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Les contours de la taxe sur les transactions

Mardi 7 février 2012

consequence_taxe_transaction_financiere_ tangi_bertin_flickrDemain mercredi 8 février, le projet de loi sur la taxe financière doit être présenté en Conseil des ministres après l’annonce faite par Nicolas Sarkozy le dimanche 29 janvier lors de son allocution télévisée.

On en connaissait le principe. Nous en savons désormais plus sur les contours qui, en dehors des grandes entreprises dont le siège social se situe en France, vise également les activités de dérivés dont le but est jugé “purement spéculatif” par les pouvoirs publics…

Entrée en vigueur le 1er août

Lors de son annonce, Nicolas Sarkozy avait indiqué que cette taxe devrait rapporter 1,1 milliard d’euros par an et entrerait en vigueur à compter du 1er août prochain. À titre de comparaison, Les Echos rappellent que ce montant est quatre fois supérieur à celui collecté par l’impôt de Bourse supprimé en 2008 par… Nicolas Sarkozy.

Le champ d’application du taux à 0.1 %

Le but de ce texte est, entre autres, de cibler les transactions réalisées sur des actions de grandes sociétés françaises cotées, quel que soit le lieu de réalisation de la transaction. Le taux de la taxe sera fixé à 0,1 % et son champ d’application est le suivant :

“toute acquisition à titre onéreux d’un titre de capital”, s’il est émis par une entreprise dont le siège social est situé en France et dont la capitalisation boursière dépasse un milliard d’euros au 1er janvier de l’année d’imposition”.

Actuellement, selon l’évaluation des Échos, “une soixantaine de titres cumulent ces deux critères“.

Le montant de la taxe est calculé sur “la valeur d’acquisition du titre” et doit être payé par “le prestataire de services d’investissement”, précise encore le texte. Elle serait due “le premier jour du mois suivant celui au cours duquel s’est produite l’acquisition“.

La taxe veut cibler les opérations de spéculation sur la dette des États

La taxe veut cibler les dérivés qui jouent un rôle central dans la crise financière, à savoir l’acquisition de credit default swaps souverains à nu (contrat d’échange sur défaut souverain) c’est-à-dire :

“lorsque l’acquéreur ne détient pas les obligations d’Etat couvertes par le contrat, ni aucun actif dont la valeur est corrélée au risque de défaut souverain”.

Il s’agit de taxer les ventes à nu accusées de favoriser la spéculation sur la dette des États alors qu’elles sont censées servir d’assurance aux détenteurs d’obligations. La taxe sera alors de 0,01 % du montant notionnel du contrat — montant théorique auquel s’applique le différentiel entre taux garanti et taux variable.

De toute façon cette mesure n’aura que quelques mois à vivre car de leur coté. ces produits seront interdits dès le 1er novembre dans l’Union Européenne.

La taxe veut viser également le trading à haute fréquence

Ces opérations dites de trading à haute fréquence sont réalisées par des moyens informatiques. Elles sont caractérisées à la fois par leur rapidité et leur volume. La taxe serait également au taux réduit de 0,01 % pour les ordres annulés ou modifiés (en fonction d’un certain seuil). En effet ces opérations sont également caractérisées par un taux très élevé d’ordres annulés qui influencent également les cours des actions. Là aussi, la taxe s’élèverait à 0,01 % du montant des ordres annulés ou modifiés au -delà d’un certain seuil.

Les risques

Les Echos listent les risques d’une telle taxe :

  • détourner les investisseurs des grandes entreprises françaises (critère du siège social)
  • entraîner une délocalisation de ces entreprises
  • amener ces entreprises à changer de place de marché.

Reste également à savoir si d’ici le 1er août, l’Allemagne décidera de nous suivre…

 

Taxation des hauts revenus: Warren Buffet fait des émules en France ?

Jeudi 18 août 2011

Nous avions déjà évoqué ce sujet à plusieurs reprises ces dernières semaines. Plusieurs élus de la majorité présidentielle ont récemment évoqué le souhait de voir les plus favorisés participer à l’effort de réduction du déficit, sous la forme d’une imposition exceptionnelle des revenus les plus élevés. Ce débat sur une taxation des hauts revenus a été relancé, ces derniers jours,  par les dernières secousses financières européennes et américaines.

L’exemple américain

Cela n’est pas nouveau : le milliardaire Warren Buffett a déjà affirmé à de nombreuses reprises ces dernières années que les Américains les plus fortunés devraient payer “beaucoup plus d’impôts” et qu’il prônait que l’on revienne sur les baisses d’impôts pour les hauts revenus instaurées par l’administration Bush. Dans le contexte économique et financier mouvementé que les Etats-Unis connaissent actuellement, le milliardaire américain a, à nouveau réitéré sa demande, se prononcant dimanche, dans le New York Times pour une augmentation des taxes pour les “mega-riches”.

Il y a avait également eu la vidéo dans laquelle des “millionnaires patriotes “américains interpellaient les  membres du Congrès,  en déclarant vouloir payer davantage d’impôts pour aider leur pays à réduire sa dette.

La tribune de Maurice Levy dans le quotidien “le Monde”

La tribune de Warren Buffet ferait-elle des émules ? Dans une tribune au journal Le Monde publiée mardi, le président de l’Association française des entreprises privées (Afep) et PDG de Publicis, Maurice Levy appelle de ses voeux une “contribution exceptionnelle des plus riches, des plus favorisés, des nantis“, jugeant “indispensable que l’effort de solidarité passe d’abord par ceux que le sort a préservés”. Les Français les plus riches doivent participer à la réduction du déficit sous la forme d’une contribution fiscale exceptionnelle, estime Maurice Lévy. Si il est également pour “couper dans la dépense” et “raboter ou supprimer les niches fiscales”, il évoque aussi “une profonde réforme de nos structures administratives et de nos systèmes sociaux“, en en profitant pour saluer la réforme des retraites.

Les Français qui suivent l’exemple américain

Interviewé par la Tribune,  Pierre Bergé, ancien patron de la maison de couture Yves Saint-Laurent, s’est déclaré d’accord avec Warren Buffett, et Maurice Lévy, ajoutant même :”Je suis prêt, sinon à prendre la tête, du moins bien entendu à me ranger aux côtés de ceux qui voudraient” augmenter les impôts des plus riches, a-t-il dit sur RTL. “Mais vous savez, je n’y crois pas beaucoup” a t’il ajouté…

Le seuil des hauts revenus

Un groupe de travail constitué de parlementaires de la majorité, ainsi que de François Baroin et Valérie Pécresse, ont émis l’hypothèse d’une taxation des revenus, pour les contribuables les plus aisés. Parmi les propositions, du rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Gilles Carrez figure un nouvel impôt qui taxerait le revenu fiscal de référence de 1 % ou 2 %, lorsque celui-ci dépasse un million d’euros. Il concernerait 30 000 contribuables et rapporterait 300 millions d’euros avec un taux de 2 %.

C’est le 24 août qu’aura lieu une réunion d’arbitrage fixé par Nicolas Sarkozy sur les moyens à mettre en œuvre pour réduire les déficits publics. Quelle décision sera prise sur ce sujet? “Le Figaro” de ce jour, évoque plutôt sur le sujet, des mesures proposées à l’automne.

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