En réaction aux retraites chapeaux de dirigeants d’entreprises jugées excessives, le législateur a progressivement durci le régime fiscal de ces rémunérations ” différées”. Depuis le 1er janvier s’applique un nouveau barème durcissant la fiscalité pour les rentes les plus élevées, avec un taux de 21% au-delà de 24 000 euros mensuels.
La retraite chapeau ou article 39
Dans le but de fidéliser ses salariés ou cadres dirigeants, l’employeur peut s’engager à leur assurer lors du départ à la retraite, un complément de retraite, sous forme de rente financée intégralement par l’entreprise. Les retraites chapeaux, aussi appelées « article 39 » en référence à l’article 39 du code général des impôts (CGI ), ne peuvent être liquidées que lors du départ en retraite.
On parle aussi de régime de retraite « à prestations définies » car le montant de la rente est défini dès la souscription, selon le niveau du dernier salaire en principe, et sans référence à une quelconque durée de cotisation.
Un régime fiscal qui a perdu de sa lisibilité
Dans le cadre de la dernière réforme des retraites, la fiscalité des retraites chapeaux a été durcie. En raison des nombreuses modifications intervenues ces dernières années, le régime fiscal des retraites chapeaux a perdu de sa lisibilité. L’occasion s’est donc présentée cette année de réécrire le régime, tout en le durcissant, pour les très hautes prestations.
Depuis 2011, les rentes versées dans le cadre d’un régime supplémentaire de retraite d’entreprise, sont soumises à une taxe spécifique au taux de 7 % ou de 14 %, selon leur montant. Cette dernière s’ajoutait à l’impôt sur le revenu déjà acquitté sur les retraites-chapeaux, lors du versement des rentes au bénéficiaire.
Le régime 2012
Depuis le 1er janvier 2012 (en application de la loi de finances rectificative pour 2011 ) la taxe a été modifiée : un barème progressif par tranche a été institué et un taux supplémentaire de 21% pour les rentes les plus élevées, a été créé. Ces nouvelles règles s’appliquent aux rentes versées à compter du 1er janvier 2012.
Le dispositif adopté prévoit donc un barème progressif comprenant trois taux d’imposition de 7%,14%, et 21% qui s’appliquent par tranches selon le niveau de rente perçue.
Lors des débats parlementaires, Jérôme Cahuzac, le président (PS) de la Commission des Finances proposait un taux de 34% pour les rentes supérieures à 24000 € par mois.
Pour éviter les changements brutaux de règles du jeux, il est prévu deux barèmes légèrement différents suivant la date de liquidation de la retraite.
Pour les retraites liquidées avant le 1er janvier 2011 :
- 7 % pour la part de ces rentes supérieure à 500 € et inférieure ou égale à 1 000 € par mois ;
- 14 % pour la part de ces rentes supérieure à 1 000 € et inférieure ou égale à 24 000 € par mois;
- 21 % pour la part de ces rentes supérieure à 24 000 € par mois.
Pour les retraites liquidées à compter du 1er janvier 2011 :
- 7 % pour la part de ces rentes supérieure à 400 € et inférieure ou égale à 600 € par mois ;
- 14 % pour la part de ces rentes supérieure à 600 € et inférieure ou égale à 24 000 € par mois ;
- 21 % pour la part de ces rentes supérieure à 24 000 € par mois
Alors ministre des affaires sociales, François Fillon, avait dès 2003 proposé d’abroger ces retraites chapeaux, mais le Parlement ne l’avait pas suivi. Depuis, premier ministre, il a œuvré pour le principe d’une “taxation confiscatoire” qui a déjà donné lieu aux différents durcissements du régime des retraites chapeaux depuis 2010.
Pour prolonger : vous pouvez par exemple calculer en ligne votre retraite; lire aussi l’article sur la retraite chapeau (via Les Echos); et consulter un dossier sur la réforme des retraites (à date août 2011);













