L’ensemble des média reprenait hier des informations révélées par Les Echos selon lesquelles plus de 8 000 foyers ont payé plus de 100% d’impôts en 2012.
Le quotidien relaie des informations transmises au président de la Commission des finances de l’Assemblée Nationale, Gilles Carrez, par le ministère des Finances. Plus, précisément il note que :
“8 010 foyers fiscaux ont payé en impôts l’an dernier plus de 100% de leur revenu fiscal de référence de l’année 2011″.
Depardieu et ses 85% d impôts
Un bref retour en arrière. Justifiant son exil fiscal, l’acteur avait affirmé consacrer 85% de ses revenus à régler ses impôts. A cette époque le sujet avait été fortement commenté : comment pouvait-on payer 85% de ses revenus en impôts ? Et ce, avant même l’instauration de l‘impôt à 75% souhaité par François Hollande ?
La réponse se trouvait dans le dispositif 2012 de l’ISF, qui ne prévoyait aucun plafonnement.
Gilles Carrez avait donc annoncé en pleine « affaire Depardieu » qu’il adressait un courrier au ministre de l’Économie – Pierre Moscovici – et au ministre délégué au Budget de l’époque – Jérôme Cahuzac – pour leur demander de préciser le nombre de contribuables
«dont l’imposition cumulée est supérieure à 75%, à 85% et à 100% du total des revenus».
30 000 foyers imposés à plus de 75%
Selon les chiffres fournis par Bercy, repris par Les Echos, ce sont donc un peu plus de 8010 foyers fiscaux qui ont payé plus de 100% de leurs revenus de l’année 2011 en impôts en 2012.
Toujours en 2012, Les Echos signalent qu’ils étaient également :
- 11 960 foyers à être imposés à plus de 75% de leurs revenus
- 9 910 à plus de 85%.
En 2011, c’est-à-dire sur les revenus 2010,
- l’imposition à 100 % concernait seulement 5.221 foyers.
- 6 203 foyers étaient imposés à plus de 85% de leurs revenus
- 6 343 à plus de 75%.
Cela fait donc près de 30 000 foyers payant plus de 75% d’impôts en 2012, contre moins de 18 000 l’année précédente !
La contribution exceptionnelle en cause
Ce chiffre s’expliquait en grande partie par la contribution exceptionnelle sur la fortune votée dès l’arrivée au pouvoir de François Hollande.
Le gouvernement Ayrault l’avait fait voter dans la loi de finances rectificative pour éviter les baisses des recettes dues à réforme de l’ISF de Nicolas Sarkozy mais également pour
« compenser le coût des derniers remboursements du bouclier fiscal ».
Pas de plafonnement de l’ISF en 2012
La caractéristique de l’année 2012, en termes d’ISF comme le précisait le rapporteur général du Budget à l’Assemblée, Christian Eckert, dans son rapport sur le projet de loi de finances 2013 :
« l’ISF dû au titre de 2012 n’est pas plafonné. La contribution exceptionnelle sur la fortune ne l’est pas non plus, pas plus que l’ensemble des deux ».
Dans le passé, sous les différents gouvernements, un système de plafonnement permettait que la somme des impôts payés par un contribuable ne dépasse pas un pourcentage de ses revenus. Ces taux avaient d’ailleurs évolué selon les périodes passant de 75% à 85%…
La conséquence de la disparition de ce plafonnement ressort dans les chiffres de Bercy : certains foyers touchés par de forts taux d’imposition ont vu l’addition de leurs impôts absorber une part très importante de leurs revenus et même les dépasser.
Un plafonnement des impôts réintroduit cette année
En termes d’imposition sur la fortune, l’année 2012 était particulièrement atypique. Le non-plafonnement a donc affecter certains foyers de manière très importante. A noter que la loi de finances pour 2013 a réintroduit un dispositif de plafonnement de l’ISF : le montant de l’ISF 2013 sera réduit pour qu’il ne dépasse pas 75% des revenus mondiaux de 2012, nets de frais professionnels.







NB : et avant cela, rendez-vous lundi 10 septembre à 11h30, pour la 






