Archive pour juillet 2012

Vers un changement de la fiscalité du tabac

Lundi 30 juillet 2012

La discussion au Parlement de la Loi de Finances rectificative a été l’occasion pour certains parlementaires de remettre en cause la fiscalité actuelle du tabac. En réponse à ces attentes, le Gouvernement a annoncé espérer présenter à l’automne une réforme qui serait incluse dans le budget pour 2013 avec sans nul doute au centre des débats, une taxation des fabricants de tabac.

La hausse habituelle de septembre

Comme désormais chaque année depuis 2009, une hausse de 6% va être appliquée en septembre sur le prix du tabac. Si la hausse de la TVA voulue par Nicolas Sarkozy avait été maintenue par l’actuel gouvernement cela aurait été par ailleurs une hausse de 7.6% qui aurait été appliquée.

La fiscalité du tabac évoquée lors des débats parlementaires

Lors des récents débats au Sénat sur la loi de Finance rectificative, deux amendements touchant à la fiscalité des fabricants de tabac, du groupe RDSE (Rassemblement démocratique et social européen) ont été discutés. Si ils n’ont pas été adoptés, cela a été l’occasion pour Jérôme Cahuzac d’évoquer le sujet, promettant une mise à plat de cette fiscalité, au plus tôt lors du Budget 2013.

La fiscalité actuelle du tabac mise en cause par Jérôme Cahuzac

Pour les cigarettes, le droit de consommation se décompose :

-        d’une part fixe de 27,58 euros pour 1.000 cigarettes soit 0.55 euros par paquet de 20 cigarettes,

-        et  d’une part proportionnelle au prix de vente au détail (54,57 %).

Il faut retenir qu’une partie des « droits » de consommation qui touche le paquet de cigarettes est, pour une part très majoritaire, proportionnelle au prix de vente, l’autre part étant forfaitaire. Un tel état de fait amenait le Ministre du Budget à répondre aux auteurs des amendements: « toute hausse du prix du tabac favorise les produits de moindre qualité et les moins chers, dont on dit qu’ils sont les plus nocifs. Il faut adapter notre fiscalité pour aboutir à des hausses uniformes sur tous les produits de tabac, quel que soit leur prix initial ».

Invité ce jour 30 juillet sur France Inter, le ministre du Budget, a confirmé ses intentions de vouloir réformer la structure de la fiscalité du tabac répétant que le dispositif actuel favorisait, en cas de hausses de prix, les produits de moindre qualité et les moins chers. Jérôme Cahuzac souhaiterait donc accroître la partie non proportionnelle des prix.

Un déséquilibre qui s’accentue en cas de hausse des prix

Quand il y a une augmentation proportionnelle, la part fixe n’étant pas touchée, les Echos précise que « cela réduit l’avantage fiscal relatif accordé aux produits les plus chers », le quotidien ajoutant: « voilà pourquoi Jérôme Cahuzac estime que les produits les moins chers sont favorisés ». « Il faut inverser la part entre la part proportionnelle et la part fixe. Ainsi, toute augmentation sera uniforme, quel que soit le prix initial du produit » selon le ministre du Budget.

Taxer les fabricants : un casse tête

Le Ministre du Budget espère présenter une réforme de la fiscalité actuelle dans la loi de Finances pour 2013. Mais du côté des parlementaires, certains  souhaiteraient surtout s’orienter vers une taxation des fabricants de tabac. Le député PS de Paris et spécialiste des questions de santé au sein du PS, Jean-Marie Le Guen justifie ainsi une telle taxation : « Il s’agit de mettre un terme aux superprofits dont bénéficient actuellement les cigarettiers en sacrifiant la santé et les finances publiques des Français. Ce dernier assure: “elle n’aura aucun effet sur le prix du paquet de cigarettes ou sur le pouvoir d’achat des Français”.

Les Echos résument bien la difficulté de taxer les entreprises du secteur :

-«  Il n’est pas possible de taxer les bénéfices des industriels car ceux-ci sont consolidés au niveau européen ou mondial, et non français » d’où la préconisation des parlementaires d’une taxation de leur chiffre d’affaires mais:

- “certains fabricants pourraient alors facilement délocaliser leur chiffre d’affaires” précise alors le quotidien.

Jérome Cahuzac espère pouvoir présenter au Parlement à la rentrée cette réforme sur les droits appliqués au secteur du tabac. Nul doute que Bercy, toujours à l’affût de trouver de nouvelles recette, trouvera une solution.

Qui sera touché par la taxe sur les transactions financières (TTF):

Jeudi 26 juillet 2012

accord-modalites-taxe-hauts-revenus Parmi les dernières mesures adoptées en début d’année sous la présidence Sarkozy, il en est une que l’actuelle majorité a souhaité conserver: la taxe sur les transactions financières. Non seulement ce dispositif est confirmé mais il a également été renforcé par l’Assemblée Nationale, nouvellement élue. A compter du 1er août, ceux qui procéderont à des achats de titres figurant sur une liste de 109 entreprises -dont le siège social est situé en France et dont la capitalisation boursière dépasse un milliard d’euros- devront s’acquitter d’une taxe de 0.2%.

Votée initialement à un taux de 0.1%, les députés de la nouvelle majorité viennent en effet de voter son doublement.

Une taxe qui épargne les petites et moyennes valeurs et les produits dérivés

Cette taxe s’appliquera à compter du 1er août 2012 :

- à toute acquisition à titre onéreux,

- donnant lieu à un transfert de propriété (c’est à dire qu’il en résulte une inscription des actions au compte-titres de l’acquéreur),

- de titres de capital ou de titres assimilés,

- admis sur un marché réglementé français, européen ou étranger,

- qui sont émis par une société française dont le siège est situé en France et dont la capitalisation boursière dépasse un milliard d’euros au 1er janvier de l’année d’imposition.

En effet en raison de son champ d’application visant les grosses capitalisations, petites et moyennes valeurs sont épargnées. La liste de ces 109 sociétés a fait l’objet d’un arrêté publié au J.O. du 14 juillet. Les acquisitions de parts d’OPCVM, d’ETF (trackers), ou de warrants ne sont pas concernés.

Les opérations au SRD épargnées

Le fait générateur de la taxe  est donc « le transfert de propriété »et les opérations au SRD (Service de Règlement Différé) seront donc en grande partie épargnées. Sont en effet exclus du champ d’application de la taxe, les achats au SRD, ces derniers n’entrainant pas de transfert de propriété sauf dans le cas d’une « levée de titres» (cas où l’acheteur devient propriétaire).

Ainsi les achats au SRD seront épargnés pour peu qu’ils ne donnent pas lieu à ce « transfert de propriété » c’est-à-dire si la position est soldée ou si la position de fin de mois boursier (non soldée) est “reportée” dans sa totalité par l’investisseur.

Par contre pour les opérations au comptant c’est bien le solde quotidien de fin de journée par valeur éligible à la taxe (ou position nette acheteuse) qui sera pris en compte afin de voir si la taxe est prélevée. Un ou plusieurs aller-retours sur le même titre se soldant par une absence de position en fin de journée n’entrainera pas d’application de la taxe.

La taxe est calculée sur la valeur d’acquisition du titre, au taux de 0,2 %, et selon le principe du prix moyen pondéré en cas d’acquisitions multiples dans la même journée.

Le bon père de famille pas ciblé mais touché !!

Le PLFR 2012 en cours de vote, rappelle l’objectif poursuivi par l’instauration de cette taxe:« décourager les mouvements spéculatifs de très court terme et renforcer la participation du secteur financier, dans la crise financière que nous traversons, à l’effort de redressement des finances publiques ». Le but sera t-il atteint?

A titre d’exemple, celui communément appelé « bon père de famille » qui se porte acquéreur de titres Air Liquide (qui fait partie des 109 valeurs concernées) afin de les conserver se verra prélever la taxe de 0.2%. Comment lui expliquer et lui justifier cette taxation alors que celui qui va spéculer et procéder à de nombreux allers et retours via le SRD (en cas de report de position), ou via des warrants ou encore des CFD en sera exonéré !

Au vu du champ d’application de la taxe, le profil le plus touché devrait donc être celui des investisseurs qui, privilégiant les grosses capitalisations, opèrent de nombreux allers et retours au comptant en raison d’un horizon de placement court. Peut-être, un peu troublé par ce champ d’application,  verra t-il alors un intérêt à se tourner vers certains trackers ou à opérer le SRD si il en maîtrise les risques.

 

 

Les sages se pencheront sur la contribution exceptionnelle sur la fortune

Mercredi 25 juillet 2012

La menace avait été brandie à plusieurs reprises par l’opposition UMP lors des premiers débats parlementaires.  Gilles Carrez président de la commission des finances de l’Assemblée a bien confirmé que l’opposition allait saisir le Conseil constitutionnel au sujet de la contribution exceptionnelle sur la fortune votée jeudi par l’Assemblée nationale. Bien entendu, la saisine interviendra après le vote définitif.

Une contribution dans l’attente d’une réforme pérenne

En attendant une réforme de l’ISF plus globale qui interviendra lors de la présentation à l’automne puis du vote du Budget 2013, les députés ont voté l’instauration d’une contribution exceptionnelle sur la fortune. Ne pouvant revenir dès 2012,- en raison d’obstacles juridiques- à l’ancien barème ISF 2011 composé de 6 tranches, le Gouvernement a eu recours à cette contribution dont le calcul est basé sur cet ancien barème progressif. Les assujettis à l’ISF la règleront après imputation de l’ISF dû au titre de 2012.

Aucun plafonnement: une première depuis 1988

Mais par rapport à l’ISF 2011, la différence est de taille : en 2012 c’est en effet depuis 1988 la première fois que les contribuables ne pourront activer aucun dispositif du type plafonnement ou bouclier fiscal.

Le président de la Commission de Finances Gilles Carrez a voulu prévenir: «  cette mesure exceptionnelle, pour laquelle il n’est prévu aucun mécanisme de plafonnement en lien avec l’impôt sur le revenu, présente des risques juridiques de nature constitutionnelle eu égard au caractère confiscatoire de l’impôt ».

Les arguments mis en avant par l’opposition

La menace de la saisine du Conseil constitutionnel a donc déjà été brandie à plusieurs reprises lors de débats à l’Assemblée Nationale. Gilles Carrez l’a bien confirmé: l’opposition va donc saisir le Conseil constitutionnel.

Le Président (UMP) de la Commission des Finances trouve un de ses arguments dans les propos du Rapporteur de la Commission Christian Eckert (PS) quand il prévient que la contribution  “vient en préfiguration de ce que sera l’ISF à l’avenir”.

« Votre raisonnement implicite, monsieur le rapporteur général, est que, la contribution étant exceptionnelle, applicable une seule année, on peut admettre qu’elle ait un caractère confiscatoire. Mais il me semble que le Conseil constitutionnel ne pourra pas vous suivre. Il se projettera en effet sur l’année 2013 et il estimera que, puisque la contribution exceptionnelle préfigure – comme vous le dites dans votre rapport – le régime de croisière de l’ISF, qui sera doté d’un nouveau barème compris entre 0,55 % et 1,8 % et complété par un mécanise de plafonnement, il n’y a aucune raison de ne pas instituer ce plafonnement dès 2012 » lui répondit Gilles Carrez.

Ainsi le deuxième argument est constitué par le fait que ne soit prévu aucun mécanisme de plafonnement en lien avec l’impôt sur le revenu, “présente des risques juridiques de nature constitutionnelle eu égard au caractère confiscatoire de l’impôt”.

Pour ces deux raisons, le Conseil constitutionnel pourrait bien nous donner raison, précise Gilles Carrez

D’autres mesures concernées par des saisines

Les deux présidents (UMP) des commissions des Finances Gilles Carrez et Philippe Marini -respectivement de l’Assemblée Nationale et du Sénat- ont annoncé prévoir recourir à d’autres saisines du Conseil Constitutionnel pour :

-la  contribution exceptionnelle de 4% sur la valeur des stocks de produits pétroliers,

-la suppression au 1er septembre 2012 de l’exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires et la suppression à compter du 1er août de l’exonération fiscale des heures supplémentaires.

 

Le Conseil  Constitutionnel devrait donc être saisi par 60 députés ou 60 sénateurs, pour contrôler la constitutionnalité de ces lois tout début août entre le moment de leur adoption prévue pour fin juillet et celui de leur promulgation.

 

Successions, donations: les sénateurs veulent aller plus loin

Mardi 24 juillet 2012

Préalable à l’ouverture des débats entre les sénateurs ce jour, la Commission des Finances du Sénat a adopté lundi le collectif budgétaire 2012. Parmi les quelques modifications apportées, figure un amendement prévoyant un durcissement de la mesure relative aux successions et donations adoptée en première lecture la semaine dernière par les députés.

La mesure votée par les députés concerne les mutations en ligne directe

Petit rappel : les députés ont voté en première lecture la réduction de 159.325 euros à 100.000 euros de l’abattement sur les donations ou successions en ligne directe. S’y ajoute un allongement de 10 à 15 ans du délai entre deux donations défiscalisées à hauteur de l’abattement. La réforme concerne donc uniquement les mutations à titre gratuit en ligne directe: de parents à enfants.

Un amendement des sénateurs pour les mutations à titre gratuit hors ligne directe

Les sénateurs ont donc adopté lors de l’examen de la loi de finances rectificative en Commission des Finances un amendement qui prévoit une réduction de l’abattement des mutations :
- entre frères et sœurs, qui passerait de 15.932 euros à 10.000 euros
- en faveur des neveux et nièces, qui passerait de 7967 euros à 5.000 euros.
Le sénateur à l’origine de cet amendement François Marc (PS), rapporteur du Budget au Sénat,  indique dans son exposé que « par cohérence avec le dispositif proposé  à l’article 4, cet amendement vise à réduire le montant des abattements applicables pour le calcul des droits de mutation à titre gratuit hors ligne directe dans les mêmes proportions que ce qui est proposé pour les abattements en ligne directe. » Le rendement de cette mesure est estimé à 230 millions d’euros.

D’autres modifications « à la marge »

En effet, les modifications apportées au texte voté par les députés sont réduites  « surtout après le couac qui s’est produit au sein de la majorité à l’Assemblée, quant à la date d’entrée en vigueur de la fiscalisation des heures supplémentaires » explique les Echos. La commission a toutefois adopté divers amendements dont l’un relatif à la taxation sur les risques systémiques pour l’étendre des établissements de crédit à l’ensemble des établissements financiers.

Le devenir de cet amendement sera suivi de près lors des prochains votes des deux assemblées pour un vote définitif fin juillet.

La contribution exceptionnelle sur la fortune votée par les députés

Vendredi 20 juillet 2012

Dans le Collectif Budgétaire, parmi les différentes augmentations d’impôts prévues pour un montant de 7.2 milliards d’euros, la contribution exceptionnelle sur la fortune a la part belle avec un rapport estimé de 2,3 milliards.

En attendant une réforme plus globale de l’ISF dans le budget 2013, les députés ont adopté l’article 3 du projet de Loi de finances rectificative, instaurant pour 2012 une contribution exceptionnelle sur la fortune. Comme Les Echos qui évoquent  une « note très lourde » pour les hauts patrimoines, beaucoup pointent un durcissement  du dispositif. En effet, le retour à l’ancien barème n’est accompagné d’aucun dispositif de plafonnement pour 2012 avec comme conséquence une note très alourdie par rapport à l’an dernier, pour ceux qui bénéficiaient de ces dispositifs.

La contribution exceptionnelle

Afin de contourner l’obstacle juridique qui empêchait de revenir dès cette année à l’ancien barème de l’ISF, c’est au moyen d’une « contribution exceptionnelle sur la fortune » que le Gouvernement va re-taxer les assujettis à l’ISF.

Payable au plus tard au 15 novembre, elle sera calculée en appliquant l’ancien barème de l’ISF composé de 6 tranches de 0,55% à 1,8%. L’ISF dû au titre de l’année 2012 (et déjà réglé le 15 juin par les patrimoines supérieurs à 3 millions d’euros) sera imputable sur le montant de la contribution exceptionnelle. En clair, la contribution à régler est calculée sur la base du différentiel entre le barème actuel de l’ISF (deux taux) et le barème 2011 (6 tranches).

Pourquoi parle-t-on d’un durcissement de l’ISF en 2012

Si l’instauration de cette contribution revient donc à faire payer l’équivalent de l’ancien barème, il y a une différence de taille. En effet il ne s’agit pas d’un retour pur et simple à l’ancien barème à 6 tranches puisqu’il n’existe plus aucun mécanisme de plafonnement : plafonnement de l’ISF ou bouclier fiscal. Une première depuis 1988  marquée par l’ instauration du plafonnement Rocard.

Les contribuables qui activaient ces mécanismes vont donc voir la note s’alourdir bien au-delà de ce qu’elle aurait été avant la réforme de 2011 voulue par Nicolas Sarkozy. En effet si la note est bien évidemment très supérieure à ce que certains pensaient payer en début d’année grâce au barème à deux tranches voté l’an dernier et applicable cette année, pour certains la note sera donc même très supérieure au montant réglé en 2011. D’où ce durcissement évoqué.

Le président de la Commission de finances Gilles Carrez a voulu rappeler : «  Cette mesure exceptionnelle, pour laquelle il n’est prévu aucun mécanisme de plafonnement en lien avec l’impôt sur le revenu, présente des risques juridiques de nature constitutionnelle eu égard au caractère confiscatoire de l’impôt ».

Un rendement historique

Selon le texte du PLFR, c’est un rendement historique que sera celui de l’ISF total en 2012 (ISF et contribution exceptionnelle ajoutée). L’ISF 2012 en tant que tel  rapporterait selon le gouvernement  3,3 milliards d’euros. S’y ajoutent les 2,3 milliards provenant de la contribution exceptionnelle sur la fortune soit un total de 5,6 milliards d’euros cette année. Un record comparé aux 4,4 milliards d’euros en 2011 et 4,5 milliards en 2010.

Un paiement le 15 novembre

Un petit rappel pratique cependant : les contribuables concernés se retrouvent dans l’un de ces deux cas de figure :

  1. ceux dont le patrimoine est inférieur à 3 millions d’euros paieront cette nouvelle taxe en même temps que le montant de l’ISF au 15 novembre.
  2. ceux dont le patrimoine est supérieur à 3 millions d’euros (qui ont eux déjà réglé leur ISF en juin) devront obligatoirement remplir une déclaration spéciale qui devra être déposée également avant le 15 novembre prochain, avec leur paiement complémentaire.

La taxation à 75%, Ibrahimovic et le fût du canon…

Jeudi 19 juillet 2012

Comment la « future » taxation à 75% au-delà de un million de revenus est-elle… revenue sur le devant de la scène ? Outre les débats parlementaires en cours, par un canal assez original. Cela s’est en effet produit avec l’annonce que la nouvelle recrue du Club de football Paris Saint-Germain, Zlatan Ibrahimovic (photo ci-contre), devrait toucher un montant annuel de 14 millions d’euros  “nets “, précision reprise par les médias.

Si en général les  joueurs négocient leurs salaires en net, les clubs et les managers s’occupent des questions fiscales. Il semble bien que dans ce cas précis, le projet d’instauration d’une taxation à 75% ait eu un rôle important dans la négociation. Les chiffres donnés par le site de l’Expansion donnent le tournis : compte tenu de cette taxe à 75%, le PSG verserait 41,25 millions par an à l’Etat pour le nouveau joueur,  sans compter les charges, précise le site.

La promesse du candidat PS aux footballeurs écornée ?

Pendant sa campagne électorale, devant l’émoi suscité dans le milieu du football par l’annonce d’une nouvelle tranche d’impôt à 75%,  François Hollande avait déclaré que les footballeurs en seraient en partie épargnés grâce au mécanisme de “lissage” qui permet d’étaler les revenus sur plusieurs années.

Devant les montants révélés par la presse des revenus négociés pour le footballeur, certains membres du gouvernement ont infléchi les déclarations de François Hollande : “il n’y a pas de raison que les sportifs échappent à la nouvelle tranche d’impôt de 75%”, a affirmé Najat Vallaud-Belkacem ajoutant « le salaire de Zlatan Ibrahimovic sera frappé par cette mesure censée être votée à l’automne », car “ll n’y a pas de raison que les sportifs échappent à la nouvelle tranche d’impôt de 75%”.

Comment la tranche à 75% est entrée dans la négociation

En raison de l’instabilité fiscale et en prévision de l’instauration d’une tranche à 75%, le journaliste Gilles Verdez confirme : “Aujourd’hui, plus aucun joueur étranger de haut niveau ne vient en France sans s’assurer de son salaire net d’impôt” , confirmant que le joueur désirerait “une rémunération garantie fixe, quelle que soit la loi française, en net d’impôt sur tout son contrat (…) Paris -PSG ndlr-travaille donc à une simulation totale sur trois ans de ce que changerait cette taxation. (…).

Selon le magazine L’Expansion “les dirigeants parisiens auraient donc négocié deux contrats : l’un, dans les conditions fiscales actuelles, l’autre, en cas de changement, et qui garantit une rémunération nette d’impôt inchangée”. “Les agents et les joueurs se prémunissent d’éventuelles variations de régimes fiscaux”, confirme le journaliste cité par le site.

Salaire garanti

Le  salaire net d’impôt de 14 millions d’euros serait donc garanti au footballeur même en cas de surtaxe de 75%. Ainsi pour arriver à ce montant net, l’Expansion a calculé que si l’on tient compte de l’impôt sur le revenu, des charges sociales salariales et patronales, cela porte le total brut à près de 70 millions d’euros par an pour le club du PSG.

“Ces chiffres ne sont pas impressionnants, ils sont indécents”, a déclaré le ministre du budget Jérôme Cahuzac interrogé sur la taxation à 75%, ce matin à Europe 1.

« Le fût du canon »

Lors de cet interview,  Jérôme Cahuzac a apporté des précisions sur l’éventualité du caractère temporaire de cette taxation, évoquée ces derniers temps. Elle durera “le temps du désendettement”, a t’il répondu, précisant au journaliste qui évoquait une durée de ” un, deux ou trois ans” :  “le temps du désendettement, je le crains, risque de prendre un peu plus que cela”…

Et se référant à l’humoriste Fernand Raynaud : “ce temps du désendettement, c’est la fameuse blague : combien de temps met le fût du canon pour refroidir ? Un certain temps” a ajouté Jérôme Cahuzac. Nous sommes prévenus ! Le ministre avait déclaré début juillet sur RTL que le périmètre de cette imposition à 75% faisait l’objet d’une “vraie réflexion”.

 

Réforme fiscale : autres mesures et calendrier (audio, p 2)

Mercredi 18 juillet 2012

Voici la suite de notre interview audio experte, menée avec Caroline de Francqueville, des équipes BforBank. Après la revue des points clés sur les réformes entreprises par le gouvernement Ayrault, elle nous dresse un point sur les autres mesures visant les particuliers et enfin le planning de leur discussion devant le Parlement.

Taxe sur les transactions financières, taxe sur les dividendes versés par les entreprises, éventuelles modifications des textes à la marge et dates à fixer à son agenda… notre experte aborde tous les points essentiels sans langue de bois, avec pédagogie et précision.

Ecouter l’interview en audio :

Pour prolonger : vous pouvez lire aussi les articles d’actualité du site BforBank.com, portant sur les impôts et la fiscalité. Ainsi que revoir les vidéos de notre web TV sur les questions fiscales.

[interview et montage L.D]

Réforme fiscale pour l’épargne: les points clés (audio, p 1)

Mardi 17 juillet 2012

Nous revenons avec notre experte patrimoniale sur les points clés de la réforme fiscale en cours de passage final cet été devant le Parlement et les élus. Il s’agit des réformes entreprises sous le gouvernement Ayrault et appliquant le programme économique du président François Hollande.

Dans cette première partie de notre entretien audio, Caroline de Francqueville détaille successivement ce qui concerne l’ISF 2012, puis la réforme de l’ISF 2013, ensuite les questions de donations/successions et enfin la thématique des exilés fiscaux.

Ecouter l’interview en audio :

Pour prolonger : vous pouvez lire aussi les articles d’actualités du site BforBank.com, portant sur les impôts et la fiscalité. Ainsi que revoir les vidéos de notre web TV sur les questions fiscales.

NB : à un moment, il est fait référence au nombre de tranches d’imposition; celui-ci est bien de 6.

La taxation de 3% sur les dividendes recentrée

Lundi 16 juillet 2012

Top départ. L’examen par les députés, en séance publique,  du «collectif budgétaire» commence en effet ce lundi 16 juillet. A partir du 24 juillet viendra le tour des sénateurs pour une adoption définitive le mardi 31 juillet, dernier jour de la session extraordinaire qui se sera ainsi tenue.

Parmi les amendements votés par la commission des Finances  figure celui présenté par le rapporteur général du Budget, Christian Eckert, relatif à la taxe de 3% sur les dividendes.

Une demande du MEDEF

A l’annonce de cette taxation de 3% mise à la charge des entreprises sur les dividendes distribués, la réaction de la présidente du Medef  Laurence Parisot (photo ci-contre), ne s’était pas faite attendre : « Puisque le gouvernement veut favoriser l’investissement dans les entreprises, pourquoi ne pas au moins proposer que les dividendes  versés, non pas en cash, mais en actions, soient exonérés de cette taxation à 3%  ?», avait elle alors commenté.

Champ d’application réduit

La demande de L. Parisot a été écoutée par nos députés : l’amendement adopté en Commission va en effet dans le sens souhaité par la présidente du MEDEF.  Cette taxe ne devrait toucher que les distributions en espèces, cet amendement excluant du champ d’application de la contribution les dividendes payés en actions.

Le rapporteur général (PS), Christian Eckert, à l’origine de l’amendement a mis en avant le fait que les distributions d’actions renforcent les fonds propres des entreprises. Les motifs exposés sont logiques « lorsque l’Assemblée générale choisit ce mode de distribution, il n’y a pas de désinvestissement de l’entreprise au profit de ses actionnaires mais renforcement des fonds propres. Il s’agit donc d’une stratégie à soutenir au regard de l’objet de la contribution ».

A noter : l’amendement va être examiné en séance publique la semaine prochaine et pour Les Echos “ il ne fait guère de doute qu’il sera retenu”.

En complément :

Des prélèvements sociaux pour le Livret A ?

Vendredi 13 juillet 2012

Pour favoriser le développement du logement social, François Hollande a promis un doublement du plafond du Livret A,  à 30 600 euros contre 15 300 actuellement. Ce nouveau plafond apparaît désormais comme un objectif, et la réforme devrait se faire progressivement.

Dans son rapport intitulé « L’État et le financement de l’économie» publié ce 12/07 la Cour des Comptes incite le Gouvernement à prendre des mesures en faveur de l’épargne de long terme. La promesse électorale de Francois Hollande en faveur du Livret A va bien sûr à l’encontre de cette préconisation.

Le coût d’une telle mesure

En période d’incertitude économique et de crise financière, l’aversion au risque a poussé les épargnants à privilégier  les placements à court terme de type livrets au détriment de l’épargne longue. Les banques et les assureurs ont alerté le Gouvernement sur les risques induits par un transfert brutal d’épargne en cas de doublement du plafond du Livret A. Un tel transfert affecterait la capacité des banques à accorder des crédits. De même les assureurs se sont montrés très sensibilisés par le mouvement récent de décollecte que pourrait accentuer l’augmentation du plafond du Livret A. Les nouveaux flux d’épargne pourraient se porter en effet en priorité sur le Livret A.

Enfin ce transfert potentiel se ferait de produits fiscalisés sur un produit-le Livret A- qui ne l’est pas. Une telle mesure aurait donc un coût non négligeable pour les finances publiques.

Une mesure favorable aux épargnants les plus aisés

Ensuite certains n’ont pas oublié de mettre en avant le fait que toute augmentation du plafond du livret A profiterait en priorité aux épargnants les plus aisés qui ont atteint le plafond. Si 9 Français sur 10 possèdent un livret A, seulement 9 % d’entre eux ont atteint le plafond de 15 300 euros. En revanche, selon une statistique reprise par le Figaro : ” près de la moitié des ménages (47 %) disposaient de moins de 150 euros sur leur placement”.

Vers un relèvement progressif

Banques et assureurs ont été écoutés. Depuis plusieurs semaines les observateurs ont compris que le relèvement du plafond serait progressif. Il sera mis en place « au rythme des besoins », a indiqué le ministre de l’Economie Pierre Moscovici, avec notamment la préoccupation de ne pas « déstabiliser les acteurs concernés ».

La préconisation de la Cour des comptes va également dans ce sens : s’agissant du doublement du plafond du Livret A, « elle juge qu’il vaudrait mieux accroître le plafond au fur et à mesure des besoins de financement, pour ne pas retirer de la liquidité bancaire » confirme le journal les Echos, citant le rapport : ” Nous conseillons donc de relever progressivement le plafond, au fur à mesure des besoins”.

Des prélèvements sociaux sur le Livret A préconisés

Seuls parmi les placements défiscalisés, le Livret A, le Codevi, le Livret Jeune et le Livret d’Epargne Populaire ne subissent pas les prélèvements sociaux (15,5% à compter du 1er juillet dernier).

La cour des Comptes va beaucoup plus loin dans ses préconisation, reprend Les Echos, les Sages  allant jusqu’à conseiller de soumettre aux prélèvements sociaux « tous les revenus tirés des dépôts pour leur partie supérieure aux plafonds actuels des livrets ». Tout en rappelant qu’une telle mesure “toucherait assez peu d’épargnants” car “seuls 9 % des livrets A atteignent aujourd’hui le plafond”, le quotidien parle de “petite révolution dans le monde des livrets défiscalisés“.