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Immobilier locatif : vers un encadrement plus strict des loyers

Mardi 5 juin 2012

Dans le cadre de sa campagne électorale, François Hollande a annoncé plusieurs mesures susceptibles de modifier la donne dans le secteur de l’immobilier locatif.

Parmi celles-ci figurent l’encadrement des loyers et le souhait d’un retour au régime fiscal antérieur à 2004 pour les plus-values immobilières (nous consacrerons une prochaine note sur le sujet)… La première mesure a été confirmée par la ministre du Logement Cécile Duflot.

Pour lutter contre l’emballement des loyers, elle souhaite que soit fixé le montant maximum d’évolution des loyers des logements vacants. Il s’agit en d’autres termes d’encadrer les loyers lors d’une relocation.

Encadrement des loyers : agir rapidement

“I l s’agit d’une disposition d’urgence pour répondre à la crise du logement », a annoncé la ministre, justifiant ainsi lundi dans Libération le principe du décret. Cécile Duflot souhaite donc agir rapidement : le passage du décret au Conseil d’État devrait avoir lieu fin juin, pour une application dès septembre. Ce décret précédera une grande loi sur le logement qui interviendra en 2013.

C’est l’article 18 de la loi du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs, qui va permettre au ministre de fixer par décret « le montant maximum des loyers des logements vacants » dans les zones caractérisées par une évolution  anormale.

Le blocage des loyers : les grands principes

Pour les zones anormalement chères, cette loi de 1989 permet qu’au moyen d’un décret la hausse des loyers du locataire présent lors du renouvellement de son bail soit limitée à l’indice de référence des loyers appelé IRL.

Nombreux sont les propriétaires qui profitent d’un changement de locataire pour augmenter le loyer. C’est particulièrement vrai dans les grandes agglomérations où la demande de location s’est accrue. Partant de ce constat, le Gouvernement souhaiterait donc étendre le champ d’application de ce décret aux relocations : le nouveau locataire se verra appliquer un loyer identique à celui du locataire sortant. Son loyer continuera ensuite d’évoluer selon l’indice de référence de l’Insee en fonction de l’inflation.

Les grandes agglomérations dans le viseur

Ce futur décret doit “permettre que, dans les agglomérations et les zones où les loyers ont atteint des niveaux insupportables, l’accès à la location redevienne possible”, explique Cécile Duflot.

Ce Paris et les grandes agglomérations qui sont bien sûr visées. Selon l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne, les loyers y ont progressé de 2,4% en 2011, au-dessus de la valeur moyenne (+ 1,7 %), en raison, entre autres, d’un bond de 6 % à la relocation.

Le périmètre géographique reste toutefois à confirmer. Mais selon Les Échos, le Gouvernement souhaite l’élargir sensiblement. Selon le quotidien, y serait en effet ajouté :

  • La zone A telle que définie pour le dispositif Scellier (pourtour méditerranéen et région du Genevois français)
  • L’ensemble de la zone B1 (les villes de plus de 250 000 habitants)
  • 6 villes de moins de 250 000 habitants identifiées comme particulièrement chères : Bayonne, Annecy, Chambéry, Cluses, Saint-Malo et La Rochelle…

Un projet sévèrement critiqué

Autant de la part des professionnels du secteur que de l’opposition politique les critiques pleuvent.

« Le blocage des loyers à la relocation est une idée d’il y a vingt ans, il a été pratiqué après la loi de 1989, mais cela n’a duré que quatre ou cinq ans, car on a vu les effets pervers du blocage sur le manque d’entretien des logements et le désintérêt pour un investissement dans le locatif », a réagi Jean Perrin, président de l’UNPI.

Une annonce qui a également suscité des réactions à droite. “L‘encadrement des loyers envisagé par le gouvernement se traduira par l’arrêt de l’investissement immobilier“, a estimé lundi l’ancien Premier ministre François Fillon, qui la qualifie de contresens. Louis Alliot, vice-président du Front National a dénoncé une mesure visant à rassurer l’extrême gauche.

Certains devraient être ravis de ressortir la phrase mémorable et peu nuancée de l’économiste Assar Lindbeck, socialiste et Suédois. « le contrôle des loyers est le moyen le plus efficace pour détruire une ville, exception faite d’un bombardement »

Vers une concertation

Afin de calmer le jeu, Cécile Duflot a confirmé vouloir collecter  “des données très précises“ et engager une concertation avec tous les acteurs du secteur, publics et privés, associations de propriétaires ou de locataires. La ministre du Logement a souligné proposer ce périmètre géographique, mais ajouter que rien ne sera définitif avant d’avoir rencontré les professionnels. Les consultations devraient être achevées dans une semaine.

Budget 2012: mesures pour les logements et travaux “verts”

Mercredi 14 septembre 2011

budget_2012_mesures_pour_logements_travaux_vertsInitialement prévue le 21 septembre, la présentation en Conseil des ministres du projet de loi de Finances 2012 interviendra le 28 septembre. Parmi les mesures devant y figurer nous savons déjà que les très hauts revenus seront mis à contribution même si les modalités ne sont pas encore définitivement arrêtées. Après le réaménagement dans le collectif budgétaire de la taxation des plus values immobilières hors résidence principale, plusieurs dispositifs du secteur immobilier, plus spécifiquement axés vers le domaine des logements et travaux « verts » devraient également être réaménagés et recentrés selon les informations du quotidien  Les Echos.

Le crédit d’impôt développement durable (CIDD) prolongé et remanié

Cette disposition fiscale qui a remporté un franc succès depuis sa création en 2005, permet une déduction de son impôt sur le revenu d’une partie des dépenses réalisées pour l’acquisition d’équipements améliorant les performances énergétiques du logement (pompes à chaleur, récupération et de traitement des eaux pluviales…). Le dispositif qui devait prendre fin le 31 décembre 2012 devrait être prolongé de 3 ans jusqu’au 31  décembre 2015.

Enfin un relèvement du crédit d’impôt jusqu’à 50% (contre aujourd’hui des taux de 13% à 45% selon les équipements), serait instauré pour les ménages qui entreprennent des travaux de « rénovations lourdes » mais avec une liste des travaux éligibles  réduite et des taux de subvention révisés à la baisse.

Les travaux « verts «  favorisés

Toujours selon Les Echos, le gouvernement voudrait rétablir le cumul de ce crédit d’impôt “développement durable” et de l’éco-prêt à taux zéro dans le projet de loi de Finances 2012. Entré en vigueur en 2009, l‘éco-prêt à taux zéro était destiné à favoriser les ménages effectuant  des travaux d’isolation. Le cumul de ces deux dispositifs possible dès 2009,  était interdit depuis le 1er janvier 2011. Il serait rétabli sous un plafond de ressources d’environ 30.000 euros par an.

Le remboursement des prêts écologiques sera, lui, étendu sur 15 ans, contre 10 actuellement, afin de toucher des catégories de ménages plus modestes, précise le quotidien.

Le nouveau coup de rabot sur la loi Scellier

Les Echos évoquaient dès le début de la semaine ce que devraient être les prochaines caractéristiques du dispositif  Scellier pour les prochaines années. Le taux de réduction d’impôt qui est en 2011 de 22% du prix de l’acquisition pour les logements neufs dits BBC (Bâtiment Basse Consommation), devrait tomber à 16 % en 2012 (au lieu des 18% initialement prévus), puis à 14 % au plus tard en 2013. Ce pourrait, en effet, finalement être dès 2012 que ce taux de 14% soit effectif.

La contrepartie de cette révision à la baisse des taux de l’avantage fiscal serait une prolongation de la loi Scellier jusqu’en 2017, au lieu de 2013 comme prévu initialement.

Le dispositif  Scellier dit social  conserverait une réduction fiscale à 22 %. Les investisseurs réservent la location à des foyers modestes en plafonnant les loyers, s’engageant sur une durée locative de 15 ans. Pour les autres biens (hors social et hors BBC) la réduction est de 13% en 2011, réduite à 9% en 2012.

Une taxation sur les « loyers élevés »

Toujours selon Les Echos,  afin de dissuader les propriétaires de « chambres de bonnes » (de moins de 13m2) de pratiquer des loyers abusifs, le gouvernement instaurerait une taxe à compter du 1er janvier 2012 (sur tous les baux en cours) comportant 5 tranches comprises entre 10% et 40%. Les plafonds de prix au mètre carré seront fixés par décrets. Ce projet avait déjà été évoqué par le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu début 2011.

Ces arbitrages seront validés, en Conseil des ministres lors de l’étude de la loi de Finances, le 28 septembre.

Copyrights : JaHoVil sur Flickr

Investissement immobilier : les nouveaux plafonds 2011

Jeudi 31 mars 2011

Tous ceux qui investissent dans l’immobilier en bénéficiant d’un avantage fiscal (régime Scellier par ex.) savent que les loyers applicables dans le cadre de la location du logement acquis ne doivent pas dépasser un certain seuil.

Ce seuil a été revu à la baisse selon les localisations afin d’éviter les simulations erronées et donc décevantes.

Un plafond complémentaire, celui des ressources du locataire, s’ajoute à celui limitant le loyer lorsqu’un avantage fiscal supplémentaire est octroyé au contribuable (régime du Scellier social ou du Scellier Outre-Mer par ex).

Ces deux plafonds sont revus chaque année par l’administration fiscale.

Voici les deux instructions publiées récemment au bulletin des impôts  : l’instruction 5 B-5-11 et l’instruction 5 D-1-11.

Pour prolonger, vous pouvez vous reporter à ce résumé des modifications apportées par la dernière loi de finances en matière d’investissement immobilier.