Mardi 27 mars avaient lieu les 21èmes rencontres parlementaires sur l’épargne et la fiscalité, présidées par Philippe Marini le président de la Commission des Finances. Ces rencontres annuelles sont l’occasion pour leurs intervenants — issus du milieu parlementaire, bancaire, de l’assurance ou des spécialistes de l’épargne — de confronter des idées sur le sujet de l’épargne, autour de différents thèmes.
Ce colloque fut consacré dans un premier temps au comportement des Français vis-à-vis de l’épargne, et l’évolution de sa structure compte tenu du contexte économique, financier ou fiscal.
L’épargne en France : un taux élevé
En préalable Philippe Marini a rappelé qu’en France, l’épargne “se porte bien“ avec un taux proche de 17% du revenu brut disponible. Les Français ont même vu ce taux augmenter au plus fort de la crise. En effet, lorsque leur pays traverse une crise forte et durable ayant des répercussions sur les ménages, ces derniers préfèrent jouer la carte de la précaution et augmenter la part des revenus consacrée à l’épargne.
Des motifs d’épargne puissants
Philippe Wahl, président du directoire dela Banque Postale liste ainsi les principaux motifs d’épargne des Français “puissants et stables” qui expliquent ce taux de revenu/revenu disponible élevé :
- la volonté d’être propriétaire
- la volonté de financer les études longues des enfants
- pouvoir disposer d’un complément de retraite
- pouvoir gérer le grand âge : la dépendance
Une épargne atypique
Les Français ont un comportement caractérisé par une épargne de précaution, constate Philippe Wahl, qui qualifie la structure de l’épargne d’inadaptée compte tenu des motifs de long terme avancés par les épargnants. Preuve en est leur préférence actuelle pour le livret A.
Le livret A se caractérise par un couple rendement/risque imbattable : il protège de l’inflation et son régime est stable. Mais il a un coût fiscal de 1 milliard rappelle Michel Bouvard vice-président dela Commission des Finances.
Il existe véritablement en France une “préférence culturelle” pour les produits liquides et sécurisés. Mais il est indéniable que le contexte économique influence également le comportement des épargnants. La crise est propice à un renforcement de l’aversion au risque et “raccourcit les horizons” souligne le sénateur Marini.
“L’année 2012 ne devrait pas corriger le tir mais être dans la continuation de 2011″, complétait un intervenant.
L’assurance-vie délaissée…
Bien sûr l’assurance-vie fait toujours partie des placements préférés des Français et plus particulièrement les supports sécurisés “euros”.
Sa relative désaffection des derniers mois peut avoir plusieurs origines dont la baisse du rendement après inflation. Si en 2002, un contrat “euros” rapportait en moyenne 4.8 % pour une inflation de 1.9 %, en 2011 le taux servi de 3 % en moyenne se comparait à une inflation de 2.4 % ! À cela se sont bien sûr ajoutées de nombreuses modifications fiscales. Les banques ont également été montrées du doigt, accusées de réorienter l’épargne de leurs clients vers des produits qui renforcent leur bilan : les livrets et les comptes à terme.
La nécessité de stabiliser l’environnement fiscal
Chacun des intervenants a répété s’il en était encore besoin, le rôle néfaste d’un environnement fiscal instable qui a perdu au fil des années de cohérence dans ses objectifs. Plusieurs l’ont souligné : nul besoin d’innovation en matière de produits d’épargne où l’offre, qu’elle concerne la précaution ou l’épargne longue, est suffisante. Il s’agit plutôt de stabiliser la fiscalité afin d’avoir une capacité à organiser une épargne longue, dont le régime fiscal sera incitatif.
Et pour compléter, notre infographie sur l’épargne et les Français.
EcoScope 3 – les Français et l’épargne… par BforBankTV

















