Archive pour janvier 2012

Hausses de la TVA et de la CSG : ce que propose Nicolas Sarkozy

Lundi 30 janvier 2012

Dans le but de financer la baisse du coût du travail et de relancer la compétitivité de l’industrie française, Nicolas Sarkozy a confirmé hier soir, dimanche, un relèvement de 19,6 à 21,2% du taux normal de la TVA. Il  a également annoncé une augmentation de deux points de la CSG sur les revenus financiers. Treize milliards d’euros de charges sociales seront ainsi basculées sur la TVA et la CSG.

Annoncées à moins de 100 jours de l’élection présidentielle, la plupart de ces mesures n’entreront en vigueur que postérieurement. Examinons de plus près les principales mesures annoncées hier.

Une hausse de la TVA

Pour financer une baisse de coût du travail, le taux normal de TVA augmentera le 1er octobre de 1,6 point. Il va ainsi passer de 19,6 % à 21,2 %. En revanche, les taux réduits de TVA à 5,5 % et 7 % ne bougent pas.

Si pour Nicolas Sarkozy l’expression de TVA sociale, n’a aucun sens, il aime à rappeler qu’il y a 5 ans (le 1er janvier 2007), Berlin avait pris une mesure similaire, relevant son taux normal de TVA de 16 à 19 %. Une différence : sur ces 3 points, un seul était cependant affecté à la baisse des charges patronales.

Ça a marché chez eux, pourquoi ça ne marcherait pas chez nous?“, s’est interrogé le chef de l’État.

À noter que François Hollande a promis d’abroger cette hausse s’il est élu.

Une hausse de la CSG

La CSG sur les revenus du patrimoine et les produits de placement sera augmentée de 2 points afin de financer une baisse des cotisations sociales payées par les employeurs. Les entreprises se verront donc exonérées entièrement des charges familiales patronales sur les salaires comprises entre 1,6 et 2,1 fois le Smic.

Après une hausse le 1er octobre 2011 (seconde loi de finances rectificative pour 2011) du taux du prélèvement social sur les revenus du capital de 2,2 % à 3,4 %, cette nouvelle hausse touchant la CSG portera le taux global des prélèvements sociaux sur les revenus et produits du capital à 15.5 % contre 13,5 % à ce jour.

La taxe de 0,1 % sur les transactions financières

Elle s’élèvera à 0,1 % et touchera outre les actions, les dérivés et le trading haute fréquence. Elle s’appliquera à compter du 1er août ce qui laisse espérer sans doute à Nicolas Sarkozy que ces quelques mois permettront peut-être à l’Allemagne de se décider pour éventuellement se rallier au mouvement.

Selon Bercy, cette taxe doit rapporter 1 milliard d’euros chaque année soit quatre fois plus que l’impôt de Bourse supprimé en 2008.

Le Figaro explique que “ l’option choisie est celle directement inspirée du droit de timbre (stamp duty) en vigueur à la City de Londres “, mais avec un taux très inférieur puisque le taux y est de 0.5 % sur les transactions.

Parmi les autres mesures figurent une augmentation du droit à construire de 30 %, la création d’une banque de l’industrie pour débloquer des crédits, une hausse du quota d’apprentis obligatoire, la conclusion d’accords compétitivité-emploi pour permettre aux entreprises une meilleure adaptation au marché.

Quelles conséquences pour les ménages ?

Nicolas Sarkozy espère une recette d’environ 11 milliards d’euros de la hausse de la TVA. Le succès de cette mesure dépendra largement de l’attitude des entrepreneurs face à ces allégements de charges patronales.

Pour les ménages, la crainte est clairement que certains entrepreneurs profitent de ces allégements, ne jouent pas le jeu et fassent passer des hausses de prix, ce qui bien sûr empêcherait également un choc de compétitivité.

La hausse de la CSG marquera la contribution des “patrimoines les plus élevés“, touchant la très grande majorité des produits d’épargne financière ou immobilière. À titre d’exemple, le taux global d’imposition des plus-values mobilières passera à 34.5 % (19 % +15.5 %) et le PFL sur les intérêts de livret ou revenus obligataires à 39.5 % (24 %+15.5 %).

 

 

Fraude fiscale : Bercy veut durcir les sanctions

Mardi 24 janvier 2012

fraude_fiscale_sanction_Loren Sztajer_flickrValérie Pécresse, ministre du Budget a confirmé les informations révélées par Les Echos hier : Bercy va renforcer et alourdir les sanctions financières applicables en cas de fraude fiscale. Le gouvernement veut ainsi rendre plus dissuasives les sanctions qui n’ayant pas connu d’évolution depuis 3 décennies, manquaient d’impact.

C’est dans le cadre du collectif budgétaire (sur le  projet de TVA sociale), présenté lors du Conseil des ministres du mercredi  8 février, que devraient être inventoriées ces différentes mesures  que Les Echos détaillaient hier.

Une priorité du gouvernement

Le gouvernement, depuis 2007, a fait de la lutte contre la fraude fiscale une priorité“, a déclaré la ministre sur BFM TV, précisant qu’en 2010, le montant des fraudes décelées avait progressé d’un milliard pour atteindre 16 milliards d’euros. Il souhaite désormais “resserrer l’étau autour des gros fraudeurs et des paradis fiscaux“, et sanctionner les contrevenants “beaucoup plus lourdement“, a-t-elle ajouté.

Une sanction proportionnelle

Selon le quotidien Les Echos , l’amende qui,  en cas de dissimulation d’un compte bancaire,  s’élevait à 1500 euros, et à 10 000 euros en cas de paradis fiscal, sera dorénavant  proportionnelle au montant dissimulé avec un taux de 5% des sommes.

Des sanctions pénales augmentées

La sanction maximale en cas de dissimulation d’avoirs dans les paradis fiscaux est actuellement une peine de prison de 5 ans et un montant maximal d’amende de 37.500 euros. Le nouveau maximum de l’amende financière pourrait atteindre un niveau proche d’un million d’euros et la durée d’emprisonnement pourrait être de 7 ans, soit deux ans de plus.

Les récidivistes visés

La récidive sera désormais prise en compte. “Jusqu’à présent on ne considérait pas que récidiver, était plus grave que de le faire pour la première fois“, justifie la ministre.  La troisième mesure qui devrait être proposée concernera donc les récidivistes, dont les sanctions ne sont pas renforcées (maximum de 37 500 euros) : ils  pourraient se voir infliger des amendes pouvant aller jusqu’à 500.000 euros.

Les paradis fiscaux “surveillés”

Les Echos rappellent que la liste des paradis fiscaux a beaucoup diminué, la plupart des pays concernés ayant signé des conventions afin de ne plus y appartenir… Bercy entend cependant y réintégrer ceux des états qui ne coopèrent pas avec le fisc.. “Aujourd’hui la listes des pays non coopératifs est très faible, nous avons signé une trentaine d’accord. Maintenant nous allons contrôler si ces accords sont bien appliqués”, assure Valérie Pécresse.

Un délai de prescription récemment passé de 3 à 10 ans

Déçu par l’attitude de certains pays qui, après avoir signé des conventions fiscales avec la France, ne coopèrent pas, Bercy avait  déjà allongé de 3 à 10 ans le délai de prescription sur les avoirs non déclarés détenus à l’étranger, et quel que soit le pays, c’est-à-dire paradis fiscal ou non.

TIPP flottante: le retour ?

Vendredi 20 janvier 2012

francois-hollande-tipp-taxe-interieure-produit-pétrolier-Steve-Snodgrass-flickr

Alors que l’actualité ne cesse d’évoquer le haut niveau atteint par le prix de l’essence, François Hollande, candidat Socialiste aux élections présidentielles 2012, aévoqué lors d’un déplacement à Nantes “un blocage temporaire “ du prix de l’essence et un recours au mécanisme dela TIPP flottante.

Si nous sommes en capacité d’agir dès le mois de mai, nous aurons un blocage temporaire du prix de l’essence, une réflexion avec les distributeurs et la mise en place de cette TIPP flottante” a-t-il annoncé. Les Échos qualifient ces propos de  surprise, y compris dans son propre camp…

La TIPP flottante

La TIPP(taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante avait été instaurée sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin en 2000.

Appliquée  entre le 1er octobre 2000 et le 21 juillet 2002, son principe consiste à diminuer cette taxe lorsque les cours pétroliers sont à la hausse et à l’augmenter lorsqu’ils sont la baisse. Le but étant d’obtenir pour les consommateurs un lissage de l’évolution des prix. Pour que le coût soit limité, il faut que les périodes de hausse soient compensées par des périodes de baisse. Dans le cas d’un prix du pétrole orienté durablement à la hausse, le risque est bien évidemment celui de pertes de recettes fiscales pour L’État

TIPP : des effets contestés

Les Échos rappellent que les effets avaient été très contestés lors de la mise en place de la précédente TIPP flottante, par Lionel Jospin. Elle avait entraîné une perte de 2,7 milliards d’euros de recettes sur une vingtaine de mois, la baisse des prix à la pompe qui n’avait jamais excédé 2,2 centimes d’euro par litre, avait peu profité aux ménages.

À cela Michel Sapin répond que “cette mesure ne coûtera rien »   et qu’ “  en cas d’envolée des prix de l’essence, l’impact de la baisse de la TIPP est compensé par les recettes supplémentaires de TVA sur les produits pétroliers.”

En 2002, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a supprimé le dispositif, entre autres, sous la pression des autorités européennes qui y voyaient un risque de distorsion de la concurrence.

Face aux propos de François Hollande, les réactions ne se sont pas fait attendre surla TIPPflottante.

coûteuse pour les finances publiques et inefficace pour les consommateurs

Tels ont été les premiers propos de Frédéric Lefebvre secrétaire d’Etat au Commerce et à la Consommationqui a qualifié la TIPP flottante de “solution du passé qui a échoué”. “Cette mesure a été abandonnée car elle est coûteuse pour les finances publiques et inefficace pour les consommateurs” a-t-il ajouté.

 

Impôt sur les sociétés : Paris et Berlin veulent accélérer la convergence

Jeudi 19 janvier 2012

impot-societe-TPCOM-flickrParis et Berlin, avaient annoncé en août dernier vouloir parvenir courant 2013 à un “impôt sur les sociétés commun” aux deux pays, dont l’assiette et les taux seraient harmonisés.

Dans un document commun, Paris et Berlin ont annoncé vouloir accélérer les discussions en Europe en matière de convergence fiscale et faire bientôt des propositions sur un impôt harmonisé sur les sociétés.

C’est lundi prochain, à l’issue du Conseil des ministres des Finances franco-allemand que les deux ministres concernés, François Baroin et Wolfgang Schäuble devraient annoncer un compromis sur l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés.

Imposition : le souhait d’accélérer les choses

Le ministre français des Finances, François Baroin, a donc indiqué qu’à l’occasion de ce Conseil des ministres des Finances franco-allemand les propositions et un calendrier sur cette convergence de leurs impôts sur les sociétés seraient présentées. François Baroin a rappelé qu’il menait avec Wolfgang Schäuble, son homologue allemand  “un travail de convergence sur le plan budgétaire, sur le plan économique et sur le plan fiscal”. Aussi, d’ici la fin février des propositions de convergence concernant leur impôt sur les sociétés vont intervenir.

Allemagne et France quelle convergence de l’impôt sur les sociétés ?

Les Echos rappellent ce jour que “les experts des deux pays travaillent depuis des mois sur ce chantier fiscal qui fait l’objet d’un consensus fort entre les deux pays et leur permettrait de limiter leur concurrence en termes d’attractivité. Le quotidien précise que selon le ministère allemand des Finances, “les différences entre les systèmes français et allemand ne sont pas si grandes et il est en tout cas tout à fait possible de les résorber ”.

Plus précisément, si le taux facial d’imposition  est  plus bas en Allemagne ,  les règles de calcul du bénéfice imposable y sont moins favorables aux entreprises qu’en France. Par ailleurs, les sociétés allemandes paient une lourde taxe professionnelle et une contribution dite de solidarité qui font grimper le taux réel de taxation. Les Echos précisent que l’une des principales différences porte sur le régime plus strict des Allemands sur les mécanismes de report des pertes sur les bénéfices fiscaux des années précédentes ou ultérieures.

Un sujet sensible en Europe

Paris et Berlin demandent que la “coordination fiscale” en Europe soit accélérée. Un accord de principe avait été conclu l’an dernier (mars 2011) par un grand nombre de dirigeants européens, dans le cadre du  ”pacte euro plus“. Il consistait en un ensemble d’engagements politiques dans le but de garantir la compétitivité et la convergence de leurs économies mais n’a guère donné de résultat à ce jour.

L’Irlande qui pratique un impôt sur les sociétés très bas se refuse à une harmonisation de la fiscalité des entreprises. Le chantier se heurte aussi au refus de la Slovaquie , ce qui fait dire aux Echos : “le processus d’harmonisation ne pourra pas aller au delà de l’assiette, qui permet le calcul du bénéfice imposable, l’Irlande et la Slovaquie refusant de relever le taux de leur  flat tax.”

La taxe Tobin

Toujours dans ce même document, Paris et Berlin réitèrent à nouveau leur soutien à une taxe sur les transactions financières. La France a annoncé qu’elle était prête à aller seule de l’avant alors que certains Etats comme le Royaume Uni et la Suède craignent une fuite de capitaux et s’y opposent.

La convergence avec l’Allemagne est véritablement devenue un “test de crédibilité” pour Nicolas Sarkozy à 3 mois de l’élection présidentielle.

Retraites chapeaux : le régime fiscal 2012

Mercredi 18 janvier 2012

En réaction aux retraites chapeaux de dirigeants d’entreprises jugées excessives, le législateur a progressivement durci le régime fiscal de ces rémunérations ” différées”. Depuis le 1er janvier s’applique un nouveau barème durcissant la fiscalité pour les rentes les plus élevées, avec un taux de 21% au-delà de 24 000 euros mensuels.

La retraite chapeau ou article 39

Dans le but de fidéliser ses salariés ou cadres dirigeants,  l’employeur peut s’engager à leur assurer lors du départ à la retraite, un complément de retraite, sous forme de rente financée intégralement par l’entreprise. Les  retraites chapeaux, aussi appelées « article 39 » en référence à l’article 39 du code général des impôts (CGI ), ne peuvent être liquidées que lors du départ en retraite.

On parle aussi de régime de retraite « à prestations définies » car le montant de la rente est défini dès la souscription, selon le niveau du dernier salaire en principe, et sans référence à une quelconque durée de cotisation.

Un régime fiscal qui a perdu de sa lisibilité

Dans le cadre de la dernière réforme des retraites, la fiscalité des retraites chapeaux a été durcie. En raison des nombreuses modifications intervenues ces dernières années, le régime fiscal des retraites chapeaux a perdu de  sa lisibilité. L’occasion s’est donc présentée cette année de réécrire le régime, tout en le durcissant, pour les très hautes prestations.

Depuis 2011, les rentes versées dans le cadre d’un régime supplémentaire de retraite d’entreprise, sont soumises  à une taxe spécifique au taux de 7 % ou de 14 %, selon leur montant. Cette dernière s’ajoutait à l’impôt sur le revenu déjà acquitté sur les retraites-chapeaux, lors du versement des rentes au bénéficiaire.

Le régime 2012

Depuis le 1er janvier 2012 (en application de la loi de finances rectificative pour 2011 ) la taxe a été modifiée : un barème progressif par tranche a été institué et un taux supplémentaire de 21% pour les rentes les plus élevées, a été créé. Ces nouvelles règles s’appliquent aux rentes versées à compter du 1er janvier 2012.

Le dispositif adopté prévoit donc un barème progressif comprenant trois taux d’imposition de 7%,14%, et 21%  qui s’appliquent par tranches selon le niveau de rente perçue.

Lors des débats parlementaires, Jérôme Cahuzac, le président (PS) de la Commission des Finances proposait un taux de 34%  pour les rentes supérieures à 24000 € par mois.

Pour éviter les changements brutaux de règles du jeux, il est prévu deux barèmes légèrement différents suivant la date de liquidation de la retraite.

Pour les retraites liquidées avant le 1er janvier 2011 :

  • 7  % pour la part de ces rentes supérieure à 500 € et inférieure ou égale à 1 000 € par mois ;
  • 14  % pour la part de ces rentes supérieure à 1 000 € et inférieure ou égale à 24 000 € par mois;
  • 21  % pour la part de ces rentes supérieure à 24 000 € par mois.

Pour les retraites liquidées à compter du 1er janvier 2011 :

  • 7  % pour la part de ces rentes supérieure à 400 € et inférieure ou égale à 600 € par mois ;
  • 14  % pour la part de ces rentes supérieure à 600 € et inférieure ou égale à 24 000 € par mois ;
  • 21  % pour la part de ces rentes supérieure à 24 000 € par mois

Alors ministre des affaires sociales, François Fillon, avait dès 2003 proposé d’abroger ces retraites chapeaux, mais le Parlement ne l’avait pas suivi. Depuis, premier ministre, il a œuvré pour  le principe d’une “taxation confiscatoire” qui a déjà donné lieu aux différents durcissements du régime des retraites chapeaux depuis 2010.

Pour prolonger : vous pouvez par exemple calculer en ligne votre retraite; lire aussi l’article sur la retraite chapeau (via Les Echos); et consulter un dossier sur la réforme des retraites (à date août 2011);

Le débat sur le quotient familial

Jeudi 12 janvier 2012

quotient_familialDepuis plusieurs jours, après le débat sur la TVA sociale, c’est autour du quotient familial que le débat se concentre et que les esprits politiques s’échauffent. Ce sujet s’invite  au cœur de la campagne électorale, alors que François Hollande prévoit de réformer fortement le quotient familial et que président de la République et la Majorité se sont empressés de réagir pour dénoncer « une attaque contre la politique familiale ».

Avant de préciser les enjeux d’une telle réforme, rappelons le fonctionnement du quotient familial, système instauré en 1945, afin réduire les impôts des ménages devant supporter des dépenses liées au nombre d’enfants.

Comment fonctionne le quotient familial ?

Le quotient familial, revient à diviser le revenu d’un ménage par le nombre de personnes qui le composent. Ce nombre de parts tient compte de la situation de la famille (célibataire, marié, pacsé, veuf ou divorcé) et de sa composition (nombre d’enfants à charges) ou personnes aux caractéristiques particulières (handicapés par exemple).

Les deux premiers enfants bénéficient d’une demi-part,  les suivants comptant pour une part entière.

Un exemple :

Les revenus d’une famille composée de deux parents et de trois enfants sont divisés en quatre (une part par adulte, une demi-part pour chacun des deux premiers enfants et une part entière pour le troisième) puis soumis au barème de l’impôt sur le revenu. Le résultat obtenu est ensuite multiplié par quatre pour aboutir au montant que le ménage aura à régler. Compte tenu de la progressivité du barème, ce système présente donc un avantage évident.

Le plafonnement du quotient familial

Par nature, le quotient familial ne bénéficie qu’à ceux qui paient l’impôt sur le revenu. Il ne concerne donc pas les ménages les moins favorisés. Afin d’éviter que le mécanisme ne profite trop aux contribuables les plus aisés, l’avantage fiscal résultant du quotient familial a été limité par une règle de plafonnement. Pour l’imposition des revenus 2011, l’avantage en impôt est limité à 2.336 € pour chaque demi-part supplémentaire.

Les enjeux  

Le mécanisme du quotient, coûte à l’État 10 milliards d’euros par an et constitue l’un des instruments phares de la politique familiale. La gauche souligne que l’avantage fiscal augmentant  avec le niveau des revenus, il profite davantage aux ménages aisés.

A la demande du Haut conseil de la famille, rattaché à Matignon, le Trésor a publié un document évoquant plusieurs scénarios pour réformer le quotient familial tout en assurant le même niveau de rentrées fiscales. Il ressort de cette étude que l’avantage apporté par le quotient familial se concentre sur les familles aisées : les 10 % les plus riches en captent plus du quart du montant soit 2,9 milliards d’euros.

Le débat politique

Qu’il s’agisse d’une proposition (selon Manuel Valls) ou simplement d’une option (selon les propose de Michel Sapin, chargé du projet présidentiel) François Hollande a bien l’intention de proposer de refondre le système du quotient familial en le remplaçant éventuellement par«un système de crédit d’impôt identique pour toutes les familles». Jérome Cahuzac, le président PS de la commission des Finances à l’Assemblée nationale a déclaré mardi à Europe 1 qu’il fallait « supprimer » le système « injuste » du quotient familial en « le modulant », suggérant que François Hollande et Manuel Valls disaient la même chose.

« Abroger le quotient familial aurait des conséquences absolument dramatiques pour la politique familiale de la France », rétorque Nicolas Sarkozy. Et la majorité de dénoncer une « attaque contre la politique familiale ».  Sur la même ligne, le ministre de l’Economie, François Baroin, s’est aussi dit “hostile”, sur i-Télé, à cette réforme, avançant que le quotient familial était “un élément constitutif d’une politique familiale“. Le ministre a également indiqué que le Gouvernement ne préparait pas de solution alternative au quotient familial.

Une exception française

Quoi qu’il en soit comme le rappellent Les Echos : le quotient familial reste une quasi-exception française”.

“L’Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Italie proposent un crédit d’impôt équivalent pour chaque enfant, semblable à celui proposé par François Hollande. Les pays scandinaves, eux, ne tiennent pas compte des enfants dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Mais les prestations familiales y sont très généreuses.” Par ailleurs un rapport d’avril 2011 l’OCDE saluait la politique familiale française.

 

Fiscalité des valeurs mobilières : les changements 2012

Jeudi 5 janvier 2012

fiscalite_valeurs_mobilieres_Kalishka_flickLes différents plans de rigueur annoncés en 2011 par le 1er ministre François Fillon, n’ont pas épargné la fiscalité des valeurs mobilières.

En effet en 2012 les épargnants vont être confrontés à une hausse des taux des prélèvements forfaitaires libératoires applicables sur les dividendes et les revenus de placement à taux fixe – intérêts de livrets fiscalisés, revenus obligataires … -. Ils devront également prendre en compte la suppression du dispositif d’abattement progressif pour délai de détention sur les plus-values et le durcissement du régime fiscal appliqué aux dividendes de SIIC.

Rappel du régime fiscal des valeurs mobilières en 2011

Petit rappel du régime fiscal des valeurs mobilières. Les plus-values sont taxables dès le 1er euro depuis le 1er janvier 2011Pour la taxation des dividendes et des revenus de placement à taux fixe, l’épargnant a le choix entre :

  • leur imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu
  • ou opter pour le prélèvement forfaitaire libératoire

En termes de taux, le régime était simple. En 2011, les taux de l’imposition forfaitaire des plus-values, celui du prélèvement libératoire forfaitaire sur dividendes et celui du prélèvement libératoire forfaitaire sur intérêts de placement étaient similaires : 19 %, soit un taux global unique de 32,5 %, prélèvements sociaux compris.

Plus-values : suppression du dispositif d’abattement progressif pour durée de détention et une exonération désormais très restrictive.

Le taux de taxation des plus-values ne subit aucune modification pour 2012 avec un maintien du taux à 19 % soit une taxation totale de 32.5 %. Mais les députés ont remplacé le dispositif d’abattement progressif lié à la durée de détention sur les plus-values, instauré en 2005, par un  mécanisme de report d’imposition très restrictif. Il est simplement maintenu pour le cas du dirigeant d’entreprise partant à la retraite.

Retour en arrière. Ce dispositif, instauré fin 2005 devait s’appliquer à partir de janvier 2012. Il aurait conduit à exonérer progressivement les plus-values après un délai de détention de 6 ans pour aboutir après huit années de détention à une exonération totale.

Le dispositif, déjà menacé, avait était sauvé in extremis une première fois, fin 2010. Les députés ont choisi de le remplacer par un mécanisme de report d’imposition recentré, aux conditions très strictes tenant aux titres et à la nature de la société.

Ainsi il ne sera possible d’échapper à l’impôt qu’en réinvestissant ses gains dans une entreprise si l’on respecte plusieurs conditions dont les principales sont :

  • avoir détenu pendant une durée d’au moins 8 ans au moins 10 % des parts d’une société,
  • réinvestir, dans les 3 ans suivants, au moins 80 % des gains dans une entreprise pendant au moins 5 ans,
  • et détenir au moins 5 % du capital de cette nouvelle entreprise.

Une hausse sensible des taux de Prélèvement Forfaitaire Libératoire

En cas d’option pour le PFL, il existait avant le 1er janvier un taux identique de 19 % pour les dividendes d’actions et les revenus de placement à taux fixe. En 2012 il existera un taux à 21% pour les premiers et un taux à 24 % pour les seconds.

Nous l’avons répété à de nombreuses reprises sur ce blog, il est important de savoir que le raisonnement à tenir pour voir s’il est judicieux d’opter pour le PFL n’est pas le même dans le cas des dividendes et dans celui des revenus de placements à taux fixe comme les intérêts de livrets, comptes courants ou encore revenus obligataires.

Dans le cas des revenus de placements à taux fixe, il suffit de comparer le taux du PFL à celui de sa tranche marginale d’imposition (TMI). Si la TMI est supérieure au taux du PFL (24 %), alors il est intéressant de choisir le PFL.

Pour les dividendes, le raisonnement est tout autre en raison, en cas d’option pour le PFL, de la perte de tous les abattements dont bénéficie le contribuable qui reste imposé selon le barème progressif de l’IR. Pour résumer il est en général plus avantageux d’opter pour le PFL de 21 % uniquement si le montant total annuel des dividendes est d’au moins 51 166 euros pour un célibataire et 102 332 euros pour un couple et si le contribuable est soumis au taux marginal d’imposition de 41 % ! Inutile de préciser que cela ne concerne que les détenteurs de très gros portefeuilles…

En résumé, pour 2012, l’épargnant devra retenir davantage de taux : prélèvements sociaux (de 13,5 %) compris il se verra appliquer 32,5 % d’impôts sur ses plus-values, et en cas d’option pour le PFL : 37,5 % pour les intérêts de créances et produits obligataires et enfin 34.5 % pour les dividendes !!!

Le nouveau régime des SIIC (sociétés d’investissement immobilier cotées) et SPPICAV

Leur régime a été modifié à plusieurs niveaux : suppression pour leurs dividendes des abattements de 40 % et forfaitaire (de 1 525 euros pour un célibataire et 3 050 euros pour un couple) et impossibilité de les loger dans un PEA, qui permettait l’exonération des dividendes. Les dividendes distribués sont obligatoirement soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Impôts 2012 : ce qui change

Mercredi 4 janvier 2012

fiscalite_changement_2012_JaHoVil_FlickrLes débuts d’année sont toujours propices aux bilans et aux diverses revues des changements qui interviennent au 1er janvier.

Rigueur oblige, en matière fiscale, les différentes Lois de finances rectificatives 2011 et la Loi de finances 2012 apportent leur lot de modifications pour cette année.

Conséquences des différents plans de rigueur annoncés l’an dernier, le taux de prélèvement obligatoire devrait augmenter de 0,8 point pour atteindre 44,5% du PIB en 2012. À titre de comparaison ce taux était de 43.2% en 2007.

Quelles sont les principales modifications et nouveautés en matière d’impôts qui vont mettre les ménages à contribution cette année ?

Gel du barème de l’impôt sur le revenu

Le barème de l’impôt sur le revenu, celui de l’ISF et celui des droits de donation et successions sont gelés. Cela signifie que n’intervient en 2012 et 2013 aucune indexation sur l’inflation et que ces barèmes sont maintenus au niveau de 2011.

Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus

Les ménages disposant de hauts revenus devront régler une contribution exceptionnelle de 3 % appliquée sur la fraction des revenus de 250 000 à 500 000 € et de 4 % au-delà pour un célibataire.

Pour un couple, les seuils sont de 500 000 à 1 000 000,00 € et au-delà. Le choix comme assiette du revenu fiscal de référence permet de toucher également les revenus de l’épargne. Cette contribution sera maintenue jusqu’au retour à l’équilibre des finances publiques en 2016 ou 2017…

Hausses du PFL pour les revenus du capital

Au lieu d’un taux identique de 19 %, le PFL sera de 21% pour les dividendes et de 24 % pour les intérêts de créances et revenus obligataires. Avec 13,5 % de prélèvements sociaux, le prélèvement forfaitaire libératoire total s’élèvera respectivement à 34,5 % et à 37,5 %.

Recentrage du dispositif de l’abattement des plus-values mobilières pour délai de détention

Ce dispositif qui permettait un abattement d’1/3 par an après 6 ans de détention sur le montant de la plus-value imposable devait commencer à s’appliquer début 2012. Il a été remplacé par un mécanisme d’exonération en cas de réinvestissement dans des entreprises aux conditions strictes.

Changements au niveau de l’ISF

C’est dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine votée en juin dernier que sont intervenues les modifications de l’ISF pour la plupart applicables pour 2012.

Dès 2011, le seuil d’entrée de l’ISF a été relevé de 800 000 à 1,3 million d’euros de patrimoine et c’est cette année que le nouveau barème à deux tranches contre six auparavant va s’appliquer. Dès le premier euro, les patrimoines nets taxables compris entre 1,3 million d’euros et 3 millions d’euros seront taxés à 0,25 %, et ceux supérieurs à 3 millions seront taxés à 0,5 %. Seuls ces derniers seront soumis à une déclaration détaillée, les autres déclarant leur patrimoine taxable lors de la déclaration de l’impôt sur le revenu.

S’y ajoute la suppression du bouclier fiscal à partir du 1er janvier 2013 (revenus 2011) qui plafonnait le total des impôts directs à 50 % des revenus.

Modifications de la TVA

C’estla TVAqui est la ressource principale de l’État avec plus de 50 % de ses recettes. L’augmentation de la TVA de 5.5 % à 7 % prévue par le gouvernement dans sa Loi de Finances 2012 est entrée en vigueur le 1er janvier et concerne tous les produits et services à l’exception des produits de première nécessité.

Patrimoine immobilier

De nombreuses modifications touchent le secteur. Tout d’abord la réforme du régime de taxation des plus-values immobilières hors résidence principale entre en vigueur le mois prochain. Plus d’exonération totale sur la plus-value réalisée, au bout de 15 ans (grâce à un abattement de 10 % par an après 5 ans de détention) pour le vendeur. Après le 1er février c’est seulement après un délai de 30 ans qu’il bénéficiera d’une totale exonération.

Ensuite au lieu d’un abattement de 10 % linéaire, le nouveau barème prévoit (toujours mis en place après 5 ans de détention) une progressivité, la décote annuelle étant très faible les premières années.

Enfin de nombreux avantages fiscaux seront rabotés. Citons principalement la Loi Scellier qui avec une suppression prévue en 2013 va perdre de son intérêt cette année avec une réduction d’impôt  réduite à 13% (contre 22 % en 2011) uniquement pour les logements neufs BBC (bâtiment basse consommation).

La défiscalisation disparaît purement et simplement pour tous les logements neufs non BBC, alors qu’elle était de 13 % en 2011.

Pour les investissements dans les résidences étudiantes, de loisirs et de santé - Censi-Bouvard-, la réduction d’impôt passe de 18 % à 13 %.

Par ailleurs, le prêt à taux zéro a été réformé et ne concernera plus que l’accession à la propriété dans le neuf.

D’éventuels ajustements en 2012

Il n’y aura pas de troisième plan de rigueur a déclaré le premier ministre le 6 décembre dernier, avant de nuancer : “s’il faut aller plus loin, si d’autres mesures doivent être prises, le gouvernement les prendra, ce n’est pas exclu“ ajoutant : “s’il doit y avoir de nouveaux ajustements, ce sera sur la réalité de la croissance A“.