Archive pour le mot-clef ‘bouclier fiscal’

ISF 2012: retour de l’ancien barème

Lundi 14 mai 2012

S’il était nécessaire que les contribuables doutent encore de l’instabilité et de l’absence de pérennité des lois fiscales, une nouvelle preuve vient encore de leur être donnée. Selon Les Echos, François Hollande a bien prévu de revenir à l’ancien barème de l’ISF dès cette année, le barème allégé voté il y à peine un an ne devant ainsi jamais s’appliquer. Les contribuables dont le patrimoine n’excède pas 1,3 million d’euros resteraient exonérés. Les modalités pratiques restent encore à déterminer.

Le nouveau barème supprimé avant même sa première application

Nous savions que le programme socialiste prévoyait le retour à l’ancien barème de l’ISF, mais la question consistait à savoir quand ? L’incertitude est désormais bien levée selon les Echos qui confirme que cela sera bien dès cette année pour la déclaration que les contribuables concernés s’apprêtaient à remplir, que l’ancien barème fait son retour.

Le nouveau barème à deux taux dont l’application amenait une baisse de l’ISF sera donc supprimé avant même sa première application.

Rappel : ce nouveau barème qui devait s’appliquer sur les patrimoines au 1er janvier 2012 ne comportait que deux tranches d’imposition s’appliquant dès le 1er euro : l’une à 0,25% pour les patrimoines compris entre 1,3 et 3 millions d’euros et l’autre à 0.5% au-delà de 3 millions.

Le seuil d’entrée conservé à 1 300 000 euros

La partie de la réforme 2011 qui était entrée en vigueur dès l’an dernier concernait le seuil d’entrée. Ce seuil d’entré fixé à 1 300 000 euros (au lieu de 800 000 euros ) serait bien conservé. Mais la première tranche du barème part bien de 800 000 euros.

Un symbole et 2.3 milliards à la clé

Le symbole consiste à prendre en premier une mesure qui touche les plus aisés, alors que la prochaine loi de finances rectificative va comprendre de nombreuses mesures fiscales. La réforme votée rapporterait 2,3 milliards d’euros, l’équivalent du coût de l’application du nouveau barème.

L’ancien barème : le retour

Pour les patrimoines supérieurs à 1.300 000 euros, le retour de l’ancien barème signifie : 6 tranches qui s’appliquent à partir de 800 000 euros et s’étalent de 0,55 % à 1,8 %.

A titre d’exemple pour un patrimoine net taxable de 4 000 000 euros la note avec le nouveau barème aurait été de 20 000 euros (4 000 000 x 0.50%) et s’élèvera au final à 26 555 euros soit 1/3 de plus… Le retour de l’ancien barème devrait s’accompagner du rétablissement du plafonnement Rocard, sans plus de précisions. Ce dispositif permet que les impôts (dont la liste restera à définir) ne puissent pas dépasser plus de 85 % des revenus.

Pratiquement ? Comment cela va se passer ?

Le quotidien précise qu’à ce jour les modalités concrètes de paiement, en cas de retour à l’ancien barème, ne sont pas encore précisées. Pour les contribuables détenant un patrimoine compris entre 1,3 et 3 millions d’euros, la note devait être de toutes façons réglée en septembre et ils se verraient donc appliquer sans problème le barème voté entre temps.

Cela se complique pour les patrimoines supérieurs à 3 millions dont l’échéance de paiement était fixée au 15 juin. Le quotidien énonce les deux options qui se présentent.

Première solution : on maintient la date de 15 juin pour la déclaration et le paiement de l’ISF, un rappel (complément) étant ensuite demandé en septembre après le vote du changement de barème. Enfin la deuxième solution consiste à reporter purement et simplement la date de déclaration (et paiement) en septembre, une fois la réforme votée.

L’an dernier c’est bien ce qui s’était déroulé mais cette fois pour faire passer partiellement la baisse de l’ISF de la réforme Sarkozy : seuls les patrimoines inférieurs à 1 300 000 euros étaient concernés en étant exclus du périmètre de l’ISF dès 2011.

Fiscalité et redistribution : trois quinquennats à la loupe (1997-2012)

Mercredi 4 avril 2012

À l’approche du prochain grand rendez-vous électoral, l’Institut des politiques publiques (IPP) a publié une étude qui analyse quinze ans de législation fiscale en France. Elle passe à la loupe les 3 derniers quinquennats marqués – s’il est utile de le rappeler – par de très nombreuses modifications de notre fiscalité.

“L’objectif de cette étude est de tirer le bilan de ces réformes fiscales du point de vue de la redistribution et d’esquisser un diagnostic des problèmes structurels du système fiscal français” précisent les auteurs du rapport dans leur introduction.

Particularités de la fiscalité française

En préalable ce rapport met en avant les particularités de notre système fiscal dominé par d’importantes cotisations sociales, des taxes indirectes élevées et des prélèvements sociaux proportionnels au revenu, notamment la CSG (la Contribution sociale généralisée).

Ces caractéristiques sont à l’origine d’une fiscalité qui ressort en France comme à la fois élevée et peu progressive pour l’ensemble des actifs .

Fiscalité française : un système régressif

Au lieu d’être “progressifs”, c’est-à-dire d’augmenter avec la hausse des revenus, les prélèvements obligatoires s’allègent au contraire pour les plus hauts revenus. En effet, une partie des revenus échappent aux prélèvements obligatoires.

Trois quinquennats etudiés

Cette étude couvre donc quinze ans de modifications de notre système fiscal et social soit trois quinquennats :

Un quinquennat 1997-2002 en faveur des plus modestes

La réduction des cotisations sociales mise en place dans le cadre du financement de la réduction du temps de travail, et la réduction de la taxation indirecte à travers la baisse de la TVA, ont conduit à une diminution des prélèvements obligatoires pour les salaires les plus modestes.

Le second quinquennat de Jacques Chirac (2002-2007)

En revanche, le second quinquennat de Jacques Chirac a accentué le caractère régressif de notre système.  Pendant ces années, les plus hauts revenus ont profité des baisses de prélèvements grâce à la diminution de l’impôt sur le revenu et la mise en place du bouclier fiscal (à 60%).

L’essentiel de l’accroissement du caractère “régressif” du système fiscal français au cours de ces quinze dernières années a eu lieu pendant cette période.

Des « évolutions contrastées » pour le quinquennat 2007-2012

Pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement, le bilan “redistributif” est en apparence limité selon l’étude. Et ce, en raison de nombreuses réformes qui – pour les auteurs – « se sont en partie annulées les unes les autres ».

Deux évolutions contrastées, avec :

Gagnants et perdants du quinquennat en cours

Selon le rapport, les gagnants sont avant tout les contribuables ayant de hauts patrimoines mais de faibles revenus. Les perdants sont ceux qui ont de faibles patrimoines mais de hauts revenus.

Les Echos résument quant à eux l’un des enseignements à tirer de ce rapport :

“l‘impôt des plus aisés a beaucoup augmenté depuis deux ans : prélèvements sur le capital, taxe spéciale sur les très hauts revenus, etc. Mais cela n’efface pas les baisses qui leur ont été accordées au cours de la dernière décennie (2002-2012)”.

Des assiettes larges prônées par le rapport

Quels sont les enseignements à tirer de cette étude à destination évidente des différents candidats à la présidence de la République ?

“quels que soient les objectifs poursuivis en matière de redistribution fiscale, il semble donc urgent que les responsables politiques français prennent conscience qu’il est nécessaire de privilégier des assiettes larges et des taux faibles plutôt que des assiettes étroites et des taux élevés “.

Impôts 2012 : ce qui change

Mercredi 4 janvier 2012

fiscalite_changement_2012_JaHoVil_FlickrLes débuts d’année sont toujours propices aux bilans et aux diverses revues des changements qui interviennent au 1er janvier.

Rigueur oblige, en matière fiscale, les différentes Lois de finances rectificatives 2011 et la Loi de finances 2012 apportent leur lot de modifications pour cette année.

Conséquences des différents plans de rigueur annoncés l’an dernier, le taux de prélèvement obligatoire devrait augmenter de 0,8 point pour atteindre 44,5% du PIB en 2012. À titre de comparaison ce taux était de 43.2% en 2007.

Quelles sont les principales modifications et nouveautés en matière d’impôts qui vont mettre les ménages à contribution cette année ?

Gel du barème de l’impôt sur le revenu

Le barème de l’impôt sur le revenu, celui de l’ISF et celui des droits de donation et successions sont gelés. Cela signifie que n’intervient en 2012 et 2013 aucune indexation sur l’inflation et que ces barèmes sont maintenus au niveau de 2011.

Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus

Les ménages disposant de hauts revenus devront régler une contribution exceptionnelle de 3 % appliquée sur la fraction des revenus de 250 000 à 500 000 € et de 4 % au-delà pour un célibataire.

Pour un couple, les seuils sont de 500 000 à 1 000 000,00 € et au-delà. Le choix comme assiette du revenu fiscal de référence permet de toucher également les revenus de l’épargne. Cette contribution sera maintenue jusqu’au retour à l’équilibre des finances publiques en 2016 ou 2017…

Hausses du PFL pour les revenus du capital

Au lieu d’un taux identique de 19 %, le PFL sera de 21% pour les dividendes et de 24 % pour les intérêts de créances et revenus obligataires. Avec 13,5 % de prélèvements sociaux, le prélèvement forfaitaire libératoire total s’élèvera respectivement à 34,5 % et à 37,5 %.

Recentrage du dispositif de l’abattement des plus-values mobilières pour délai de détention

Ce dispositif qui permettait un abattement d’1/3 par an après 6 ans de détention sur le montant de la plus-value imposable devait commencer à s’appliquer début 2012. Il a été remplacé par un mécanisme d’exonération en cas de réinvestissement dans des entreprises aux conditions strictes.

Changements au niveau de l’ISF

C’est dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine votée en juin dernier que sont intervenues les modifications de l’ISF pour la plupart applicables pour 2012.

Dès 2011, le seuil d’entrée de l’ISF a été relevé de 800 000 à 1,3 million d’euros de patrimoine et c’est cette année que le nouveau barème à deux tranches contre six auparavant va s’appliquer. Dès le premier euro, les patrimoines nets taxables compris entre 1,3 million d’euros et 3 millions d’euros seront taxés à 0,25 %, et ceux supérieurs à 3 millions seront taxés à 0,5 %. Seuls ces derniers seront soumis à une déclaration détaillée, les autres déclarant leur patrimoine taxable lors de la déclaration de l’impôt sur le revenu.

S’y ajoute la suppression du bouclier fiscal à partir du 1er janvier 2013 (revenus 2011) qui plafonnait le total des impôts directs à 50 % des revenus.

Modifications de la TVA

C’estla TVAqui est la ressource principale de l’État avec plus de 50 % de ses recettes. L’augmentation de la TVA de 5.5 % à 7 % prévue par le gouvernement dans sa Loi de Finances 2012 est entrée en vigueur le 1er janvier et concerne tous les produits et services à l’exception des produits de première nécessité.

Patrimoine immobilier

De nombreuses modifications touchent le secteur. Tout d’abord la réforme du régime de taxation des plus-values immobilières hors résidence principale entre en vigueur le mois prochain. Plus d’exonération totale sur la plus-value réalisée, au bout de 15 ans (grâce à un abattement de 10 % par an après 5 ans de détention) pour le vendeur. Après le 1er février c’est seulement après un délai de 30 ans qu’il bénéficiera d’une totale exonération.

Ensuite au lieu d’un abattement de 10 % linéaire, le nouveau barème prévoit (toujours mis en place après 5 ans de détention) une progressivité, la décote annuelle étant très faible les premières années.

Enfin de nombreux avantages fiscaux seront rabotés. Citons principalement la Loi Scellier qui avec une suppression prévue en 2013 va perdre de son intérêt cette année avec une réduction d’impôt  réduite à 13% (contre 22 % en 2011) uniquement pour les logements neufs BBC (bâtiment basse consommation).

La défiscalisation disparaît purement et simplement pour tous les logements neufs non BBC, alors qu’elle était de 13 % en 2011.

Pour les investissements dans les résidences étudiantes, de loisirs et de santé - Censi-Bouvard-, la réduction d’impôt passe de 18 % à 13 %.

Par ailleurs, le prêt à taux zéro a été réformé et ne concernera plus que l’accession à la propriété dans le neuf.

D’éventuels ajustements en 2012

Il n’y aura pas de troisième plan de rigueur a déclaré le premier ministre le 6 décembre dernier, avant de nuancer : “s’il faut aller plus loin, si d’autres mesures doivent être prises, le gouvernement les prendra, ce n’est pas exclu“ ajoutant : “s’il doit y avoir de nouveaux ajustements, ce sera sur la réalité de la croissance A“.

Le TOP 10 des exilés fiscaux français en Suisse

Jeudi 8 décembre 2011

exile_fiscaux_francaisLe magazine Bilan, principal magazine économique de Suisse romande, publie chaque année depuis douze ans une enquête intitulée Les 300 plus riches de Suisse. Nous nous intéresserons plus particulièrement ici au point de l’étude relatif aux “exilés français”.

Sur les 300 plus grosses fortunes résidant en Suisse, on compte aujourd’hui 44 familles exilées françaises soit 12,5 % des plus riches et ce pour un patrimoine total de 36,5 milliards de francs suisses (près de 30 milliards d’euros). Il y a dix ans, on comptait dix-sept familles françaises.

Les critères pour figurer dans le classement

Deux critères étaient retenus par le journal :

  • détenir des avoirs supérieurs à 100 millions de francs suisses soit plus de 80 millions d’euros pour l’ensemble du patrimoine (portefeuille d’actions, immobilier, etc.),
  • être ressortissant Suisse ou disposer d’un domicile fiscal en Suisse.

50 % d’étrangers dans ce classement

Les nationalités les plus représentées dans ce classement sont, dans l’ordre, les Suisses (la moitié des 300 plus fortunés), suivis des Allemands (12 %) et des Français.

Le Top 10

Parmi les plus grosses fortunes françaises exilées en Suisse, on trouve en premier les propriétaires de Chanel, les très discrets Wertheimer. On trouve aussi, les producteurs de vins, Castel. Ces fortunes sont estimées entre 3,2 à 4 milliards d’euros chacune.

Viennent ensuite les familles Primat (participation dans la grande multinationale de services pétroliers, la Schlumberger Limited.)  puis Benjamin de Rothschild (participation de 90 % dans la Compagnie financière Edmond de Rothschild) pour des montants de 1,5 à 2,4 milliards d’euros.

Dans les fortunes estimées de 1,2 à 1,6 milliards d’euros, on trouve les familles Peugeot, Lescure (groupe SEB), Bich, Mimran (agroalimentaire, négoce de céréales, transport maritime, secteur bancaire essentiellement concentrées au Sénégal et en Côte d’Ivoire).

Viennent enfin les héritiers Louis-Dreyfus et Claude Berda (groupe AB productions et AB groupe) pour des montants estimés de 800 millions à 1,2 milliards d’euros.

Une accélération du flux

Le magazine se plaît à souligner que le nombre des fortunes françaises installées en Suisse a considérablement augmenté ces dernières années. Il y a 10 ans, le classement de Bilan n’en comptait que 17 contre 44 aujourd’hui.

L’étude note l’arrivée récente de nouveaux exilés fiscaux FrançaisDenis Dumont (Grand Frais) ou Bruno Moineville ( actionnaire du fonds Cinven de Numericable). Elle  constate que le flux s’est accéléré depuis 1 an et demi en raison :

  • de la suppression du bouclier fiscal qui était attendu depuis plusieurs années
  • de la crainte d’un retour de la gauche au pouvoir.

Le Rédacteur en chef de Bilan, Stéphane Benoît-Godet, affirme :

« Comme en 1981, la crainte de l’élection d’un président de gauche en France qui va devoir accroître la pression fiscale sur les plus riches pour satisfaire son électorat, incite nombre de Français à organiser leur sortie de France avant même l’élection. »

Selon lui, un possible changement de majorité lors de la prochaine élection présidentielle française et les incertitudes qu’elle créerait, pourrait accélérer le flux des réfugiés fiscaux, comme en 1981 lors de l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand.

Le fondateur d’IKEA en tête du classement général depuis 10 ans

Enfin, une petite précision sur le classement général. C’est Ingvar Kamprad, fondateur d’Ikea, qui reste la personne la plus riche de Suisse avec une fortune estimée entre 35 et 36 milliards de francs. Le milliardaire suédois occupe la première place du classement depuis dix ans.

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Impôts sur la fortune versions 2011 & 2012

Vendredi 15 juillet 2011

La réforme de la fiscalité du patrimoine incluse dans le projet de Loi de finances rectificative pour 2011 a été adoptée par le parlement le 6 juillet. Depuis la présentation du projet le 11 mai en Conseil des ministres, le texte a fait l’objet de plusieurs amendements, jusqu’au vote final. Parmi les principales mesures de la réforme fiscale, citons : suppression du bouclier fiscal, réaménagement du barème de l’ISF, alourdissement de la taxation de la transmission du patrimoine et mise à contribution de l’assurance-vie.

En ce qui concerne l’ISF, la réforme comprenant à la fois des mesures applicables dès 2011, et d’autres seulement à partir de 2012, il est essentiel d’apporter des précisions sur leur entrée en vigueur.

La suppression du bouclier fiscal

La suppression du bouclier fiscal, dispositif qui plafonnait à 50% des revenus le montant des impôts directs, sera effective à compter des impôts directs payés en 2011 et 2012 au titre des revenus réalisés en 2011. Le dispositif est donc maintenu pour les revenus 2010.

Par ailleurs, un bouclier est maintenu pour les personnes non assujetties à l’ISF, si leur taxe foncière sur la résidence principale dépasse 50 % des revenus.

ISF 2011

Un nouveau seuil : la refonte du barème de l’ISF va permettre aux titulaires d’un patrimoine inférieur à 1,3 million d’euros de ne plus acquitter cet impôt et ce dès 2011.

Les redevables de l’ISF (patrimoines supérieurs à 1,3 millions d’euros) restent cette année imposables selon le barème actuel (barème progressif applicable dès 800 000 euros ) avec une déclaration au 30 septembre 2011. Ce n’est qu’à partir de 2012 que la réforme s’appliquera pour eux.

ISF 2012

Le nouveau barème, applicable en 2012, ne comprend que 2 tranches d’imposition, avec une taxation dès le 1er euro de patrimoine dès que le seuil est déclenché.

  • 0,25% pour les patrimoines nets taxables compris entre 1,3 et 3 millions d’euros (déclaration et paiement de l’ISF avec la déclaration de revenus)
  • 0,50% au-delà de 3 millions d’euros avec maintien d’une déclaration ISF

Ce barème entraînant des effets de seuils, un dispositif de lissage et décote est instauré pour les patrimoines compris :

  • entre 1,3 millions et 1,4 millions d’euros ;
  • entre 3 millions et 3,2 millions d’euros.

La réduction d’impôt pour charges de famille, fixée actuellement à 150 € par enfant à charge, passe à 300 € .

Réduction ISF et souscriptions au capital de PME :

Du fait du report au 30 septembre 2011 des déclarations ISF, c’est également jusqu’à cette date que les investissements ouvrant droit à la réduction ISF peuvent être réalisés. Dans la pratique, il est important de vérifier les dates « butoirs » de chaque distributeur de FIP et FCPI.

Les principales contreparties de cet allégement de l’ISF sont un alourdissement du barème des successions et donations, l’assurance vie étant également mise à contribution.

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Réforme fiscale : le vote du Parlement

Vendredi 8 juillet 2011

La suppression du bouclier fiscal et l’allègement de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ont été définitivement adoptés par le Parlement, alors que le vote du Sénat sur la réforme de la fiscalité du patrimoine est intervenue mercredi 6 juillet.

Le vote

Après le vote des députés mardi, c’était au tour des Sénateurs d’examiner, mercredi, le texte tel que mis au point par la Commission mixte paritaire (CMP), la semaine dernière. Inclus dans le projet de loi de finances rectificative 2011, le texte  a été adopté par 177 voix contre 151. Si comme prévu, l’opposition a voté contre l’ensemble du texte, elle a cependant voté en faveur d’un unique article : celui supprimant le bouclier fiscal,  qui  plafonnait l’imposition à 50% des revenus.

Quelques réactions

Sans surprise, la réforme a été qualifiée d’”injuste” par l’opposition, par l’intermédiaire de Jérôme Cahuzac, président (PS) de la commission des Finances de l’Assemblée : “C’est une réforme limitée. Elle est étriquée, particulièrement partielle, elle ne concerne que 2% des contribuables. Elle est non équilibrée financièrement, elle est injuste“.

De son coté, le nouveau ministre du Budget, Valérie Pécresse, a parlé d’un “aménagement raisonnable” de l’ISF, ajoutant qu’avec cette réforme “notre fiscalité sera plus juste, plus efficace“. “Elle est marquée du sceau de la simplification.” a t’elle précisé, annonçant encore de nombreux « chantiers fiscaux à venir ».

Partisan de la double suppression du bouclier fiscal et de l’ISF, jointe à un relèvement de la fiscalité sur les très hauts revenus, Jean Arthuis, s’est abstenu. Le président centriste de la commission des Finances, s’est, comme en première lecture abstenu “car la réforme de l’ISF n’est pas conforme à (ses) souhaits“.

L’entrée en vigueur de la réforme

Après son adoption par le Parlement, le président de la République dispose alors de quinze jours pour la promulguer, ce délai étant suspendu en cas de saisine du Conseil constitutionnel.  Lorsqu’il est saisi (ce qui intervient en général),  le Conseil Constitutionnel dispose d’un délai d’un mois, ou de 8 jours en cas d’urgence, pour se prononcer sur les textes de loi ordinaires.

Réforme fiscale : adoption du texte en Commission mixte paritaire

Mardi 5 juillet 2011

Après l’adoption par l’Assemblée Nationale et le Sénat du collectif budgétaire, c’est le 29 juin que la réforme fiscale consacrant la suppression du bouclier fiscal et l’allègement de l’impôt sur la fortune a été adoptée en commission mixte paritaire (CMP), avant un vote définitif qui doit intervenir mi-juillet.

Principales modifications apportées par les sénateurs

Le Sénat a adopté la suppression du bouclier fiscal, la réforme de l’ISF avec un barème à deux tranches et deux taux et une hausse de la fiscalité appliquée aux donations et successions. Les sénateurs ont toutefois apporté les modifications suivantes au texte voté par les députés en :

  • votant un amendement, contre l’avis du gouvernement, qui alourdit la taxation des contrats d’assurance-vie de 20% à 25% pour les contrats supérieurs à 902 383 euros après abattement.
  • supprimant la taxe sur les résidences en France des non-résidents.
  • votant une augmentation supplémentaire du droit de partage de 2,2% à 2.5%. Ce droit de partage (au taux actuellement en vigueur de 1.1%) taxe les sorties d’indivision, notamment lors des divorces.

L’examen du texte en Commission Mixte Paritaire (CMP)

Avant son adoption définitive par le Parlement, qui doit intervenir mi-juillet, le texte a donc fait l’objet d’un examen par la commission mixte paritaire (CMP) pour un vote final prévu autour du 15 juillet. La Commission était composée de 7 députés (Michel Bouvard, Jérôme Cahuzac, Gilles Carrez, Jérôme Chartier, Michel Diefenbacher, Christian Eckert, Pierre-Alain Muet) et de 7 sénateurs (Jean Arthuis, Nicole Bricq, André Ferrand, Thierry Foucaud, Charles Guené, François Marc, Philippe Marini).

Les 14 parlementaires devaient discuter des points de désaccord qui subsistaient entre les deux assemblées et soumettre un texte de compromis.

La hausse de la taxation de l’assurance-vie adoptée en CMP

Mesure phare adoptée par les sénateurs, la hausse de la taxation de l’assurance-vie, provient d’un amendement défendu par Jean Arthuis et Philippe Marini adopté contre l’avis du gouvernement. La CMP a entériné cette hausse de la fiscalité de l’assurance-vie.

La décision, annoncée par le gouvernement, de supprimer la taxation sur les résidences des non-résidents  a été entérinée par les parlementaires. Ils ont également  décidé un report de l’entrée en vigueur de la hausse du droit de partage.

Le texte de la CMP doit être définitivement adopté par le Parlement d’ici au 15 juillet.

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Réforme de l’ISF : le projet adopté par l’Assemblée Nationale

Mercredi 15 juin 2011

Hier, mardi 14 juin, l’Assemblée Nationale a adopté, en première lecture, le collectif budgétaire qui prévoit la suppression du bouclier fiscal mais également l’allégement de l’impôt de solidarité sur la fortune. Rappelons au préalable que ces dispositions ne sont pas définitives puisque le projet de loi doit désormais être discuté au Sénat, ce à partir du 21 juin.

La fin du bouclier fiscal

L’Assemblée Nationale a voté à l’unanimité la fin du bouclier fiscal : les impôts ne seront donc plus plafonnés à 50% des revenus du contribuable. Mais contrairement à la volonté de l’opposition, la suppression du bouclier sera effective à compter des impôts directs payés en 2011 et 2012, au titre de revenus réalisés en 2011 et non dès cette année.

Le président socialiste de la commission des Finances de l’Assemblée, Jérôme Cahuzac chiffre le coût de cette mesure de transition à  550 millions d’euros en 2012 et 200 millions d’euros en 2013.

L’ISF 2012

Les députés ont adopté les deux dispositions principales du projet de loi,  relatives à l’ISF : le seuil d’imposition fixé désormais à 1,3 million d’euros et les taux de taxation de 0,25 % et de 0,50 % applicables dès le 1er euro. Le barème actuel dont le seuil d’entrée est de 800 000 euros et qui se compose de 6 tranches va donc être remplacé par un barème simplifié et la disposition va permettre de sortir quelque 300.000 contribuables du champ de l’ISF.

Au-dessus de ce nouveau seuil de 1,3 million d’euros,  deux taux d’imposition applicables dès le 1er euro :

  • 0,25% pour les patrimoines nets taxables compris entre 1,3 million et 3 millions d’euros
  • 0,50% pour les patrimoines nets taxables supérieurs à 3 millions.

Les mesures de lissage telles que prévues dans le projet de loi afin d’éviter les effets de seuil ont été votées et sont prévues pour les patrimoines compris entre 1,3 millions et 1.4 millions d’euros, et, entre 3 millions et 3,2 millions d’euros.

L’ISF 2011

Si ce nouveau dispositif, précisé ci-dessus, s’applique à l’ISF dû à compter de l’année 2012, la réforme va permettre cependant dès 2011 aux contribuables dont le patrimoine net taxable est inférieur à 1,3 million d’euros, de ne plus payer cet impôt. Les contribuables dont le patrimoine est supérieur à 1 300 000 euros seront imposés en 2011 selon le barème actuellement en vigueur et devront attendre 2012 pour être impactés par la réforme.

La déclaration devra être souscrite au 30 septembre 2011.

La réduction d’impôt par personne à charge

Les députés ont adopté un amendement favorisant les redevables ayant des enfants. La réduction d’impôt par personne à charge (enfant mineur ou personne invalide vivant sous le toit du contribuable) était fixée depuis 1988 à 150 euros. Les  députés l’ont porté à 300 euros et ont également souhaité élargir son champ aux enfants majeurs poursuivant leurs études et aux autres personnes prises en charge par le contribuable.

Cette disposition n’entrera elle aussi en vigueur que pour l’ISF réformé et à acquitter en 2012.

Ce texte adopté par les députés sera examiné en séance publique par les sénateurs le 21 juin prochain, le gouvernement souhaitant une adoption définitive avant mi-juillet.

Pour prolonger : lire par exemple le blog ISF ; et les actualités “impôts et fiscalité” de BforBank.

Les « retouches » en Commission des finances de la réforme de l’ISF

Mardi 7 juin 2011

Outre l’intégration des œuvres d’art dans l’assiette de l’ISF, qui vient de faire grand bruit avec l’amendement du député Marc le Fur (voir notre note sur le sujet), les députés de la Commission des finances ont adopté certains amendements à la réforme de la fiscalité du patrimoine. Si le rôle de la Commission n’est que consultatif, c’est depuis lundi 6 juin, au tour des parlementaires, de donner leur avis sur la réforme et ses amendements, dont voici listés les principaux :

Une réduction d’ISF pour enfant à charge de 300 euros au lieu de 150 euros.

Le député UMP Hervé Mariton, défend les avantages fiscaux liés à la famille et souhaite augmenter les réductions d’ISF accordées pour enfants à charge. Depuis 1988, le contribuable réduit le montant de son ISF de 150 euros par enfant à charge, âgé de moins de 18 ans. Hervé Mariton, souhaiterait doubler cet avantage, en le portant à 300 euros, l’étendre au conjoint et aux enfants de moins de 25 ans au lieu de 18. Selon Les Echos, le Gouvernement ne serait pas hostile à la 1ère mesure relative aux enfants, mais plus réticent face à celles relatives au conjoint et au relèvement de l’âge limite de 18 à 25 ans, leur coût prévisible étant très supérieur.

Assurance-vie

L’assurance vie n’a finalement pas été mise à contribution par la réforme mais la commission a adopté un amendement à l’initiative du rapporteur général UMP Gilles Carrez, selon lequel le taux de taxation des sommes (au-delà de l’abattement de 152 500 euros) figurant sur les contrats d’assurance-vie en cas de décès passerait de 20 à 25%. Un autre amendement, qui sera déposé en séance, proposerait de limiter cette hausse aux patrimoines de plus de 900 000 euros.

Bouclier autoliquidé dès 2011

Le projet de loi du Gouvernement prévoit la suppression du bouclier fiscal à compter des impôts directs payés en 2011 et 2012 au titre des revenus réalisés en 2011. Certains députés voudraient supprimer plus rapidement le bouclier fiscal : Gilles Carrez (UMP) et Charles de Courson (Nouveau centre) voudraient ainsi généraliser l’auto-liquidation du bouclier fiscal dès le bouclier 2011, alors que le texte initial de la réforme instaurait cette obligation pour 2012.

Un assouplissement du nouveau régime des donations

Gilles Carrez, estimant préjudiciable l’allongement de quatre ans de la durée du rappel fiscal (dans la réforme, le rappel porte  sur les donations effectuées dans les 10 ans au lieu de 6 ans auparavant), propose que pour les donations effectuées avant l’entrée en vigueur du nouveau délai, un abattement partiel, de 20% chaque année, soit appliqué entre la sixième et la dixième année. La réforme aurait en effet eu pour conséquence de réintégrer à l’actif des successions les donations faites entre 2001 et 2005 et des abattements sur la valeur des donations effectuées entre six et dix ans auraient comme effet de lisser les effets de cet allongement.

Par ailleurs alors que le projet de loi présenté en Conseil des ministres le 11 mai prévoyait également une suppression généralisée pour les donations, des réductions fiscales liées à l’âge. “Le Figaro” précise que « dans le cas où un donateur de moins de 70 ans transmet des titres de son entreprise en pleine propriété avec un engagement collectif de conservation, la commission a accordé une réduction des droits de donation de 50 %.

Il ne reste qu’a suivre les débats au Parlement qui viennent de commencer, dans un premier temps, à l’Assemblée Nationale…

Copyrights : L’Assemblée Nationale par Ell Brown sur Flickr

Bouclier fiscal : il va encore coûter à l’Etat

Mercredi 4 mai 2011

40.900 euros. C’est en effet le montant moyen issu d’une “estimation du fisc qui ravive la polémique autour d’un dispositif moribond, symbole du quinquennat de Nicolas Sarkozy devenu un symbole d’injustice“, indique sèchement une dépêche de l’AFP datée du 3 mai. Ce montant sera versé à chacun de 14.400 contribuables Français concernés par ce dispositif fiscal.

Le bouclier fiscal vit cependant ses dernières heures rappelle l’AFP. Car : “Le 11 mai, le Conseil des ministres devrait consacrer son abolition tout en allégeant nettement son corollaire, l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) (…)“.

Reste les chiffres globaux, assez éloquents : “En 2010, le bouclier aura coûté 591 millions d’euros aux caisses de l’Etat et bénéficié à 14.443 contribuables selon cette “situation provisoire” établie par Bercy en date de février 2011″. Pour rappel, l’an dernier  “le bilan provisoire du bouclier 2009 faisait état d’un coût similaire (586 millions d’euros pour 16.350 contribuables)“. Mais au final le dispositif eût un coût total de 678 millions d’euros pour quelque 19.000 bénéficiaires…

Pour prolonger :