélèvements sociaux du 1er juillet impacterait bien évidemment également la fiscalité des dividendes (dividendes et plus values).

Les entreprises visées

Comme dans le programme de François Hollande, plusieurs mesures importantes ont comme cible les entreprises.

La plus importante, déjà annoncée, est celle qui vise les grands groupes internationaux qui ne paient pas ou peu d’impôt sur les sociétés car ils ne font pas de bénéfices en France. Nicolas Sarkozy avait évoqué début mars “un impôt minimum“ sur le chiffre d’affaires mondial. Enfin, l’ensemble des niches fiscales des entreprises (rabot) serait également touchée, à l’exception du crédit impôt-recherche et du PTZ .

Les niches fiscales

Pour les particuliers, la chasse aux niches fiscales entamée il y a déjà plusieurs années, sous forme de rabot et plafonnement global, va continuer. S’il est reconduit, le président souhaite supprimer la mesure qui permet aux propriétaires fonciers de biens locatifs de déduire des revenus fonciers, les dépenses de gros travaux, considérant que « ces travaux se répercutent dans le prix des loyers, la pertinence de la niche n’est vraiment pas démontrée ».

Absence notée des vrais débats

Qu’il s’agisse du programme de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, de nombreux experts regretteront sans doute que le vrai débat fiscal soit encore mis de côté :  la question sur un impôt perçu à la source est éludée, sont également écartées des questions sur la fusion ou sur la suppression de certains impôts qui rendent notre système fiscal très complexe.

Comment taxer davantage les grands groupes ? (2/2)

Mardi 13 mars 2012

Face au constat selon lequel de nombreux groupes du CAC 40 seraient soit non taxés soit trop faiblement taxés, Nicolas Sarkozy a annoncé souhaiter la mise en place d’une taxation minimum. Dès cette annonce, face au flou de la proposition, de nombreuses voix se sont élevées pour en souligner les difficultés de mise en œuvre. Depuis, le Gouvernement a apporté quelques précisions quant au contour de cette “éventuelle” taxation, dont les contours restent pourtant flous…

Une inspiration américaine ?

Certains observateurs l’ont souligné : pour cette annonce Nicolas Sarkozy s’est sans doute inspiré d’une annonce récente de Barack Obama.

 Dans le discours sur l’Etat de l’Union, le Président américain proposait une réforme devant permettre de réduire de 35% à 28% le taux d’imposition sur les sociétés tout en augmentant les recettes via la suppression de dizaines de niches fiscales. Barack Obama souhaite ainsi que toutes les entreprises américaines soient soumises à un taux d’imposition minimal en dessous duquel elles ne seraient pas autorisées à descendre. Les multinationales seraient aussi amenées à payer un taux d’imposition minimum sur leurs bénéfices réalisés à l’étranger. Sa réforme de l’impôt sur les sociétés avait été promise en 2010…

Une taxation dont les contours restent flous

Lors de son annonce, Nicolas Sarkozy, s’est montré vague sur cet impôt qu’il s’agisse de son champ, son assiette ou encore son taux. Les Échos rappelait à cet égard que le mécanisme de l’impôt minimum implique en préalable de “taxer les résultats réalisés à l’étranger et de revoir toutes les conventions fiscales” qui fixent de nombreuses règles en matière de taxation des entreprises.

L’impôt français serait calculé sur la base des bénéfices réalisés dans le monde entier. Mais les entreprises pourraient y soustraire l’impôt déjà payé ailleurs, la fiscalité étant généralement plus élevée en France” précise le quotidien. Le temps que se mette en place un tel système, une taxe assise sur le chiffre d’affaires mondial serait instaurée à titre provisoire.

Un accueil très réservé

“Illusoire et irréalisable”, tels sont les adjectifs utilisés par Jérôme Cahuzac, chargé du budget dans l’équipe Hollande, pour qualifier la proposition de Nicolas Sarkozy. Face à une mesure imparfaite en l’état, l’entourage du Président rappelle que c’est à défaut de pouvoir la mettre en œuvre rapidement, qu’une taxe sur leur chiffre d’affaires mondial serait prévue dans un premier temps afin de faire rentrer des recettes dès 2013. Selon Les Échos l’assiette du chiffre d’affaires ne reflète pas “la capacité contributive des entreprises”.

Les choix du candidat François Hollande

Pour lutter contre le faible taux d’imposition de certains grands groupes, le candidat Hollande souhaite quant à lui réduire les possibilités offertes aux sociétés de réduire leur imposition via certains mécanismes d’optimisation fiscale, en prévoyant par exemple :

  • la suppression de la déductibilité des intérêts d’emprunt pour l’acquisition des titres de participation des entreprises,
  • qu’en cas de subvention de filiales étrangères en perte, il ne soit plus possible de déduire cette charge de l’impôt en France,
  • un durcissement des obligations documentaires des entreprises sur leurs prix de transfert entre filiales, qualifiés aussi de prix de cession interne.

François Hollande propose également de relever de 33 % à 35 % le taux d’impôt sur les sociétés des entreprises de plus de 2 000 salariés, et de l’abaisser à 30 % pour les petites et moyennes, 15 % pour les très petites. Le candidat du PS « a placé l’alourdissement de l’impôt des grandes entreprises au cœur de son programme  » résumait Les Échos.

Présenté comme une contribution importante pour ramener les déficits publics à 3 % du PIB en 2013, un impôt minimum rapporterait selon Nicolas Sarkozy  2 à 3 milliards d’euros. Il paraît pourtant difficile à ce stade de l’ébauche d’une telle taxation aux nombreuses inconnues d’évaluer les rentrées d’impôts, objectent les sceptiques…

Les relations des particuliers avec leur administration fiscale

Mercredi 22 février 2012

Dans un rapport publié le 21 février, la Cour des Comptes dresse le bilan de 12 ans de “politique d’amélioration des relations entre l’administration fiscale et les contribuables”, qui trouve son origine dans la volonté de « rechercher l’adhésion de la majorité des contribuables (qui) permet, mieux que les moyens répressifs, d’optimiser le rendement de l’impôt ».

Après la fusion des centres des impôts et des trésoreries au sein de la Direction générale des finances publiques (DGFIP),  la Cour des Comptes constate qu’il reste beaucoup d’efforts à faire pour améliorer les relations avec les usagers. Elle pointe ensuite sans surprise la complexité et l’instabilité croissante de notre régime fiscal.

Le guichet unique : des progrès restent à faire

La fusion des centres des impôts et des trésoreries a donné lieu en 2008 à la création dela Directiongénérale des finances publiques (DGFIP). Celle-ci aura permis la mise en place d’un guichet unique : une structure destinée à gérer à la fois l’assiette et le recouvrement pour simplifier les démarches des usagers-contribuables.

La Cour des Compte confirme ce qu’avait l’an dernier pointé un rapport de la commission des finances du Sénat : le bilan de cette fusion est mitigé. On constate ainsi une “une forte disparité dans la qualité du service rendu”. S’ajoutent également de grandes disparités géographiques : l’accès au guichet unique reste incomplet et inachevé. “Une nouvelle étape devrait être engagée pour revoir certains des processus, des organisations et des objectifs ”, précise le rapport.

Une offre de services renouvelée saluée

Une des premières sources de satisfaction, chez les usagers, est l’étendue et la diversification des services mis à leur disposition.

Une partie du retard pris par l’administration fiscale en termes d’administration électronique a été comblée avec  le développement des téléprocédures, le télépaiement ou encore la mensualisation et les déclarations préremplies qui ont permis de réaliser selon la Cour de Comptes des « progrès remarquables dans les relations avec le contribuable ».

Une priorité : la simplification et la stabilisation des règles et procédures

Enfin, cela ne surprendra personne : la Courdes Compte souligne le caractère instable et complexe des règles fiscales.

Si le système fiscal français est déjà un système très compliqué à la base (40 000 pages d’instructions fiscales), les changements permanents — environ 20 % des articles du Code général des impôts sont modifiés chaque année — ne font qu’accentuer cette complexité. À la multiplicité des modalités de l’impôt, s’est ajoutée ces dernières années la multiplication des niches fiscales.

Le millésime 2011, avec les nouveaux textes fiscaux qui se sont succédé tout a long de l’année, ne risque pas à court terme de simplifier la donne alors que 2012, risque avec l’élection présidentielle d’être à nouveau riche en évolutions fiscales.

« Cette complexité croissante crée chez les contribuables un besoin d’être informés et rassurés sur le respect de leurs obligations»précise le rapport. La simplification des règles fiscales doit être la toile de fond de l’étape à franchir. Simplifier, c’est en définitive assurer des rentrées fiscales» conclut la Cour.

 

Réduction des niches fiscales : ce qui est prévu en 2012

Mercredi 23 novembre 2011

reduction_niches_fiscales_2012En 2012, quelle que soit l’issue du vote définitif du Budget prévu pour la mi-décembre, les niches fiscales et plus particulièrement les placements de défiscalisation seront proposés aux contribuables avec des taux d’avantage fiscal moins attractifs que cette année.

Comme l’an dernier avec la loi de finances pour 2011 qui avait réduit de 10 % le taux de certains avantages fiscaux (réductions d’impôt sur le revenu ou crédits d’impôt), un article (45) du PFL 2012 prévoyait un coup de rabot du même ordre, c’est-à-dire de 10%. Seraient concernées les mêmes niches, c’est-à-dire celles comprises dans le champ du “plafonnement global des niches fiscales”.

Finalement, comme annoncé par François Fillon le 7 novembre dans son nouveau plan de rigueur, c’est un coup de rabot de 15% qui a été soumis au vote des députés et adopté au lieu de ce taux de 10 % prévu initialement . Parallèlement a également été votée une réduction du plafond global des niches fiscales, supérieure à ce qui était proposé par le Gouvernement. Un petit retour en arrière sur son mécanisme.

Le principe du plafonnement global

C’est dans le cadre de la loi de finances 2009 qu’une mesure de plafonnement a été instituée. Rappelons son principe : le montant total des avantages fiscaux ne doit pas procurer au contribuable, un avantage supérieur à un certain montant – fixé à 25 000 euros à l’origine – plus un pourcentage – fixé à l’origine à 6 % –  de son revenu imposable.

Ce plafonnement global s’ajoute au plafonnement spécifique à chacune des niches.

Quels sont les avantages fiscaux concernés ?

La loi énumère les niches fiscales qui échappent à cette règle du plafonnement. À l’origine, il était prévu que pour qu’un avantage fiscal soit exclu du plafonnement global, il fallait qu’il découle d’une situation subie par le contribuable (prise en charge de la dépendance ou du handicap), ou bien qu’il poursuive un objectif d’intérêt général sans contrepartie pour le contribuable (dons aux œuvres par exemple).

Un plafonnement global régulièrement réduit

Instauré en 2009, il était à l’origine de 25 000 euros + 10 % du revenu imposable. En 2010, il était égale à 20 000 euros + 8 % du revenu imposable. Enfin, en 2011, ce plafonnement global est de 18 000 euros + 6 % des revenus.

En 2012, à la suite d’un amendement du député Nouveau Centre Charles de Courson, les députés ont voté un montant fixe inchangé à 18 000 euros + un taux ramené  à 4% du revenu imposable, ceci contre l’avis du Gouvernement qui prévoyait un maintien du taux de 6 %. Dans son plan de rigueur présenté par le 1er Ministre aucun abaissement de ce plafond n’était en effet prévu.

Un taux de rabot de 15 % en 2012 ?

François Fillon avait annoncé le 7 novembre que le taux du coup de rabot serait de 15 % au lieu des 10 % initialement prévus. Avec une telle réduction et en tenant compte de l’arrondi à l’inférieur, un taux en 2011 de 22 % (celui des réductions d’impôt accordées aux titres des investissements forestiers, des Investissements dans une PME, ou via un FIP ou un FCPI par exemple) tomberait en 2012 à 18 %.

La loi Scellier particulièrement touchée en 2012

À partir du 1er janvier prochain, touché par le plan de rigueur, le régime d’investissement locatif ScellieBBC – qui prendra fin le 31 décembre 2012devrait voir le taux de son avantage fiscal réduit de 22 % à 13 %. L’achat d’un logement neuf non BBC ne devrait procurer aucune réduction d’impôt.

Le dispositif Censier Bouvard destiné aux résidences de tourisme verrait son taux tomber de 18 % à 11 %. Il est également appelé à disparaître au 31 décembre 2012.

Un effet en 2013

Les mesures adoptées en 2010 n’auront d’effet sur le budget qu’en 2012 car elles sont fondées sur les revenus perçus en 2011. Le coup de rabot qui va être confirmé dans les prochains jours, sera lui assis sur les revenus perçus en 2012 et ce n’est donc qu’à partir de 2013 qu’il rapportera des recettes nouvelles. En effet, les dispositions seront, , applicables sur l’imposition des revenus 2012 pour des dépenses payées à partir du 1er janvier 2012.

Si le texte est adopté selon les caractéristiques décrites ci-dessus, c’est donc à un rabot de 15 % et à un plafonnement global de 18 000 € + 4 % du revenu que seront soumises les niches fiscales comprises dans le champ du  plafonnement global des niches fiscales”.

Avant toute décision d’investissement, il est bien évidemment nécessaire d’étudier la question du plafonnement global pour être certain de pouvoir bénéficier en totalité de l’avantage fiscal.

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Investir dans les PME et réduire son impôt sur le revenu : le dispositif 2011

Mercredi 19 octobre 2011

investir-petite-moyenne-entreprise-reduire-impotLa fin de l’année fiscale approche. Afin de réduire le montant de son impôt à payer en 2012, plusieurs pistes de défiscalisation sont possibles dont l’investissement en PME, soit en direct, soit par le biais de parts de FIP et FCPI.

Ce dernier dispositif a été a prorogé jusqu’au 31 décembre 2012 par la Loi de Finances 2011 qui en le recentrant a modifié certaines dispositions et réduit les taux des réductions d’impôt sur le revenu accordés. Il est important avant de prendre une décision d’investissement de vérifier les modifications légales qui s’appliquent pour les souscriptions effectuées depuis le 1er janvier 2011, et celles envisagées d’ici la fin de l’année.

Un taux de réduction de 22 % en 2011

Conformément au “rabot” global sur les niches fiscales (art.105 de la LdF 2011), le taux de réduction passe de 25 % à 22 % pour tout investissement réalisé FIP ou FCPI permettant une réduction d’IR (impôt sur le revenu).

Enfin, le projet de loi de finances pour 2012, qui vient d’être présenté, comprend un coup de rabot supplémentaire de 10 % sur les niches fiscales. L’an prochain les placements de défiscalisation seront moins attractifs que cette année. Le taux de réduction pour les investissements en PME devrait (à confirmer après le vote de la Loi de Finances 2012) être de 19 % pour les souscriptions effectuées en 2012.

La règle des plafonds et des cumuls

Le plafond de l’investissement dans les FCPI comme celui dans les FIP est inchangé :

  • 24 000 € pour un couple marié, soit une réduction d’impôt maximum de 5280 €
  • 12 000 € pour un célibataire, soit une réduction d’impôt maximum de 2640 €.

Il est important de préciser que les avantages fiscaux du FCPI et du FIP sont cumulables. Le plafond de réduction d’impôt peut donc être doublé et permettre une diversification de l’investissement car les catégories d’entreprises financées sont différentes. Par contre le dispositif n’est pas cumulable avec certains avantages fiscaux comme les Sofica, et les titres ne peuvent pas non plus figurer au sein d’un PEA.

La règle du plafonnement global des niches fiscales

En 2009, une mesure visant à plafonner la somme des avantages fiscaux a été instaurée. Ce plafond a ensuite été révisé à la baisse par la Loi de finances 2010, puis celle de 2011. Les FCPI/FIP sont pris en compte dans ce plafond global des niches fiscales, qui est en 2011 désormais de 18 000€ majoré de 6% du revenu imposable.

Spécificité du FIP Corse

La loi de finances 2007 a mis en place un régime dérogatoire (également prorogé jusqu’au 31 décembre 2012) destiné à soutenir les petites et moyennes entreprises de la Corse, au travers de  FIP dédiés qui permettent une réduction de 45% en 2011 du montant souscrit. Leurs avantages fiscaux sont également cumulables avec ceux des FIP et FCPI.

Autres modifications intervenues en 2011 (loi de Finances 2011)

Les droits d’entrée sont désormais exclus pour le calcul de la réduction : les droits d’entrée acquittés lors de la souscription à un FCPI et FIP IR ne seront plus pris en compte pour le calcul de la réduction de 22 %. C’est donc le montant net de droits d’entréequi doit être indiqué dans la déclaration de revenus.

Rappel sur la règle du cumul réduction IR/ISF

L’instruction fiscale du 15 novembre 2010 (BOI 7 S-7-10) dispose que la réduction d’IR et d’ISF ne doit plus pouvoir se cumuler pour les versements réalisés à compter du 1er janvier 2011.

Avant 2011, la fraction d’investissement n’ayant pas donné droit à réduction d’ISF pouvait permettre une réduction d’IR. Une souscription dont une partie seulement est investie en PME éligibles à la réduction d’ISF ne donne désormais plus droit à la réduction d’IRPP sur le solde des investissements. Tel est le cas en particulier pour les FCPI et FIP qui n’investiraient pas la totalité de leurs actifs dans des PME éligibles.

Placements à réserver à des investisseurs avertis

Comme tous les « produits actions » non cotés, les FCPI et les FIP constituent des placements risqués aux performances aléatoires, à réserver à des investisseurs avertis. Placements à long terme, ils permettent, outre une réduction d’impôt, une diversification du patrimoine et des possibilités de gain ou de perte en capital associées à des projets innovants et risqués.

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Niches fiscales : un nouveau rabot en 2012 ?

Vendredi 8 juillet 2011

Dans la Loi de Finances 2011, une vingtaine de niches avait  fait l’objet d’un rabot de 10% de leur avantage fiscal. Ce « rabot des niches fiscales », consistait à appliquer une réduction globale de 10 %, aux réductions et crédits d’impôt compris dans le champ du plafonnement global de certains avantages fiscaux à l’impôt sur le revenu (dispositif Scellier, équipements visant à réduire la consommation d’énergie, FCPI et FIP,  placements forestiers…).

Le gain attendu

Ce dispositif s’applique aux avantages fiscaux accordés au titre des investissements réalisés, dépenses payées, ou aides consenties, à compter du 1er janvier 2011. Il concernera donc l’impôt sur les revenus 2011, qui sera payé en 2012. Les Echos rappellent que le gain attendu de cette mesure est évalué à un peu plus de 400 millions d’euros.

Aller plus loin en 2012

Il y a quelques jours, le Rapporteur du budget au Sénat Philippe Marini, a déclaré souhaiter aller plus loin en ” rabotant ” encore un peu plus ces avantages fiscaux , évoquant une nouvelle baisse de 10% qui serait incluse dans la Loi de finances 2012.” Il y a encore des marges de manoeuvre très importantes sur les niches fiscales. Et le rabot est la meilleure méthode. ” a t’il précisé.

Quelles cibles pour la Loi de Finances 2012

Déjà l’an dernier, le débat avait été vif, entre les partisans de la suppression pure et simple de certaines niches, réputées les moins justifiées, et les partisans d’un rabot plus généralisé, tel que finalement décidé. Le ministre du Budget de l’époque, François Baroin avait déclaré avant les débats parlementaires :« Le rabot sera utilisé de manière un peu plus appuyée sur certaines dispositions qui n’auront pas prouvé leur efficacité ou qui sont devenues obsolètes, afin d’épargner d’autres dispositifs fiscaux pertinents en matière de création d’emploi et protecteurs pour les publics fragiles ».

Le débat risque de resurgir bientôt, afin de décider une nouvelle fois de la façon de réduire le montant global de ces niches fiscales : opter pour un nouveau rabot uniforme et généralisé ou sacrifier les niches fiscales les moins justifiées. Selon le quotidien Les Echos, le gouvernement n’a rien décidé et va « transmettre prochainement au Parlement le rapport d’évaluation des niches de l’Inspection générale des finances ».

L’outre-mer pointé par l’IGF

Début juillet, Les Echos citaient déjà ce rapport qui épinglait plus particulièrement des niches fiscales « coûteuses et peu efficaces dans les DOM ». Enumérant les nombreux griefs, le rapport souligne que le régime des niches des DOM a été très peu touché par la  chasse aux niches fiscales du budget 2011. Le coup de rabot n’est en définitive que de 4 % et seuls des aménagements à la marge ont été opérés. » d’après un extrait du rapport cité par le quotidien.

Pour le gouvernement, l’arbitrage de fin d’année risque encore d’être difficile,  en période électorale…

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