Deux fois plus d’exilés en 2010 qu’en 2001.Tel est le constat du Syndicat Solidaires Finances Publiques (ex SNUI) à travers les conclusions de sa deuxième étude -dont les chiffres s’arrêtent à 2010- sur les expatriations fiscales des redevables de l’ISF. Cette publication intervient alors que la suppression du bouclier fiscal en 2011, la taxation des revenus à 75%, l’alourdissement de l’ISF, et de la fiscalité en général seraient à l’origine d’un nouveau mouvement de départs en 2012.
717 exilés en 2010, différents facteurs
D’après les derniers chiffres disponibles et connus, ce sont donc 717 contribuables assujettis à l’impôt sur la fortune (ISF) qui ont quitté la France en 2010 contre 809 en 2009. En 2001, 384 avaient suivi la même démarche.
Sur les facteurs avancés pour justifier cette hausse des départs, le quotidien Les Echos explique qu’il n’y a pas que des facteurs liés à la fiscalité, mais qu’il est difficile de savoir dans certains cas si il s’agit plutôt d’une mobilité professionnelle.
Le premier facteur connu est la hausse du nombre des contribuables assujettis à l’ISF dont la raison principale est la hausse des prix de l’immobilier. Cette dernière a eu comme répercussion de faire franchir à de nouveaux contribuables le seuil d’entrée à l’ISF et d’augmenter l’assiette taxable des autres.
Entre 2002 et 2010, le nombre des assujettis a plus que doublé pour atteindre 600 000 foyers en 2010. Il y a donc un parallélisme avec le nombre des départs, avance le rapport.
Expatriation : un phénomène marginal selon le syndicat
Dans son communiqué de presse le syndicat auteur du rapport préfère relativiser les chiffres, qualifiant ce phénomène de « marginal » : selon lui les expatriations « ne représentent qu’une part marginale de l’ensemble des redevables de l’ISF (ils représentent constamment entre 0,12 et 0,14 % du nombre total de redevables de l’ISF avant sa réforme de 2011) ».
Le rapport précise qu’il n’y a pas de statistiques récentes quantifiant les retours mais rappelle par ailleurs qu’un rapport du Sénat estimait que “le nombre de non-résidents soumis à l’ISF en France s’élevait à un peu plus de 8.000 personnes en 2010″.
Liste des pays d’accueil : pas de surprise
Pas beaucoup de surprise sur la liste des pays choisis par les expatriés. C’est la Suisse qui reste la destination privilégiée de 16% des partants. Suivent ensuite la Belgique et le Royaume-Uni puis les Etats-Unis. Mais on peut également citer le Maroc et l’Italie.
La revendication de Gilles Carrez
Gilles Carrez, le président UMP de la commission des finances à l’Assemblée, a demandé à Bercy que soit communiqué le nombre des départs intervenus en 2012. Il a adressé dernièrement un courrier en ce sens à Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac, respectivement Ministre de l’économie et Ministre du Budget. Il souhaite des statistiques récentes concernant tous les départs qui ne se limitent pas aux foyers à l’ISF, qui comptabiliseraient également ceux qui partent pour éviter les plus-values de cession d’entreprises.







