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Le débat fiscal, entre les deux tours

Jeudi 26 avril 2012

Mardi soir dernier avait lieu sur i-Télé l’émission “Un débat, deux programmes“, portant sur les projets des deux candidats restants dans la course à la Présidentielle 2012, François Hollande et Nicolas Sarkozy. Ce débat de 30 minutes, avec temps de parole équilibré, conviait Harlem Désir (PS) et Gilles Carrez (UMP) face aux questions d’Amandine Bégot et du journaliste politique Michaël Darmon.

Les deux duettistes sont finalement restés assez généralistes dans leur propos, ne rentrant pas dans la “technicité” des dossiers fiscaux, à une ou deux exceptions. Ils ont abordé notamment au début de leurs échanges “le mur de la dette” (GC) provoquant la nécessité de “sortir du sur-endettement sans faire payer les Français” (HD).

Fiscalité rehaussée dans les deux cas

Les deux camps diffèrent évidemment sur la méthode et les mesures. Parmi celles pointées : “Geler les dépenses” et “supprimer les avantages fiscaux” (HD) ou “baisser le coût du travail”, “augmenter la TVA social et les prélèvements sociaux sur l’épargne” (GC).

Sur la question de la taxation des donations et successions, autant le journaliste soulignait pour actualiser le propos “des notaires assaillis de demandes de donations”, autant le PS indiquait que seule seront impactées “donations et successions des grandes fortunes, pas des classes moyennes”.

On retenait surtout de cet échange courtois et sobre le fait que les deux candidats joueront tous deux du levier fiscal pour financer leur programme et porter la croissance économique, mais distinctement.

Pour prolonger : relire les articles “F. Hollande, son budget envisagé” et “N. Sarkozy déroule son offre de réformes financières“. Enfin, revoir l’infographie animée “Fiscalité et épargne, quelle réforme pour demain ?


Fiscalité & épargne : quelles réformes pour… par BforBankTV

L.D

Un impôt minimum pour les sociétés (1/2)

Lundi 12 mars 2012

Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière qu’en cas de réélection il créerait un “impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes” du CAC 40, partant du constat que certains d’entre eux ne “payent pas du tout d’impôts“. Officiellement, le taux d’imposition de ces grands groupes en France est de 33,33%. Mais bon nombre échappe au moins partiellement à cet impôt grâce à de nombreux mécanismes d’optimisation fiscale mis en place par les gouvernements successifs.

Cela n’est pas une découverte…

De nombreux grands groupes qui appartiennent pour la plupart au CAC 40, ne paient pas ou peu d’impôts en France. Cependant, ils font d’importants profits situés en dehors de l’Hexagone. Ce constat n’est pas une découverte : plusieurs rapports ont régulièrement pointé du doigt que les grands groupes du Cac 40 payaient moins d’impôt que les PME. Après le rapport d’octobre 2009 du Conseil des prélèvements obligatoires, organe rattaché à la Cour des comptes, c’est celui de Gilles Carrez de l’été dernier qui confirmait ceci. Le rapporteur général du Budget de l’Assemblée Nationale pointait à la fois le montant faible de l’imposition effective des grands groupes français mais relevait surtout l’écart d’imposition avec les PME.

Le recours massif des grands groupes français à l’optimisation fiscale

Selon l’estimation du CPO, les grandes entreprises seraient en fait taxées à hauteur de 8% en moyenne contre 22% pour les PME. La raison avancée : l’optimisation fiscale.

En effet, afin de favoriser les investissements, les différents gouvernements ont mis en place plusieurs dispositifs utilisés par ces groupes pour réduire la note fiscale. Il s’agit de mécanismes financiers complexes que les PME n’ont souvent pas les moyens d’utiliser : déductibilité des charges financières, report illimité des déficits fiscaux d’une entreprise…

Impôts des grandes entreprises : le cas Total 

Le groupe montré régulièrement du doigt est Total. Le pétrolier n’a payé aucun impôt sur les sociétés au fisc en 2011 (bénéfices 2010). En 2012, il devrait en payer 300 millions. Un faible montant au regard des 11,4 milliards de profits mondiaux du groupe. Pour réduire ses impôts, Total utilise entre autres un niche fiscale nommée “bénéfice mondial consolidé“. Celle-ci est accordée à quelques grands groupes français dont Total et Vivendi, qui pouvaient ainsi déduire de leur impôt payé en France les résultats de leurs filiales à l’étranger.

Supprimée par un vote à l’unanimité de l’Assemblée nationale, le 7 septembre dernier, ce dispositif a été créé en 1965. A cette époque, l’État estimait qu’il fallait aider les entreprises à se développer sur les marchés mondiaux. Pour en bénéficier, les groupes doivent formuler une demande d’agrément auprès du ministère des Finances. Total aime à rétorquer qu’en dehors des impôts payés à l’étranger, le groupe règle en France un ensemble de taxes et contributions qui s’est élevé à 1,2 milliard l’an dernier.

Face à un tel constat, Nicolas Sarkozy comme François Hollande souhaitent, chacun à leur façon, mettre une fin à ce régime d’exception, en alourdissant les prélèvements sur les sociétés ou en réduisant les possibilités d’optimisation fiscale…

Dividendes : un PFL au taux de 21%

Lundi 5 décembre 2011

Fixé dans le 2ème plan de rigueur du 7 novembre, à un taux identique de 24%, le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) pour les intérêts de placement et les dividendes sera finalement à deux vitesses : 24% pour les placements à revenus fixes et 21% pour les dividendes.  Les députés ont, en effet,  suivi l’avis de la commission des Finances de l’Assemblée qui avait modifié la semaine dernière le dispositif d’origine prévu par le gouvernement, en ramenant de 24% à 21% le taux du PFL pour l’imposition des dividendes.

Opter pour un PFL à 24% pour les dividendes n’avait plus aucun intérêt pour le contribuable

Lors de son annonce par le gouvernement, nous avions souligné dans une note qu’opter pour un PFL à 24% pour les dividendes, au lieu de les soumettre au barème progressif de l’impôt sur le revenu, ne présentait plus aucun intérêt pour les contribuables. En effet, par le jeu de la suppression des différents abattements lié au choix du PFL,  le choisir devenait inintéressant, même pour le contribuable soumis à la tranche marginale d’imposition de 41% et ce, quelque soit le montant des dividendes touchés. Le Rapporteur général de la commission des finances, Gilles Carrez, avait apporté la précision suivante : « le taux maximal en cas de choix pour l’imposition au barème est de l’ordre de 22,22% », ceci en raison principalement de la présence ’abattement proportionnel de 40%.

Un décalage de trésorerie à l’origine du revirement

Gilles Carrez (UMP), à l’origine de l’amendement ramenant le PFL de 24% à 21% pour les dividendes, a expliqué la motivation de ce retour en arrière. Le passage du taux de 19 à 24% du PFL pour les dividendes « crée un risque de trésorerie très important pour 2012 », a t ’il justifié.« Un tel choix pourrait se traduire par un effet de trésorerie négatif en 2012 supérieur au gain pouvant être espéré d’une augmentation de 5 points du taux de PFL », ajoutait Gilles Carrez.

Explications : l’adoption lors d’une première lecture par les députés d’un PFL au taux de 24% (contre 19% auparavant) à la fois sur les intérêts et sur les dividendes, le rendait sans intérêt pour ces derniers. Les contribuables auraient donc été amenés à opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Le risque était là : reporter dans le temps les rentrées d’impôt. En effet si le PFL est opéré à la source lors du paiement du dividende, l’imposition au barème reportait l’impôt acquitté sur les dividendes touchés en 2012 à 2013 ! Un manque à gagner insupportable en temps d’austérité budgétaire.

Deux taux différents :21% pour les dividendes et 24% pour les intérêts

En l’état actuel des choses -le recul des députés ne concernant que le PFL sur les dividendes- c’est donc bien  à taux de 24% que les intérêts de placement comme ceux des comptes à terme ou livrets seront imposés en cas d’option pour le PFL. Son taux global , prélèvements sociaux compris (taux de 13,5% à ce jour) serait donc de 34,5% pour les dividendes et 37,5% pour les placements à revenus fixes, à partir du 1er janvier 2012. Ce taux global est à ce jour de32,5%.

Un manque à gagner compensé

Cette baisse de 3% du PFL (de 24 à 21%) par rapport au projet d’origine entraîne un manque à gagner qui a été évalué à 200 millions d’euros. En compensation devraient être augmentés les prélèvements à la source sur les revenus de capitaux mobiliers versés à des non-résidents.

L’abattement proportionnel maintenu à 40%

Les dividendes perçus par des personnes physiques soumis à l’impôt sur le revenu au barème progressif bénéficient d’un abattement proportionnel qui s’élève à 40 %. Certains députés et sénateurs souhaitaient réduire son niveau de 40% à 20%. L’amendement déposé en ce sens a été rejeté par les députés. L’abattement reste donc à 40%.

Loi Coluche : les dons soumis au plafonnement global des niches fiscales ?

Lundi 14 novembre 2011

C’est aujourd’hui que les députés doivent examiner un amendement au projet de budget 2012, présenté par le Rapporteur de la Commission des Finances, Gilles Carrez (UMP), visant à réduire la déductibilité fiscale des dons. Ce dernier propose, en effet, d’inclure  dans le périmètre du plafonnement global des niches fiscales et de leur rabot,  les réductions d’impôts pour les dons.

La règle de déductibilité en cas de dons

La règle est la suivante: dans la limite de 20% des revenus nets imposables, la déductibilité en cas de dons est  de 66% (Loi dite Coluche) (en référence à l’artiste et fondateur des Restos du Coeur). En cas de dépassement de cette limite, l’excédent donnera droit au contribuable à un crédit d’impôt sur les cinq années suivantes.

Si l’association concernée procède à la fourniture de repas ou de soins à des personnes en difficulté ou qui contribuent à favoriser leur logement, le taux de la réduction fiscale est encore supérieure. Pour les sommes versées en 2011, à déclarer en 2012 le contribuable peut bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu correspondant à 75% de ses dons, avec un plafond de 521 €.

L’amendement déposé par Gilles Carrez

Le Rapporteur de la Commission des Finances  de l’Assemblée Nationale a donc proposé d’intégrer dans le périmètre du plafonnement global des niches fiscales et de leur rabot la réduction d’impôt accordée au titre des dons notamment aux partis politiques et aux associations.

Rappel: le plafond global des niches fiscales  est actuellement de 18.000 euros + 6 % du revenu net imposable.

De son côté, Gilles Carrez justifie sa proposition: quand nous avons introduit pour la première fois  le plafonnement global, nous avons considéré qu’il devait s’appliquer aux niches non subies mais choisies, ce qui est le cas du don”.

« La loi Coluche remise en  cause »

Bien évidemment les réactions ne se sont pas fait attendre : d’abord celle des associations caritatives avec entre autres, France générosités, l’union regroupant les associations et fondations faisant appel à la charité, qui a exprimé ses craintes que ce texte n’ait “un impact important sur les dons”.

De son coté le Gouvernement a réagi par l’intermédiaire de Roselyne Bachelot, Ministre des Solidarités. Elle a annoncé hier dimanche que le Gouvernement s’opposerait à un tel amendement visant à réduire les déductions fiscales des dons, qualifiant d’”intolérable” cette démarche. “Nous avons décidé dans le plan de retour à l’équilibre que ces populations les plus modestes, les plus fragiles, seraient absolument protégées. Aucune mesure ne les concerne. Il ne peut pas y avoir d’économie à ce niveau“, a ajouté le ministre.

Un député Nouveau centre, François Rechebloine, a réagi fortement contre cette mesure, parlant de “mauvais signal adressé aux millions de donateurs français” et une “remise en cause de la loi Coluche .

TVA: vers une hausse ciblée ?

Lundi 31 octobre 2011

Depuis l’annonce de la révision en baisse des prévisions de croissance 2012 à 1%, le gouvernement doit faire face à la nécessité de trouver de nouvelles sources de recettes ou d’économies supplémentaires. Pour boucler son budget, ce sont de 6 à 8 milliards d’euros qu’il doit désormais récupérer. Parmi les sources de nouvelles recettes, le gouvernement envisage désormais très fortement d’intervenir sur la TVA.

Les différentes pistes

Si en matière de TVA plusieurs pistes d’intervention peuvent être envisagées, le président Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà exclu, une “augmentation généralisée” de la TVA dont le taux “dit normal” est de 19,6 %. Les deux pistes qui restent à l’étude sont pour l’instant soit une hausse pure et simple du taux réduit de 5,5 %, soit l’instauration d’un nouveau taux intermédiaire.

A ce stade du débat, rien n’est acquis. Il semble toutefois que l’exécutif cherche à étudier en priorité la piste de l’instauration d’un taux de TVA intermédiaire, plutôt qu’une hausse pure et simple du taux réduit. L’argument avancé  est qu’entre 5.5% et 19.6% il y a une réelle marge de manœuvre et une place pour un nouveau taux intermédiaire.

Le ministre de l’Économie et des Finances,  François Baroin a estimé jeudi matin sur RTL que la création d’une TVA intermédiaire était bien “une piste” évoquée pour augmenter les recettes mais que rien n’était arrêté.

Le taux réduit de 5.5% : un champ étendu en France

Les Echos rappellent ce jour, qu’en France,  le champ des produits soumis au taux réduit de 5,5 %, est « bien plus étendu qu’ailleurs en Europe ». Ce taux concerne les produits de première nécessité et de consommation courante mais également certains secteurs sélectionnés dans le but de les favoriser. A ce titre,  la restauration et le secteur du logement  ont bénéficié ces dernières années de diminutions importantes de leur taux, ce dernier passant directement  de 19.6% à 5.5%, en raison de l’absence de taux intermédiaire, justifie le rapporteur Gilles Carrez.

Cibler les deux plus importantes niches fiscales du budget 2012…

Comme en 2010, parmi les niches fiscales les plus coûteuses figurent les taux réduits de TVA de 5,5% dans la restauration et pour les travaux dans les logements, avec des manques à gagner respectifs de 5,2 et de 3,2 milliards prévus pour l’an prochain, en légère hausse par rapport à 2011.

Un nouveau taux intermédiaire pourrait donc cibler plus particulièrement ou au moins en priorité ces deux secteurs. Si un tel principe était adopté, reste le sujet épineux du nouveau taux à définir.

…pour quelles ressources

Les Echos chiffrent la piste d’une hausse généralisée du taux réduit, de 5.5% à 7%, taux souvent évoqué,  à près de 4 milliards d’euros. Ne la relever dans les mêmes proportions que dans les deux secteurs ciblés de la restauration et des travaux dans le logement rapporterait 1 milliard d’euros à l’Etat.

Gilles Carrez propose lui un taux de 8.9% qui d’après ses calculs permettrait, en ne ciblant toujours que ces deux secteurs, de rapporter 3 milliards d’euros.

Le contexte

Une telle décision pourrait se heurter outre au respect de la législation européenne, à l’action des lobbies et à la réaction des électeurs. Les Echos citent un Commissaire Européen qui rappelle: “quand elles ne sont pas à vocation sociale, les activités qui bénéficient quand même d’un taux réduit sont représentées par un puissant lobby. C’est bien sûr le cas de la restauration mais aussi du BTP.

De son côté,  Didier Ridoret, président de la fédération française du bâtiment, réagissait vendredi sur Europe 1 :”Je considère que le taux de 7% est un taux maximal qui permettrait de garder l’attractivité du secteur. “On est prêt à faire un effort pour participer à la réduction des déficits. Mais n’allons pas trop fort parce que derrière l’activité du bâtiment, c’est beaucoup d’emplois. Il ne faudrait pas tomber dans une récession qui pourrait être fatale”, a-t-il ajouté.

Le Premier Ministre François Fillon devrait annoncer la décision du Gouvernement d’ici huit jours environ.

Le budget 2012 après les retouches de la Commission des finances

Lundi 17 octobre 2011

budget_2012_retouches_commission_finances_lyonLa première partie du projet de budget pour 2012 a été adoptée mercredi 12 octobre par la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, en vue des débats qui commenceront mardi 18. Certaines des mesures présentées le 28 septembre par le Gouvernement ont été durcies, d’autres supprimées ou encore réaménagées, comme les plus values immobilières. Enfin les députés ont adopté de nouvelles mesures, telles celle relative au régime fiscal des SIIC (sociétés d’investissements immobiliers cotées).

Une taxation sur les hauts revenus alourdie

Suite à l’accord intervenu en début de semaine entre la majorité et le gouvernement, le seuil retenu a été abaissé à 250 000 euros par part. Les revenus seront imposés à 3 % entre 250 000 et 500 000 euros par part et 4% au-delà. L’assiette de la nouvelle taxe est celle du revenu fiscal de référence (RFR) qui intègre à la fois revenus du travail et revenus du capital. Pour le dispositif ainsi amendé, le rapporteur Gilles Carrez évalue à 470 millions d’euros les recettes attendues, contre 200 millions initialement prévu pour la version d’origine.

Le régime des plus values immobilières réaménagé

Les plus values immobilières seront désormais exonérées, hors résidence principale après trente ans au lieu de quinze auparavant. Les députés ont décidé que cette exonération de la plus-value en cas de vente de la résidence principale serait également appliquée en cas de première cession d’un logement lorsque le vendeur n’est pas propriétaire de sa résidence principale. Ce dispositif, a été mis en place pour éviter que le nouveau régime ne pénalise les ménages « en mobilité professionnelle » ou ceux qui ne peuvent acquérir leur résidence principale.

La mesure sera financée par une modification de calcul de l’assiette du taux d’enregistrement applicable lors de la cession des participations dans des personnes morales à prépondérance immobilière.

Les SIIC (sociétés d’investissements immobiliers cotées) visées…

Le Président de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale, Jérôme Cahuzac, a fait adopter mercredi soir un amendement supprimant l’abattement de 40 % sur les dividendes distribués par les sociétés d’investissement immobilier cotées (SIIC). Le député assimile cet abattement à une niche, car si les dividendes issus des bénéfices distribués par ces SIIC bénéficiaient d’un abattement, ils faisaient aussi l’objet d’une exonération d’impôt sur les sociétés…  “Particulièrement complexe, coûteux et ne répondant à aucun objectif d’intérêt général, ce dispositif revient en fait à subventionner les bénéfices réalisées par lesdites SIIC et leurs actionnaires personnes physiques”, selon l’auteur de l’amendement.

Par ailleurs le Rapporteur Gilles Carrez a souhaité que ces titres ne soient plus éligibles au PEA. L’amendement prévoit que les détenteurs de PEA auront jusqu’au 1er janvier 2013 pour régulariser leur situation. Mais les dividendes de SIIC versés en 2012 dans le cadre d’un PEA ne pourront bénéficier de l’exonération d’impôt sur le revenu.

…ainsi que les propriétaires de chevaux de courses

Un amendement à caractère symbolique (il devrait rapporter 2 millions d’euros) supprime l’abattement sur les plus-values sur les ventes de chevaux de course (15 % par année de détention).

Les principales mesures touchant les entreprises

La taxe de 220 millions d’euros permettant d’acheter de nouveaux quotas de C02 sur le marché européen a été annulée, en raison de modalités toujours en cours de négociations. Lors des débats, les députés devront discuter d’une nouvelle version.

Une taxe soda « pas si light que cela »: après de nombreux rebondissements, la taxe a connu un nouveau développement en Commission des Finances : elle taxe devrait bien être étendue aux boissons contenant des édulcorants comme les sodas « light » et ainsi doublée pour rapporter au final 250 millions d’euros.

Enfin une mesure a comme objet de réduire pour les grands groupes  leurs possibilités de faire de l’optimisation fiscale  en leur interdisant déductibilité des intérêts d’emprunt lorsque les titres ne sont pas gérés effectivement depuis la France.

Dans ce contexte politique avec un Sénat à gauche, le Gouvernement et les parlementaires de la Majorité risquent d’être mis à rude épreuve pendant les débats devant mener à l’adoption de ce budget. De manière générale, “sur le plan législatif, la gauche aura les moyens de retarder l’adoption des textes, de faire savoir haut et fort son opposition“, a commenté le politologue Olivier Rouquan (Sciences Po). L’examen cet automne du budget 2012 devrait en être la première illustration.

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Vers un assouplissement du nouveau régime des plus-values immobilières

Mardi 11 octobre 2011

L’une des mesures phares adoptées en septembre dans le cadre de la Loi de Finances rectificative est le durcissement de la taxation des plus-values immobilières. Sur les biens hors résidence principale, le délai au-delà duquel elles sont désormais totalement exonérées a été repoussé de 15 à 30 ans.

Les résidences secondaires davantage taxées

L’exonération sur la plus value la résidence principale étant maintenu en l’état, la différence de fiscalisation entre la résidence principale et les autres est donc désormais très importante. Or plus particulièrement dans le cas de la mobilité professionnelle, beaucoup de gens sont locataires de leur résidence principale, tout en détenant par ailleurs un bien immobilier. Dans le cas où ils seraient amenés à vendre celui-ci, et souvent d’ailleurs plus particulièrement pour acquérir une résidence principale, ils seraient pénalisés, ne pouvant pas bénéficier de l’exonération au titre de la résidence principale.

Cas d’une première cession de logement par un contribuable non propriétaire de se résidence principale

Lors des débats parlementaires avaient été évoqués ce cas des détenteurs d’une résidence secondaire non propriétaires de leur résidence principale. Le rapporteur de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale Gilles Carrez avait rajouté qu’en dehors des cas de mobilité professionnelle, pour des raisons de prix de l’immobilier dans certaines grandes villes, certaines personnes ne peuvent pas être propriétaires de leur résidence principale mais ont décidé d’investir dans une résidence secondaire :  «Parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, ils sont locataires de leur résidence principale, et ils protègent leur épargne en acquérant un bien immobilier en province », avait défendu Gilles Carrez le mois dernier.

Il semblerait dans un souci d’équité « quand ces personnes sont amenées à se fixer définitivement, quand leur mobilité professionnelle diminue ou bien quand ils prennent leur retraite, de ne pas les taxer sur le réemploi de la vente d’une résidence secondaire » avait rajouté Michel Bouvard.

Les députés reconnaissant qu’il faudra donc bien traiter toutes ces situations avaient décidé, de se laisser le temps et donc de ne le prévoir que dans le cadre de la préparation de la loi de finances pour 2012.

Valérie Pécresse avait rappelé  que cette exonération existe déjà pour les expatriés, qui quittent leur résidence principale pour s’installer à l’étranger.

Amendement prévu au budget 2012

Les Echos rapportent ce matin que les députés UMP Gilles Carrez et Michel Bouvard vont donc proposer un amendement au budget 2012 permettant de rétablir l‘exonération pour les ménages qui ne sont pas propriétaires du logement qu’ils occupent, et qui font une plus-value en vendant pour la première fois une résidence secondaire.

Revenir pour ce cas au régime antérieur à 2004 ?

Dans le régime des plus-values immobilières antérieur à 2004, un dispositif tenait compte de telles situations et prévoyait des cas exonération. La loi de Finances 2004 qui a modifié l’imposition des plus-values immobilières (exonération après 15 ans de détention) a fait disparaître cette disposition.

Le quotidien économique précise que le coût de cette mesure n’a pas encore été évalué.

Le revenu fiscal de référence

Lundi 3 octobre 2011

revenu_fiscal_referenceMême si ses modalités qui feront l’objet de débats lors de son vote au Parlement ne sont pas définitivement arrêtées, figure dans le projet de Budget 2012 une mesure relative à la taxation des très hauts revenus, comme l’ont adoptée nombre de nos voisins européens.

Tout au long de l’année 2011 cette idée a fait son chemin pour aboutir à l’annonce le 24 août dernier, par le 1er Ministre François Fillon, d’un prélèvement sur le revenu fiscal de référence, calculé sur la base d’un taux de 3 % au-delà d’un seuil de 500 000 euros par part. C’est selon ces mêmes modalités que le dispositif figure dans le projet de Budget 2012 afin de s’appliquer aux revenus perçus en 2011 et rapporter 200 millions d’euros.

Le RFR : une notion méconnue

C’est l’occasion pour nous de faire le point sur cette notion du revenu fiscal de référence qui, bien que très utilisée, a des contours plutôt méconnus et quelque peu complexes. Que recouvre cette notion, à quoi sert-elle et pourquoi a-t-elle été retenue comme assiette pour la contribution des très hauts revenus ?

Le choix d’une assiette élargie

C’est Gilles Carrez qui a inspiré ce prélèvement assis sur le revenu fiscal de référence. Le rapporteur du budget à l’Assemblée Nationale proposait à l’origine un taux de prélèvement inférieur (1 ou 2%) et une assiette au-delà de 1 million d’euros par part. Le choix d’une assiette de calcul élargie, en prenant pour indicateur le RFR (revenu fiscal de référence), permet d’englober toutes les ressources du contribuable pour définir ses très hauts revenus, que ces ressources proviennent du patrimoine ou des revenus du travail.

Gilles Carrez avait proposé d’appliquer le taux de taxation sur ce revenu afin de toucher à la fois les revenus salariaux et ceux issus du patrimoine, le revenu fiscal de référence incluant entre autres les plus-values mobilières et immobilières et les revenus perçus à l’étranger.

Un calcul complexe

Sur l’avis d’imposition du contribuable figure ce RFR calculé par l’administration fiscale. Il correspond au montant net imposable, après correction de certaines exonérations ou déductions diverses et après intégration de revenus imposés sous une autre catégorie telle que les plus-values mobilières et immobilières. À titre d’exemple sont ajoutés divers éléments dont :

  • certaines charges déductibles du revenu imposable (notamment cotisations versées sur un PERP),
  • le montant de l’abattement de 40 % sur les dividendes pour la fraction excédant l’abattement fixe.
  • certains revenus exonérés (revenus perçus par les expatriés…)
  • le montant des revenus mobiliers soumis au prélèvement libératoire

À quoi sert-il ?

C’est son montant qui va conditionner l’accès à de nombreux dispositifs, allocations, ou allégements fiscaux. À titre d’exemple nous citerons l’évaluation de la prime pour l’emploil’exonération ou allègement de la taxe d’habitation, l’attribution de bourses.

Une assiette de plus en plus large

L’assiette du revenu fiscal de référence a connu plusieurs phases d’élargissement » entraînant de fait une moindre ouverture à certains avantages fiscaux. Ainsi, les dernières lois de finances y ont intégré de nouveaux revenus. Cela a été le cas en 2007 avec entre autres l’intégration du montant des cotisations ou primes déduites au titre de l’épargne retraite, les revenus des impatriés, revenus des FCPR, plus-values de cession ou de rachat de parts de FCPR.

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Taxation sur les hauts revenus : un seuil abaissé à 250 000 €

Lundi 26 septembre 2011

taxation_hauts_revenus_seuil_abaisséLe projet de loi de finances 2012 sera présenté en Conseil des ministres mercredi 28 septembre. Le gouvernement prévoit de ramener le déficit à 4,6 % l’année prochaine, en tablant sur une croissance de 1,75 % et en adoptant un plan  de rigueur.

L’une des mesures « d’équité » qui promettait de faire l’objet de débats animés est celle de la taxation des hauts revenus, annoncée par François Fillon au mois d’août. Cédant aux pressions de nombreux parlementaires, le gouvernement a fait évoluer les modalités de cette contribution (dont le taux a été fixé à 3%)  qui devrait donc voir sa base élargie puisque son seuil serait finalement fixé à 250 000 euros.

L’ annonce du 24 août

Le Premier ministre, a annoncé mercredi 24 août une série de mesures visant à tenir l’objectif de redressement des comptes publics français. L’une des mesures les plus controversées est sans doute la création de cette taxe de 3% sur les revenus du travail et du capital dépassant 500.000 euros par an. Elle aurait comme assiette le revenu fiscal de référence, pour les personnes gagnant plus de 500.000 euros non par foyer mais par part. Selon les calculs de Bercy, cette taxe devait concerner moins de 10.000 foyers et rapporter environ 200 millions d’euros par an. Son caractère  serait temporaire car le gouvernement s’engage à la supprimer dès que le déficit de la France sera égal ou inférieur à 3% du PIB.

Les nombreux partisans d’une base plus élargie

De nombreux parlementaires de la majorité ont très vite fait par de leur souhait d’élargir la cible de cette contribution, en abaissant son niveau. Beaucoup souhaiteraient un seuil d’entrée deux fois inférieur : 250.000 euros par part, qui toucherait davantage de foyers. Parmi les partisans de ce seuil on citera les deux présidents des Assemblées Bernard Accoyer et Gerard Larcher. De son coté, Pierre Méhaignerie a toujours été un fervent partisan d’un seuil encore plus bas et avançait le chiffre de 150 000 euros.

Certains députés UMP allaient même plus loin et voulaient profiter de ce débat pour remettre sur la table la création d’une nouvelle tranche d’imposition sur les hauts revenus, qui a toujours fait face à un refus catégorique de l’Elysée…

La note de Bercy

Les Echos évoquaient récemment la note réalisée par Bercy pour contrer ceux qui avancent que les plus hauts revenus paieraient proportionnellement moins d’impôt que les autres. Cette thèse est entre autres celle de l’économiste Thomas Piketty, ou même du rapporteur UMP du Budget, Gilles Carrez, pour qui «  plus un très gros contribuable a des revenus élevés, moins il paie d’impôt en proportion ».

Selon la note de Bercy, de grands changements sont intervenus depuis 2008, grâce entre autres au plafonnement des niches fiscales (à 18.000 euros + 6 % des revenus en 2011). Le ministère de l’Economie y recense ainsi les hausses d’impôts ayant frappé les hauts revenus depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy : le relèvement du taux de la tranche supérieur de l’impôt sur le revenu (de 40 % à 41 %) et l’augmentation des droits de succession pour les tranches les plus hautes seraient les plus importantes.

La mise en avant du revenu fiscal de référence (RFR)

L’assiette de cette contribution serait celle du revenu fiscal de référence. Le gouvernement a utilisé auprès des élus UMP cet argument d’assiette élargie, puisque celle du revenu fiscal de référence (RFR), est en effet différente de celle utilisée pour l’impôt sur le revenu, puisque dividendes et plus-values sont notamment intégrés.

Le gouvernement aurait tranché pour éviter certains débats

Le Journal du dimanche annonçait hier que la ministre du Budget, Valérie Pécresse accepterait le seuil de 250 000 euros. Le quotidien précise que le gouvernement a préféré prendre cette décision, afin d’éviter « d’interminables débats » au Parlement. La taxation toucherait donc 20 000 foyers et rapportera 100 millions de plus (300 au lieu de 200 millions).

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Plus-value mobilières: l’abattement pour durée de détention en sursis

Jeudi 22 septembre 2011

Les gains nets de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux réalisés par les personnes physiques sont imposables, dès le premier euro de cession, à l’impôt sur le revenu à un taux proportionnel de 19 % auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux ( de 13,5% depuis la seconde loi de finances rectificative 2011) soit un taux global de 32.5%. En vertu d’une loi de 2005, après une durée de cinq ans, les plus-values font l’objet d’un abattement annuel d’un tiers, de sorte qu’elles sont totalement exonérées à l’impôt sur le revenu au bout de huit ans.

Les premiers effets du dispositif le 1er janvier 2012

La durée de détention des titres  qui permet l’application d’un abattement d’un tiers à compter de la sixième année doit être décomptée à partir du 1er janvier 2006 ou bien évidemment de la date d’acquisition des titres si celle-ci  est postérieure. Les premiers effets de ce dispositif devaient ainsi intervenir début 2012 pour conduire à des exonérations complètes à partir de 2014.

Un dispositif en sursis depuis déjà fin 2010

Dans le cadre de la Loi de finances 2011, lors des débats de l’automne 2010, les députés avaient voté le report de l’entrée en vigueur du dispositif au 1er janvier 2009, en lieu et place du 1er janvier 2006. Cette décision conduisait à reporter l’exonération partielle de 2012 à 2015 et l’exonération totale de 2014 à 2017. La commission mixte paritaire avait finalement annulé ce report.

Un dispositif toujours en sursis

Dans le contexte Budgétaire actuel, le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac (PS), a proposé lors des débats sur le collectif budgétaire de début septembre, la suppression pure et simple de ce dispositif. De son coté le rapporteur, Gilles Carrez (UMP), proposait à nouveau (comme en 2010) le report de trois ans de son entrée en vigueur.

« Au nom de quoi taxer le foncier davantage que les revenus du capital, en l’occurrence ceux qui résultent des valeurs mobilières ? », a interrogé Jérôme Cahuzac. « Alors que nous sommes en train de supprimer ou réduire tout un ensemble d’avantages fiscaux [...], il serait tout de même paradoxal d’ouvrir une autre niche colossale », a renchéri Gilles Carrez. “Le coût de cet abattement d’un tiers par année, à compter de la sixième année de détention, n’a jamais été précisément chiffré, mais un manque à gagner de l’ordre du milliard d’euros est plausible”, avait précisé le rapporteur, justifiant son amendement.

Le ministre du Budget Valérie Pécresse est alors intervenu déclarant souhaiter attendre le budget 2012 pour débattre du sujet…

Les nouvelles pistes au profit des PME

Valérie Pécresse a ajouté vouloir « approfondir la réflexion » et souhaiter éventuellement « recentrer davantage le dispositif sur les PME et éventuellement imaginer un dispositif qui garantisse le réemploi des fonds issus du produit des cessions de titres de PME dans de nouvelles entreprises » ajoutant que « l’exonération actuelle gagnerait en légitimité. ». Le quotidien Les Echos rapportait il y a quelques jours que deux mécanismes étaient étudiés :

  1. l’avantage fiscal pourrait être conditionné au réinvestissement de la plus-value dans des PME, à l’instar du dispositif ISF-PME
  2. l’avantage pourrait aussi être limité aux plus-values mobilières concernant uniquement des titres de PME, afin de diminuer le coût du dispositif.

Maintien du dispositif concernant les dirigeants de PME partant à la retraite

Les Echos confirmaient que, tant le gouvernement que les élus de la majorité voulaient maintenir telle quelle l’exonération fiscale en vigueur depuis 2006, des plus-values mobilières pour les dirigeants de PME partant à la retraite, malgré un coût de 360 millions en 2009, puis 270 millions d’euros en 2010, pour 2.156 bénéficiaires.

A 3 mois de sa première mise en application, et quelque soit le sort final réservé à ce dispositif, sa suppression, son report ou un aménagement, le débat risque de détourner encore davantage les épargnants des valeurs mobilières.