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Plus-value mobilières: l’abattement pour durée de détention en sursis

Jeudi 22 septembre 2011

Les gains nets de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux réalisés par les personnes physiques sont imposables, dès le premier euro de cession, à l’impôt sur le revenu à un taux proportionnel de 19 % auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux ( de 13,5% depuis la seconde loi de finances rectificative 2011) soit un taux global de 32.5%. En vertu d’une loi de 2005, après une durée de cinq ans, les plus-values font l’objet d’un abattement annuel d’un tiers, de sorte qu’elles sont totalement exonérées à l’impôt sur le revenu au bout de huit ans.

Les premiers effets du dispositif le 1er janvier 2012

La durée de détention des titres  qui permet l’application d’un abattement d’un tiers à compter de la sixième année doit être décomptée à partir du 1er janvier 2006 ou bien évidemment de la date d’acquisition des titres si celle-ci  est postérieure. Les premiers effets de ce dispositif devaient ainsi intervenir début 2012 pour conduire à des exonérations complètes à partir de 2014.

Un dispositif en sursis depuis déjà fin 2010

Dans le cadre de la Loi de finances 2011, lors des débats de l’automne 2010, les députés avaient voté le report de l’entrée en vigueur du dispositif au 1er janvier 2009, en lieu et place du 1er janvier 2006. Cette décision conduisait à reporter l’exonération partielle de 2012 à 2015 et l’exonération totale de 2014 à 2017. La commission mixte paritaire avait finalement annulé ce report.

Un dispositif toujours en sursis

Dans le contexte Budgétaire actuel, le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac (PS), a proposé lors des débats sur le collectif budgétaire de début septembre, la suppression pure et simple de ce dispositif. De son coté le rapporteur, Gilles Carrez (UMP), proposait à nouveau (comme en 2010) le report de trois ans de son entrée en vigueur.

« Au nom de quoi taxer le foncier davantage que les revenus du capital, en l’occurrence ceux qui résultent des valeurs mobilières ? », a interrogé Jérôme Cahuzac. « Alors que nous sommes en train de supprimer ou réduire tout un ensemble d’avantages fiscaux [...], il serait tout de même paradoxal d’ouvrir une autre niche colossale », a renchéri Gilles Carrez. “Le coût de cet abattement d’un tiers par année, à compter de la sixième année de détention, n’a jamais été précisément chiffré, mais un manque à gagner de l’ordre du milliard d’euros est plausible”, avait précisé le rapporteur, justifiant son amendement.

Le ministre du Budget Valérie Pécresse est alors intervenu déclarant souhaiter attendre le budget 2012 pour débattre du sujet…

Les nouvelles pistes au profit des PME

Valérie Pécresse a ajouté vouloir « approfondir la réflexion » et souhaiter éventuellement « recentrer davantage le dispositif sur les PME et éventuellement imaginer un dispositif qui garantisse le réemploi des fonds issus du produit des cessions de titres de PME dans de nouvelles entreprises » ajoutant que « l’exonération actuelle gagnerait en légitimité. ». Le quotidien Les Echos rapportait il y a quelques jours que deux mécanismes étaient étudiés :

  1. l’avantage fiscal pourrait être conditionné au réinvestissement de la plus-value dans des PME, à l’instar du dispositif ISF-PME
  2. l’avantage pourrait aussi être limité aux plus-values mobilières concernant uniquement des titres de PME, afin de diminuer le coût du dispositif.

Maintien du dispositif concernant les dirigeants de PME partant à la retraite

Les Echos confirmaient que, tant le gouvernement que les élus de la majorité voulaient maintenir telle quelle l’exonération fiscale en vigueur depuis 2006, des plus-values mobilières pour les dirigeants de PME partant à la retraite, malgré un coût de 360 millions en 2009, puis 270 millions d’euros en 2010, pour 2.156 bénéficiaires.

A 3 mois de sa première mise en application, et quelque soit le sort final réservé à ce dispositif, sa suppression, son report ou un aménagement, le débat risque de détourner encore davantage les épargnants des valeurs mobilières.

Dons en espèces: la nouvelle donne

Mercredi 3 août 2011

Une des mesures phares de la loi TEPA du 21 août 2007, est le dispositif prévoyant une exonération fiscale des dons familiaux d’argent, sous certaines conditions, et n’excédant pas un plafond (31865 euros au 1er janvier 2011). Le gouvernement souhaitant faciliter les donations entre générations, ce dispositif a fait l’objet de plusieurs évolutions favorables, dont la dernière est incluse dans le collectif budgétaire 2011 réformant l’ISF (publiée au JO du 30 JUILLET 2011) et en vigueur depuis le 1er août.

Le dispositif institué par la loi TEPA 2007

A l’origine, l’article 790 G du CGI, permettait à un donateur âgé de moins de 65 ans de donner jusqu’à un montant plafonné ( à 31865 euros au 01/01/2011) par chèque, virement ou en liquide à chacun de ses descendants, enfant, petit-enfant, arrière petit enfant à condition qu’il soit majeur (ou à défaut de descendance, à des neveux ou nièces) en exonération de droits.

Une exonération supplémentaire mais unique

L’exonération était applicable une seule fois entre un même donateur et donataire. En revanche, elle était et reste cumulable avec tous les autres abattements accordés dans le cadre des donations et successions qui avaient été également revalorisés par la loi TEPA.

Extension du champ d’application en 2010

L’article 790 G du CGI a été modifié par la loi de finances pour 2010 qui a institué un relèvement de 65 à 80 ans de l’âge limite des donateurs pour les dons d’argent qu’ils consentiraient à des petits-enfants ou arrière-petits-enfants, ceux-ci devant être majeurs (ou mineurs émancipés).

En effet, avant ce relèvement, le texte prévoyait que les dons soient effectués par un donateur âgé de moins de 65 ans à des enfants, petits enfants et arrière petits enfants majeurs. Il fallait donc que le grand père l’ai été à 47 ans et l’ arrière grand père à 65 ans !

Après cette modification, le donateur devait donc être âgé de moins de 65 ans pour les parents (ou lorsque le don est consenti à un neveu ou une nièce), mais de moins de 80 ans pour les grands parents et arrière grands parents.

Les dons en espèces encouragés par la loi de finances rectificative 2011

Les conditions pour effectuer un tel don ont été assouplies dans la loi de finances rectificative 2011.

La première nouveauté concerne l’aménagement de la condition de l’âge du donateur : il faut désormais avoir moins de 80 ans quel que soit le lien de parenté. Ainsi, en cas de don à un enfant, le parent donateur devra avoir moins de 80 ans, et non plus moins de 65 ans.

L’autre évolution est que désormais ce don peut être réalisé tous les dix ans alors qu’il ne pouvait intervenir qu’une seule fois auparavant. Ainsi, tous les dix ans, les parents et grands-parents pourront donc donner, en franchise d’impôt, jusqu’à 31 865 euros par bénéficiaire. Rappelons que cette exonération de droits ne s’impute pas sur l’abattement dont ce dernier pourrait bénéficier en cas de donation ou de succession, ces dispositifs se cumulent.  En cas de présence des deux parents  et des quatre grands-parents, un enfant majeur pourra recevoir ainsi 6 fois 31.865 € de dons en franchise de droits, soit 191 190 euros tous les 10 ans.

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Nouvelle fiscalité de la transmission du patrimoine

Mardi 19 juillet 2011

Pour financer la réforme de l’ISF – dont la promulgation est attendue prochainement -,  afin de ne pas aggraver le déficit budgétaire, plusieurs mesures concernant la transmission du patrimoine ont été adoptées.

Les principales mesures sont un alourdissement du barème des successions et donations, un allongement du délai de rappel fiscal et une hausse de la fiscalité des contrats d’assurance-vie en cas de décès.

Relèvement du délai de rappel fiscal de 6 à 10 ans

En cas de succession ou de donation, l’impôt dû est calculé après application d’un abattement, selon un barème qui diffère selon le lien de parenté du défunt (ou du donateur) et de l’héritier ou donataire. Pour déterminer le montant de l’impôt, la mise en œuvre du rappel fiscal va désormais conduire à prendre en compte les donations réalisées, au cours des dix dernières années et non plus des six dernières.

Ce relèvement de 6 à 10 ans va entrer en application progressivement grâce à des mesures transitoires pour les donations effectuées entre 6 et 10 ans. Il s’appliquera aux successions ouvertes et aux donations consenties à partir de l’entrée en vigueur de la loi.

Les gros patrimoines plus lourdement taxés

Un rehaussement de 5% touche les 2 dernières tranches du barème progressif des droits de donation et de succession en ligne directe et du barème progressif applicable aux donations entre époux et partenaire d’un PACS. Elles passent respectivement de 35% à 40% (tranche entre 902 838 et 1 805 677 euros) et de 40% à 45% (au-delà de 1 805 677 euros).

Suppression des réductions de droits, liées à l’âge du donateur

Jusqu’à présent, en cas de donation, le donateur bénéficiait de réductions d’impôt en fonction de son âge. Le principe était simple : plus il donnait jeune, plus la réduction du montant des droits à acquitter était important.

Les réductions liées à l’âge :  35% pour les donations en nue propriété avant 70 ans et 10% avant 80 ans, 50% pour les donations en pleine propriété avant 70 ans et 30% avant 80 ans, sont supprimées.

Une exception : une réduction de 50% des droits en cas de donation de la pleine propriété d’une entreprise avant 70 ans dans le cadre d’un engagement collectif de conservation (pacte Dutreil) est maintenue.

Augmentation de l’imposition forfaitaire sur les contrats d’assurance-vie en cas de décès

Les parlementaires ont également décidé une hausse du taux de prélèvement sur les contrats d’assurance-vie, pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire supérieure à 902.838€. Le taux est relevé de 5 points passant de 20% à 25%, pour cette fraction. La part taxable est le montant que les bénéficiaires perçoivent au-delà de l’abattement de 152 500 euros pour les contrats souscrits avant 70 ans (article 990 I du CGI) . Deux taux différents coexistent donc désormais en fonction du montant de la fraction taxable.

Forte hausse du droit partage

Le taux du droit de partage qui taxe les sorties d’indivision – notamment les divorces – passe de 1,1% à 2,5%  à partir du 1er janvier 2012.

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Réforme fiscale : le vote du Parlement

Vendredi 8 juillet 2011

La suppression du bouclier fiscal et l’allègement de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ont été définitivement adoptés par le Parlement, alors que le vote du Sénat sur la réforme de la fiscalité du patrimoine est intervenue mercredi 6 juillet.

Le vote

Après le vote des députés mardi, c’était au tour des Sénateurs d’examiner, mercredi, le texte tel que mis au point par la Commission mixte paritaire (CMP), la semaine dernière. Inclus dans le projet de loi de finances rectificative 2011, le texte  a été adopté par 177 voix contre 151. Si comme prévu, l’opposition a voté contre l’ensemble du texte, elle a cependant voté en faveur d’un unique article : celui supprimant le bouclier fiscal,  qui  plafonnait l’imposition à 50% des revenus.

Quelques réactions

Sans surprise, la réforme a été qualifiée d’”injuste” par l’opposition, par l’intermédiaire de Jérôme Cahuzac, président (PS) de la commission des Finances de l’Assemblée : “C’est une réforme limitée. Elle est étriquée, particulièrement partielle, elle ne concerne que 2% des contribuables. Elle est non équilibrée financièrement, elle est injuste“.

De son coté, le nouveau ministre du Budget, Valérie Pécresse, a parlé d’un “aménagement raisonnable” de l’ISF, ajoutant qu’avec cette réforme “notre fiscalité sera plus juste, plus efficace“. “Elle est marquée du sceau de la simplification.” a t’elle précisé, annonçant encore de nombreux « chantiers fiscaux à venir ».

Partisan de la double suppression du bouclier fiscal et de l’ISF, jointe à un relèvement de la fiscalité sur les très hauts revenus, Jean Arthuis, s’est abstenu. Le président centriste de la commission des Finances, s’est, comme en première lecture abstenu “car la réforme de l’ISF n’est pas conforme à (ses) souhaits“.

L’entrée en vigueur de la réforme

Après son adoption par le Parlement, le président de la République dispose alors de quinze jours pour la promulguer, ce délai étant suspendu en cas de saisine du Conseil constitutionnel.  Lorsqu’il est saisi (ce qui intervient en général),  le Conseil Constitutionnel dispose d’un délai d’un mois, ou de 8 jours en cas d’urgence, pour se prononcer sur les textes de loi ordinaires.

Prélèvements sociaux et contrats multisupport : changement au 1er juillet

Lundi 27 juin 2011

Dans la loi de finances 2011, l’assurance-vie a connu une nouvelle évolution fiscale qui va entrer en vigueur à partir du 1er juillet 2011. Elle consiste, pour les contrats d’assurance-vie multisupport à soumettre aux prélèvements sociaux, les produits des fonds en euros dès leur inscription en compte et non plus lors du dénouement du contrat. Cette mesure aligne donc les modalités de perception des prélèvements sociaux du compartiment euro des contrats d’assurance-vie multi-support sur celles déjà appliquées pour les contrats d’assurance-vie monosupport en euros.

Le nouveau dispositif prévu par la loi de finances pour 2011

Il est dorénavant fait une distinction au sein des contrats multisupport entre les fonds investis en unités de compte (imposition uniquement au dénouement du contrat) et les fonds investis sur le fonds en euros (imposition lors de l’inscription en compte des bénéfices). Les souscripteurs qui investissent dans les fonds euros des contrats multisupport devront désormais régler annuellement les prélèvements sociaux au taux en vigueur (12,3% en 2011) sur les gains obtenus durant l’année et non plus simplement au moment du rachat du contrat ou du versement du capital au bénéficiaire.

C’est donc sur les gains inscrits sur les contrats d’assurance-vie à partir du 1er juillet 2011 que le calcul commencera et les intérêts acquis seront donc inscrits en compte nets de prélèvements sociaux.

Une procédure de régularisation prévue en cas de trop perçu

La loi a tenu compte des spécificités des contrats multisupport, en prévoyant une possibilité de régularisation au terme en cas de trop perçu sur ces prélèvements. Cette procédure (assez complexe !) interviendra dans le cas où au dénouement du contrat ou de décès de l’assuré, il ressortira un montant de prélèvements sociaux (payé chaque année sur les intérêts du fonds en euros) supérieur à celui des prélèvements calculés sur la totalité des produits attachés au contrat à la date du rachat ou du décès.

Crédits photos : Jinod sur Flickr

Les résidences secondaires des non residents ne seront pas taxées

Lundi 20 juin 2011

Le projet de loi de finances rectificative pour 2011 est examiné à partir du 21 juin par le Sénat. Le projet adopté la semaine dernière par les députés tel qu’il sera présenté aux sénateurs ne comprendra plus la mesure relative à la taxation des résidences secondaires des non résidents, le gouvernement l’ayant finalement supprimé du texte ce week-end.

La mesure sur la taxation des résidences en France

L’une des mesures de financement de la réforme incluant la suppression du bouclier fiscal et l’allègement de l’ISF, consistait à taxer les résidences en France des non résidents. A compter de 2012, les non-résidents propriétaires d’une résidence en France, auraient du supporter une taxe annuelle de 20 % de sa valeur locative cadastrale. La rentrée fiscale d’une telle mesure avait été évaluée à 176 millions d’euros pour 2012, sur une base de 363 000 résidences secondaires concernées.

L’arbitrage du Président de la République

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy a réuni  samedi, François Baroin, ministre du Budget, Thierry Mariani, secrétaire d’Etat aux Transports et responsable UMP en charge des Français de l’étranger, ainsi que les neuf sénateurs UMP représentant les Français établis hors de France, suite à la forte incompréhension de ces Français établis à l’étranger face à une telle mesure.

A l’issue de cette réunion, Thierry Mariani a  annoncé que « Le projet de taxe sur les résidences secondaires des Français de l’étranger est abandonné ».

Différencier expatrié et exilé fiscal

“L’expatrié français n’est pas forcément un exilé fiscal” a déclaré le chef de l’Etat lors de cette réunion de travail. Nicolas Sarkozy a marqué une volonté de différencier les Français expatriés des exilés fiscaux, en conservant les efforts prévus par les exilés fiscaux, en confirmant donc le maintien de “l’exit tax”, qui vise les plus-values réalisées sur la vente de leurs biens en France.

Le secrétaire d’Etat Thierry Mariani s’est dit “pleinement satisfait“  des mesures annoncées.

Quel substitut ?

Comme le soulignent Les Echos, il faut désormais trouver un substitut à cette mesure qui devait contribuer au financement de la réforme fiscale en cours. Le quotidien évoque une refonte de la fiscalité des plus values immobilières sur le foncier non bâti dont les plus-values sont exonérées au bout de 15 ans de détention.

Crédits photos isamiga76 sur Flickr