Archive pour février 2012

Inflation… fiscale

Mercredi 29 février 2012

Lundi 27 février, François Hollande, candidat PS à l’élection présidentielle était l’invité de l’émission politique de TF1 : “Parole de candidat”. Ce fut l’occasion pour lui de détailler son projet, affiner et préciser ses 60 engagements en annonçant la création d’une nouvelle tranche d’imposition à 75% pour les très hauts revenus, qui suscite un débat qui ne cesse de s’amplifier.

La proposition 15 du projet socialiste

Nous savions déjà que le candidat socialiste souhaitait la création d’une nouvelle tranche d’impôt à 45%. « Je ferai contribuer les plus fortunés des Français à l’effort national en créant une tranche supplémentaire de 45% pour les revenus supérieurs à 150 000 euros par part » est-il précisé dans la proposition 15 des 60 engagements du candidat socialiste.

Le barème actuel : tranche supérieure marginale d’imposition à 41%

Un petit rappel : actuellement la tranche supérieure du barème d’impôt sur le revenu est de 41%. Une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus a été instaurée par la loi de finances 2012, jusqu’au retour à l’équilibre des finances publiques. Ainsi, ceux qui ont gagné plus de 250 000 euros de revenus (revenu fiscal de référence) en 2011, devront acquitter cette année une contribution exceptionnelle de 3% (sur la fraction des revenus de 250 000 à 500 000 euros pour un célibataire et de 500 000 à 1 000 000 d’euros pour un couple). Le taux de la contribution est de 4% au-delà de ces montants.

Une nouvelle tranche à 75%

Le parti socialiste avait exprimé son souhait de pérenniser cette contribution sur les hauts revenus et les parlementaires  avaient d’ailleurs déposé un amendement en ce sens. François Hollande a préféré  opter pour la création  d’un taux d’imposition “à 75%” pour les revenus “au dessus d’un million d’euros” par an.  “J’ai appris les progressions considérables des rémunérations des patrons du CAC 40, deux millions d’euros par (an) en moyenne. Comment l’accepter?”, a-t-il ajouté, pour justifier cette mesure annoncée lundi soir, sans que Jérôme Cahuzac, chargé du pôle budget, finances et fiscalité au sein de l’équipe de campagne, ne semble être au courant…

Bataille de chiffres

Comme le souligne les Echos, l’évaluation du “nombre de personnes concernées est fluctuant”, au sein même du parti socialiste où les chiffres du nombre de foyers concernés oscillent entre 3000 (Jean-Marc Ayrault) à 30 000 (Pierre Moscovici) en passant par l’évaluation de Michel Sapin, chargé du projet présidentiel socialiste, à 7 000 personnes. Bercy a indiqué de son coté que 3000 foyers étaient concernés.

Les autres orientations fiscales

Parmi les 60 engagements de François Hollande figure également celui de revenir « sur les allégements de l’impôt sur la fortune institués en 2011 par la droite, en relevant les taux d’imposition des plus gros patrimoines. L’abattement sur les successions sera ramené à 100 000 euros par enfant et l’exonération en faveur des conjoints survivants sera conservée ». Le plafond des niches fiscales serait réduit à 10 000 euros (contre 18 000 euros +4% du revenu imposable sur les revenus 2012) et le candidat socialiste souhaite aligner la fiscalité des revenus du capital sur celle du travail.

 

Les relations des particuliers avec leur administration fiscale

Mercredi 22 février 2012

Dans un rapport publié le 21 février, la Cour des Comptes dresse le bilan de 12 ans de “politique d’amélioration des relations entre l’administration fiscale et les contribuables”, qui trouve son origine dans la volonté de « rechercher l’adhésion de la majorité des contribuables (qui) permet, mieux que les moyens répressifs, d’optimiser le rendement de l’impôt ».

Après la fusion des centres des impôts et des trésoreries au sein de la Direction générale des finances publiques (DGFIP),  la Cour des Comptes constate qu’il reste beaucoup d’efforts à faire pour améliorer les relations avec les usagers. Elle pointe ensuite sans surprise la complexité et l’instabilité croissante de notre régime fiscal.

Le guichet unique : des progrès restent à faire

La fusion des centres des impôts et des trésoreries a donné lieu en 2008 à la création dela Directiongénérale des finances publiques (DGFIP). Celle-ci aura permis la mise en place d’un guichet unique : une structure destinée à gérer à la fois l’assiette et le recouvrement pour simplifier les démarches des usagers-contribuables.

La Cour des Compte confirme ce qu’avait l’an dernier pointé un rapport de la commission des finances du Sénat : le bilan de cette fusion est mitigé. On constate ainsi une “une forte disparité dans la qualité du service rendu”. S’ajoutent également de grandes disparités géographiques : l’accès au guichet unique reste incomplet et inachevé. “Une nouvelle étape devrait être engagée pour revoir certains des processus, des organisations et des objectifs ”, précise le rapport.

Une offre de services renouvelée saluée

Une des premières sources de satisfaction, chez les usagers, est l’étendue et la diversification des services mis à leur disposition.

Une partie du retard pris par l’administration fiscale en termes d’administration électronique a été comblée avec  le développement des téléprocédures, le télépaiement ou encore la mensualisation et les déclarations préremplies qui ont permis de réaliser selon la Cour de Comptes des « progrès remarquables dans les relations avec le contribuable ».

Une priorité : la simplification et la stabilisation des règles et procédures

Enfin, cela ne surprendra personne : la Courdes Compte souligne le caractère instable et complexe des règles fiscales.

Si le système fiscal français est déjà un système très compliqué à la base (40 000 pages d’instructions fiscales), les changements permanents — environ 20 % des articles du Code général des impôts sont modifiés chaque année — ne font qu’accentuer cette complexité. À la multiplicité des modalités de l’impôt, s’est ajoutée ces dernières années la multiplication des niches fiscales.

Le millésime 2011, avec les nouveaux textes fiscaux qui se sont succédé tout a long de l’année, ne risque pas à court terme de simplifier la donne alors que 2012, risque avec l’élection présidentielle d’être à nouveau riche en évolutions fiscales.

« Cette complexité croissante crée chez les contribuables un besoin d’être informés et rassurés sur le respect de leurs obligations»précise le rapport. La simplification des règles fiscales doit être la toile de fond de l’étape à franchir. Simplifier, c’est en définitive assurer des rentrées fiscales» conclut la Cour.

 

Prélèvements à la source pour l’impôt sur le revenu: le rapport du CPO

Vendredi 17 février 2012

Prélèvements à la source et impôt sur le revenu, tel est le sujet complexe du rapport publié par le Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO). C’est cet organisme rattaché à la Cour des Comptes qui a présenté ce rapport jeudi 16 février, par l’intermédiaire de Didier Migaud, Président des deux organismes. Dans une interview publiée dans les Echos, ce dernier estime le passage du régime actuel -paiement de l’impôt sur le revenu sur avis d’imposition- vers un régime de retenue de l’impôt à la source “pas justifié en l’état actuel. Comment arrive-t-il à une telle conclusion alors que ce sujet réapparaît régulièrement sur le devant de la scène et que la plupart de nos voisins européens ont adopté ce système ?

Etat des lieux

Le rapport constate tout d’abord que notre mode actuel de recouvrement de l’impôt sur le revenu est bien une exception française au sein de l’OCDE, en dehors de la Suisse et Singapour.  Mais il souligne que le prélèvement à la source concerne toutefois désormais une part non négligeable de nos prélèvements obligatoires.

Les partisans du régime de la retenue à la source soulignent en général le caractère moderne et simplificateur de ce système. A ce sujet, le rapport met en avant la simplification croissante des obligations déclaratives de notre système d’imposition et l’amélioration du recouvrement des recettes fiscales. Les “relations entre l’administration fiscale et les contribuables se sont modernisées”, a ainsi fait valoir Didier Migaud.

En l’état actuel des choses, si une simplification du mode de calcul de l’impôt sur le revenu (barème, quotient familial, niches fiscales…) serait bien sûr un facteur favorable, le rapport n’en fait absolument pas une condition nécessaire.

Un meilleur taux de recouvrement ?

La recherche d’un meilleur taux de recouvrement a souvent été à l’origine de l’adoption du système du prélèvement à la source. Or la collecte de l’impôt est, elle-même, devenue en France beaucoup plus efficace : le taux de recouvrement final y est de 99%, soit autant que dans les pays qui prélèvent l’impôt à la source, selon le rapport du CPO.

Les inconvénients du système

Si en théorie la retenue à la source doit donner plus de visibilité au contribuable disposant alors d’un revenu net disponible, en pratique il subsisterait toujours des ajustements et régularisations postérieures. Si le tiers-payeur est l’employeur, les relations de travail peuvent elles se trouver modifier ? Le salarié peut craindre que l’employeur qui connaîtra alors les taux d’imposition puisse orienter alors la politique salariale de l’entreprise, s’interroge le rapport.

Les arguments qui continuent de plaider en faveur de ce système

Pour Didier Migaud, l’un des atouts du système est “d‘adapter l’impôt rapidement à la situation des contribuables, ce qui est important en cas de baisse brutale des revenus“. A cela s’ajoute “la meilleure réactivité du système pour traduire dans la situation des contribuables les réformes fiscales adoptées en cours d’année” peut on lire dans le rapport.

Les difficultés d’application

Le rapport a ensuite étudié et listé les conditions et freins techniques d’une telle réforme. Tout d’abord le passage d’un système à l’autre nécessite :

  • Une année de transition, toujours difficile à mettre en place
  • Le choix du tiers payeur : l’employeur parait le mieux placé comme l’atteste le fait que la totalité des pays qui opèrent le prélèvement à la source l’ont choisi
  • Une garantie de la confidentialité des données
  • Des coûts supplémentaires au titre de la collecte, pour les entreprises
  • Des régularisations postérieures en raison du caractère estimatif de l’impôt prélevé, plus ou moins importantes, selon les modalités choisies de calcul d’un impôt sur le revenu prélevé à la source.

Ainsi la balance entre les avantages et les inconvénients ne justifie pas selon ce rapport un tel basculement “en l’état actuel”, a déclaré Didier Migaud. Il a toutefois ajouté que cette réforme “pourrait très bien s’envisager dans le cadre d’une réforme fiscale globale et profonde de l’imposition des revenus“.

Une alternative : l’imposition des “revenus courants”

Afin de remédier à ce décalage d’un an évoqué ci-dessus qui existe entre la perception et la taxation des revenus, il est possible de recourir à  l’imposition des “revenus courants” dont le recouvrement ne fait pas intervenir les entreprises.

Avec l’imposition des revenus courants, les acomptes d’impôt payés chaque mois (ou à chaque tiers provisionnels) au cours de l’année ne seraient dus au titre des revenus de l’année n (et non pas de l’année n-1,comme aujourd’hui” précise le rapport.

 

 

2012 : investir dans des PME pour réduire son ISF

Mercredi 15 février 2012

La Loi de Finances 2012 a épargné le dispositif de réduction ISF/PME. Il est donc toujours possible cette année de réduire son impôt sur la fortune (ISF) en profitant d’un taux de réduction de 50 % de son investissement dans des PME. En revanche le sort de ce dispositif pourrait plus incertain après l’élection présidentielle.

Face à cette incertitude, les contribuables concernés par ce type d’investissement, en direct ou via des FIP ou FCPI, devraient s’intéresser au sujet très prochainement alors que les déclarations ISF 2012 vont intervenir cette année à différentes dates en fonction du niveau de patrimoine.

Déclarations simplifiées pour la majorité des contribuables

En effet, en raison de l’application pour la première année des simplifications des modalités déclaratives votées en juillet 2011, les déclarations ISF pourront intervenir en mai ou en juin, en fonction du niveau de patrimoine :

  • Votre patrimoine net taxable est compris entre 1 300 000 euros et 3 000 000 euros. Vous devez simplement reporter le montant de votre actif net sur votre déclaration de revenus n° 2042 (sans justificatifs, ni annexes), avant la date fixée par le calendrier des impôts. À chacun donc de vérifier la date butoir de sa déclaration de revenus.
  • Votre patrimoine net taxable est supérieur ou égal à 3 000 000 euros. Vous êtes toujours tenu de souscrire une déclaration (n° 2725) estimative et détaillée des biens composant votre patrimoine, au plus tard le 15 juin 2012.

Un dispositif épargné par la Loi de Finances 2012

Le dispositif de réduction ISF/PME, permet de bénéficier d’une réduction d’impôt sur la fortune allant jusqu’à 45 000 euros. La loi de Finances 2012 n’a pas rogné cet avantage fiscal qui est égal à 50 % du montant investi dans le capital d’une PME. Pour les placements réalisés dans un fonds d’investissement type FIP ou FCPI, l’avantage fiscal est également de 50 % mais le plafond de réduction est de 18 000 euros.

2012 : application du barème à deux tranches

En raison de l’application pour la première (et la dernière fois ?) de nouveau barème à deux tranches, le contribuable, avant de décider du montant consacré à cet investissement en PME, devra faire une simulation de son ISF 2012. En effet, à patrimoine sensiblement identique il pourra faire évoluer à la baisse son ISF 2012.

Pour un patrimoine situé entre 1,3 million et 3 millions d’euros, le montant de l’ISF 2012 est égal à 0,25 % du montant du patrimoine net taxable dès le premier euro. Pour un patrimoine supérieur à 3 millions, le taux d’ISF est de 0.5 %.

Et après l’élection présidentielle ?

Tout d’abord, François Hollande a déjà fait savoir qu’en cas de victoire à la présidentielle, il réintroduirait l’ancien barème de l’ISF

Quand au dispositif ISF/PME, il devrait être maintenu tel quel jusqu’à l’élection présidentielle. Il pourrait en être tout autre, après l’élection présidentielle en cas de la victoire de François Hollande.

Toutefois si on parle de modification ou de suppression du dispositif à partir du 6 mai 2012 (date du second tour de l’élection), en pratique il devrait en être tout autrement. En effet les élections législatives ont lieu les 10 et 17 juin et c’est ensuite que devrait intervenir une loi de Finances rectificative.

Pas d’application du “plafonnement global des niches fiscales”

Une petite précision utile alors qu’avantage fiscal rime désormais souvent avec “ plafonnement global des niches fiscales“ : la réduction d’ISF accordée pour un investissement dans les FCPI/FIP n’entre pas dans ce plafond global des niches fiscales fixé pour 2012 à un montant de 18 000 euros majoré de 4% du revenu imposable. En effet, seuls les produits permettant une réduction d’IR sont concernés par ce plafond.

 

Les Français bienvenus à Londres pour David Cameron

Vendredi 10 février 2012

francais_expatriation_TJ Morris_FlickrFace à un durcissement de la fiscalité, qui pourrait s’accentuer en France après l’élection présidentielle, le quotidien Les Échos évoquait dans un article paru hier le souhait du Gouvernement de David Cameron d’encourager davantage la venue de cadres, investisseurs et chefs d’entreprises français.

Cadres, investisseurs et chefs d’entreprises : bienvenue !

Souhaitant profiter de la crainte des entrepreneurs et hauts cadres français vis-à-vis de nouvelles mesures fiscales qui interviendraient en France après l’élection présidentielle, le Premier ministre britannique David Cameron souhaite que la Grande-Bretagne poursuive une politique systématique de compétitivité. L’ambition est que Londres puisse attirer, entre autres, davantage de Français.

Les Échos rappellent que ce sont les cadres à hauts revenus, les investisseurs ou les chefs d’entreprise qui sont attirés par l’Angleterre dont le sud-est a un “écosystème entrepreneurial riche“ tandis que ”Londres attire les familles“.

Le Premier ministre britannique capitalise également sur le mécontentement des Français vis-à-vis de la nouvelle taxe sur les transactions financières.

Les Français vont aux renseignements…

Le cabinet Landwell affirme que depuis quelques semaines de plus en plus de Français consulteraient des cabinets fiscaux pour s’expatrier et notamment au Royaume-Uni. Les entrepreneurs français seraient intéressés par une expatriation vers l’Angleterre, mais aussi la Belgique ou la Suisse.

Des courants contraires

Certes, un mouvement de départs vers Londres se dessine. Mais avec les évolutions fiscales qu’ont vécues récemment les deux pays, les flux de personnes - constatés ou à venir - risquent d’être complexe à analyser. Car les migrations risquent d’aller dans les deux sens…

Les Echos citent un banquier affirmant en effet que le passage du taux marginal de l’impôt sur le revenu de 40 % à 50 % en Grande-Bretagne, serait,au contraire, à l’origine d’un retour de cadres vers la France. Par ailleurs, on constate une vague de retours en France des banquiers de la City, où la conjoncture et la réglementation sont défavorables. Cette vague de retours masque le flux de départs vers Londres.

Néanmoins, certains affirment que le mouvement d’expatriation de Français vers Londres - qui aurait commencé ces derniers mois — serait amplifié si François Hollande était élu lors de la présidentielle.

Pourquoi l’Angleterre séduit les entrepreneurs ?

Dans cet article, le journaliste liste les principales différences d’imposition qui expliquent l’attirance exercée par Londres.

En Grande-Bretagne, le  taux marginal d’impôt sur le revenu est à 50 %. En France, il est de contre 41 %. Mais si on tient compte des charges sociales et de la contribution exceptionnelle de 4 %, les hauts revenus sont bien mieux traités outre-manche et l”impôt sur les plus-values de cession n’existe pas.

Autre avantage : l’abaissement progressif de 1 % par an du taux général d’impôt sur les sociétés qui passera de 26 % en 2012 à 23 % en 2015, contre un taux marginal en France de 33 %.

La réponse du berger à la bergère ?

Qu’y a-t-il également derrière les propos de David Cameron ? La réponse du berger à la bergère ?

En effet en décembre lors de l’inauguration du siège parisien de Google, Nicolas Sarkozy a critiqué la hausse des impôts en Grande-Bretagne ainsi

Avec la façon dont ils augmentent les taxes à Londres, on va en récupérer des jeunes. Londres, c’est la septième ville française, bienvenue pour votre retour, quand vous en aurez assez de payer des taxes là-bas, venez ici“, avait lancé le chef de l’Etat » rajoutant “c’est une plaisanterie”, a joke, David (Cameron ndlr)”.


Les contours de la taxe sur les transactions

Mardi 7 février 2012

consequence_taxe_transaction_financiere_ tangi_bertin_flickrDemain mercredi 8 février, le projet de loi sur la taxe financière doit être présenté en Conseil des ministres après l’annonce faite par Nicolas Sarkozy le dimanche 29 janvier lors de son allocution télévisée.

On en connaissait le principe. Nous en savons désormais plus sur les contours qui, en dehors des grandes entreprises dont le siège social se situe en France, vise également les activités de dérivés dont le but est jugé “purement spéculatif” par les pouvoirs publics…

Entrée en vigueur le 1er août

Lors de son annonce, Nicolas Sarkozy avait indiqué que cette taxe devrait rapporter 1,1 milliard d’euros par an et entrerait en vigueur à compter du 1er août prochain. À titre de comparaison, Les Echos rappellent que ce montant est quatre fois supérieur à celui collecté par l’impôt de Bourse supprimé en 2008 par… Nicolas Sarkozy.

Le champ d’application du taux à 0.1 %

Le but de ce texte est, entre autres, de cibler les transactions réalisées sur des actions de grandes sociétés françaises cotées, quel que soit le lieu de réalisation de la transaction. Le taux de la taxe sera fixé à 0,1 % et son champ d’application est le suivant :

“toute acquisition à titre onéreux d’un titre de capital”, s’il est émis par une entreprise dont le siège social est situé en France et dont la capitalisation boursière dépasse un milliard d’euros au 1er janvier de l’année d’imposition”.

Actuellement, selon l’évaluation des Échos, “une soixantaine de titres cumulent ces deux critères“.

Le montant de la taxe est calculé sur “la valeur d’acquisition du titre” et doit être payé par “le prestataire de services d’investissement”, précise encore le texte. Elle serait due “le premier jour du mois suivant celui au cours duquel s’est produite l’acquisition“.

La taxe veut cibler les opérations de spéculation sur la dette des États

La taxe veut cibler les dérivés qui jouent un rôle central dans la crise financière, à savoir l’acquisition de credit default swaps souverains à nu (contrat d’échange sur défaut souverain) c’est-à-dire :

“lorsque l’acquéreur ne détient pas les obligations d’Etat couvertes par le contrat, ni aucun actif dont la valeur est corrélée au risque de défaut souverain”.

Il s’agit de taxer les ventes à nu accusées de favoriser la spéculation sur la dette des États alors qu’elles sont censées servir d’assurance aux détenteurs d’obligations. La taxe sera alors de 0,01 % du montant notionnel du contrat — montant théorique auquel s’applique le différentiel entre taux garanti et taux variable.

De toute façon cette mesure n’aura que quelques mois à vivre car de leur coté. ces produits seront interdits dès le 1er novembre dans l’Union Européenne.

La taxe veut viser également le trading à haute fréquence

Ces opérations dites de trading à haute fréquence sont réalisées par des moyens informatiques. Elles sont caractérisées à la fois par leur rapidité et leur volume. La taxe serait également au taux réduit de 0,01 % pour les ordres annulés ou modifiés (en fonction d’un certain seuil). En effet ces opérations sont également caractérisées par un taux très élevé d’ordres annulés qui influencent également les cours des actions. Là aussi, la taxe s’élèverait à 0,01 % du montant des ordres annulés ou modifiés au -delà d’un certain seuil.

Les risques

Les Echos listent les risques d’une telle taxe :

  • détourner les investisseurs des grandes entreprises françaises (critère du siège social)
  • entraîner une délocalisation de ces entreprises
  • amener ces entreprises à changer de place de marché.

Reste également à savoir si d’ici le 1er août, l’Allemagne décidera de nous suivre…

 

Hausse de la CSG : impact sur vos placements

Jeudi 2 février 2012

csg-impact-placement-zigazou76-flickrL’annonce dimanche soir par Nicolas Sarkozy d’une hausse de deux points de la CSG est l’occasion d’examiner son impact sur la fiscalité des placements. D’autant que les changements de taux intervenus depuis un an (hausse des taux des prélèvements sociaux, taux des PFL, des niches fiscales…) n’ont pas simplifié le paysage fiscal pour l’épargnant.

Résumons : en dehors des livrets d’épargne défiscalisés, tous les revenus du patrimoine et produits de placement seraient touchés.  Le fait que les prélèvements sociaux n’impactent pas les revenus au même moment, ne simplifie pas la donne. En effet selon la catégorie de revenus, le prélèvement a lieu à la source ou le paiement intervient par “voie de rôle”* après l’établissement par le contribuable de sa déclaration de revenus.

Un taux global des prélèvements sociaux à 15.5% au 1er octobre 2012

Cette hausse de deux points de la CSG dont le taux passera de 8.2% à 10.2% le 1er octobre 2012, relève le taux global des prélèvements sociaux à 15.5%. Un petit rappel historique : ce taux global était de 11% au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, 12,10% en 2009, 12,30 % en 2011, puis de 13,50% depuis le 1er octobre 2011.

Livrets exonérés

Commençons par les produits qui ne sont ni imposables, ni assujettis aux prélèvements sociaux. C’est le cas du Livret A, LDD (livret développement durable, LEP (livret d’épargne populaire) ou encore Livret jeune qui restent totalement exonérés et ne supportent donc aucun impact de la hausse de la CSG.

Leur attrait en terme de rendement peut donc s’en retrouver renforcé comparativement aux livrets fiscalisés ou comptes à terme dont le taux de PFL (optionnel) sera passé en an de 31.3% (19%+12.3%) à 39.5% (24%+15.5%).

Intérêts sur Livrets fiscalisés et revenus obligataires

Intérêts des Livrets fiscalisés ou des comptes à terme, revenus obligataires  sont soit inclus dans la déclaration de revenus du contribuable pour être imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu soit, sur option, soumis au prélèvement libératoire forfaitaire (PFL).

Pour les revenus soumis à l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux, prélevés à la source, passeraient donc de 13,5 % à 15,5 %. Depuis le 1er janvier le taux du PFL est de 24% auquel s’ajoutent 13,5 % de prélèvements sociaux, soit un taux d’imposition total de 37,5 % qui serait donc porté à 39,5 %.

Dividendes d’actions

Depuis le 1er janvier les dividendes sont soumis, en cas d’option du contribuable, à un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 21 %, majoré de 13,5 % de cotisations sociales, soit un total de 34,5 %. Ce taux passerait donc à 36,5 %. Rappelons à cette occasion encore une fois que cette option n’est avantageuse en 2012 que dans de rares cas : si le contribuable cumule deux conditions

Le contribuable aura ainsi encore intérêt à intégrer ses dividendes dans sa déclaration de revenus pour les soumettre au barème progressif et ainsi profiter de tous les abattements. Mais ils supporteront bien évidemment 15,5 % de prélèvements sociaux, à la source.

Plus-values sur cessions de valeurs mobilières

C’est par “voie de rôle” que les prélèvements sociaux dus au titre des plus-values mobilières sont réglés par le contribuable comme pour les revenus fonciers.

Les plus-values sont imposées dès le 1er euro de cession au taux forfaitaire de 19%. Prélèvements sociaux compris, le taux global passera donc pour les plus-values réalisées en 2012 à 34.5% (19% +15.5%).

Ce ne sont pas les rares cas d’exonérations maintenus (patrons de PME, détenteurs de titres réinvestissant leur plus-value dans une entreprise) qui permettront d’éviter la taxation.

Plus-values immobilières

Le régime vient de subir un durcissement significatif. Depuis le 1er février dernier, l’exonération des plus-values (hors résidence principale) intervient après 30 ans de détention au lieu de 15 auparavant. Pour les signatures d’actes postérieures au 1eroctobre, la hausse de la CSG impactera bien sûr leur taux d’imposition qui passerait donc à 34,5% (19% +15.5%) contre 32,5 % actuellement. C’est à la source que le notaire collecte l’impôt et les prélèvements sociaux.

Assurance-vie

L’impact de la hausse la CSG intervient à deux niveaux :

  • au niveau des revenus : le rendement net des fonds euros que touche l’épargnant se trouve directement impacté car les prélèvements sociaux sont prélevés annuellement, lors de l’inscription en compte des intérêts. Cette hausse de la fiscalité risque donc d’accentuer en 2012 la courbe actuellement descendante des rendements nets de prélèvements sociaux des fonds euros.
  • au niveau des rachats : la fiscalité des rachats évolue avec la durée du contrat et diffère au niveau des prélèvements sociaux selon qu’il s’agisse d’un retrait sur un fonds en euros (prélèvement annuel) ou sur des unités de compte (prélèvements sociaux prélevés uniquement lors d’un rachat partiel ou total). Lors d’un rachat partiel, le contribuable a le choix entre  l’intégration des gains à sa déclaration de revenus, pour une imposition au barème progressif ou l’option pour le PFL avec des taux (35%, 15% et 7.5%) qui diminuent avec la durée du contrat.

Différentes modifications fiscales se sont enchainées tout au long de l’année 2011, traduisant un rééquilibrage entre la fiscalité des revenus du travail et du patrimoine. Cette nouvelle hausse de la CSG ne fait qu’accentuer le caractère instable de la fiscalité des placements, préjudiciable à la vision à long terme que pourrait souhaiter l’épargnant…

*le “Rôle” est une liste de contribuables redevables d’un impôt. Le recouvrement “par voie de rôle” signifie qu’une liste de contribuables est établie avant que n’intervienne le recouvrement de l’impôt. L’impôt sur le revenu  est recouvré par voie de rôle.