Le 28 septembre dernier, veille de la présentation en Conseil des Ministres de la loi de finances 2013, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a tenu à préciser : « à revenus constants 9 contribuables français sur 10 ne seront pas concernés par les augmentations de fiscalité ». Pourtant la grande majorité des épargnants détenteurs d’actions percevant des dividendes seront pénalisés et même plus particulièrement les plus petits actionnaires.
En effet la mesure fiscale sur les dividendes qui impactera le plus grand nombre d’actionnaires n’est pas la suppression du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) mais bien la suppression de l’abattement fixe de 1.525 euros et 3.050 euros. Explications.
La suppression du PFL impactera les hauts revenus du patrimoine
Plus personne ne l’ignore désormais, la loi de finances 2013, -si le texte est voté en l’état- modifie le régime d’imposition des dividendes et intérêts en supprimant la possibilité d’opter pour le prélèvement libératoire.
Pour les dividendes, le régime antérieur à la réforme était le suivant : le contribuable avait le choix entre l’imposition selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu (qui deviendra le régime de droit commun) et l’option pour le PFL à 21% prélevé à la source lors de l’encaissement de ces dividendes. En raison de la perte des abattements (celui proportionnel de 40% et celui forfaitaire de 1.525 ou 3.050 euros) qu’elle entraînait, cette option n’était intéressante que pour un montant de dividendes d’environ 56.000 euros ou 102.000 encaissés par un couple dont la tranche marginale était de 41%. Ainsi peu de contribuables avaient intérêt à opter pour le PFL et ce sont eux qui seront touchés par cette suppression du PFL et éventuellement par la nouvelle tranche à 45%.
Les « gagnants » de la suppression du PFL
De nombreux épargnants, souvent peu avertis, pouvaient être pénalisés à la suite d’un mauvais choix d’option -aux règles un peu complexes- qui leur était ensuite défavorable. Il est donc à souligner que ce nouveau régime aura le mérite de la simplicité et qu’il pourra produire des effets favorables pour ces ménages qui optaient à tort pour le prélèvement libératoire sur leurs dividendes alors que le barème progressif leur était plus favorable.
La mesure la plus pénalisante de cette nouvelle fiscalité des dividendes est donc sans conteste la suppression de l’abattement fixe.
La suppression de l’abattement forfaitaire: lourd impact
Nous l’avons vu: la plupart des contribuables se voyaient déjà imposés selon le barème progressif de l’IR et bénéficiaient à ce titre d’un abattement de 40% puis d’un abattement forfaitaire de 1525 euros pour un célibataire et de 3050 euros pour un couple.
Ainsi, à compter de l’imposition des revenus 2012, la loi de finances (dont le vote définitif reste à venir), prévoit la suppression de l’abattement de 1.525 ou 3.050 euros. Comme il s’agit d’un abattement forfaitaire, sa suppression aura bien évidemment plus de répercussions pour tous ceux dont le montant des dividendes -après abattement de 40%- était inférieur, équivalent ou même légèrement supérieur à ce montant. Cet abattement leur permettait d’échapper à toute imposition ou de la réduire sensiblement : et parmi eux de nombreux « petits » actionnaires.
Prenons un exemple :
Un couple qui touchait 4.000 euros de dividendes bénéficiant des abattements prévus au 2° du 3 de l’article 158 du CGI n’était pas fiscalisé -en dehors bien évidemment de prélèvements sociaux de 15,5%-. Le montant net après déduction de l’abattement de 40% soit 3.000 euros étant inférieur à l’abattement -de 3.050 euros pour un couple-, aucun impôt n’était dû. Désormais il se verra désormais imposé selon le barème progressif sur 3.000 euros. La différence est de taille.
Le couple qui percevait 10.000 euros, sera désormais imposable sur un montant de 6.000 euros au lieu de 2.950 dans le régime antérieur.
La CSG déductible
Reste à préciser que tous les revenus soumis au barème progressif bénéficient de la CSG déductible dont le taux passe de 5,8% à 5,1%.
Ces mesures s’ajouteront à la contribution de 3% sur le versement de dividendes créée par la loi de finances rectificative du 16 août 2012. Cette taxation concerne les sociétés qui effectuent une distribution de dividendes et minore mécaniquement le montant du dividende distribué aux actionnaires.













